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Les villes à travers les documents anciens

 

Ypres et son histoire jusqu'en 1780

 

Hôtel de ville d'Ypres -  reproduction © Norbert Pousseur
Hôtel de ville d'Ypres, par William Henry Barlett
in Vues de la Hollande et de la Belgique par N G Van Kampen, éd. 1836
Stadhuis te Yperen.

Voir aussi sur d'autres de mes pages la Fête des chats et le Mémorial d'Ypres

 

Extrait de l'ouvrage "Mélanges d'une très grande bibliothèque
De la lecture de livres françois, ... imprimés au seizième siècle"
d'Antoine-René de Voyer, marquis de Paulmy, édition 1786, (collection personnelle)

Texte en vieux françois retranscrit en français moderne avec correction de certains noms propres
Il s'agit donc d'analyse, transcription, résumés... de livres imprimés entre 1500 et 1600, (mais avec des commentaires allant jusqu'en 1780....
)

La ville d'Ypres tire son nom de la petite rivière d'Yperlée, sur laquelle elle est située, mais qui fournit bien moins d’eau pour remplir les fosses de la ville, que ne font deux grands étangs qui y touchent, sont pour elle d’une véritable défense, et ont leur écoulement dans un beau et large canal, qui, après deux lieues de cours, se jette dans la civière d’Yper, au-dessous du fort de la Kenoque.

Ypres n'était encore, l’an 800, qu’un château, qui fut emporté et pillé par les Normands. Le Comte Baudouin III le rétablit environ cent cinquante ans après, et en fit une ville. Dans le siècle suivant, Thierry d’Alsace l'agrandit, et il le fut encore au treizième siècle par la Comtesse Jeanne et Ferdinand de Portugal son mari. Il avait été pris d’assaut, en 1128, par le Roi Louis le Gros. Philippe-Auguste s’en empara de même en 1213, et le Roi Philippe le Bel en 1297. En 1325, les habitants se révoltèrent contre le Comte Louis de Nevers, et fortifièrent leur ville d’une nouvelle enceinte, qui enveloppa tous les faubourgs, alors habités par un grand nombre d’Ouvriers et de Tisserands. À la fin de ce même siècle, cette ville se trouva si peuplée, qu’elle contenait trois fois plus d’habitants qu’elle n’en a aujourd’hui ; mais ces Ouvriers étaient méchants et turbulents, d’ailleurs courageux. En 1383, les Gantois rebelles, soutenus par les Anglais, sous les ordres d’un Évêque de ce Royaume, vinrent assiéger Ypres ; mais ils furent reçus avec tant de vigueur, qu’ils furent obligés de renoncer à cette entreprise.  On célèbre encore tous les ans à Ypres la mémoire de cette délivrance, le premier Dimanche d’Août.

En 1388, Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne, étant maître de la Flandre, fit fortifier Ypres, et l’agrandit encore. Elle contient un assez grand nombre d’églises, dont la principale, dédiée à Saint Martin, est aujourd’hui cathédrale. Cinq autres sont paroissiales ; la dernière est hors la ville. L’évêché a été formé des débris de celui de Terouane, et le chapitre composé en partie des Chanoines réguliers qui desservaient l’église de Saint-Martin, et en partie de douze canonicats de l’ancienne église de Terouane ; enfin de dix prébendes du chapitre de Furnes. Les dignités sont au nombre de sept. Le revenu des prévôtés de Saint-Martin d’Ypres et de Furnes forment la mense épiscopale. L’Évêque est  Suffragant de l’Archevêque de Malines, et son diocèse comprend huit villes, dont la moitié est sous la domination de la France, le reste sous celle d’Autriche, et cent cinquante paroisses. Il n’y a eu jusqu'à présent que seize à dix-sept Évêques d'Ypres, dont le plus fameux a été Cornélius Jansénius, né en Hollande, mais Docteur en Théologie de Louvain. Il fut sacré en 1635, et mourut de la peste en 1638. Il est Auteur du fameux Livre sur la grâce, intitulé Augustinus, dont cinq propositions furent condamnées à Rome en 1653, et le sont encore par tous ceux qui signent le formulaire du Pape Alexandre VII. La personne de Jansénius n’a jamais été condamnée, ce Prélat ayant déclaré, en mourant, qu’il soumettait son Livre à la censure du Pape et de  l'Église.

