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Les villes à travers les documents anciens

 

Bénarès (Varanasi) vers 1830
वाराणसी

 

Ville de Bénarès vers 1830 - reproduction © Norbert Pousseur
Bénarès (de son nom actuel Varanasi) vers 1830, gravure des frères Rouargue

 

Texte extraits du Dictionnaire général de géographie universelle, par Ennery et Hirth, édition 1839

BÉNARÈS (en sanscrit Varanasi), ville de l’Allahabad, dans l’Inde, près de Calcutta ; siège d’un tribunal d’appel, ville sacrée, métropole de la science et de la théologie hindoues. Elle est bâtie sur une éminence au bord du Gange. Un grand nombre de gaths ou lieux d’abordage conduisent dans l’intérieur de la ville, dont les rues sont si étroites qu’un palanquin a de la peine à y passer. Les maisons en pierre, richement ornées de sculptures et de peintures, sont très hautes ; il y en a beaucoup de six étages ; les fenêtres sont très petites ; en plusieurs endroits, des galeries unissent les deux cotés de la rue. Les principaux édifices  de Bénarès sont : la superbe mosquée d’Aurengzeb, bâtie sur le point le plus élevé de la cité, en face de la rivière et sur remplacement du temple de Brahmâ qu'on a démoli ; l'observatoire, fondé par le radjah Djeising, le temple de Visvicha, pagode qui attire tous les ans à Bénarès près de cent mille pèlerins qui y viennent offrir leurs sacrifices et se purifier dans le Gange, et une multitude d'autres temples couverts de fleurs, d'animaux, de branches de palmiers, sculptés avec élégance, et dont quelques-uns, très petits, sont disposés comme des niches dans l'angle des rues et sous l'abri de quelque grande maison. Cette ville possède un grand nombre d’écoles hindoues, plusieurs écoles mahométanes et une université brahmanique connue sous le nom de l'idalaya, fréquentée par 5000 étudiants ; le gouvernement anglais en paye les professeurs.

Bénarès est une ville très riche et très commerçante ; elle est le principal marché de diamants et autres pierres précieuses ; elle se distingue par ses nombreuses fabriques de soie, de coton et de laine, et l'on y apporte les châles du Nord, les mousselines de Dacca et autres villes, les marchandises anglaises de Calcutta, etc. Sa population s’est encore sensiblement accrue depuis la domination anglaise, et, selon M. Hamilton, qui la regarde comme la ville la plus grande et la mieux peuplée de l’Inde, elle possède 630,000 habitants, dont un dixième est mahométan ; 8000 maisons appartiennent à des Brahmanes qui vivent d’aumônes, quoiqu’ils possèdent des biens-fonds ; 16,000 maisons en argile sont habitées par le peuple. Les bœufs, animaux sacrés et sous la protection spéciale du dieu Shiva, dont Bénarès est la résidence, parcourent librement la ville ; des groupes de singes consacrés à Hanoumân, grimpent sur les toits des maisons et des temples, et volent impunément les fruitiers et les confiseurs. L’Hindou est persuadé que quiconque meurt à Bénarès va droit au paradis, et cette ville est réputée tellement sainte, que plusieurs radjahs y entretiennent des agents chargés de faire à leur place les sacrifices et ablutions voulus par la loi de Brahmâ.

Dès l’année 1017, le sultan Mahmud s’empara de Bénarès; mais ce ne fut qu’en 1190 que les Musulmans s’y établirent d'une manière permanente. Le radjah de Bénarès, indépendant jusque-là, devint, en 1775, tributaire des Anglais, qui le détrônèrent quelques années après et ne laissèrent à son neveu, qu’ils mirent à sa place, qu’un simulacre de pouvoir.


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Les quais de Bénarès vers 1860 - reproduction © Norbert Pousseur
Quais de Bénarès, dessin de A. de Bar, d'après un album lithographié de James Prinsep,
gravure publiée dans 'Le tour du Monde' d'Édouard Charton, 2ème semestre 1861

 

 

 

 

 

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