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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de l'Album du Dauphiné - 1835 - reproduction © Norbert Pousseur

Mont-Dauphin dans les Hautes-Alpes, en 1835

 

Mont-Dauphin vers 1830 par Alexandre Debell - reproduction © Norbert Pousseur
Mont-Dauphin vers 1830, gravure d'Alexandre Debelle de l'Album du Dauphiné (1835)
voir ci-dessous la même gravure, zoomableCette photo peut être transférée, sur demande, en haute définition

 

Texte extrait de l'Album du Dauphiné (1835)

Mont-Dauphin : Cette forteresse, regardée avec raison comme une des principales du département des Hautes-Alpes, est située sur une montagne escarpée, au confluent de la Durance et du Guil, sur la grande route du mont Genèvre à Embrun. Elle est dans une position avantageuse, dominant quatre vallées à la fois, et entourée d’ouvrages d’art et de postes avancés qui rendent l’aspect du site imposant. Ses fortifications sont l’ouvrage de Louis XIV, qui les fit élever, lors des guerres de l’Italie, pour mieux couvrir le Dauphiné du côté du Piémont.

Les premiers travaux de ce fort commencèrent en 1694, sous la direction de Vauban. On les accrut depuis ; on y ajouta de nouveaux terrassements, de nouvelles casemates et un escalier conduisant du terre-plein à leur bordure supérieure ; dernièrement encore on y a construit une vaste charpente, sous laquelle les troupes peuvent facilement manœuvrer pendant l’hiver et durant le mauvais temps. La plupart de ses fortifications et ses principaux bâtiments sont en marbre rouge brut, tiré des carrières d’Eygliers, village au-dessus de la citadelle ; cette place peut contenir deux mille hommes ; elle est commandée par un lieutenant de roi, un adjudant, un chef de bataillon d’artillerie et un capitaine de génie. Il y avait, avant 1792, un gouverneur et un major de première classe. C’est à cette époque qu’ayant changé de nom elle prit, à cause de sa situation, celui de Mont-Lion qu’elle porta pendant une vingtaine d’années.

La même enceinte qui renferme le fort renferme le petit bourg de Mont-Dauphin, érigé en ville en 1753. Ce bourg, composé de deux rues disposées en croix, ne compte tout au plus qu’une population de trois cent cinquante habitants, qui, avant la révolution de 89, jouissaient de l’exemption des tailles. Il formait alors, avec Eygliers, une seule communauté, dont le premier consul devait être de Mont-Dauphin ; ce sont aujourd’hui deux communes distinctes, ayant chacune son maire et son conseil municipal. Le territoire de Mont-Dauphin ne s’étend point au-delà de ses murs ; on y arrive par deux portes, l’une à l’est et l’autre au couchant.

Quoique ce lieu n’offre plus, de nos jours, aucune trace du moyen âge, il y avait déjà, au XIIe siècle, un château fort appelé Castrum Dulphin, appartenant aux comtes de Forcalquier, souverains de l’Embranois, et fortifié depuis par les Dauphins. Il en est fait mention dans Gervais de Tilbury, qui parle d’un de ses seigneurs nommé Isnard.
À Eygliers existait aussi un monastère de Notre-Dame-de-Chalmes, cité dans des actes de ce même siècle. Ajoutons enfin que, dans les environs, il reste des vestiges d’anciens châteaux construits sur des crêtes de rochers, témoignages attestant assez que de tout temps l’on s’est attaché à fortifier les hauteurs voisines de Mont-Dauphin.

J. J. A. Pilot.

 


Texte extrait (sans la partie historique) du Guide pittoresque du voyageur en France - éd. 1838

MONT-DAUPHIN. Petite ville forte, située au confluent du Guil et de la Durance, à 4 lieues 1/2 d’Embrun. Pop. 350 habitants.
Cette ville, bâtie sur un roc élevé d’où elle commande quatre vallées, a été fortifiée par Vauban en 1694, et est regardée comme une des clefs de la France du côté de l’Italie. Elle est entourée de vieilles murailles sur la crête des falaises des deux rivières du Guil et de la Durance, de bastions du côté de la montagne, et se compose de deux rues principales qui se coupent à angles droits. C’est une ville fort peu peuplée pour son étendue, et fort triste.
L'enceinte renferme de grandes places, des jardins, des esplanades plantées de beaux ormes, et des terrains vagues. Les casernes et les casemates sont spacieuses. On y voit de beaux greniers couverts en charpente, où les troupes peuvent manœuvrer et faire l'exercice pendant le mauvais temps.

A une demi-lieue de la ville et près de la grande route, on remarque quatre sources d’eaux minérales acidulés et ferrugineuses qui coulent du midi au nord dans les canaux anciennement creusés, et alimentent l'établissement du Plan-de-Phazi ; la dernière de ces sources tombait naguère dans deux bassins elliptiques et découverts où l’on prenait les bains, et où le thermomètre de Réaumur marquait 23° ; depuis lors on a construit un bâtiment, à l’extérieur duquel est un dauphin : les eaux de la source du milieu se boivent dans une maison voisine.
Les eaux du Plan-de-Phazi sont purgatives et apéritives; on les emploie avec succès dans les obstructions, la chlorose, etc.

Voir aussi, sur ce site, le département des hautes-Alpes en 1883

Voir l'article de Wikipedia sur le Mont-Dauphin





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