 Sous la domination Française, la même année de la paix d’Utrecht, Louis XlV nomma à l’évêché d’Ypres, Charles-François de Montmorency-Laval, Archidiacre de Cambrai. Il fut sacré le 6 Mai, et mourut au mois d’Août suivant. On trouve dans Ypres des couvents de Récollets, de Dominicains, d'Augustins, de Capucins, de Carmes chaussés et déchaussés, et il y avait ci-devant un collège de jésuites. L’abbaye de Roesbrugge, habitée par des religieuses de l’Ordre de Saint Augustin, et fondée, en 1271, par Guillaume de Béthune, Chevalier ; celle de Nonnebosschen, aussi de Religieuses de l’Ordre de Saint Benoît, en 1123, par S. Charles le Bon, Comte de Flandre ; trois ou quatre couvents de filles, de l’Ordre de Saint François, de différentes Congrégations, des Carmélites, un béguinage, et quatre hôpitaux.

La maison de ville, que l'on nomme communément les Halles, est vaste et magnifique, avec une belle tour, bâtie au quatorzième siècle, dans laquelle on garde les archives de la ville, qui a son Magistrat et sa juridiction, composés d’un Grand-Bailli, d’un Avoué, treize Échevins, quatre Conseillers Pensionnaires, etc. Ce sont les Juges naturels de la ville et de la banlieue ; cependant il y a un Vicomte d'Ypres, et cette seigneurie était encore possédée, il n'y a pas longtemps, par M. le Prince d’Isenghien. En 1566, les Protestants rebelles s'emparèrent d’Ypres, y firent beaucoup de désordres, et en chassèrent les Ecclésiastiques. Ils en restèrent maîtres jusqu'en 1583, que le Prince de Parme, Alexandre Farnèse, entreprit de les en chasser ; il en vint à bout en 1584. Pendant le cours du dix-septième siècle, Ypres a été plusieurs fois pris et repris par les Français. En 1648, le Prince de Condé soumit cette ville ; l’Archiduc Léopold la reprit l’année suivante. Le Maréchal de Turenne s’en empara en 1658 ; elle fut rendue à l'Espagne par le Traité des Pyrénées. En 1678, le Roi Louis XlV l’assiégea en personne, et la prit après huit jours de tranchée ou verte. Elle fut cédée à la France par le Traité de Nimègue, et fortifiée de manière qu'elle devint une place redoutable, la plus grande partie de son enceinte étant défendue par des inondations, et le reste par trois ouvrages à corne, dont le plus grand contenait une ville basse ou nouvelle ville. Elle ne fut rendue que par se Traité d'Utrecht, et resta sous la domination Autrichienne jusqu'en 1744, que Louis XV l'assiégea et la prit en personne. Elle a été rendue à l'Impératrice-Reine de Hongrie par le Traité d'Aix-la-Chapelle ; mais on en a démoli toutes les fortifications.

La châtellenie d'Ypres est la troisième de la Flandre Autrichienne ; elle comprend plus de trente bourgs ou villages. On y trouve plusieurs abbayes de Chanoines réguliers de l'Ordre de Saint Augustin, fondées au douzième siècle ; la plus considérable est celle de Warneton, située dans un bourg sur la Lys, dont la plus grande partie est du domaine Autrichien, et ce qui est par-delà la rivière appartient à la France. A une lieue de ce bourg est l’abbaye de Messine, de Religieuses Bénédictines Nobles, qui regardent comme leur Fondatrice Adèle de France, fille du Roi Robert, et femme de Baudouin de Lille. Cette Princesse fonda dans le même lieu, en 1062, un chapitre de douze Chanoines qui subsiste.

Toits d'Ypres -  © Norbert Pousseur
Les toits d'Ypres en 2006
avec sur la gauche la masse de la tour de l'Hôtel de ville qui domine tout.

Pour voir les détails de l'Hôtel de ville d'Ypres vers 1830,
utilisez la fonction zoom

 

 

 

 

Les textes ont été transcrits du vieux françois en français courant,
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