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Les villes à travers les documents anciens

Bourg-en-Bresse au 19ème siècle

Bourg depuis sa campagne, vers 1830 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Bourg-en-Bresse vers 1830, extrait de La France pittoresque d'Abel Hugo, édition de 1835

Voir aussi la département de l'Ain en 1883

Article extrait du Guide pittoresque du voyageur en France - 1838 (collection personnelle).

 

BOURG. Ancienne et jolie ville, chef lieu du département de l'Ain. Tribunal de première instance. Société d’agriculture et d’émulation. Collège communal. Bureau de poste.  Population 8,996 habitants.
Cette ville est beaucoup plus ancienne qu’on ne le croit communément. Les différents monuments qu’on trouve à chaque pas ne laissent aucun doute sur l’existence en ce lieu d’une réunion importante de citoyens, sous la domination romaine. Le président de Thou pense que c’est là qu’existait l’ancien Forum Sebusionorum,
Après la chute de l’empire romain, aux Ve et VIe siècles, Bourg fut successivement dépendante du premier royaume de Bourgogne : elle obéit à la France sous les deux derniers rois de la première race ; aux Carlovingiens jusqu’au milieu du IXe siècle ; au royaume d’Arles et duché de Bourgogne transjurants de l’Empire ; les ducs de Savoie la possédèrent du XIe au XVIe siècle, et y firent construire une citadelle des plus régulières de l’Europe ; le traité de Lyon du 17 janvier 1601 l’assura à la France. Elle a été prise deux fois par les Français, en 1536 et en 1600, et sa citadelle rasée en 1611, par ordre de Louis XIII.

La ville de Bourg est dans une charmante situation, près de la Veyle, sur la rive gauche de la Reyssouse. Du côté de l’est, elle domine un bassin agréable et varié, que terminent les coteaux de Revéremont ; au nord, le bassin se prolonge avec le cours de la Reyssouse, et la vue se perd dans de belles prairies qui s’étendent jusqu’à la Saône ; l’ouest et le midi présentent un plateau cultivé, terminé à l’horizon par une vaste forêt. Cette ville est généralement bien bâtie, les rues en sont assez bien percées, propres et ornées de fontaines publiques, dont une, en forme de pyramide, a été érigée par les habitants à la mémoire du général Joubert, né à Pont-de-Vaux, où nous aurons occasion de voir sa statue.

Bourg a peu de commerce : sa situation au centre d’un pays purement agricole, te défaut de rivière navigable ou de canal sous ses murs, la rareté du numéraire, l’absence des ressources et l’inertie résultant de l’influence du climat, l’ont jusqu’ici tenue dans un état d’inactivité à cet égard. Cependant, quelque peu riche et quelque peu considérable que soit cette ville, elle fait les frais d’un théâtre assez joli, et souvent occupé par des troupes ambulantes.

Les promenades de Bourg font le principal agrément de cette ville ; elles consistent en plusieurs belles avenues de peupliers, et en diverses allées, dont l’une, qui porte le nom de Mail, est remarquable par sa longueur. On y remarque encore sa bibliothèque publique, contenant 19,000 volumes ; le musée départemental, et les cabinets de physique et de chimie ; la Halle au blé, bâtiment circulaire assez agréable. Dehors la ville, est un magnifique hôpital entouré de beaux jardins, et l’église gothique de Brou, qui mérite une attention particulière par la beauté de son architecture, le prix inestimable de ses vitraux de couleur, et les mausolées de la maison de Savoie qu’elle renferme.

Bourg vers 1880 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Bourg-en-Bresse, gravure extraite de 'La France illustréé'' - Malte-Brun, 1881, collection personnelle

Bourg est la patrie de Vaugelas, célèbre grammairien du XVIe siècle ; de Jérôme la Lande, dont les découvertes en astronomie, et les lumières qu’il a répandues sur cette science, ont rendu le nom célèbre dans les deux mondes.
Fabriques de toiles, bonneterie. Filature de coton. Tanneries et corroieries. — Commerce considérable de blés, seigle, méteil, orge, avoine, menus grains, vins, cuirs, poulardes de Bresse, chevaux et bestiaux. Marchés très importants pour les grains.

A 9 lieues de Mâcon, 18 lieues 1/2 de Lyon, 116 lieues de Paris. — Hôtels de l’Europe, du Griffon, du Nord.

