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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de L'Univers de Jules Janin - reproduction © Norbert Pousseur

Constantine vers 1840

 

Constantine vers 1840 - reproduction © Norbert Pousseur
Constantine, gravure non signée

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "L'Univers - collection des vues les plus pittoresques du globe" de Jules Janin - édition ~1840

Entre Bougie et Stora, dans notre province d’Afrique nouvellement conquise, on voit encore les restes d’une voie romaine, commencée, à coup sûr, par les vainqueurs de Mithridate ; c’est encore le chemin qui conduit d’Alger à Constantine.
Pour nous Constantine est une histoire d’hier, la prise de cette ville si longtemps disputée n’a été que le complément de notre conquête. Tant qu’Alger fut debout, tant que les Arabes se figurèrent que leur ville était imprenable, ils ne songèrent guère à fortifier Constantine. En ce temps-là une douzaine de mauvais canons défendaient la ville ; mais quand enfin le drapeau français eut flotté sur la Casba, quand nous fûmes reconnus les maîtres de cette terre insolente, les Arabes indomptés se replièrent sur Constantine. Achmet-Adji, le bey de cette province, éleva de hautes murailles, appelant à son aide tous les soldats errants ; la ville reculée dans les terres, fut ainsi élevée à la dignité de place forte ; une première fois elle eut l’insigne honneur d’être attaquée, mais en vain, par les troupes françaises, il fallut s’y prendre à deux fois pour venir à bout de ce rocher fortifié que défendaient en même temps les balles de l'ennemi et les pluies de l’hiver ; mais enfin le 13 octobre 1837 la ville fut emportée d’assaut, non sans une grande perte des plus braves et des mieux faisants de l’armée française. Frappé par un boulet ennemi, le général en chef Damrémont tomba sur la brèche pour ne plus se relever ; le brave colonel Combes, l’honneur de l’armée, meurt sous les portes de la ville ; mais bientôt la fortune changea, le rempart fut enlevé, la ville fut balayée de fond en comble, la victoire fut complète, et depuis ce jour la France n’est plus occupée qu’à réparer cette ville, qu’à relever ces brèches, qu’à mettre un peu d’ordre et de civilisation dans ce chaos.

L’aspect de Constantine est tout à fait le même que celui de Médéa. Toutes ses maisons sont couvertes en tuiles bombées. Elle est arrosée par le Koumel, sur lequel on voit un beau pont en pierre construit par les Romains ; son sol descend en pente rapide vers la rivière. Les principaux édifices sont le palais du bey, les mosquées et la forteresse appelée la Kasbah. En sortant de la ville, les deux rives du Koumel sont bordées de beaux jardins et de maisons de campagne dont la plus remarquable est celle du bey. Constantine est l’antique Cirta, qui fut la patrie de Jugurtha et de Massinissa, ces deux héros, dont les noms retentissent avec tant de gloire et d’honneur dans l’histoire romaine, et qui soutint de longues guerres contre Rome et contre Carthage. Le Koumel est l’Ampsaga des anciens. La population de Constantine a été fort exagérée lorsqu’on l’a portée à soixante mille âmes ; elle n’est que d’environ quinze mille. On ne dit rien de ce sol sans culture, de cette terre qui est du sable l’été, de la boue l’hiver, de cette grande misère des populations presque errantes. La plus grande fortune de ce pauvre pays est une carrière de très-bel albâtre ; les sources calcarifères, nommées les Bains enchantés, font naître de petites pyramides naturelles par le dépôt de matières calcaires dont leurs eaux sont chargées. Dans la partie la plus élevée du sol de Constantine, les Koumel forme un canal souterrain en sortant d’une belle cascade. Ce point, élevé à cinq ou six cents pieds au-dessus de la plaine, est encore comme dans l’antiquité le lieu d’où l’on précipite les criminels et les femmes infidèles.

Après la victoire , les honneurs aux héros. Le général en chef Damrémont fut ramené à Paris en triomphe ; la foule se porta autour de son cercueil; toutes les illustrations l’accompagnèrent à sa dernière demeure, et c’est dans le majestueux hôtel des Invalides, qui peu d’années auparavant avait reçu des hôtes non moins illustres, que ce digne soldat, mort pour la patrie, fut enseveli sous les drapeaux qu’il avait conquis. Ces honneurs funèbres, ce grand deuil auquel tout Paris voulut s’associer, furent encore un hommage rendu à nos armées victorieuses, et servirent plus que jamais à populariser le nom de notre nouvelle conquête.... Constantine !

Voir aussi la page, sur ce site, sur la Wilaya de Constantine.

 

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Nota : les propos ci-dessous reflètent les idées de l'époque sur les colonies et leurs habitants. Il s'agit bien d'une notice historique à replacer dans le contexte de 1840. Ce texte ne correspond en aucun cas à la position de l'auteur de ce site,
qui a, par ailleurs, un grand respect pour le peuple algérien.

 

 

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