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Province ou wilaya d'Alger en 1883

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Carte de la province ou département d'Alger en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
L'Atlas de Vuillemin

Nota : les propos ci-dessous reflètent les idées de l'époque sur les colonies et leurs habitants. Il s'agit bien d'une notice historique à replacer dans le contexte de 1883. Ce texte ne correspond en aucun cas à la position de l'auteur de ce site,
qui a, par ailleurs, un grand respect pour le peuple algérien.

A lire aussi sur ce site, la section spécifique sur l'Histoire d'Alger


Pop.; européenne......137,071 hab.
Pop. indigène.............935,689 hab.
Superficie, 113,000 kil. carrés.
32,000 dans le Tell, 81 000 dans le Sahara.

À 1,600 k. S. -S. -E de Paris.

 

DIVISION ADMINISTRATIVE

Avant 1830, cette province faisait partie de la Régence d'Alger. Aujourd'hui son territoire est divisé en deux classes, le territoire civil et le territoire militaire. Le territoire civil se divise en départements, arrondissements, districts ou commissariats civils, communes etc. Le territoire militaire est partagé en divisions, subdivisions, cercles militaires, etc.

Le territoire civil constitue une préfecture et se divise en quatre arrondissements : Alger, Dellys, Miliana, Orléansville ; et en cinq districts : Boghari, Dra-el-Mizan, les lssers, Palestro et Tizi-Ouzou.

Le territoire militaire constitue une division dont le quartier général est à Alger, et se partage en cinq subdivisions : Fort National, Aumale, Médéa, Miliana, Orléans-ville.

Le gouvernement et la haute administration de toute l'Algérie sont centralisés à Alger, sous l'autorité d'un gouverneur général commandant en chef les forces de terre et de mer. — Cour d'Appel ; Académie, Tribunal civil et de commerce ; Archevêché.


4 Arrondissements

ALGER
57,495 h.

DELLYS
11,366 h.

MILIANA
7,359 h.

ORLéANSVILLE
4,463 h.

5 DISTRICTS

69 COMMUNES

80 DOUARS


ABREGE  HISTORIQUE

Alger, chef-lieu de la province de ce nom, qui paraît être situé sur l'emplacement de l'Icosium des anciens, entre Julia-Cœsarea, aujourd'hui Cherchell, à l'ouest, et Rusucurrum, aujourd'hui Dellys, à l'est, ne commence qu'assez tard à figurer dans l'histoire sous son nom arabe (Al-Djezaïr). En 935, cette ville était la capitale d une petite principauté formée par Zéiri-Ben-Mounad, dit Al-Taclani, chef des Zéirites-Sanhadjites, qui, après avoir secoué le joug des califes fatimites, conquit le pays situé entre Alger et Tripoli, et en fit hommage à Obeid-Allah. Depuis lors, elle subit toutes les révolutions qui bouleversèrent cette partie de l'Afrique. Dans le xve siècle, elle servit de retraite aux Maures expulsés d'Espagne, et fut le refuge des hardis pirates musulmans qui infestaient la Méditerranée. En 1510, les Espagnols s'en emparèrent et bâtirent, sur un rocher isolé au milieu des flots, les fortifications qui protègent le port. Bientôt un aventurier turc, Aroudj Barberousse, chasse les Espagnols et se rend maître d'Alger (1510) ; pour agrandir sa puissance, il veut soumettre tout le pays voisin, mais repoussé par ses adversaires, il périt dans sa fuite (1518). bon frère Kaïr-el-Din Barberousse lui succède ; pour affermir son autorité, il se met sous la protection du sultan Sélim ler (1520). Ce dernier, en acceptant la suzeraineté du territoire d'Alger, y établit un pachalik qui, devenu par la suite indépendant, forma un état très-redouté à cause de ses corsaires, et réduisit la plupart des puissances de l'Europe à lui payer un tribut annuel sous le titre de pension, pour la sûreté de leurs vaisseaux marchands. Quelque temps après, Charles-Quint, au nom de la civilisation et du christianisme, revendique ce sol où la foi avait eu de si illustres défenseurs ; mais les pirates se retranchent derrière les rochers d'Alger ; les éléments combattent pour eux, et un orage épouvantable disperse l'armée espagnole, contrainte de se rembarquer, en laissant plus de six mille prisonniers entre les mains des vainqueurs (1541). Plus tard, la puissance de Louis XIV lui-même vient se briser contre ces hardis corsaires, et les expéditions du duc de Beaufort (1663, 1665), de Duquesne (1682, 1683), de Tourville (1687), échouent devant ce repaire de forbans. En 1774, le célèbre O'reilly entreprend en vain de détrôner ce tyran des mers, ses efforts. restent impuissants. Le congrès de Vienne (1816) charge l'Angleterre de poursuivre dans les états barbaresques l'abolition de l'esclavage des chrétiens ; la flotte britannique, commandée par lord Exmout, arrache, il est vrai, 1,200 esclaves des mains de ces barbares, mais elle est forcée de traiter avec eux. Il était réservé à la France de planter ses drapeaux victorieux sur ces remparts jusqu'alors imprenables. En effet, une grave insulte faite à notre consul, M. Deval, par le dey Hussein qui le frappa rudement de son chasse-mouches, motiva le bombardement d'Alger. Le gouvernement de Charles X mit, pour cette entreprise, 64,000 soldats et 4,000 chevaux sous les ordres du général Bourmont et de l'amiral Duperré. Le débarquement s'effectua à Sidi-Ferruch, à 24 kilom. O. d'Alger, le 11 juin 1830 ; et la capitale de l'Algérie se rendit le 5 juillet suivant. Ainsi vingt jours suffirent à la valeur française pour soumettre à notre puissance cette côte inhospitalière.


