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Département de Haute Marne en 1883

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Carte du département de Haute Marne en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
L'Atlas de Vuillemin - avec hélas des gribouillis sur cet exemplaire


POPULATION......252,448 hab. SUPERFICIE......621,968 hect.

Chef-lieu : CHAUMONT, à 247 k. E.-S.-E. de Paris.

 

DIVISION ADMINISTRATIVE

Avant 1790, ce dép. faisait partie de la Champagne (Bassigny, Vallage, Perthois, Bar-rois) et de la Bourgogne. — Cour d'appel et Académie de Dijon. — 7e Corps d'armée (Besançon). — 17e arrondissement forestier. — Diocèse de l'évêché de Langres.

3 ARRONDISS.
 
28 CANTONS
550 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.

CHAUMONT
9,226 h.
 
10 Andelot, Arc, Bourmont, Châteauvillain, Chaumont, Clefmont, Juzennecourt, Nogent-le-Roi, Saint-Blin, Vignory.
195 
79,838
LANGRES.
10,376 h.
10 Auberive, Bourbonne-les-Bains, Fays-Billot, aferté-sur-Amance, Langres, Longeau, Montigny-le-Roi, Neuilly-l'évêque, Prauthoy, Varennes-sur-Amance.
210
95,126
VASSY.
3,284 h. 
8 Chevillon, Doulaincourt, Doulevant, Joinville, Moutier-en-Der, Poissons, Saint-Dizier, Vassy.
145
77,484


ABREGE  HISTORIQUE

Les Lingones, premiers habitants de la H.Marne, répondaient à Valentinien, qui voulait les assujettir à payer tribut : « Nous aimons par-dessus tout notre liberté ; si l'empereur veut nous contraindre, il verra combien nous sommes prompts à courir aux armes. » Ce fier langage n'était pas déplacé dans la bouche d'un peuple qui avait envahi l'Italie sous Tarquin, traité librement de la paix avec César, et qui, après avoir soutenu J. Sabinus dans ses prétentions à l'empire, pouvait fournira Dioclétien un subside de 70,000 soldats, malgré une défaite récente et le morcellement de son territoire. Cependant ce peuple, qui avait tenu tête aux Romains, ne put se soustraire au joug des barbares. Langres (Andematunum), dont l'origine se perdait dans les traditions antédiluviennes, fut saccagée par Crocus et Attila ; ses habitants fugitifs emportèrent les reliques du saint évêque Didier ; et, cachés dans les retraites de la forêt du Der, ils fondèrent la petite colonie de S.-Dizier (260). — En 500 s'accomplit la réunion de ce pays à l'empire des Franks ; pendant plusieurs siècles, il eut à souffrir de tous les partages et de toutes les agitations des deux premières races. Lothaire le donna à l'évêque Achard ; c'était alors un comté. Dès lors le siège épiscopal de Langres obtint une grande importance. Après avoir passé quelque temps dans la maison de Saulx, puis dans celle de Bourgogne, ce comté fut de nouveau rendu à l'église, avec de grands privilèges. Ainsi, au XIIIe s., les évêques de Langres battaient monnaie, recevaient l'hommage des seigneurs de Chaumont, de Montbard, de Bar-sur-Seine et de Tonnerre, et portaient le titré de ducs et pairs. — Il n'y a guère de faits saillants dans l'histoire de ce pays. Ravagé par les Anglais, délivré par Jeanne d'Arc, il embrassa le parti des Bourguignons contre Charles VI, et celui de la couronne contre la Ligue, à part Chaumont, que le fougueux prédicateur, Guillaume Rose, entraîna dans le camp de la Sainte-Union. Le XVIe s. y fut témoin de deux événements de quelque importance : l'héroïque défense de St-Dizier (1544), qui tint plus d'un mois contre Charles-Quint, et ne contribua pas peu à sauver la France d'une terrible invasion, et le massacre des Huguenots à Vassy (1560), sanglant prélude de la Saint-Barthélemy. Toute cette partie de la Champagne avait été réunie au domaine en même temps que la province entière, en 1284.

