POPULATION 345,613
hab. SUPERFICIE 719,934
hect.
Chef-lieu : BOURGES, à 232 k. S. de Paris
DIVISION ADMINISTRATIVE
Avant 1790,
ce dép. était en majeure partie
compris dans le Berry (h. Berry), et le Bourbonnais. — Cour d'appel
et Académie de Bourges. — 8 e Corps d'armée (Bourges). — 22e
arr. forestier. — Diocèse de l'Archevêché de
Bourges; Eglise consist. calviniste à Sancerre.
3
ARRONDISS |
|
29
CANTONS. |
291
COMM. |
POPUL.
de l'arrondt. |
BOURGES
35,785 h. |
10 |
Les Aix-d'Angillon, Baugy, Bourges, Charost,
Graçay, Levet,
Lury-sur-Arnon, Méhun-sur-Yèvre,
Saint-Martin-d'Auxigny, Vierzon. |
100 |
144,846 |
SAINT-AMAND
8,499 h. |
11 |
Charenton-sur-Cher,
Châteaumeillant, Châteauneuf-sur-Cher,
Le Châtelet, Dun-le-Roi, La Guerche-sur-1'Auhois, Lignières,
Nérondes,
St-Amand-Montrond, Sancoins, Saulzais-le-Potier. |
115 |
188,595 |
SANCERRE
3,691 h. |
8 |
Argent, Aubigny, la
Chapelle-d'Angillon, Henrichemont, Léré,
Sancergues, Sancerre, Vailly-sur-Sauldre. |
76 |
82,172 |
ABRÉGÉ HISTORIQUE
Le
haut Berry avait jadis pour principale ville Avaricum (Bourges), et
pour habitants les Bituriges, peuple riche et puissant de la Gaule
celtique, qui envoyait des colonies au loin et que Rome eut de la peine à soumettre.
Bourges, ruinée par César, pour avoir participé à une
révolte des Arvernes, devint, sous le nom de Biturica, la capitale
de l'Aquitaine. En 250, saint Ursin vint y prêcher l'Évangile. — Quand
les Barbares envahirent la Gaule, cette province devint la proie des
Wisigoths, qui la gardèrent jusqu'à la bataille de Vouillé (507).
Comprise dans les conquêtes de Clovis, elle passa sous ses successeurs
dans le royaume d'Orléans, et fut gouvernée par des comtes
L'un d'eux fut tué lors de l'incendie de Bourges, pendant la guerre
entre Pépin et Waïfer, duc d'Aquitaine; cette guerre rendit
pour quelque temps le Berry à la couronne; mais grâce à la
faiblesse des rois carlovingiens, il ne tarda pas, comme presque tous
les grands domaines de la monarchie, à se constituer une indépendance
féodale.
Pendant un siècle et demi, la possession du comté de Bourges
fit guerroyer entre eux plusieurs compétiteurs, dont un d'eux,
Gérard, irrita par sa cruauté Charles le Chauve, qui, pour
le punir, mit le Berry à feu et à sang. Déjà les
Normands l'avaient dévasté en 866 ; aussi ce malheureux
pays n'eut-il un peu de repos qu'à la mort du dernier comte Guillaume
II; le roi Raoul le réunit alors à la couronne, laissant
la jouissance de Bourges à Geoffroy, vicomte de cette ville. Le
Berry fut divisé en haut et bas Berry, avec Bourges et Issoudun
pour capitales; mais la réunion ne fut complète qu'en 1100,
par la vente que le brave Eudes Arpin, partant pour la Terre Sainte,
fit de son fief au roi Philippe Ier. Jusqu'au XIVe siècle, le
Berry eut beaucoup à souffrir des guerres de Louis VII contre
Henri II roi d'Angleterre, maître du Poitou et de la Guyenne; des
ravages et des cruautés d'une armée de pillards qui fut
mise en déroute près de Dun-le-Roi, le 30 juillet 1183,
par les seigneurs du Berry coalisés, ainsi que de plusieurs invasions
nouvelles des Anglais, contre lesquelles il fut protégé par
le duc Jean, à qui le roi Jean, son père, l'avait donné en
1360, après l'avoir érigé en duché-pairie.