STATISTIQUES

TOPOGRAPHIE. — Le département d'Alger est maritime. Borné au N. par la Méditerranée, à l'E. par la province de Constantine, à l'O. par celle d'Oran, au S. par le Sahara. — Pays montagneux. Quelques plaines basses, entre autres celle de la Mitidja au S. d'Alger, longue de 70 kilom. et large de 25. Côtes escarpées. Les rivières, dont le Chétif est la principale, sont des torrents pendant la saison des pluies, mais ne sont plus ensuite que de légers cours d'eau, et restent quelquefois à sec. — Le climat est sain et tempéré sur le versant septentrional de l'Atlas, moins favorable dans les plaines basses. De juillet à novembre les chaleurs sont excessives sous l'influence du vent du désert. Dès février la végétation est en activité, et à la fin de mai, les récoltes sont mûres. La température moyenne est de 22° à Alger. — La population indigène se compose d'Arabes, de Kabyles, de Maures et de Juifs. — On y professe le christianisme, l'islamisme et le judaïsme. — L'arabe est la langue nationale.

PRODUCTIONS. — On y cultive : froment, orge, maïs, millet, tabac, légumes de toute espèce. Les fruits sont savoureux et très-abondants : figues, olives, grenades, dattes, oranges ; vignes, raisins, etc. — L'élève constitue la richesse des indigènes : gros bétail, moutons, chèvres, etc. — Les côtes abondent en poissons. — Forêts magnifiques, 254,394 hect., surtout celle de Teniet-el-Haâd. Le chêne blanc, le chêne vert, le chêne-liège, l'olivier, en sont les essences les plus précieuses. — On y trouve des mines de fer, de plomb, de cuivre ; plâtre, pierres à chaux et à bâtir, etc.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'industrie s'exerce sur les étoffes de laine pour vêtements et de poil de chèvre pour les tentes ; sur les étoffes de soie ; des mousselines brochées d'or et d'argent, des tapis, etc. Le commerce, qui s'accroît chaque jour, exporte : blés, bestiaux, laines, tabacs, huiles d'olive, corail, oranges, dattes, liège, etc.

INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1 école préparatoire de médecine et de pharmacie, 1 école préparatoire à l'enseignement du droit, 1 école préparatoire à l'enseignement des sciences, 1 école préparatoire à l'enseignement supérieur des lettres, 1 lycée, 1 collège communal à Alger, 1 à Miliana, 1 bibliothèque publique, 2 séminaires ; les écoles communales sont très-nombreuses, il en existe dans presque tous les centres de population.