Sauvée par Dumouriez dans les défilés de l'Argonne (1792), la Champagne fut envahie en 1814 ; malgré les prodiges de cette étonnante campagne, malgré la valeur des paysans qui grossirent tant de fois les rangs de nos troupes harassées, Blücher et Schwartzemberg opérèrent leur jonction à la fin de janvier sous les murs de Langres et marchèrent sur Paris. Langres fut évacuée par Mortier ; près de St-Dizier, le général Duhesme livra un glorieux combat.


BIOGRAPHIE

J. Sabinus, fameux par le dévouement de sa femme éponine ; le sire de Joinville, si célèbre par sa Vie de St-Louis, dont il fut l'ami et le compagnon d'armes pendant 22 ans ; François de Lorraine, grand homme d'état, grand homme de guerre ; Pierre du Chatel, aumônier de France ; Guillaume Rose, évêque de Senlis, un des plus fameux prédicat, de la Ligue ; Mongin, le sermonnaire ; Barbier d'Aumont, littérateur distingué ; le sculpteur Bouchardon, lés peintres Tassel et Nicolas Robert ; le comédien Desessarts ; le philosophe Diderot, collaborat. de l'Encyclopédie, fils d'un coutelier de Langres ; — enfin Decrès, ministre de la marine sous l'Empire ; Etienne, poëte dramat.; Roger, de l'Académie française, l'archevêque de Paris Morlot, successeur de l'infortuné Sibour.


STATISTIQUES

TOPOGRAPHIE. — Le dép. de la Marne (Haute-) est méditerrané ; il est situé au N.-E., entre 47° 35' et 48° 40' de lat. N. Bornes : Meuse, Marne, Aube, Côte d'Or, H.-Saône, Vosges. Il tire son nom de sa posit. physique sur le cours super. de la Marne, — Pays montagneux ou plutôt de plateaux assez élevés, formant au S. le plat. de Langres ; point culmin. : le Montaigu, 500 m. — Bassins de la Seine, de la Meuse et du Rhône. Riv. princip. : Marne (navig.) ; Meuse, Aube, Marne, qui y ont leur source ; Aujon, Voire, Suize, Rognon, Biaise, Ornain, Saulx, Amance, Salon, Vingeanne. Nombr. étangs dans l'arr. de Vassy. — Climat sain, mais froid et très-variable. — 6 Routes nat., 8 départ. 3,400 ch. vicinaux.

PRODUCTIONS. — Sols dominants : pierreux, argileux, gravier, sablonneux, riche terreau. Sol assez fertile, bons pâturages. Cult. par des chevaux. — Pays agricole, d'exploitat. et manufactur. Excédant considér. en vins et céréales ; les bois, qui sont très-vastes, servent surtout à la consom. des usines. La plup. des vins, entre autres ceux d'Aubigny et de Montsaugeon, ne sont classés que parmi les bons vins d'ordinaire. élève de moutons de bonne race ; beauc. de volailles et d'abeilles. — Bois, 174,275 h. ; vignes, 13,136 h. — Exploitat. minér. fort import. : fer en abondance, belles pierres de taille, marbre, pierre à chaux, gypse, marne, grès à aiguiser, terre à poterie. Plusieurs sources minérales, dont une fréquentée à Bourbonne-les-Bains.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'Industrie s'exerce princip. sur le travail des fers (valeur annuelle, près de 20 millions), qui comprend la fabrication de la tôle, du fil de fer, des limes, râpes et outils, de la poêlerie, des pointes de Paris et de la coutellerie renom, de Nogent et Langres. Parmi les autres prod. fabriq. : les cuirs, les eaux-de-vie de marc, la bière, la ganterie, de peau, la bonneterie de Chaumont, la constr. des bateaux à St-Dizier. — Le Comm. exporte : bois de chauffage, de charpente et de marine, fers, vins et eaux-de-vie, grains et produits manufacturés. — 230 Foires.

INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1 Lycée. 2 Collèges. 2 établ. second. libres. 1 école norm. d'instit. 1 Cours normal d'institutr. 6 Pensionn. prim. Ecoles prim.: 270 de garçons, 266 de filles, 272 mixtes. 2 Sém. 4 Bibliothèques publiques. 4 Sociétés savantes.


VILLES  PRINCIPALES

CHAUMONT, ch.-L, sur un plateau élevé, entre la Marne et la Suize. Rues bien bâties, mais escarpées. On remarque S.-Jean, l'Arc de Triomphe, l'hôtel-de-ville, l'Hôpital, de jolies fontaines et les belles terrasses qui couronnent la montagne. Calvus mons (mont chauve). Le 1er mars 1814, les souverains alliés d'Autriche, de Prusse, d'Angleterre et de Russie y signèrent un traité par lequel ils s'engageaient à réduire la France à ses anciennes limites.
LANGRES, tr.-anc. v., s. la pointe d'un rocher, à 445 m. de hauteur. Rues tristes, désertes et mal bâties. Cette ville, dont la population diminue sensiblem. depuis quelque temps, jouissait d'une grande importance sous les empereurs ; elle avait alors ses sénateurs, son Capitole, des temples, des théâtres. La Cathédrale est un beau monum. du style roman ; riche biblioth. Ruines d'un double arc de triomphe élevé aux deux Gordiens. — Coutell. renomm. ; gr. comm. de pelleterie avec la Suisse.
VASSY, agréablement situé, près de la Marne, entouré de nombreuses forêts ; ville fort ancienne. Elle fut en 1562 le théâtre du massacre d'environ 300 protestants par les gens du duc de Guise. Cet événement la rendit tristement célèbre, car il fut le signal des guerres de religion. Belle église méritant d'être remarquée. Exportation de fer, bois et charbon.

Citons encore : St-Dizier, jolie ville avec un bel hôtel de ville. — Joinville, sur la Marne, l'ancienne cité des Guises. — Bourbonne-les-Bains, qui possède un magnifique établissement d'eaux minérales. Ces eaux, connues des Romains et très-fréquentées, sont souveraines contre la paralysie et les blessures d'armes à feu. Nogent-le-Roi, près de la Treire. Centre de fabrique considérable et renommée de coutellerie. Montiérender, avec un dépôt national d'étalons. — Château-villain, Bourmont, etc.


VARIÉTÉS

« Les Champenois ont cet esprit actif, mais calme, raisonnable, calculateur, positif, qui ne se laisse troubler, ni séduire, ni emporter par une imagination trop excitée ; leur bonhomie, c'est-à-dire la simplicité et l'égalité bienveillante de leur âme, tient aux mêmes dispositions.

« L'explication suivante fut donnée un jour par le savant Henrion de Pansey à Napoléon, au sujet d'un proverbe fameux. L'empereur lui disait un jour : « D'où vient donc, monsieur le Président, l'origine du dicton populaire 99 moutons et un Champenois font 100 bêles ? — Sire, repartit le magistrat, il y avait en Champagne des princes qui avaient besoin d'argent, comme ceux d'aujourd'hui ; comme ceux d'aujourd'hui ils avaient établi des droits à l'entrée des villes. La « taxe était perçue sur chaque centaine de moutons ; on l'éluda en ne les faisant entrer que par troupeaux de 99. Le fisc était joué, sa caisse ne se remplissait pas. Un jour qu'un berger se présentait, comme d'usage, à la porte d'une ville, avec ses 99 moutons, le collecteur de l'impôt en « ayant fait le compte et trouvé toujours le même nombre, perdit enfin patience et s'écria en saisissant le berger : 99 moutons et un Champenois font 100 bêtes. » Si le mot du collecteur était spirituel, le moyen employé par le Champenois l'était encore davantage. »

 

Gravure de la ville de Chaumont, en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Chaumont en 1883

 

Cette version de carte de la Haute Marne est agrandissable par zoom, mais non enregistrable

 

 

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