POPULATION 311,525
hab. SUPERFICIE 586,609
hect.
Chef-lieu :TULLE, à 461 kil. S. de Paris
DIVISION ADMINISTRATIVE
Avant 1790,
ce dép. faisait partie du Limousin
(Haut et Bas-Limousin). — Cour d'appel de Limoges et Académie
de Clermont-Ferrand. — 12e Corps d'armée (Limoges). — 28e
Conservation forestière. — Diocèse de l'Évêché de
Tulle.
3
ARRONDISS |
|
29
CANTONS. |
287
COMM. |
POPUL.
de l'arrondt. |
TULLE
15,342 h. |
12 |
Argentat,
Corrèze, Égletons,
Lapleau, Mercœur, Laroche-Canillac, Seilhac, Saint-Privat, Treignac,
Tulle (2), Uzerche. |
118 |
132,845 |
BRIVE
11,920 h |
10 |
Ayen, Beaulieu, Beynat,
Brive, Donzenac,
Juillac, Larche, Lubersac, Meyssac, Vigeois. |
98 |
114,755 |
USSEL
4,231 h. |
7 |
Bort, Bugeat, Eygurande, Meymac, Neuvic,
Sornac, Ussel. |
71 |
63,925 |
ABRÉGÉ HISTORIQUE
Le
Limousin reçut son nom des Lemovices, ses premiers habitants,
qui secoururent Vercingétorix au nombre de dix mille. Rattaché par
l'empire romain à la première Aquitaine, il fut ravagé au
ve s. par les Vandales, puis conquis par les Visigoths. Clovis s'en empara
(507), et en confia le gouvernement à des comtes particuliers
au nom de son fils Thierry, auquel il venait de donner l'Aquitaine. Le
roi Eudes, fils de Raymond, comte de Limoges, supprima ces fonctionnaires
royaux et établit Foucher en leur place avec le titre de vicomte
(887). La succession de ces nouveaux seigneurs est fort incertaine jusqu'à Géraud(963)
et l'histoire elle-même du Limousin n'offre, jusqu'à la
seconde moitié du XIe s., qu'un intérêt très-secondaire.
Toute la période antérieure est remplie par les ravages
des Normands, par quelques expéditions des ducs d'Aquitaine, par
les démêlés féodaux des vicomtes de Limoges.
Ces derniers, inquiétés par le voisinage de l'Angleterre,
qui occupait la Guienne et le Poitou depuis le mariage d'Aliénor,
se déclarèrent de bonne heure vassaux de la couronne (1199);
pourtant ce ne fut qu'en 1243 que S. Louis envoya dans le Limousin un
officier qui le représentât, le sénéchal Guillaume
de Malemort. Le funeste traité de Brétigny appela les Anglais
en jouissance de cette province, sans charge d'hommage. En 1370, Jeanne
remit sa vicomte à Charles V, le duc de Berry, frère du
roi, y entra avec Du Guesclin et, malgré les efforts du prince
Noir, y fit de rapides conquêtes. Tulle ne l'avait pas attendu
pour expulser l'ennemi de ses murailles; Brive, qui avait fort à faire
en face des agressions continuelles des seigneurs de Turenne et de Malemort,
fut punie, par des rigueurs inouïes, d'avoir ouvert ses portes à Lancastre.
Un siècle plus tard, le Limousin passait dans la maison de Navarre.
Quand éclatèrent, au XVIe s., les dissensions religieuses,
Brive et Tulle se prononcèrent avec ardeur contre le schisme.
Biron et Turenne, qui menaient les huguenots, furent d'abord battus;
mais ils prirent une terrible revanche sur l'une et l'autre ville (1577-1585).
L'avènement de Henri IV au trône réunit définitivement
le Limousin à l'État; s'il en fut distrait en faveur de
quelques princes du sang, ce ne fut qu'à titre d'apanage.
