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Département de Haute Savoie en 1883

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carte de Haute Savoie en 1883 de Vuillemin
L'Atlas de Vuillemin


POPULATION.    273,301 hab.                                                         SUPERFICIE    431,715 hect.
Chef-lieu :  ANNECY, à 646 k. S.-E   de   Paris.

DIVISION   ADMINISTRATIVE

Avant le traité relatif à la réunion de la Savoie et de l'arrondissement de Nice à la France, conclu le 24 mars 1860, entre la France et la Sardaigne, ce départ. faisait partie de la Savoie. Il se compose des anciennes provinces du Chablais. du Faucigny et du Genevois. — Cour nationale à l'académie de Chambéry. — 14e Corps d'armée (commandement militaire de Lyon). — 33e arrondissement forestier. — évêché à Annecy.

4 ARRONDISS
 
28 CANTONS.
314 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.
ANNECY         
10,976 h. 
7
Alby, Annecy (2), Faverges, Rumilly, Thônes, Thorens.
99  
86,008
BONNEVILLE
2,247 h.
9
Bonneville, Chamonix, Cluses, La Roche, Saint-Gervais-les-Bains,
Saint-Jeoire, Sallanches, Samoens, Taninges.
68
70,215
SAINT-JULIEN
1,337  h. 
6
Annemasse, Cruseilles, Frangy, Reignier, Saint-Julien, Seyssel.
76
54,106
THONON       
5,501 h. 
6
Abondance, Le Biot, Boège, Douvaine, Evian-les-Bains, Thonon
71
63,472


ABRÉGÉ HISTORIQUE

Pendant toute la durée de l'Empire, l'histoire de la Savoie (voir au dép. de la Savoie pour le commencement) se confondit avec celle de la France, à laquelle elle donna ses enfants pour l'aider à triompher sur tous les champs de bataille de l'Europe. Mais à la chute de Napoléon, en 1814, le roi Victor-Emmanuel 1er s'empressa de quitter l'île de Sardaigne et de rentrer dans ses états du Continent. autrefois abandonnés par son frère Charles-Emmanuel. Enfin, le traité de Vienne, 1815, rendit au royaume Sarde, agrandi de la république de Gênes, les frontières et limites qu'il avait avant l790, du côté de la France et de la Suisse.
Depuis 1814 et 1815, les idées libérales, nées de la Révolution de 1789, se sont constamment développées parmi les peuples de l'Italie. Le parti qui les représentait voulut, en 1821, modifier la forme du gouvernement piérnontais et se faire octroyer une constitution semblable à celle que l'Espagne venait d'obtenir. Le vieux roi Victor-Emmanuel 1er fut contraint d'abdiquer en faveur de son frère Charles-Félix, mais l'intervention des Autrichiens, à Novare, 8 avril 1821, arrêta un instant le mouvement progressif auquel le voisinage et l'influence de la France ne tardèrent pas à donner une nouvelle impulsion. Comprimé en 1830, il se produisit avec un élan irrésistible après la révolution de 1848. Charles-Albert, qui avait succédé, en 1831, à son cousin Charles-Félix, dut céder enfin aux exigences de son peuple. Il lui accorda une constitution connue sous le nom de Statut, et marcha avec son armée au secours de la Lombardie révoltée contre l'Autriche. De brillants et nombreux succès furent suivis de tristes revers; et après la défaite de Novare, 23 mars 1849, Charles-Albert remit volontairement le pouvoir aux mains de son fils, Victor-Emmanuel II.
De ce nouveau règne, il suffit de rappeler ici le plus important, celui qui eut pour résultat imprévu l'annexion de la Savoie à la France. Vers la fin de 1858, l'Autriche, plus que jamais inquiète du rôle que prenait ouvertement le Piémont, commença de grands préparatifs de guerre. Ce fut en vain que les grandes puissances européennes essayèrent divers moyens de conciliation. Le 22 avril 1859, un ultimatum fut adressé au Cabinet de Turin par le Cabinet de Vienne, et, peu de jours après, le territoire Piémontais était envahi depuis le Tessin jusqu'à la Sésia. Sans doute, en prévision de ces événements, le roi Victor-Emmanuel II avait, peu de temps auparavant, conclu, avec Napoléon III, un traité d'alliance défensive à l'occasion du mariage de la princesse Marie-Clotilde de Savoie avec le prince Napoléon. Lorsque l'invincible valeur de nos soldats eut, en moins de deux mois, repoussé les Autrichiens au delà de Milan, par Montebello, 20 mai, Palestro, 31 mai, Turbigo, 3 juin. Magenta, 4 juin, Napoléon adressa aux Italiens une proclamation, 8 juin, répétant que « le but de cette guerre était de rendre l'Italie à elle-même et non de la  faire changer de maître, et qu'il ne la faisait point par ambition personnelle ou pour agrandir le territoire. » Les faits d'ailleurs vinrent bientôt prouver le désinterrement de la France. Après la bataille de Solférino, 24 juin, les préliminaires de la paix, arrêtés à Villa-Franca, entre les deux empereurs de France et d'Autriche, et confirmés depuis par les traités de Zurich, 10 novembre, apprirent à l'Europe que la France cédait au Piémont la Lombardie qu'elle venait de conquérir.
Mais ce n'était pas seulement du côté de la Lombardie que le Piémont allait s'agrandir : le Grand-Duché de Toscane, les duchés de Parme et de Modène, les Romagnes, elles-mêmes, s'étaient soulevés et placés sous la dictature de Victor-Emmanuel. La paix conclue, les populations de ces différents états, appelées à se prononcer définitivement sur leurs destinées futures, réclamèrent leur annexion au Piémont; ainsi se constituait, aux portes mêmes de la France, un royaume italien d'une importance considérable, que rien ne séparait du territoire français, sinon une ligne de frontières, ici, naturelles, là, purement fictives.

