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Le Sénégal, le Gabon et la Côte d'Ivoire En 1883,
anciennes possessions françaises, dites "Sénégambie"

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Carte d'ensemble de la "Sénégambie" en 1883
L'Atlas de Vuillemin


Carte du Sénégal en 1883    Carte du Gabon en 1883

Carte de la Côte d'Ivoire en 1883

Avertissement
Le texte ci-dessous est celui de Vuillemin, dont la teneur est celui de l'époque (1883)
Il n'est publié ici que pour son intérêt historique.
Il ne traduit en rien les convictions de l'éditeur de ce site Web, qui considère comme globalement négatifs les effets de  la colonisation de l'Afrique par les pays européens. L'éditeur récuse aussi les commentaires désagréables et/ou paternalistes de Vuillemin sur l'attitude des populations locales.




Population .... 199,654 hab.
Longueur  .... 1500 km .
Importations .... 16,882,314 fr
Exportation  ....  11,943,861 fr

Chef-lieu : SAINT-LOUIS, à 3,2OO k. S. de Paris.

 

DIVISION   ADMINISTRATIVE.

Cette contrée forme un gouvernement colonial. Le commandement et la haute administration appart. à un Gouverneur qui a sous lui 1 Ordonnateur, 1 Inspecteur et 1 Commandant. 2 Arrond. — Tribunal de 1re instance, à S.-Louis. — Forces militaires : 900 h. de troupes, non compris la marine, l'artillerie, etc. Corps de gendarmerie. — Le siège religieux du Préfet apostolique est à S.-Louis.

   
SAINT-LOUIS 
27,917 h.
Richard-Toll, Dagana, Podor, Saldé, Matam, Aérée, Bakel, Médine,Toro..
GORÉE
6,253 h.

Dakar, Rufisque, Sédhiou, Carabane, Rio-Nunez,
Rio-Pongo, Mellacorée, etc.

 


ABRÉGÉ HISTORIQUE

Les premières expéditions des Français au Sénégal datent du XIVe s. La plus considérable, entreprise par des armateurs de Rouen et de Dieppe, remonte à 1364. Ils formèrent, depuis l'embouchure du Sénégal jusqu'à Sierra-Leone, des comptoirs et des entrepôts qui donnèrent naissance aux établissements de Rufisque, de Gorée, de la Gambie, de Sierra-Leone qu'on appelait le Petit-Paris et le Petit-Dieppe. En 1382, les Normands élevèrent des forts à la Mine d'or, sur la côte de Guinée. La prospérité des entreprises maritimes fut arrêtée par les guerres civiles et étrangères qui désolèrent le règne de Charles VI ; le commerce d'Afrique fut abandonné, et les comptoirs, établis à grands frais, devinrent, à l'exception de celui du Sénégal, la proie des Portugais, des Espagnols, puis des Anglais et des Hollandais jusqu'en 1626.
L'établissement du Sénégal végéta pendant deux siècles. Enfin, Richelieu, qui aimait la marine, lui rendit quelque activité en favorisant les efforts des commerçants réunis de Rouen et de Dieppe; ceux-ci, sans intervention aucune du gouvernement, faisaient administrer la colonie par un directeur de leur choix, et pourvoyaient directem. à la défense de leurs possess. (1626-1664). En cette ann., la Compagnie des Indes occidentales fut créée et acheta pour 1,010,015 livres tournois la colonie africaine. Depuis lors jusqu'en 1710, six Compagnies se succédèrent avec des chances diverses dans l'exploitation du privilège. La Compagnie des Indes, restaurée par le fameux Law, acquit tous les droits, établissements, forts et comptoirs du Sénégal, au prix de 1,600,000 livres, et en conserva  pendant cinquante ans l'administration civile et militaire. Les directeurs, hommes sages, instruits et laborieux, surent profiter des fautes de leurs prédécesseurs, de la protection royale, et eurent soin d'entretenir la paix et l'union avec les différentes tribus de l'intérieur.

Sur les côtes et dans les terres de sa concession, cette Compagnie fonda ou releva plusieurs établissements : Arguin et Portendic, sur la côte; S.-Louis et Podor, sur le Sénégal; S.-Joseph et S.-Pierre, au royaume de Galam ; Corée, Joal, Albréda, sur la rivière de Gambie ; etc. La guerre ruina cet état prospère. Les Anglais prirent S.-Louis et le Sénégal en 1758. Les Français y rentrèrent vingt-cinq ans après (1783), pour s'en voir expulsés de nouveau pendant les guerres de la Révolution, et pour ne les recouvrer qu'en 1814.