 

Eglise de Brou près de Bourg vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Eglise de Brou, gravure de Rauch, du 'Voyageur en France' 1838

L’église Notre-Dame de Brou fut construite par les ordres de Marguerite d’Autriche, fille de l’empereur Maximilien Ier, et tante de Charles-Quint. Cette princesse qu’eut deux maris et si mourut pucelle, avait adopté pour devise ces mots : fortune, infortune, fort une, répétés de toutes parts dans l’église de Brou.
Elle appela, pour concourir à cette construction, les artistes les plus célèbres ; quatre cents ouvriers furent promptement réunis, et un monument immense commencé en 1511 fut achevé en 1536. La façade extérieure est d’un goût original. Le frontispice est couronné par trois frontons ; celui du milieu, qui est le plus élevé, offre un aspect qu’on ne trouve nulle part dans les monuments de la Renaissance. Le portail, dont l’arc est surbaissé, est couvert d’ornements et d’arabesques remarquables par la richesse du travail et la perfection des détails. L’intérieur de l’édifice est généralement simple : ce n’est que dans le chœur que tout le luxe s’est déployé : la pierre éblouissante en blancheur, le marbre de Carrare le plus éclatant, et ces vitraux rehaussés de mille couleurs, qui multiplient avec tant de vérité le jeu pittoresque des rayons du soleil, tout donne à ce sanctuaire une magnificence qui rappelle ces temples chrétiens de Byzance, dont les voûtes recouvertes d’or étaient soutenues par des piliers de jaspe.
C’est dans cette partie du chœur que se trouvent les trois mausolées en marbre blanc qui ont le plus contribué à la haute renommée de l’église de Brou. A droite est celui de Marguerite de Bourbon, femme de Philippe II, prince de Savoie, qui fit le vœu de bâtir l’église. Vis-à-vis est celui de Marguerite d’Autriche, sa belle-fille, qui exécuta ce vœu. Au milieu, est le plus beau des trois, celui de Philibert-le-Beau, fils du premier et mari de la seconde. Le prince est représenté mort au-dessus du mausolée, et mourant au-dessous : l’une et l’autre figure offrent le même fini et la même vérité. Ces monuments, d’un style admirable et d’une belle exécution, sont, ainsi que l’église, l’ouvrage de Colomban, artiste dijonnais, dont on voit la statue en marbre non loin des tombeaux.
On remarque encore dans la même église les boiseries du chœur, la sculpture gothique du jubé, et une chapelle du même style revêtue en marbre dont les ornements sont d’une délicatesse admirable et d’un fini précieux. Sur l’autel est un immense tabernacle construit d’une espèce d’albâtre, et tout couvert de sculptures délicieuses, dont les sujets sont pris dans les mystères de nos livres sacrés.

On rencontre souvent dans l’église de Brou les belles formes de l’école italienne, trop souvent le fini de l’école allemande ; mais les beautés sont en si grand nombre, qu’elles font excuser quelques imperfections qui tiennent au siècle, et qui sont toujours rachetées par une originalité pleine de séductions et d’enchantements.
Devant le portail, qui est d’un très beau gothique, on voit un cadran elliptique de la classe de ceux qu’on nomme analemmatiques ou azimutaux, situé horizontalement en avant de la porte d’entrée. La première construction de ce cadran date du XVIe siècle, et sa reconstruction fut entreprise et exécutée aux frais du célèbre la Lande, qui donna, en 1757, une démonstration de ce genre de gnomon. Le grand axe de l’ellipse est d’environ 10 mètres 720 millimètres, et se dirige de l'ouest à l’est ; le petit axe est de 8 mètres 746 millimètres. Au centre de l’ellipse est tracée une ligne méridienne sur une table de pierre parallélogramme horizontale, coupée dans la longueur par la ligne méridienne. Sur chaque côté de cette ligne sont gravées les lettres initiales de chaque mois de l’année. En se plaçant sur la lettre du mois où l’on est, l’ombre de la personne va se projeter à la circonférence sur le chiffre qui doit indiquer l’heure. Ce monument curieux, qui donne une idée de ce qu’étaient les sciences exactes dans le XVIe siècle, est le seul monument de ce genre qui existe en France.



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