POPULATION 231,086
hab. SUPERFICIE 574,147
hect.
Chef-lieu : AURILLAC, à 359 K. S.
de Paris
DIVISION ADMINISTRATIVE
Avant 1790,
ce dép. faisait partie de l'Auvergne
(haute Auvergne, Velay). — Cour d'Appel de Riom. — Acad.
de Clermont. — 13e Corps d'armée (Clermont). — 30e
arr. forestier. — Diocèse de l'évêché de
S.-Flour.
4
ARRONDISS |
|
23
CANTONS. |
266
COMM. |
POPUL.
de l'arrondt. |
AURILLAC
11,211 h. |
8 |
Aurillac (2), Laroquebrou, Maurs, Montsalvy,
Saint-Cernin, Saint-Mamet, Vic-sur-Cère. |
95 |
89,733 |
MAURIAC
3,262 h. |
6 |
Champs, Mauriac, Pleaux,
Riom-ès-Montaignes, Saignes,
Salers. |
61 |
57,
899 |
MURAT
3,053 h. |
3 |
Allanche, Marcenat, Murat. |
36 |
32,538 |
SAINT-FLOUR
5,381 h. |
6 |
Chaudesaigues, Massiac, Pierrefort, Ruines, Saint-Flour. |
74 |
50
916 |
ABRÉGÉ HISTORIQUE
Les Arverni (montagnards)
se rattachaient à la race des Galls
ou Celtes. La fertilité des plaines et l'âpreté des
hautes vallées de leur pays en faisaient une population puissante,
moitié riche moitié pauvre, mais laborieuse et retranchée,
quand l'ennemi se montrait, dans des remparts naturels, inaccessibles.
Leurs rois, Luern, Bituit, Celtill, Vercingétorix, portèrent
haut dans la Gaule le renom de l'Arvernie. Le dernier fut choisi par
toutes les tribus celtiques pour soutenir contre César la cause
de leur indépendance. Victorieux à Gergovia, il désespéra
bientôt du succès, et pour sauver ses guerriers cernés
dans Alesia, il se livra seul au vainqueur. Froid et cruel, César
le fit charger de chaînes; après six ans de captivité,
il mourut à Rome de la main du bourreau.
Attribuée à la première Aquitaine, conquise par
les Wisigoths et par Clovis, la haute Auvergne fut tour à tour
comprise dans les possessions de Thierry et de Chramn, puis dans celles
de Pépin désignées sous le nom d'Aquitaine. Les
fonctionnaires royaux établis par Charlemagne, et qui avaient
titre de comtes d'Auvergne, usurpèrent l'h'érédité au
xe s. Dépendants à la fois du comte de Poitiers, comme
maître de l'Aquitaine, et du roi de France, ils recevaient l'hommage
de sept ou huit grands barons, entre autres des vicomtes de Murat et
de Carlat, et d'un nombre considérable de châtellenies.
Les fiefs ecclésiastiques ne prétendaient relever
que de Dieu : ainsi à S.-Flour régnait l'évêque, à Aurillac,
l'abbé de S.-Géraud. La Haute-Auvergne suivit la destinée
de la province. Confisquée par Philippe-Auguste(1213), elle fut
rendue au régime féodal, comme apanage seulement, en faveur
du frère de S. Louis, Alphonse (1240), et plus tard, du troisième
fils de Jean le Bon, qui en fit un duché-pairie. En 1418, ce ne
fut qu'en violant les droits de l'État qu'on la fit passer dans
la maison de Bourbon; elle fut confisquée sur le dernier membre
de cette famille, le trop fameux Connétable, par François
Ier (1523). Quant au comté d'Auvergne, tombé par alliance
chez les Médicis de Florence, il fut rendu à l'État
par la reine Catherine ; distrait de nouveau pour apanager Marguerite,
sa fille, il fit définitivement retour sous Louis XIII.