VILLES  PRINCIPALES

Alger, chef-lieu de la province, à 760 kilom. S.-S.-O. de Marseille, et à 600 kil. O. de Tunis, sur la Méditerranée et sur la côte occidentale de la rade du même nom. Cette ville, bâtie en amphithéâtre, est de forme presque carrée. Les nouveaux faubourgs offrent de hautes et belles maisons, de larges rues, de vastes places, entre autres la rue Babazoun et la place du Gouvernement. On y remarque la cathédrale, l'évêché, le palais du gouverneur, la préfecture, le passage Duchassaing, l'ancien palais du dey, un grand nombre de mosquées, le fort l'Empereur, la Casbah ou Kaçaba, située à l'extrémité S. de la ville, qui renfermait les trésors du dey. Les environs, couverts de maisons délicieuses et de marabouts, présentent une végétation vigoureuse, de riches cultures, des jardins et des plantations magnifiques. On y fabrique : armes à feu, soieries, orfèvrerie, calottes tunisiennes, cuirs, maroquins, etc.
Voir aussi l'article sur l'Histoire d' Alger dans la section 'Les villes à travers les documents anciens' ,
Ainsi qu'Alger lors de sa conqquète par les français en 1830 , et une page du géographe Malte-brun sur l'Algérie, illustrée par des gravures de A.Genet

Buda, à 50 kilom. S.-O. d'Alger, au pied du petit Atlas, à la naissance de la Mitidja. La douceur et l'égalité du climat, la fécondité de son territoire, font de cette ville un véritable jardin. Elle fut occupée et fortifiée par les Français en 1838. Commerce actif ; pépinières, orangeries ; carrières de gypse ; minoteries importantes : haras, etc.

Cherchell, à 113 kilom. O. d'Alger. Cette petite ville maritime est d'origine carthaginoise ; sous les Romains elle faisait partie de la Mauritanie césarienne ; elle appartint à Juba le Jeune, qui la nomma Julia-Cœsarea, eu l'honneur d'Auguste, son protecteur. Les Français s'en emparèrent au mois de mars 1840. Commerce de grains, minoteries, mines de fer, carrières de plâtre, etc.

Dellys, chef-lieu de sous-préfecture, à 96 kil. E. d'Alger ; ville maritime, près du cap Bengut, bâtie sur les ruines de l'ancienne Rusucurrum ; jadis occupée par de nombreux pirates. Les Français s'en rendirent maîtres en 1844. Commerce de grains et de raisins renommés ; teintureries, etc.

Médéa, à 91 kilom. S.-S.-O. d'Alger, sur le plateau moyen de l'Atlas, près de la Méditerranée, et dans un territoire fertile ; sur la route la plus fréquentée par les caravanes, entre Alger et le désert. On y remarque un bel aqueduc, et dans le voisinage, des ruines que l'on croit appartenir à l'ancienne Lamida. Cette ville était autrefois le chef-lieu de la province de Titterie, dans laquelle on trouve le col de Mouzaïa et la célèbre gorge du Bidan ou Portes-de-Fer, illustrés par le courage de l'armée française, qui les franchit sous la conduite du duc d'Orléans et du maréchal Valée. Vins, fruits, minoteries, etc.

Miliana, chef-lieu de sous-préfecture, à 125 kilom. S.-O. d'Alger, sur les hauteurs de l'Atlas, près du Chélif. Ses maisons sont couvertes en tuiles rouges. Jardins, vergers, eau excellente, nombreuses ruines. Cette ville, occupée en 1834 par Abd-el-Kader, qui en avait fait sa réserve pour l'approvisionnement de ses troupes, fut prise en 1840 par le maréchal Valée. Grains, vins, fruits, minoteries, mines de fer et de cuivre, etc.

Orléansville, chef-lieu de sous-préfecture et de subdivision militaire, à 208 kilom. S.-O. d'Alger. Excell. position stratégique, ancien chef-lieu de district, récemment érigé en sous-préfecture.

 

Gravure d'Alger depuis le bord de mer, en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Alger depuis le bord de mer, en 1883

 

Gravure d'un combattant algérien et de soldats français, en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Combattant algérien et soldats français, détail du plan d'Alger, en 1883

Blason aux armes d'Alger, en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Blason aux armes d'Alger, détail du plan  en 1883

 

Cette version de carte de la province ou wilaya d'Alger en 1883
est agrandissable par zoom, mais non enregistrable.

 

 

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