Ces conditions nouvelles déterminèrent la France à demander au Piémont la cession de la Savoie et de l'arrondissement de Nice. La cour de Turin comprit que cette revendication d'un territoire de peu d'étendue  n'avait rien d'alarmant, et que la réclamation des versants français des montagnes était uniquement pour la défense de nos frontières. En conséquence, elle accéda aux propositions qui lui étaient faites par le gouvernement français, et, le 24 mars, la Savoie fut cédée à la France, après avoir été déliée solennellement, par le roi Victor-Emnanuel, du serinent de fidélité qui les attachait a sa personne et à sa dynastie.

 

BIOGRAPHIE

Parmi les hommes célèbres de ce dép., nous citerons : Berthollet, né à Talloires; ce nom, universellement connu, est celui d'un des plus grands chimistes et des plus profonds naturalistes que l'Europe ait produits. Chastel (Louis-Claude), né à Thonon, eu 1792. Parti comme simple volontaire, à l'âge de 17 ans, il acheva sa carrière avec le grade de lieutenant général; il fît presque toutes les campagnes, depuis 1792 jusqu'à 1814. Desaix (Joseph-Marie), né à Thonon en 1764, fut un grand capitaine, et fit toutes les campagnes de Napoléon. Il commanda en chef l'armée des Alpes, en 1815, et battit les Autrichiens à Aix, à Aiguebelle, à Meillerie et à Bonneville. Decoux, général de division, né dans le Genevois. Dupas, né à évian; il servit sous Napoléon, et devint lieutenant général. Seyssel (Claude), au commencement du XVIe siècle, fut, avant Amyot, un des premiers à faire connaître les auteurs grecs par des traductions françaises. Saint Bernard de Menthon, fondateur de l'hospice du Saint-Bernard. Saint François de Sales, né à Thorens, évêque de Genève et d'Annecy, etc.


STATISTIQUE

TOPOGRAPHIE. — Le dép. de la Haute-Savoie est borné au N. et au N. E. par le lac de Genève et la Suisse; à l'E., par l'Italie; au S., par l'Italie et le dép. de la Savoie; et, à l'O., par la Savoie et par l'Ain. Le sol en est tr.-montagneux. A l'E., se trouvent les plus hauts sommets des Alpes. La haut. au Mont-Blanc est de 4,810 m. au-dessus du niveau de la mer. Les vallées sont entourées de montagnes, excepté les parties voisines des lacs de Genève et d'Annecy. On y admire des glaciers, des torrents, des cascades et autres merveilles sans nombre. Les principaux cours d'eau sont le Chéran, le Fier, l'Arve, le Giffre, la Dranse et le Rhône, seul navigable dans une petite partie. Les principaux lacs sont ceux d'Annecy et de Genève.

PRODUCTIONS. — L'agric. est bien dirigée : on récolte froment, maïs, sarrasin et autres céréales; les pâturages sont excell. Plantes potagères. Essences dominantes dans les forêts : mélèzes et sapins. Arbres à fruit : abricotier, amandier, cerisier, pommier, etc. Plantes aromatiques et médicinales dans toutes les montagnes. Beaucoup d'animaux domestiques : chevaux de trait, mulets, moutons et vaches. Animaux sauvages, bouquetins, chamois, loups-cerviers, ours, oiseaux de proie, entre autres aigles de toutes espèces. Insectes utiles : abeilles, vers à soie. Rivières et lacs très-poissonneux. Mines d'antimoine, baryte, cuivre, fer et manganèse; argile, bitume, cristal de roche, granit, marbre, plâtre et pierres calcaires. Nombreuses sources d'eau thermale de principes variés.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — élev. de bestiaux, engraissem. de volaille, fabric. de fromage (Gruyère, etc.), miel renommé. Vente d'œufs de vers à soie, du bombyx de mûrier et du bombyx de chêne. Hauts-fourneaux, forges, fonderies, papeteries, laminoirs, fours à chaux, scieries hydrauliques, fabric. d'indiennes et de soieries, tanneries et verreries. Le commerce consiste en mulets et bestiaux, bois de construction, fromages, beurre, pruneaux, kirsch, châtaignes, noix, chanvre, lin et miel.

INSTRUCTION PUBLIQUE. — 2 collèges, 6 établ. second. libres, 1 école norm. d'instit., 3 pensionn. prim. écoles prim. : 257 de garçons, 255 de filles, 150 mixtes.