Cette province servit ensuite à apanager les enfants de France
jusqu'à la fin du XVIe siècle. Les guerres civiles suscitées
par les maisons d'Orléans et de Bourgogne, et qui affligèrent
la France pendant le siècle suivant, rendirent le haut Berry témoin
de grands événements. Bourges devint la résidence
du roi Charles VII, qui en partit pour chasser les Anglais du royaume.
C'est dans ses murs qu'il réunit, en 1420, les états et
le clergé de France, d'où émana la fameuse déclaration
appelée pragmatique sanction, où sont exposées les
libertés de l'Église gallicane.
Les questions religieuses occupaient assez généralement
les esprits dans le Berry. Calvin, élève de l'Université de
Bourges, protégé par Marguerite, sœur de François
Ier, reine de Navarre et duchesse de Berry, réussit si bien à répandre
ses opinions, qu'après sa retraite forcée à Genève,
les calvinistes s'emparèrent de Bourges. Il s'ensuivit une guerre
civile déplorable, qui se continua au milieu d'une dévastation
générale du pays, sous le règne de Charles IX et
d'Henri III, à la mort duquel le Berry eut encore à souffrir
des efforts que fit Henri IV pour triompher de la Ligue, qui avait pris
naissance à Bourges, en 1568, par une association de 236 personnes,
l'Archevêque en tête. Sous le règne de ce prince,
le Berry avait déjà recouvré une partie de son bien-être,
quand les troubles de la Fronde, fomentés en partie par le prince
de Condé, son gouverneur, attirèrent les armées
royales, qui assiégèrent et démolirent la grosse
tour de Bourges, et démantelèrent toutes les places et
châteaux-forts de la province. L'acquisition que fit Colbert de
Châteauneuf, Lignières et Bois-Sir-Amé, dans l'intention
de faire renaître l'industrie et le commerce, resta sans résultat, à cause
des grandes occupations de ce ministre, et le haut Berry, en 89, passait
pour une des plus malheureuses provinces de la France.
BIOGRAPHIE
Jean L'Écuyer,
peintre célèbre sur vitraux; Jacques
Coeur, l'argentier de Charles VII, si injustement persécuté à cause
de ses richesses acquises dans le commerce; il avait pour devise : A
vaillants cœurs rien impossible ; Le roi Louis XI
; Bourdaloue, un des excell. prédicateurs du XVIIe siècle,
dont Louis XIV disait : « qu'il aimait mieux entendre ses redites
que les choses nouvelles d'un autre » ; Buchon (J. Alex.),
historien et littérateur ; les jésuites Dorléans,
Méry,
Chamillard, savants antiquaires et historiens ; le P. Desbillons, qui
s'exerça avec succès dans la poésie latine ; notre
poëte contemporain Emile Deschamps.
STATISTIQUE
TOPOGRAPHIE. — Le
dép. du Cher est méditerrané; il est situé au
C., entre 46°25' et 47°39' de lat. N. Bornes : Loiret, Nièvre,
Allier, Creuse, Indre, Loir-et-Cher. Il tire son nom du Cher, riv. qui
l'arrose du S. à l'E. — Pays plat en général,
sillonné par quelq. chaînes de collines peu élevées. — Bassin
de la Loire. Riv. princip. : la Loire, le Cher, l'Allier (navigables),
la Marmande, l'Arnon, l'Yèvre, la Sauldre, l'Auron. Nombreux étangs
au S.— Climat, en général, froid et humide. — Canaux
: du Centre, latéral à la Loire, de Digoin à Briare. — 8
Routes nation., 21 départem., 2,517 ch. vicinaux. Chemins de fer.
(Voir la carte.)