 


STATISTIQUE

TOPOGRAPHIE. — La colonie française de la SéNéGAMBIE est une contrée de l'Afrique occidentale, située entre le cap Blanc de Barbarie (20°55' de lat. N. et 19°55' de long. O. et les environs de Sierra-Leone (8°11' de lat. N. et 15° de longit. 0.) ; mais la colonie actuelle (1500 k. environ de long. sur 650 de larg.), ne se compose que de plusieurs petites îles et de portions de territ. sur le continent. Elle tire son nom du Sénégal et de la Gambie, 2 fleuves qui l'arrosent et se jettent à l'O. dans l'Océan.— Les îles occupées sont les suiv. : S.-Louis, Babaghé. Safal, Ghéber. Gorée, la Madeleine. — Bassin de.l'O. Atlant. Riv. princip. : le Sénégal, la Gambie, le Rio-Grande, le Kokoro, le Ba-Oulima, le Falémé, le Nériko, etc. La long. du Sénégal est d'env. 1,900 k.; il déborde tous les ans comme le Nil. Ce fleuve serait navigable pour de grands bâtim., si la barre de son embouch. ne leur en défendait l'entrée; ceux qui ont un faible tirant peuvent remonter pendant les hautes eaux jusqu'à la cataracte de Faon, c'est-à-dire à 840 k. dans l'intérieur de l'Afrique. — Près de l'embouch. du Sénégal se trouvent les étangs salins qui fournissent une immense quantité de sel. Ces étangs ont environ 700 m. de long sur 360 de large; l'eau dont ils sont remplis est tellement surchargée de sel qu'elle en rend le tiers de son volume. Dans certaines localités, après de petites pluies et même après les fortes rosées, on remarque, sur d'assez grandes étendues de terrain, des efflorescences salines. Ces substances entraînées par les eaux dans des lieux profonds, s'y décomposent et forment des lacs de natron pareils à ceux de l'Egypte.— Climat d'une chaleur accablante ; l'air devient tellement embrasé qu'il n'est plus possible de le respirer; néanmoins la température moyenne à S.-Louis ne paraît être que de 25°. Les jours sont sans nuages; la saison des pluies n'apporte qu'une modification temporaire à la sécheresse de l'atmosphère, fréquemm. entretenue par les vents brûlants de l'E. Il n'y a pas d'ouragans proprement dits, mais des orages appelés grains, qui ont lieu depuis le milieu de jour jusqu'à la fin de septembre, et qui sont d'ailleurs peu violents.

PRODUCTIONS. — C'est dans les cantons du pays de Walo qu'existe l'agriculture de la Sénégambie. On y a introduit beaucoup de légumes d'Europe, ainsi que le rocou, le café, l'olivier et le nopal. Parmi les arbres à fruits ; le dattier, le cocotier, le bananier, le sapotilier, l'oranger, le goyavier, le manguier, l'arbre à pain. Les végétaux alimentaires sont les ignames, le maïs, le mil, les melons, les patates, les pistaches, les tomates, etc.— On compte un grand nombre d'animaux sauvages, tels que l'éléphant, le lion, le tigre, le sanglier, le buffle, la civette, la gazelle, l'once, etc. Les cerfs, biches et daims y sont également communs. Parmi les oiseaux, dont l'espèce est variée et intéressante, l'autruche volante (outarde d'Afrique) est le plus grand et le plus fort; après elle on remarque le pélican, l'aigle, la spatule, le calac, le guêpier, les perroquets, etc. Le bœuf, le cheval, l'âne et le chameau sont employés à l'agriculture. On élève aussi des chèvres, des moutons et des porcs. Les bœufs sont très-dociles, les ânes forts, et de belle race, les chevaux de petite taille. Dans les rivières, très-poissonneuses, on trouve le crocodile et l'hippopotame. Les reptiles de toute sorte abondent sur les terrains humides. — Bornons-nous à citer quelques arbres remarquables : le baobab, le colosse du règne végétal; le latanier, le gommier, qui donne une récolte abond.; l'ébénier, le palmier dont le suc enivre, le henné, qui sert aux nègres pour se teindre la peau ; le mimosa, etc. A l'except. des forêts de gommiers, il n'y a point de bois dans ce pays; les rives du Sénégal n'offrent le plus souv. d'autre ombrage que celui des nomb. palétuviers et des rares tamarins. Le territ. de Walo a plus de mouvem. : il présente des coteaux et des vallons, où l'eau répandue en abond., le rend fertile, malgré sa nature sablonn.— Les product. du règne minéral sont peu variées : mines d'or jadis célèbr. de Galam et de Bamboue, pierres siliceuses de Gorée, bancs considér. d'huîtres fossiles.

