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Les villes à travers les documents anciens

 

L'abbaye de Westminster de Londres vers 1840

 

L'abbaye de Westminster à Londres - reproduction © Norbert Pousseur
L'Abbaye de Westminster, gravure non signée vers 1830,
extraite du Précis de la Géographique universelle de Malte-Brun

 

Voir aussi en ces pages :
Londres et l'abbaye de Westminster
Londres et la Tamise
Londres et la banque d'Angleterre


 

Texte extrait du Magasin pittoresque de l'année 1835

L’édifice de Westminster-Abbey, ce panthéon de l’Angleterre, fut-il dépouillé de ses tombes illustres, resterait l’un des premiers monuments de l’Europe. Si l’on écarte les obscurités de son origine, on peut attribuer sa fondation définitive à Édouard-le-Confesseur, qui consacra, pour subvenir aux dépenses de construction, le tiers de toute sa fortune en terres, en bétail, en or et en argent. Ce fut le 28 décembre 1065 que l’on en célébra la dédicace. Édouard y fut enterré le 12 janvier 1066; et un an après, au mois de Pâques, Guillaume-le-Conquérant, qu’il avait institué son héritier, y fut couronné. Henri III, Édouard Ier, et plusieurs autres princes, Henri VII surtout, ont en partie renouvelé l’édifice : ce dernier roi fit construire la chapelle qui porte aujourd’hui son nom. Depuis ce temps des changements notables ont été faits au plan et au style de l’abbaye par le plus célèbre architecte classique anglais, Christophe Wren, qui a élevé la cathédrale de Saint-Paul. Cet artiste était naturellement peu propre à conserver le caractère d’un monument gothique; mais du moins ses altérations ne manquent ni d’invention ni de grandeur. Le chœur où l’on célèbre l’office aujourd’hui est mobile, et on peut le déplacer à l’occasion de cérémonies solennelles qui exigeraient une vaste étendue : il a été construit en style gothique par l’architecte Keen.
L’abbaye a la forme ordinaire d’une croix. Les bâtiments du cloître attenant à l’édifice sont situés du côté méridional. A l’extérieur les parties de la construction les plus remarquables sont les deux tours et la porte septentrionale ou porte de Salomon.
L’ornement de l’intérieur consiste surtout dans les tombes : mais les guides, qui s’emparent des étrangers et font les honneurs de l’abbaye, appellent vivement l’attention sur une mosaïque du chœur, disposée par des ouvriers de Rome en 1260, sous la direction d’un artiste nommé Oderick , et représentant le temps de la durée du Monde, ou le primum mobile suivant le système de Ptolémée. Ils montrent aussi la pierre apportée de Scone en Ecosse par Édouard Ier (1296), et sur laquelle sont couronnés les rois anglais.

