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Département de la Corrèze en 1883

Carte du département de la Corrèze en 1883
Tiré de L'Atlas de Vuillemin

 

POPULATION    311,525 hab.                                                                   SUPERFICIE   586,609 hect.
Chef-lieu :TULLE, à 461 kil. S. de Paris

DIVISION   ADMINISTRATIVE

Avant 1790, ce dép. faisait partie du Limousin (Haut et Bas-Limousin). — Cour d'appel de Limoges et Académie de Clermont-Ferrand. — 12e Corps d'armée (Limoges). — 28e Conservation forestière. — Diocèse de l'évêché de Tulle.

3 ARRONDISS
 
29 CANTONS.
287 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.

TULLE
15,342 h.
12

Argentat, Corrèze, égletons, Lapleau, Mercœur, Laroche-Canillac, Seilhac, Saint-Privat, Treignac, Tulle (2), Uzerche.

118
132,845
BRIVE
11,920 h
10

Ayen, Beaulieu, Beynat, Brive,  Donzenac, Juillac, Larche, Lubersac, Meyssac, Vigeois.

  
98
114,755
USSEL
4,231 h.
7

Bort, Bugeat, Eygurande, Meymac, Neuvic, Sornac, Ussel.

71
63,925


ABRÉGÉ HISTORIQUE

Le Limousin reçut son nom des Lemovices, ses premiers habitants, qui secoururent Vercingétorix au nombre de dix mille. Rattaché par l'empire romain à la première Aquitaine, il fut ravagé au ve s. par les Vandales, puis conquis par les Visigoths. Clovis s'en empara (507), et en confia le gouvernement à des comtes particuliers au nom de son fils Thierry, auquel il venait de donner l'Aquitaine. Le roi Eudes, fils de Raymond, comte de Limoges, supprima ces fonctionnaires royaux et établit Foucher en leur place avec le titre de vicomte (887). La succession de ces nouveaux seigneurs est fort incertaine jusqu'à Géraud(963) et l'histoire elle-même du Limousin n'offre, jusqu'à la seconde moitié du XIe s., qu'un intérêt très-secondaire. Toute la période antérieure est remplie par les ravages des Normands, par quelques expéditions des ducs d'Aquitaine, par les démêlés féodaux des vicomtes de Limoges.
Ces derniers, inquiétés par le voisinage de l'Angleterre, qui occupait la Guienne et le Poitou depuis le mariage d'Aliénor, se déclarèrent de bonne heure vassaux de la couronne (1199); pourtant ce ne fut qu'en 1243 que S. Louis envoya dans le Limousin un officier qui le représentât, le sénéchal Guillaume de Malemort. Le funeste traité de Brétigny appela les Anglais en jouissance de cette province, sans charge d'hommage. En 1370, Jeanne remit sa vicomte à Charles V, le duc de Berry, frère du roi, y entra avec Du Guesclin et, malgré les efforts du prince Noir, y fit de rapides conquêtes. Tulle ne l'avait pas attendu pour expulser l'ennemi de ses murailles; Brive, qui avait fort à faire en face des agressions continuelles des seigneurs de Turenne et de Malemort, fut punie, par des rigueurs inouïes, d'avoir ouvert ses portes à Lancastre. Un siècle plus tard, le Limousin passait dans la maison de Navarre. Quand éclatèrent, au XVIe s., les dissensions religieuses, Brive et Tulle se prononcèrent avec ardeur contre le schisme. Biron et Turenne, qui menaient les huguenots, furent d'abord battus; mais ils prirent une terrible revanche sur l'une et l'autre ville (1577-1585). L'avènement de Henri IV au trône réunit définitivement le Limousin à l'état; s'il en fut distrait en faveur de quelques princes du sang, ce ne fut qu'à titre d'apanage.

 


BIOGRAPHIE

L'historien Baluze; le cardinal Dubois, ministre du Régent; Marmontel, auteur des Incas; Cabanis, philosophe distingué; Treilhard, jurisconsulte estimé; l'habile chirurgien Boyer; le naturaliste Latreille et le littérateur Féletz, tous deux de l'Institut; le général d'Espagnac; l'infortuné maréchal Brune.


