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Département de la Réunion en 1883

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Carte de la Réunion
L'Atlas de Vuillemin


Titre Ile de la Réunion

POPULATION     194,500 hab                                               SUPERFICIE    197,952 hect.
Chef-lieu : SAINT-DENIS, à 16.800 k. S.-O. de Paris

 

DIVISION   ADMINISTRATIVE

Cette île forme un gouvernement colonial. Conseil général (30 membres) élu par le suffrage universel. Le commandement et la haute administration appartiennent à un Gouverneur, qui a sous lui un Commandant militaire, et 3 chefs d'administration : l'Ordonnateur (finances, administration milit., marine, etc.), le Directeur de l'intérieur (aff. civiles) et le Procureur général (justice). Ces 3 chefs et 2 conseillers, nommés par la métropole et choisis parmi les notables de l'île, forment le conseil privé, sorte de Conseil d'état présidé par le Gouverneur assisté du Command. milit. — 2 Arrond., 42 Communes administrées par les maires et adjoints nommés par le Gouverneur et assistés de conseils municipaux, et 2 districts. — Cour d'appel, à S.-Denis : 2 trib. de 1re instance et d'assises. — Commandem. militaire (S.-Denis) comprenant 4200 hommes de troupes, non compris l'artillerie et la marine, et un corps de gendarmerie. Station navale. — Le siège religieux du Préfet apostolique est à S.-Denis.

2 ARRONDISS
 
42 COMM. 2 DISTRICTS
saint-denis
(Du Vent.)
6 Comm.
2 Districts
Saint-Denis, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne, Saint-André, Salazie, Saint-Benoît, Plaine des Palmistes, Sainte-Rose.
SAINT-PAUL
(Sous le Vent.)
6 Comm. Saint-Philippe, Saint-Joseph, Saint-Pierre, Saint-Louis, Saint-Leu, Saint-Paul.

 


ABRÉGÉ HISTORIQUE

L'Ile de la Réunion fut découverte en 1505 par le navigateur portugais Mascarenhas, qui donna son nom à l'archipel dont elle fait partie. En 1527, elle figurait déjà sur une carte sous le nom de Sainte-Apollinia. Quand les Français s'établirent à Madagascar, de Flacourt prit possession de cette île, inhabitée et couverte de forêts (1649), et l'appela Bourbon. Mais le premier essai de colonisation fut tenté par la compagnie des Indes orientales en 1664. Deux ans auparavant, Louis Payen avait passé de Madagascar à Bourbon, avec sept noirs et trois négresses; ces esclaves se révoltèrent et s'enfuirent dans les montagnes de l'intérieur, où leur postérité ne tarda pas à se répandre. La chute des comptoirs de Madagascar contribua beaucoup à accroître la populat. de Bourbon, qui comptait en 1715 env. 2,000 hab. au moment ou Mahé de la Bourdonnais en fut nommé gouverneur. Plus tard sous l'administration de Poivre, l'agriculture et le commerce reçurent un certain développement : l'île prospérait; elle était devenue une des échelles de l'Inde, et toujours attachée à la mère patrie, elle fournissait un bataillon de créoles volontaires au bailli de Suffren pour accomplir sa glorieuse campagne de l'Inde.
Les événements de la Révolution eurent un certain retentissement à Bourbon. La colonie déposa le gouverneur et, de 1790 à 1803, elle resta indépendante sous la direction d'une Assemblée. Le seul événement dont l'île ait été le théâtre dans ces derniers temps, c'est la prise de possession des Anglais (8 juillet 1810). Ils débarquèrent au nombre de 5,000; après qq. engagements fort vifs, le gouverneur, M. de Ste-Suzanne, qui n'avait à sa disposition qu'une très-faible garnison, obtint une capitulation honorable. L'île de France, aujourd'hui Maurice, qui nous appartenait aussi alors, tomba au pouvoir des Anglais le 3 décembre de la même année. — En exécution du traité de Paris, Bourbon a été rendue à la France, le 6 avril 1815. Sous l'empire, elle porta le nom d'Ile Bonaparte; la Révolution de février lui a restitué celui d'Ile de la Réunion, qu'elle avait reçu sous la première République.