BIOGRAPHIE
L'historien Baluze;
le cardinal Dubois, ministre du Régent; Marmontel,
auteur des Incas; Cabanis, philosophe distingué; Treilhard, jurisconsulte
estimé; l'habile chirurgien Boyer; le naturaliste Latreille et
le littérateur Féletz, tous deux de l'Institut; le général
d'Espagnac; l'infortuné maréchal Brune.
STATISTIQUE
TOPOGRAPHIE. — Le
dép. de la Corrèze est méditerrané; il
est situé au Centre, entre 44° 55' et 45° 40' de lat.
N. Bornes : Creuse, H.-Vienne, Dordogne, Lot, Cantal et Puy-de-Dôme.
Il tire son nom de la Corrèze, riv. qui s'étend du N. au
S.-O. — Pays montagneux, surtout au N. et à l'E., où il
est traversé par une chaîne élevée, contre-fort
des monts d'Auvergne, et dont le point culminant est le M. Oudouze, 1,364
m. Deux régions bien distinctes : au N., la montagne où dominent
les bruyères stériles ; au S.-O., le pays bas, couvert
de vignobles abond. et de terrains en culture, et où la populat.
est concentrée.— Bassin de la Garonne. Riv. princip. : la
Dordogne, la Vienne, la Vezère, la Corrèze, la Cère,
la Maronne, etc. Un seul de ces cours d'eau est navigable. — Climat
un peu froid, occasionné par les plans élevés du
sol et le grand nombre de rivières. — 5 Routes nat.; 9
dép.; 4,300 chem. vicin.
PRODUCTIONS. — Sols dominants :
sablonneux, pierreux, de craie ou calcaire,de gravier; beauc. de bruyères
ou de landes. Sol peu fertile; cultivé par des bœufs. — Pays
exclusivement agricole; agriculture peu avancée. Céréales
suffis.; abondante récolte de pommes de terre et de châtaignes.
Excédant
en vins généralement médiocres; on cite les rouges
d'Allassac, de Saillac et de Donzenac. Grande culture d'arbres fruitiers,
surtout châtaigniers et noyers, beaucoup de foins; truffe Elève étendue
de gros bétail, moutons et porcs, chevaux de la race estimée
dite limousine, mais négligés et dégénérés;
mulets, ânes, abeilles donnant un excellent miel. — Bois,
39,833 hect.; vignes, 15,203 hect. — Exploitation minérale
peu développée : fer, houille, beaucoup d'ardoises, pierres
meulières et à aiguiser, granit, moellons, chaux hydraulique,
argile à poterie. — Source minérale à Bétailles.
INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'industrie
manufacturière
est à peu près nulle.
Parmi les principaux établissements industriels : la manufacture
nationale d'armes à feu de Tulle, les usines à fer, quelques
poteries et verreries, des tanneries et des fabriques de lainages communs.— Le
commerce exporte vins, bois et merrain, bœufs, porcs gras, mulets,
armes à feu, noix, cire et miel, truffes, volailles, moutarde,
etc. — 640 Foires.
INSTRUCTION PUBLIQUE. — 3
Coll. 1 Établ. second. libre. 1 École norm. d'Instit.
8 Pension. prim. Écoles prim.: 225 de garçons, 214 de filles,
92 mixtes. 2 Sém. 3 Bibl. pub. 1 Soc. savante.
VILLES PRINCIPALES
TULLE,
ch.-l., entre plusieurs vallons verdoyants, s. le penchant d'une montagne,
au confl. de la Corrèze et de la Solane. La ville est
petite, les maisons sont vieilles et laides; mais elle possède
une jolie promenade, de beaux quais, une église à moitié gothique
avec une flèche d'une élégante hardiesse, un Palais-de-Justice
bien distribué, de vastes bâtiments consacrés à la
manufact. d'armes, quelques hôtels ornés de sculptures originales,
tels que la Maison Sage, etc.
