POPULATION 359,070
hab. SUPERF1CIE.......742,804
hect.
Chef-lieu : AUXERRE, à 168 k. S.-E. de Paris.
DIVISION ADMINISTRATIVE.
Avant 1790, ce dép. faisait partie de la Bourgogne
(Senonais, Gâtinais, Auxerrois) et de la Champagne. — Cour
d'appel de Paris et Académie de Dijon. — 5e Corps d'armée
(Orléans). — 8e arrond. forestier. — Diocèse
de l'Archevêché de Sens.
5 ARRONDISS |
|
37 CANTONS. |
385 COMM. |
POPUL.
de l'arrondt. |
AUXERRE
16,239 h. |
12 |
Auxerre (2), Chablis, Coulange-la-Vineuse, Coulange-sur-Yonne,
Courson, Ligny-le-Châtel, Saint-Florentin, Saint-Sauveur-en-Puisaye,
Seignelay, Toucy, Vermenton. |
132 |
114,690 |
AVALLON
5,930 h |
5 |
Avallon, Guillon, Isle-sur-le-Serain, Quarré-les-Tombes,
Vezelay. |
72 |
43,775 |
JOIGNY
6,317 h |
9 |
Aillant-sur-Tholon, Bléneau, Brienon-l'Archevêque,
Cerisiers, Charny,
Saint-Fargeau, Saint-Julien-du-Sault, Joigny,
Villeneuve-sur-Yonne |
108 |
95,046 |
SENS
12,309 h |
6 |
Chéroy, Pont-sur-Yonne, Sens (2), Sergines, Villeneuve-l'Archévêque |
91 |
64,640 |
TONNERRE
5,536 h |
5 |
Ancy-le-Franc, Cruzy-le-Châtel, Flogny, Noyers, Tonnerre |
82 |
40,919 |
ABREGE HISTORIQUE.
Sous le nom de Antessiodurum et de Senones, Auxerre
et Sens étaient les bourgades les plus peuplées de la confédération
Sénonaise, dans la Gaule celtique. Après la réduction
d'Alesia, elles prirent une grande importance; l'empire les rattacha à la
4e Lyonnaise. En 451, tout leur territoire fut ravagé par Attila,
Auxerre saccagé, S. Loup martyrisé; les autres barbares
ne montrèrent pas plus d'humanité. Cependant la domination
romaine y était encore debout, et Clovis ne la renversa qu'après
la mort de Syagrius(486). A la mort de ce roi, les villes de l'Yonne
furent successivement comprises dans les royaumes d'Orléans, de
Paris et de Bourgogne au IXe siècle. Leurs églises et leurs
riches abbayes tentèrent plus d'une fois l'avidité des
pirates du Nord qui s'aventuraient impunément au milieu d'un pays
abandonné par ses habitants et par ceux-là mêmes
commis pour les protéger.
Charlemagne donna cette partie de la Bourgogne à Louis le Débonnaire,
qui en investit plus tard son fils Pépin, roi d'Aquitaine. Des
rois carlovingiens elle passa à des seigneurs bénéficiers
que leur ambition, favorisée par la lâcheté des princes
et le désordre du temps, rendit bientôt héréditaires.
Au IXe s., Auxerre, Sens, Joigny, Tonnerre, Avallon, avaient le titre
de comtés. Dans le siècle suivant, ils appartinrent aux
ducs de Bourgogne (V. la Côte-d'Or). Un seul, le plus
important, leur échappa : le comté d'Auxerre. Landry en
obtint la possession par traité (1045) et son fils Renaud le réunit
au comté de Nevers. Depuis cette époque (1048), les deux
fiefs relevèrent presque toujours du même titulaire. Leur
histoire, comme celle de tous les domaines féodaux au moyen âge,
ne fut qu'une longue suite de démêlés avec l'autorité royale
ou le clergé, représenté par l'évêque
d'Auxerre et les abbés de S.-Germain et de Vezelay. Au XIIIe s.,
le comté passa, par alliance, dans l'illustre maison de Chalon.