STATISTIQUE

TOPOGRAPHIE. — Le dép. de la Corrèze est méditerrané; il est situé au Centre, entre 44° 55' et 45° 40' de lat. N. Bornes : Creuse, H.-Vienne, Dordogne, Lot, Cantal et Puy-de-Dôme. Il tire son nom de la Corrèze, riv. qui s'étend du N. au S.-O. — Pays montagneux, surtout au N. et à l'E., où il est traversé par une chaîne élevée, contre-fort des monts d'Auvergne, et dont le point culminant est le M. Oudouze, 1,364 m. Deux régions bien distinctes : au N., la montagne où dominent les bruyères stériles ; au S.-O., le pays bas, couvert de vignobles abond. et de terrains en culture, et où la populat. est concentrée.— Bassin de la Garonne. Riv. princip. : la Dordogne, la Vienne, la Vezère, la Corrèze, la Cère, la Maronne, etc. Un seul de ces cours d'eau est navigable. — Climat un peu froid, occasionné par les plans élevés du sol et le grand nombre de rivières. — 5 Routes nat.; 9 dép.; 4,300 chem. vicin.
PRODUCTIONS. — Sols dominants : sablonneux, pierreux, de craie ou calcaire,de gravier; beauc. de bruyères ou de landes. Sol peu fertile; cultivé par des bœufs. — Pays exclusivement agricole; agriculture peu avancée. Céréales suffis.; abondante récolte de pommes de terre et de châtaignes. Excédant en vins généralement médiocres; on cite les rouges d'Allassac, de Saillac et de Donzenac. Grande culture d'arbres fruitiers, surtout châtaigniers et noyers, beaucoup de foins; truffe Elève étendue de gros bétail, moutons et porcs, chevaux de la race estimée dite limousine, mais négligés et dégénérés; mulets, ânes, abeilles donnant un excellent miel. — Bois, 39,833 hect.; vignes, 15,203 hect. — Exploitation minérale peu développée : fer, houille, beaucoup d'ardoises, pierres meulières et à aiguiser, granit, moellons, chaux hydraulique, argile à poterie. — Source minérale à Bétailles.
INDUSTRIE ET COMMERCE.
L'industrie manufacturière est à peu près nulle. Parmi les principaux établissements industriels : la manufacture nationale d'armes à feu de Tulle, les usines à fer, quelques poteries et verreries, des tanneries et des fabriques de lainages communs.— Le commerce exporte vins, bois et merrain, bœufs, porcs gras, mulets, armes à feu, noix, cire et miel, truffes, volailles, moutarde, etc. — 640 Foires.
INSTRUCTION PUBLIQUE. — 3 Coll. 1 établ. second. libre. 1 école norm. d'Instit. 8 Pension. prim. écoles prim.: 225 de garçons, 214 de filles, 92 mixtes. 2 Sém. 3 Bibl. pub. 1 Soc. savante.



VILLES   PRINCIPALES

TULLE, ch.-l., entre plusieurs vallons verdoyants, s. le penchant d'une montagne, au confl. de la Corrèze et de la Solane. La ville est petite, les maisons sont vieilles et laides; mais elle possède une jolie promenade, de beaux quais, une église à moitié gothique avec une flèche d'une élégante hardiesse, un Palais-de-Justice bien distribué, de vastes bâtiments consacrés à la manufact. d'armes, quelques hôtels ornés de sculptures originales, tels que la Maison Sage, etc.

BRIVE
, dans le joli vallon de la Corrèze. Ville ancienne et mal percée, entourée de boulevards. L'intérieur ne mérite pas le surnom de Gaillarde qu'on attribue à sa gaieté d'autrefois, et qui signifie plutôt Brave, Courageuse, qualification que l'histoire de cette ville justifie d'ailleurs pleinement. On y remarque la tour en Belvéder, le clocher de Saint-Martin, l'Hôpital, le Collège, et, dans les environs, les ruines du château de Malemort, où furent massacrés les bandes des Brabançons, en 1477.