BRIVE, dans le joli vallon de la Corrèze. Ville ancienne et mal
percée, entourée de boulevards. L'intérieur ne mérite
pas le surnom de Gaillarde qu'on attribue à sa gaieté d'autrefois,
et qui signifie plutôt Brave, Courageuse, qualification que l'histoire
de cette ville justifie d'ailleurs pleinement. On y remarque la tour
en Belvéder, le clocher de Saint-Martin, l'Hôpital, le Collège,
et, dans les environs, les ruines du château de Malemort, où furent
massacrés les bandes des Brabançons, en 1477.
USSEL, p. v., au milieu de montagnes arides, entre la
Diége et
la Sarsonne, construite sur l'emplacement d'un camp romain.
Citons encore : Uzerche, sur le penchant d'une colline
escarpée
et entourée par la Vézère; le commerce est attiré dans
les faubourgs de la Pomme et de Sainte-Eulalie. —Argentat,
dans une plaine fertile, au bord de la Dordogne.— Pompadour,
ville célèbre
par son haras et le château donné par Louis XV à la
favorite qu'il décora du titre de marquise de Pompadour. — Turenne,
dont le chât. en ruine est l'une des plus anciennes demeures féodales. — Lubersac,
etc.
VARIÉTÉS
Le
paysan du Limousin présente un singulier mélange de candeur,
de bonhomie, de grossièreté et de défiance; quoiqu'il ait
l'esprit lent et peu développé, il n'en est pas moins éveillé et
propre pour les affaires, comme si, dans l'occasion, son intérêt
personnel lui donnait une seconde vue. Son penchant à l'économie
dégénère trop souvent en avarice; il est dur pour lui-même,
mais non pour les autres. S'il n'a point l'affabilité des habitants des
villes, il est comme eux hospitalier avec les étrangers; toujours charitable
pour les malheureux et serviable envers les siens, il reçoit à son
foyer et y fait asseoir, à côté des enfants de la maison,
ses parents pauvres ou orphelins. Du reste, il se souvient des services avec
reconnaissance, surtout quand ils relèvent à ses propres yeux :
car il craint encore plus le mépris que la pauvreté. Sa gaieté est
sans abandon et peu expansive, bien que son humeur soit assez railleuse.
Les Limousins portent, pour la plupart, les cheveux longs et flottants
sur leurs épaules
; un chapeau à larges bords leur couvre la tête; l'habit-veste des
jeunes gens fait place, chez les vieillards, à l'habit carré de
l'ancienne mode ; enfin de gros souliers et, le plus souvent, des sabots ferrés
chaussent les pieds des uns et des autres. Dans le Bas-Limousin, la couleur de
prédilection pour les habillements des hommes est le vert et le gris.
Quant aux femmes, elles se revêtent l'été d'un justaucorps
appelé brassière, auquel se rattache un jupon assez court; l'hiver,
elles s'enveloppent dans les plis d'une capote, espèce de cape, garnie
d'un capuchon. Dans les districts montagneux, à Ussel, par exemple, un
petit chapeau de paille, coquettement orné de velours noir, garantit la
tête du froid, de la neige et des pluies glaciales. La coiffure ordinaire
des Limousines est un bonnet à longues ailes, qui se relèvent
sur le front ou s'arrondissent sur les tempes.
Le Bas-Limousin se recommande au géologue par plusieurs curiosités
naturelles. Nous citerons ici la grotte de Nonards, située dans la vallée
du Puy-d'Arnac, et ornée de stalactites brillantes, qui éblouissent
les yeux de tout le luxe des cristallisations; les orgues de Bort, vaste colonnade
de rochers basaltiques et prismatiques; la cascade du saut de la Sole, dont Marmontel
a parlé comme d'une des plus belles cataractes de l'Europe : les dix cascades
de Gimel, d'où la Montane se précipite avec fracas d'une hauteur
de plus de 132 m.; et celle de Treignac, formée par les eaux de la Vézère,
qui, après avoir franchi un mur de rochers abrupts, haut de 33 m., s'engouffrent
dans un entonnoir immense, tout tapissé d'arbustes et d'arbrisseaux. Le
spectacle est magnifique en hiver : l'eau, chassée par le vent sur les
broussailles, s'y convertit en glaçons, et l'on dirait un véritable
palais de cristal. |