VILLES   PRINCIPALES

ANNECY, ch.-l., ville industr., au bord du lac, dont l'eau, s'écoulant par deux canaux, fait marcher un gr. nombre d'usines. Au sortir de la ville, l'eau entre dans un beau canal qui traverse la route de Chambéry et se jette dans le Fier. évêché, séminaire, lycée, haras, musée. On y remarque l'ancien château, devenu caserne; le palais épiscopal, la cathédrale, l'église du couvent de la Visitation, l'hôtel de ville, beau monument de constr. moderne; la préfect., une jolie promenade à l'extrémité inférieure du lac. Près de là, est Annecy-le-Vieux, où Eugène Sue, exilé de France, à la suite des événements de 1851, est mort le 5 août 1857, dans un chalet au bord du lac.
BONNEVILLE, dans une plaine, à la base méridionale du Môle (montagne), sur la rive droite de l'Arve. Au centre de la ville, place plantée d'arbres, et à laq. about. les quatre gr. rues. On remarque le bel hôpit., l'hôtel de ville; à l'extr. du pont est érigée une colonne de 22 m. de haut, surmont. d'une belle statue du roi Charles-Félix, qui fit commencer les travaux de diguement de l'Arve.— A Perrine sont les ruines du chat. de Faucigny.
SAINT-JULIEN est située près de la frontière de la Suisse, sur la route d'Annecy à Genève. Il y a des carrières de gypse (plâtre).
THONON, v. anc, mal bâtie, sur une éminence, au bord du lac de Genève, où se trouve un port. De la pl. du château (terrasse plantée d'arbres), on jouit d'une très-belle vue sur le lac et la rive suisse. Une source d'eau thermale, de même nature que celle d'évian. Promenades et environs pittoresques.
Citons encore : Rumilly, Evian, Saint-Gervais-les-Bains, La Caille, commerce d'allouzien; connues par leurs eaux miner. Un peu au delà du bel établissement de bains de St-Gervais, dans une gorge étroite et hérissée de rochers, on voit une belle cascade formée par le Bonnant et aussi par les Cheminées des Fées, pyramides de terre, rondos, presque cylindriques et coiffées d'énormes pierres. Chamonix, au pied du mont Brévent, sur la rive droite de l'Arve, dans une vallée fameuse par ses vastes glaciers et ses beautés sauvages; il y a de beaux et de vastes hôtels. De Chamonix on a une vue admirable du Mont-Blanc et de ses diverses aiguilles, etc., etc.

 

VARIÉTÉS

SOURCE DE L'AVEYRON. —  Au sortir de Chamonix, on se dirige sur la rive dr. de l'Arve, vers le fond de la vallée. On traverse l'Arve, au hameau de Praz, puis, continuant à suivre le terre-plein de la vallée, on gagna le hameau des Bois, et, un quart d'heure après, on arrive à l'extrémité inférieure de la mer de glace ; c'est là que l'Aveyron sort en bouillonnant par une grande arche de glace, haute quelquefois de 25 à 30 m., mais var. de forme, de coul. et de grand. Les gens du pays la nomment Voûte ou Embouchure de l'Aveyron, quoique ce soit la source, ou du moins le premier endroit où le cours d'eau se montre à découvert. Le Mont-Blanc, attribué à tort à la Suisse, est situé sur le territoire de Chamonix.
HOSPICE DU SAINT-BERNARD.— L'hospice du St-Bernard, l'habit. la plus élevée des Alpes (2,620 m.), est sit. au bord d'un petit lac, au sommet d'une gorge resserrée entre de hautes montag. (la Chenalette et le Mont-Mort, aucune des cimes ne portant le nom de passage) et courant du N.-E, au S.-O. Il est habité toute l'année par dix ou douze religieux de l'ordre de St-Augustin, dont les fonctions consistent à recevoir, à loger et à nourrir gratuitement toutes les personnes qui traversent ce passage fréquenté; ils doivent de plus, pendant les sept ou huit mois les plus dangereux de l'année, parcourir journellement les chemins, accompagnés de domestiques appelés marronniers, et de gros chiens dressés à cet effet, porter aux voyageurs qui sont en danger les secours dont ils ont besoin, les sauver et les garder dans l'hospice jusqu'à leur entier rétablissement, le tout sans leur demander aucune rétribution.
Les gorges du Fier. — A peu de distance de la station de Lovagny, vous trouvez cette fameuse crevasse où jusqu'alors personne n'avait pu pénétrer, mais qui, grâce à l'intelligence et au progrès du siècle, est enfin devenue accessible, par la constr. d'une galerie de 256 m. de long. et plaquée le long du roc à une hauteur d'une vingtaine   de m. Cette galerie aboutit à un vallon verdoyant.

Adolphe GUéRARD.

 

 

 

 

Titre de la carte de Haute Savoie en 1883 de Vuillemin         Gravure de la ville d'Annecy, en 1883     Gravure des armes de la ville d'Annecy, en 1883
Annecy en 1883

 

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