USSEL
, p. v., au milieu de montagnes arides, entre la Diége et la Sarsonne, construite sur l'emplacement d'un camp romain.

Citons encore : Uzerche, sur le penchant d'une colline escarpée et entourée par la Vézère; le commerce est attiré dans les faubourgs de la Pomme et de Sainte-Eulalie. —Argentat, dans une plaine fertile, au bord de la Dordogne.— Pompadour, ville célèbre par son haras et le château donné par Louis XV à la favorite qu'il décora du titre de marquise de Pompadour. — Turenne, dont le chât. en ruine est l'une des plus anciennes demeures féodales. — Lubersac, etc.

 

 

VARIÉTÉS

Le paysan du Limousin présente un singulier mélange de candeur, de bonhomie, de grossièreté et de défiance; quoiqu'il ait l'esprit lent et peu développé, il n'en est pas moins éveillé et propre pour les affaires, comme si, dans l'occasion, son intérêt personnel lui donnait une seconde vue. Son penchant à l'économie dégénère trop souvent en avarice; il est dur pour lui-même, mais non pour les autres. S'il n'a point l'affabilité des habitants des villes, il est comme eux hospitalier avec les étrangers; toujours charitable pour les malheureux et serviable envers les siens, il reçoit à son foyer et y fait asseoir, à côté des enfants de la maison, ses parents pauvres ou orphelins. Du reste, il se souvient des services avec reconnaissance, surtout quand ils relèvent à ses propres yeux : car il craint encore plus le mépris que la pauvreté. Sa gaieté est sans abandon et peu expansive, bien que son humeur soit assez railleuse.
Les Limousins portent, pour la plupart, les cheveux longs et flottants sur leurs épaules ; un chapeau à larges bords leur couvre la tête; l'habit-veste des jeunes gens fait place, chez les vieillards, à l'habit carré de l'ancienne mode ; enfin de gros souliers et, le plus souvent, des sabots ferrés chaussent les pieds des uns et des autres. Dans le Bas-Limousin, la couleur de prédilection pour les habillements des hommes est le vert et le gris. Quant aux femmes, elles se revêtent l'été d'un justaucorps appelé brassière, auquel se rattache un jupon assez court; l'hiver, elles s'enveloppent dans les plis d'une capote, espèce de cape, garnie d'un capuchon. Dans les districts montagneux, à Ussel, par exemple, un petit chapeau de paille, coquettement orné de velours noir, garantit la tête du froid, de la neige et des pluies glaciales. La coiffure ordinaire des Limousines est un bonnet à longues ailes, qui se relèvent sur le front ou s'arrondissent sur les tempes.
Le Bas-Limousin se recommande au géologue par plusieurs curiosités naturelles. Nous citerons ici la grotte de Nonards, située dans la vallée du Puy-d'Arnac, et ornée de stalactites brillantes, qui éblouissent les yeux de tout le luxe des cristallisations; les orgues de Bort, vaste colonnade de rochers basaltiques et prismatiques; la cascade du saut de la Sole, dont Marmontel a parlé comme d'une des plus belles cataractes de l'Europe : les dix cascades de Gimel, d'où la Montane se précipite avec fracas d'une hauteur de plus de 132 m.; et celle de Treignac, formée par les eaux de la Vézère, qui, après avoir franchi un mur de rochers abrupts, haut de 33 m., s'engouffrent dans un entonnoir immense, tout tapissé d'arbustes et d'arbrisseaux. Le spectacle est magnifique en hiver : l'eau, chassée par le vent sur les broussailles, s'y convertit en glaçons, et l'on dirait un véritable palais de cristal.

 

Gravure de la ville de Tulle, en 1883
Tulle en 1883

 

 

Cette version de carte de la Corrèze en 1883 est agrandissable par zoom, mais non enregistrable.

 

 

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