 

BIOGRAPHIE

On remarque Parny et Bertin; — les Desbassyns, famille qui a fourni à l'Inde un administrateur distingué et des botanistes instruits; l'un d'eux a introduit dans l'île la culture de la canne à sucre.


STATISTIQUE

TOPOGRAPHIE. — La colonie française de la Réunion est une île de l'archip. des Mascareignes, entre 21° de lat. S. et 53° de long. E. Elle est située dans l'océan Indien, au S.-E. de l'Afrique. - Ile volcanique, formée d'un massif de mont. escarpées qui en occupe la presque totalité, et se divise en deux groupes : celui du piton des Neiges, volc. éteint, au N.-O., 3,069 m., et celui du piton de la Fournaise, volc. en activité, au S.-E., 2,625 m. Le littoral n'offre de remarquable que les baies de la Possession, St-Paul, St-Leu, St-Louis et Ste-Suzanne. — Bassin de l'océan Indien. Riv. nombreuses, mais torrentielles, coulant dans toutes les directions, profondément encaissées et sans volume permanent ni développement considér. : le Mat (40 kilom.), les riv. de St-Denis, des Galets, des Avirons, Blanche, Sèche, des Marsouins, de Ste-Suzanne, des Pluies. Quelques étangs. Plusieurs sources thermales sulfureuses et ferrugineuses, entre autres celles de Mafat, de Cilaos et Salazie. — Climat doux, très-salubre, surtout dans l'arrond. de St-Denis et à une certaine élévation. Deux saisons distinctes: l'hivernage (chaleurs et pluies), de décembre à mai, et saison tempérée, où les pluies sont beaucoup plus rares, de mai à novembre. Les vents du S.-E. ont donné lieu à la division de l'île en Partie-du-Vent) à l'E., et Partie-sous-le-Vent, c'est-à-dire à l'abri du vent. à l'O. Tempêtes d'octobre à avril; ouragans assez rares, tremblements de terre à peines sensibles. — 2 Routes de ceinture, 5 routes d'intér.

PRODUCTIONS. — Sol fertile, particulièrement sur le littoral, formant une ceinture de 6 k. de large autour des montagnes centrales ; le cirque du Bassin de Salazie, dans le groupe du piton des Neiges, est la seule partie cultivée de l'intérieur. Montagnes jadis bien boisées. Peu de bons pâturages. Cultures, plus de 78,000 h. ; savanes, 19,040 h. — Pays entièrement agricole. Céréales insuffis. ; blé, riz, maïs, manioc, patate, choux, caraïbe, légumes secs. Les fruits sont ceux de l'Europe et des contrées tropicales; l'ananas, la banane, le fruit à pain, le coco, la sapotille, la datte, la figue, la pêche, le raisin, l'orange, la fraise, le limon, etc. Industrie agricole en progrès, surtout pour la canne à sucre presque entièrement négligée jusqu'en 1818, et qui, très-florissante dans la Partie-du-Vent, produit (46,271 h.) par an 22 millions de kilog.; le café (4,163 h.), d'une qualité estimée, et particulièrement cultivé dans la Partie-sous-le-Vent, donne environ 1,000,000 de kilog.; la vanille ; les épices sont le girofle, le poivre, le gingembre, la muscade. La culture du tabac occupe 702 h. et celle des vivres, 26,338 h., non compris 794 h. en cultures diverses. élève à peu près nulle; l'aridité des savanes ne permet pas d'élever la quantité de bestiaux nécessaires aux besoins. Pêche côtière. — Bois, 42,000 h.; terres incultes, 57,400 h. — Toutes les pierres sont des produits volcaniques. On bâtit avec une sorte de basalte poreuse et assez dure. Mines abondantes de pouzzolane; bancs de coraux. Aucun gîte de subst. métalliques. Source ferrug. alcaline à Salazie.

INDUSTRIE ET COMMERCE
. — L'industrie manufacturière est presque nulle; quelques chaufourneries et tanneries. La fabrication la plus importante est celle des sacs de vacoua pour l'emballage des denrées. — Le Commerce exporte, surtout en France, sucre, café, cacao, girofle, muscade, rhum et tafia, peaux brutes. Valeur totale des exportat. : près de 25 millions. Les articles importés sont les tissus de coton, de laine et de soie, vins, toiles, poterie, viandes salées, mulets, peaux ouvrées, parfumerie, ouvrages en métaux, eaux-de-vie et liqueurs. Valeur totale des importations : plus de 53 millions. Les pays qui, après la France, ont avec la Réunion le plus de relat. commerciales, sont les établissements européens de l'Inde et de Madagascar, d'où l'île tire le gros bétail et le riz. — Marine locale : 12 bâtiments, 23 caboteurs, environ 500 chaloupes.

INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1 Lycée. — 2 Collèges. — 7 établis. secondaires libres. — 60 écoles primaires.
1 Bibliothèque publique. Chaire de droit à Saint-Denis.



VILLES   PRINCIPALES

SAINT-DENIS. — Ch.-l., port de mer au N. de l'île. Les maisons, la plupart bâties en bois, s'élèvent au milieu de jardins, dont les murs alignés forment les rues; 4 Fontaines. Les édifices publics sont l'hôtel du Gouvernement, l'église, le collège, l'arsenal et l'hôpital. Citons surtout le Jardin botanique, remarquable par la richesse de ses collections, et le Jardin de naturalisation, situé à 4 kil. au pied des montagnes, et qui renferme toutes les plantes d'Europe susceptibles d'être acclimatées dans la colonie.. Près de 40,000 habitants.
SAINT-PAUL, entre un étang et la mer, au S. de l'île. Rues plantées d'arbres. L'église, bâtie en pierre, est la plus belle de la colonie. Ateliers de construction pour la marine. Environ 26,000 hab.

Citons encore St-Pierre, qui a près de 30,000 hab. ; St-Leu (8,300 h.), qui compte une dizaine de rues, mais malheureusement manque d'eau. — Presque tous les bourgs ou quartiers de la Réunion ne sont que des agglomérations de cases et de maisons autour de l'église ; on n'y trouve aucun monument remarquable, et quant au commerce, il se fait exclusivement au siège de la colonie.


VARIÉTÉS

« Une habitation, à la Réunion, comprend ce qu'on appelle en Europe la ferme et la maison de campagne. Lorsque plusieurs habitations sont à peu de distance l'une de l'autre, elles forment un quartier. Les terres en culture sont des champs de maïs, de manioc, de patates, de cannes à sucre ou des plantations de café ou de girofle. La même habitation comprend plusieurs sortes de plantations, quelquefois toutes. Les propriétaires, et particulièrement les gens qui demeurent à la campagne, sont désignés sous le nom d'habitants. Sur l'habitation, il y a presque toujours une maison de maître, ordinairement en bois : quelques-unes sont entourées de galeries couvertes et à colonnes. En avant, on voit une plate-forme sur laquelle on fait sécher le café, le girofle, même le sucre; c'est l'agamasse. Non loin de là sont le magasin, la cuisine, les écuries, les poulaillers, les enclos pour les bœufs, les porcs et les tortues, le camp des noirs et une infirmerie.
« La valeur moyenne d'un noir dans la force de l'âge et attaché à la culture, qu'on appelle noir de pioche, était, avant l'abolition de l'esclavage, de 1,500 à 2,000 fr. On estimait sa journée de travail à 1 fr. 50 c. Il recevait 975 gr. de riz ou 1 kil. de maïs, ou 2 kil. de manioc pour sa nourriture quotidienne; cela valait 30 c. Il s'habillait avec une chemise, un pantalon de toile bleue ou une jupe de même étoffe. Il commençait à travailler à 5 h. du matin, déjeunait à 8, dînait à midi et soupait à 7 h. ; la durée totale des repas était fixée à deux heures. — Les noirs prennent peu de sommeil. Si l'on pénètre le soir dans une cabane, on y trouvera le noir, sa commère et ses enfants accroupis autour d'un foyer, car ils aiment à avoir du feu, même dans la saison la plus brûlante. Auprès de ce feu est une marmite; un noir serait malheureux, s'il n'était propriétaire d'une petite marmite pour y faire cuire des brèdes assaisonnées à sa manière, ses pois du Cap et son maïs.

«A la Réunion, la vie est uniforme; il n'y a guère plus de différence entre les jours qu'entre les saisons. Cette monotonie d'existence n'est pas contraire à la santé, mais elle donne le malaise de l'ennui.»

 

Volcan de la Réunion
Volcan de l'île de la Réunion

 

 

 

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