Un des seigneurs de cette branche, Jean III, fut emmené prisonnier
après la défaite de Poitiers; son fils, Jean IV, eut le
renom d'un vaillant guerrier. Malgré sa belle conduite à Cocherel,
quelques actes d'insubordination le firent tomber en disgrâce,
et, pour obtenir son pardon, il fut obligé de vendre au roi son
comté d'Auxerre (1370). Cédé toutef. au duc de Bourgogne
par le traité d'Arras, ce fief important ne revint à l'État
qu'à la mort de Charles le Téméraire (1477). N'oublions
pas de signaler l'occupation des villes bourguignonnes par leurs alliés
les Anglais et la victoire remportée à Gravant par le
maréchal de Chastellux sur les troupes de Charles VII (1423).
L'hérésie se glissa au milieu du XVIe s. dans les diocèses
de Sens et d'Auxerre : en 1551, un prêtre fut brûlé pour
s'être marié publiquem. Cependant les protestants, peu nombreux,
furent obligés de céder le pas aux catholiques; ils se vengèrent
par le sac d'Auxerre en 1567. Aussi cette ville fut-elle plus tard l'un
des foyers les plus ardents de la Sainte-Union ; elle ne se rendit qu'en
1594. Semur fut la seule place bourguignonne qui resta fidèle à la
cause royale.
BIOGRAPHIE
Les historiens ou théologiens Héric, Rémy, Guillaume
d'Auxerre, Germain de Brie, Théodore de Bèze,
l'ami et le successeur de Calvin; les littérateurs Sainte-Palaye,
Restif de la Bretonne; l'historien Lebeuf; le peintre Jean Cousin;
notre plus grand ingénieur militaire, Vauban; le maréchal
davoust; le célèbre architecte Soufflot ; le savant mathématicien
Fourier; le conventionnel Bourbotte; le fameux chevalier d'EON; ]e député Marie
; le chirurgien Roux ; A. de Vaulabelle, l'auteur de l'Histoire de
la Restauration, etc.
STATISTIQUES
TOPOGRAPHIE. — Le dép. de
l'Yonne est méditerrané; il est situé entre
47° 18' et 48° 25f de lat. N. Bornes : Seine-et-Marne, Aube,
Côte-d'Or, Nièvre, Loiret. Il tire son nom de l'Yonne, riv.
qui le traverse du S. au N.-O. Pays sillonné de petites chaînes
de collines d'une élévation médiocre. — Bassin
de la Seine. Riv. princip. : Yonne (navig.); Àrmançon,
Cure, Cousin, Serain, Loing. Ouanne, Vrin, Tholon, Vanne. — Climat
tempéré et assez doux. — Canaux : de Bourgogne, du
Nivernais. 6 Routes nat., 19 départ.; 1,300 chem. vicinaux. Chemins
de fer : (Voir la carte.)
PRODUCTIONS. — Sols dominants : riche terreau, pierreux, calcaire,
sablonneux, gravier, différ. sorte. Sol fertile. — Pays agricole;
agriculture en progrès. Excédant en céréales et
vins; pommes de terre; excellents fruits et légumes, châtaignes,
truffes, chanvre; bons pâturages. La grande richesse du départ.
consiste dans le vignoble, qui donne annuell. près de 900,000 hectol.;
les crus les plus estimés sont la Chômette, Migraine, Auxerre,
Avallon, Joigny, Coulange (rouges), et Chablis (blancs). — Élève
peu remarquable : chevaux dégénérés, bestiaux de
qualité inférieure, moutons en grand nombre, mais de race commune. — Bois, 146,570
hect.; vignes, 37,543 hect. — Exploitat. minérale : tourbe,
minerai de fer, pierres de taille et meulières, ocre jaune et rouge,
pierres lithographiques, argile, chaux hydraulique naturelle. 6 Sources froides
ferrugineuses
INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'Industrie est faible : grosses
draperies, couvertures de laine, serges, feuillettes, raisiné de
Bourgogne; tanneries considérables, dont les produits sont très-estimés;
tuiles de bonne qualité, faïence et poterie, eau-de-vie
de marc. — Le commerce consiste principalement en grains de toute
espèce, bois de chauffage, charbon de bois, chanvre, bestiaux,
laines, feuillettes, truffes et surtout en vins. — 400 Foires.
INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1 Lycée.
4 Collèges. 7 Etabliss. second.
libres. 1 École norm. d'instit. 1 Ecole norm. d'institutr. 16
Pensionn. prim. Ecoles prim.: 251 de garçons, 237 de filles, 294
mixtes. 2 Sémin. 6 Bibl. publ. 2 Suc. savantes.
VILLES PRINCIPALES
AUXERRE, chef-lieu, très-ancienne ville, au sommet et sur le
penchant d'une colline. Autrefois entièrement bâtie en bois,
elle offrait le pittoresque aspect des vieilles cités, mais de
belles promenades l'entourent, et la campagne d'alentour est ravissante.
L'Yonne, animée par une navig. active, forme, devant la ville,
une petite île très-pittoresque ; le port est commode et
le quai bordé de jolies maisons. Parmi les édifices : Saint-Étienne (XIIIe
s.), l'une des plus belles constructions dans le style ogival; elle a
101) m. de long, 40 de large, plus de 30 sous clef, et renferme une crypte;
on y admire la tour carrée, les merveilleux ornements des bas-reliefs,
de magnifiques vitraux, la statue d'Amyot et le mausolée de Chastellux; Saint-Eusèbe (XVIe
s.), mélange d'architecture romane et renaissance; Saint-Pierre, égl. étendue
et régul.; Saint-Germain, où l'on visite surtout
les catacombes de Conrad qui contiennent les tombeaux de 60 saints (rxe
s.); la Préfecture, avec une façade de bon goût;
la Tour Gaillarde et sa curieuse horloge; la Bibliothèque
(40,000 vol.). —Autrefois siège d'un évêché.
AVALLON, dans une situation pittoresque, sur un rocher de pur granit
rouge. Le Petit-Cours longe les bords escarpés du Cousin, riv.
qui serpente au fond d'une romanesque vallée de 100 pieds de profondeur,
dont les pointes à pic sont couronnées de bouquets de verdure.
L'Église, d'architecture gothique, a des colonnes torses d'une
extrême délicatesse. L'horloge est un édifice du
xve siècle.
JOIGNY, en amphithéâtre sur l'Yonne, entouré d'un
vieux mur et de 2 faubourgs. Rues étroiteset mal percées,
quelques-unes praticables au moyen de rampes en fer. La principale église
est très-élégante; sur la hauteur, on voit le château
commencé par Villeroy.
SENS, ancienne ville bien bâtie, aux rues larges et propres, entourée
de restes de remparts d'origine romaine, sur la Vanne et l'Yonne. On
remarque la Cathédrale (XIIe s.), qui occupe le centre
de la plus belle place de la ville; ce monument gothique, un peu plus
petit que Notre-Dame de Paris, et dont on admire le maître-autel,
le mausolée du Dauphin, œuvre de Coustou, les bas-reliefs
de celui du chancelier Duprat, attribués au Primatice, et les
magnifiques vitraux. Siège d'un archevêque, qui prenait
jadis le titre de primat des Gaules et de Germanie, — Il se tint à Sens
plusieurs conciles, dont le plus célèbre est celui de 1140,
dans lequel saint Bernard fit condamner la doctrine d'Abailard, son ennemi.
TONNERRE, jolie ville au milieu des vignobles estimés, dont elle
expédie les vins de tous côtés. L'église de
l'hôpital, l'ancienne salle des malades, voûtée en
berceau et en bois, remarquable par son étendue, renferme deux
beaux mausolées. On voit dans le faubourg de Bourbereau une source
appelée Fosse-Yonne, dont les eaux sont tellement abondantes
qu'elles font tourner plusieurs moulins,
Citons encore : Vezelay, où saint Bernard prêcha
les croisades de 1145 et de 1180; Sainte-Madeleine, église
double, d'un magnifique style roman : on entre par trois portes d'abord
dans la première, appelée église des Catéchumènes, qui
a 22 m, de long: puis, par trois autres portes dans la grande église, longue
de 66 m.; la porte du milieu est décorée do riches sculptures
et d'un zodiaque ; le chœur, qui a 22 m. d'élévation,
est magnifique.
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