Toutefois si la pensée se détourne un instant des monuments funéraires, elle ne saurait se reposer sur rien de plus digne que sur la chapelle de Henri VII, qui est réellement une des merveilles de l’Angleterre. Le style de son architecture est celui de la chapelle de Windsor, mais il est infiniment plus riche et plus varié. Cette chapelle, longue de 90 pieds environ et haute de 50 pieds, semble par sa dimension et par sa disposition toute une cathédrale renfermée dans une cathédrale plus grande. A l’extérieur elle est ornée de seize tours gothiques; elle est plus élevée que le pavé de l’abbaye; on y entre par des marches de marbre noir : à l’intérieur elle se compose d’une nef et d’ailes de côté; ses portes sont de bronze sculpté. Les tiges de ses arceaux jaillissent avec une légèreté magique vers la voûte de pierre, dont la magnificence est réellement au-dessus de toute expression. Notre gravure ne saurait en donner qu’une faible idée : un dessin d’une très grande dimension et de l’exécution la plus fine pourrait seul imiter la richesse et la variété incroyables de ces sculptures, de ces clefs de voûte, où l’œil se perd dans la multitude des détails d’ornements. Un artiste a appelé cette voûte «le ciel des sculpteurs.» Un écrivain anglais contemporain plus enthousiaste encore, dit «qu’elle semble avoir  été brodée par les doigts des anges sous les ordres du Tout-Puissant.» La chapelle est si incontestablement belle que ces exagérations ne peuvent nuire à l’admiration qu’elle doit naturellement exciter. On y compte cent vingt statues de patriarches, de saints et de martyrs, indépendamment d’une infinité d’anges portant des couronnes impériales et de figures de caprice. Les boiseries, les stalles, les miséricordes, les pupitres sont chargés de sculptures, de feuillages, de fleurs, de fruits, d’animaux, de scènes où brille l'imagination la plus féconde et la plus hardie, et cependant où règne en même temps un goût aussi pur et aussi sévère que le comporte le style gothique. Les bannières déployées et les armoiries suspendues des chevaliers du Bain ajoutent à la pompe de l’ensemble.
Au milieu du côté Est de la chapelle s’élève le tombeau du fondateur Henri VII, et de sa femme Élisabeth. Bacon a dit de ce tombeau que c’était le monument le plus majestueux et le plus délicat de l’Europe. On se rappelle que ce fut le mariage de Henri et d’Élisabeth qui mit fin aux désastreuses querelles des maisons rivales de York et de Lancastre.
Cette chapelle renferme d’autres chapelles, entre autres celles des ducs de Buckingham et de Richmond. On voit dans une boîte fermée de verre l’effigie en cire du duc de Buckingham revêtu de son costume de duc. L’effet désagréable de cette représentation puérile blesse profondément le goût. Nous nous rappelons avoir vu également à l’abbaye de Westminster, dans une enceinte au-dessus de la chapelle d’Isly, d’autres figures de cire costumées et enfermées sous verre. représentant en verre et debout la reine Élisabeth, le roi Guillaume, la reine Marie, la reine Anne, la duchesse de Buckingham, la duchesse de Richmond, le comte de Chatham et lord Nelson. Nous avons éprouvé la sensation la plus pénible du monde devant ces tristes caricatures de la vie, aux yeux d’émail hagards, aux lèvres peintes, aux joues fardées, aux doigts jaunes : pour comble de ridicule, un perroquet chéri est empaillé dans sa boite de verre de lady Richmond. Il est malheureux qu’on n’enlève pas au plus vite de semblables pauvretés qui contrarient toutes les impressions religieuses et élevées du reste de l’édifice. Il me souvient que des paysans du Devonshire, qui nous accompagnaient dans notre visite, et qui avaient été très graves et très sérieusement attentifs jusqu’au moment où nous fûmes conduits dans cette partie du monument, changèrent tout-à-coup de ton et se permirent des plaisanteries fort déplaisantes sur la reine Élisabeth et sa compagnie. Ils avaient perdu tout respect : la faute en était certainement à ceux qui, en souffrant l’exposition de ces ornements de cabinet d’anatomie ou de boutique de perruquier, manquent les premiers de respect à l’art et à la majesté du monument.

C’est dans celle chapelle de Henri VII qu’Olivier Cromwell fut enterré. On déploya dans cette cérémonie une magnificence royale qui dut sembler peu en harmonie avec la sévérité puritaine de l’homme qui avait refusé la couronne et n’avait voulu que le titre de protecteur. Deux cent quarante écussons étaient suspendus aux murailles. Le catafalque était orné de vingt-six grands boucliers gravés en haut relief, de vingt-quatre moins grands avec des couronnes, d’armoiries du mort soixante-dix fois répétées, de trente-six cartouches portant des devises à sa louange, et de sculptures faites à son image, superbement parées : au-dessus, était étendu un manteau de velours long de deux cent quarante pieds. — A la restauration, sous Charles II, on exhuma le cadavre de Cromwell, et on le pendit publiquement à une potence de Tyburn !

Chapelle de Henry VII à Westminster - reproduction © Norbert Pousseur
Chapelle de Henri VII à Westminster
Le Magasin pittoresque, 1835

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L'abbaye de Westminster à Londres - reproduction © Norbert Pousseur Chapelle de Henry VII à Westminster - reproduction © Norbert Pousseur 

 

 

 

 

 

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