PRODUCTIONS. — Sols dominants : bon terreau (153,119
h.), sablonneux, calcaire, pierreux, gravier; bruyères. Culture
par les bœufs et par
les chevaux. — Pays agricole et d'exploit. Céréales
et vins en surabondance (vins blancs et rouges de Chavignol et de Sancerre);
betteraves, chanvre, châtaignes et autres fruits. Élève
importante de bétail, surtout de moutons indigènes et de
race améliorée; abeilles. Excellents pâturages. — Belles
forêts, 103,472 h.; vignes, 12,883 h. — Princip. produits
de l'exploitation : fer très-bon et en grande quantité,
pierres lithographiq. et meulières, moellons supérieurs,
ocre excellente, marbre commun, terre à porcelaine, etc. Quelques
sources d'eaux minérales.
INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'industrie
s'exerce principalement sur les fers dits «du Berry»,
dont le prod. annuel donne plus de 5 millions. On fabrique encore les
draps et lainages, la porcelaine, la poterie, les toiles de chanvre,
le sucre de betterave, l'huile de noix, les papiers et le verre. — Le
Commerce exporte les grains, vins, fers, laines, bestiaux, bois et chanvre. — 220
foires.
INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1
Lycée. — 2 Collèges. — 1 Établ.
secondaire libre. — 1 École normale d'Institut. — 1 École
profess. — 5 Pensionnats primaires — Écoles primaires
: 195 de garçons, 173 de filles, 100 mixtes. — 2 Séminaires. — 2
Biblioth. publiq. — 2 Sociétés savantes.
VILLES PRINCIPALES
BOURGES, ch.-l.,
gr. v., sur les deux versants d'un coteau, au confl. de l'Auron, de
l'Yèvre et de l'Yévrette. Rues assez bien
percées, mais tristes et désertes; esp. consid. sans constructions.
Plusieurs prom. agréables : les remparts, le pré Fichau,
les places Séraucourt, Villeneuve. Parmi les édif. la Cathédrale
(XIIIe s.), un des plus beaux monum. gothiq. qui existent en France;
on y remarque le portail, les cinq rangs de nefs, les vitraux, la sacristie,
le maître-autel en marbre, le jeu d'orgue et la crypte, qui renf.
plus. mausolées et un saint sépulcre. Le nouvel Hôtel
de Ville, l'ancien hôtel de Jacques-Cœur, dont le plan est
fort irrégul., mais qui se recommande par la richesse et l'élégance
des détails; acquis par Colbert, il le céda, en 1679, aux échevins
de Bourges; la maison des Allemands, l'Archevêché, le musée
Jacques-Cœur, etc. — Autrefois place forte et siège
d'une Université fondée par Louis XI en 1463. Siège
de plus. conciles; acceptat. de la Pragmatique sanction par le clergé français
en 1483.
SANCERRE, p. v., sur une mont. dont les flancs sont couverts de vignes,
mal bâtie, rues rapides et impraticables aux voitures. Grand
commerce de vins.
S.-AMAND, jolie ville, au confl. de la Marmande et du Cher, sur un embranch.
du canal de ce nom. Comm. en merrain, fers, laines, bestiaux, châtaignes,
etc. Ruines du ch. de Montrond, sur l'emplacem. duquel on a planté une
promenade.
Citons
encore : Mehun-s.-Yèvre (6,501 h.), dans un
pays fertile. Ruines du château dans lequel Charles VII se laissa
mourir de faim en 1461, dans la crainte que son fils Louis XI ne l'empoisonnât. — Vierzon (8,296
h.), jol. et anc. ville fort agréabl. située sur l'Yèvre, à l'embr.
du ch. de fer de Clermont. Manuf. de porcelaine; forges importantes. — Dun-le-Roi (5,093
h.), v. célèbre dans l'Aquitaine au XIIe s. Henrichemont
(3,459 h.), bâtie en 1597 par Sully, qui lui donna le nom de son
maître. — Châteaumeillant, Culan, dominé par
le vieux château des Croï, etc.
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