La Réforme triompha de bonne heure dans les villes du Cantal,
qui souffraient impatiemment le despotisme du clergé. Lors de
la conclusion de la paix générale (1562), elle obtint Aurillac
comme place de sûreté. Bientôt vexés, dépossédés
par les catholiques qui avaient repris le dessus, les calvinistes, avec
l'aide de leurs coreligionnaires du Rouergue et du Quercy, rentrèrent
dans Aurillac et Mauriac, où ils se rendirent coupables des plus
déplorables excès. S.-Flour se sauva par sa forte position.
La Ligue, réaction religieuse pour les masses, éclata :
les Auvergnats l'accueillirent bien d'abord; puis, bien qu'ils fussent
d'avis qu'il fallait débourbonner la France, ils reçurent
avec joie la nouvelle de l'abjuration de Henri IV (1594). On était
las de guerres civiles. S.-Flour « se remit sous l'obéissance
du roy et monstra le chemin au reste du païs».
BIOGRAPHIE
S.
Odillon, abbé de
Cluny; l'illustre savant Gerbert, l'un des
plus grands pontifes du moyen âge sous le nom de Sylvestre II;
le cardinal et le maréchal de Noailles; le professeur Cinq-Arbres;
le géographe Piganiol de la Force, à qui l'on doit une
excellente description de la France au XVIIe s.; les médecins
de Breuil, l'Hôpital, Civiale ; l'abbé Chappe d'Auteroche,
célèbre astronome envoyé en Sibérie en 1760
pour observer le passage de Vénus; du Belloy, l'auteur du Siége
de Calais; le général Delzons, le révolutionnaire
Carrier; l'abbé de
Pradt, publiciste distingué.
STATISTIQUE
TOPOGRAPHIE. — Le
Cantal, dép. méditerrané, est situé au
S. entre 44°37' et 45°26' de lat. N. Bornes : Puy-de-Dôme,
H.-Loire, Lozère, Aveyron, Lot et Corrèze. Il tire son
nom du Cantal, mont volcanique au centre. — Pays entièrement âpre
et montagneux, occupé par le massif du Cantal et par ses contre-forts
qui conservent pendant près de huit mois la neige amoncelée
sur leurs cimes; le Cantal a 1,935 m. d'élévat. — Bassins
de la Loire et de la Garonne. Riv. princip. : Dordogne, Cère,
Rue, Lot, Truyère, Alagnon. Aucune n'est navigable. — Climat
très-salubre, assez rigoureux sur les montagnes. — 8 Routes
nat. ; 2 départ. ; 3,950 chem. vicin.
PRODUCTIONS. — Sols dominants : sablonneux,
pierreux, gravier, montagnes et landes (336,000 hect.). Sol peu fertile,
excepté dans quelques vallées;
beaux pâturages. — Pays presque entièrement agricole.
Récolte insuffis. en froment et avoine : sarrasin, seigle, pommes
de terre, châtaignes, chanvre, lin, plantes médicales, vins
de qualité infér. L'élève est l'industrie
la plus import. du dép., qui reçoit, en été,
les troupeaux transhumants : bonne race de chevaux, mulets, ânes
en gr. nombre, gros bétail et moutons indigènes, mérinos
et métis très-multipliés, ainsi que les porcs et
les chèvres ; abeilles. Prépar. consid. de fromages, dont
les plus estimés sont ceux des environs de Salers, de l'espèce
dite « Roquefort ». — Belles forêts,
77,991 hect. ; vignes peu nombr. — Exploit. miner. : houille, antimoine,
plomb argentifère, tourbe ; carrières de granit, pierres
meulières,
ardoises, roches volcaniques, etc. Parmi les nombreuses sources minérales,
celles de Chaudes-Aigues, Aurillac, Ste-Marie, Fontanes, Vic.-s.-Cère,
etc.
INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'Industrie est
sans importance; elle fabrique cuirs et parchemins, colle-forte, boissellerie,
toiles, lainages et dentelles communs, chaudronnerie, tuiles, papiers,
verre. — Le Commerce exporte principalem. les
chevaux, le bétail et les moutons, les châtaignes, les cuirs,
les peaux, les fromages, les planches de sapin et le merrain, les toiles
de chanvre, la colle-forte. Émigration annuelle d'habit. pour
la France, l'Espagne et la Hollande, comme chaudronniers, colporteurs,
march. de ferraille, porteurs d'eau, charbonniers, poêliers, ramoneurs,
march. de peaux, hommes de peine, etc. — 260 Foires.
INSTRUCTION
PUBLIQUE. — 3 Col. — 1 Établ. second. libre. — 1 École
norm. d'instit. — 3 Pension. prim. — École prim. :
223 de garçons, 222 de filles, 162 mixtes. — 2 Sém. — 2
Bibl. pub. — 1 Soc. savante.
VILLES PRINCIPALES
AURILLAC,
ch.-l., v. élégante et propre,
dans un large vallon qu'arrose la Jordane. Rues
rafraîchies par des ruisseaux d'eaux limpides, larges, quoique
un peu tortueuses : nombr. promenades, entre autres celles du Gravier.
On remarque N.-D.-des-Neiges, édifice assez curieux par une voûte
hardie sans piliers : la vieille tour du Château des abbés
; l'hippodrome, le Théâtre. — Comm. de mulets, chevaux,
bestiaux et fromages.
MAURIAC, dans une plaine fort élevée, entre l'Auze et la
Dordogne. N.-D.-des-Miracles (XIe s.), monum. remarq. à plus d'un
titre, la fontaine de la Placette. — Fondé par saint Mary
ou Maury.
MURAT, s. l'Alagnon, à l'extrém. de la Planèze,
appelée le grenier de la haute Auvergne. Rues étroites
et montueuses. — Draps et dentelles.
SAINT-FLOUR, ancienne capitale de la haute Auvergne, bâtie sur
le sommet d'un plateau basaltique escarpé, au pied duquel coule
l'affluent de la Truyère, construite en laves, rues tortueuses,
fontaines abondantes, une cathédrale, un petit et un grand séminaire.
On y fabrique des étoffes communes, des couvertures. Plusieurs
tanneries importantes, siége d'un évêché.
Citons encore : Vîc-sur-Cère et Chaudes-Aigues, deux établiss.
de sources thermales renommées. — Carlat, qui attire l'attention
par les ruines de son château. — Salers, où l'on nourrit
les plus beaux bestiaux de l'Auvergne. — Maurs, qui fait un gr.
commerce de jambons, etc.
VARIÉTÉS
« Le caractère des Auvergnats varie presque dans chaque
canton. Les gens de la Limagne, dits d'Ormesson, sont laborieux, mais
pesants et sans industrie. Le paysan de la haute Auvergne est doux et
soumis, vif et industrieux, mais plus grossier dans ses manières.
Un reproche général que l'on peut faire aux Auvergnats,
c'est d'être âpres au gain et d'user de tous les petits moyens
de l'avarice et de la chicane pour s'agrandir. Les querelles et les procès
sont fréquents parmi eux. Fléchier prétend que dans
ce pays « il y a deux choses opiniâtres : les hommes et les
mulets ». Dans son amour du gain, l'Auvergnat ne se laissera rebuter
par aucun travail, pourvu qu'on le paye, et comme il manque d'éducation
professionnelle, il embrasse les métiers les plus pénibles
et les moins recherchés. A la fin de l'automne, on en voit des
nuées se répandre dans toute la France, pour s'y faire
ramoneurs, marchands de peaux de lapin, charbonniers, joueurs d'orgue.
Aux environs de Murat, des villages restent parfois entièrement
déserts. Tous ces émigrants se fixent dans les villes populeuses,
et y forment de petites colonies, comme les porteurs d'eau et les charbonniers
de Paris, qui conservent les mœurs, les coutumes et le langage
de la montagne. — La danse nationale est la bourrée, exercice
monotone exécuté à deux, aux sons chevrotants de
la musette. — Le patois est la langue du peuple ; mais il est loin
de former un idiome régulier. »
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