INDUSTRIE ET COMMERCE
. — Les briqueteries et les chaufourneries sont les seules fabriq. du pays, et encore ne sont-ce pas des établissements fixes et permanents. Chantiers de construct. à St.-Louis et à Gorée ; tissage de pagnes, principal vêtem. des noirs.— Le commerce consiste surtout dans la traite de la gomme, que l'on recueille, sans aucune cult., dans les vastes forêts de Liébar, Sael et Afataé, situées dans le territ. occupé par les Maures. On traite aussi, dans le haut du fleuve, les peaux de bœufs, l'ivoire, l'or et le mil; les marchandises échang. sont les fusils, la poudre, les balles, l'ambre, les coraux, etc. On importe : ambre, corail, café, sucre, eaux-de-vie, rhum, farine, fer, armes, toiles de l'Inde, tabac, vins, verroterie, vivres, etc. Valeur moyenne annuelle des impor tions : 11,310,601 francs pour S.-Louis et 5,571,713 francs pour Gorée. On exporte : bois de con struction, cuirs, cire, coton, cornes de bœuf, écailles de tortue, gomme, ivoire, poudre d'or, bes tiaux, etc. Valeur moyenne annuelle des Exportations : 2,766,762 fr. de S.-Louis et 9,177,099 fr. de Gorée. — Marine de la colonie : cabotage, 150 bâtiments : transports intérieurs, 100 : nombr. pirogues de pêche.


VILLES   PRINCIPALES

S.-LOUIS, ch.-l., offre un excel. mouillage aux navires. De loin l'aspect est imposant : un fort et quelques batteries contribuent à la défense, mais l'intérieur est triste et mesquin. Les princip. édifices sont l'hôtel du gouvernem., les casernes, l'hôpital et l'église, beau jardin botan. fondé en 1822. Plus de 800 magasins appartiennent au commerce. — Avant l'incendie qui, en 1827, en dévora plus d'un tiers, cette ville possédait  220 maisons, et 180 cases. Elle s'est plus que doublée depuis.

GORÉE, dans l'île de ce nom, dont elle occupe plus des deux tiers. Rues étroites mais bien alignées et d'une grande propreté. La rade, défendue par le fort S.-François, est spacieuse et belle. On remarque une caserne qui   peut contenir 300 hommes, et le fort S.-Michel placé au N., sur un rocher.
Citons encore : Galam, s. le Sénégal, à 1,000 k. de S.-Louis. Ce vill. nègre renf. un comptoir franc.; pendant le mois de novembre, il s'y tient un marché considér., où affluent les peuplades de l'intér. de l'afrique. —Bakel, à 420 k. de S.-Louis. Fondé en 1818, ce comptoir consiste en une enceinte murée et bastionnée, et en enclos destiné au comm. — Makana, au-dessus de Bakel.

COTE-D'OR — Les établissements français sont au nombre de trois : Assinie, Gd-Bassam et Dabou. Climat malsain. Or,   ivoire, pelleteris.

GABON, situé par 0° 30' de lat. N. et 7° long. E chef-lieu Libreville marchandises déchanges, cire, gomme, copal,   caoutchouc, ébène, etc., etc.

Les Escales sont des emplacements destinés aux échanges qui se font avec les Maures, et notamm. au comm. de la gomme. On ne peut pas les regarder comme des comptoirs : Ce ne sont que des lieux de rendez-vous et des marchés temporaires. Hors le temps que dure chaque année la traite de la gomme, les escales restent absolument désertes. Il n'y existe aucune construction.; les échanges s'y font au moyen d'embarcations.

 


VARIÉTÉS

Les envir. du fort S.-Louis offrent quelques maisons en briques fort simples et peu considérables, qui sont la propriété de riches habitants; mais en général les nègres sont logés dans des cases de paille ou de roseau. Les plus grandes ont 12 à 15 pieds carrés; elles sont couvertes en chaume et de forme conique. Leur lit se comp. d'une claie légère, posée sur quatre piquets à 8 ou 10 pouces de terre, et recouv. d'un cuir de bœuf ou de la peau de quelque animal féroce. Pend. la nuit, un feu est toujours allumé dans la case, tant pour se garantir du froid que pour chasser les moustiques et les maringouins. — Les nèg. du Sénégal sont tous très hospitaliers et paraiss. fort honorés lorsqu'un blanc vient s'asseoir à leur foyer. Leur manière de vivre est très frugale ; ils ne goûtent que d'un seul mets nommé couscous, fait avec du millet réduit en farine dans un mortier de bois.

Quatre états considér., habités par des nègres occup. les rives du Sénégal : les pays de Cayor, de Walo, des Fouls et des Saracolets. Les Yolofs, du pays de Walo, sont peut-être les plus beaux hommes de la Nigritie; leur taille est au-dessus de la moyenne, ils sont bien faits, vigoureusem. constitués, forts, d'un tempéram. qui résiste à la fatigue; ils ont les cheveux noirs, frisés, cotonneux et d'une finesse extrême. L'œil est noir et bien fendu, la barbe rare, le visage assez agréable. Leur peau, qui est d'un très-beau noir, est souvent luisante. Les femmes ont à peu près la même taille que les hommes; elles sont bien faites, leur peau est fine, leurs lèvres petites, leurs traits bien proportionnés; on en trouve d'une beauté remarquable. Les Yolofs sont les plus indolents de tous les nègres; pour eux, le souverain bonheur consiste à ne rien faire. Ils sont en général pillards et querelleurs. La chasse et la pêche sont leurs seules occupations.

 

Gravure de Gorée en 1883
Gravure de Gorée en 1883
Gravure de St Louis en 1883
Gravure de St Louis en 1883

 

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