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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de L'Univers de Jules Janin - reproduction © Norbert Pousseur

Naples et le Vésuve vers 1840

 

Naples et le Vésuve - reproduction © Norbert Pousseur
Vue générale de Naples et du Vésuve, gravure non signée vers 1840

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "L'Univers - collection des vues les plus pittoresques du globe" de Jules Janin - édition ~1840

Col capo in cielo e con la pianta in mare,

     S’avanza, e rimane quinci in disparte,
Vede Ponzia diserta e Salmonola,
Che furon già de la città di Marte
Prigioni illustri in parte occulta e sola.
Varie torri su ’l lido erano sparte ;
La vaga prora le trascorre e vola,
E passa Terracina, e di lontano
Vede Gaeta a la sinistra mano.

     Lascia Gaeta, e sù per l’onda corre
Tanto, ch’ arriva a Procida, e la rade.
Indi giugne a Puzzolo, e via trascorre
Puzzolo, che di solfo ha le contrade.
Quindi s’andava in Nisida e raccorre,
E a Napoli scopria l’alta beltade :
Onde dal porto suo parea inchinare
La regina del mar, la dea del mare.

Il faut, en effet, un poète, et encore un poète italien, pour raconter dignement tous les enchantements de Naples et de son golfe ; dômes, collines, bois touffus, églises, chapelles, ruines, palais blanchis de la ville : la ville a été bâtie pour le bruit et pour la fête. Le palais du roi, l’église de Saint-François de Paul, la place Turgo del Castello, le château bâti par Charles d’Anjou, et qui, dit-on, ressemble à la Bastille ; le bel arc de triomphe d’Alphonse, le roi d’Aragon, décoré de ses portes de bronze qui portent le nom du moine Guillaume, sculpteur et fondeur napolitain ; voilà toute la ville : ville remplie de bruits, de mouvement, de souvenirs.

Sur ce rocher escarpé que domine le château de l’Œuf, Lucullus avait bâti sa villa, creusé ses viviers. Au milieu de cette villa reale, bordée par la mer, s’élevait le groupe célèbre du Taureau Farnèse. Le bas-relief des écuries du palais Maddaloni est l’œuvre de Masaccio, de ce célèbre artiste napolitain du XIIIe siècle ; c’est le plus bel ornement de la rue de Tolède, bruyant bazar bordé de hautes maisons, rempli nuit et jour de peuple, de chevaux, de carrosses, de bruit, de mouvement. — Le musée est peut-être encore plus curieux que la ville. C’est un encombrement de chefs-d’œuvre antiques, bronzes, albâtres, marbres, terres cuites, peintures, sans compter le Titien qui règne en maître dans ce musée. La bibliothèque renferme cent cinquante mille volumes et deux mille manuscrits. Le théâtre Saint-Charles n’est que vaste et commode. La cathédrale conserve encore ses hautes tours élevées par Masaccio, ses colonnes de granit empruntées au temple de Jupiter, le tombeau de Charles d’Anjou, élevé par Fontana. L’église Saint-Ange renferme la statue du cardinal Renaud Brancaccio que fit ériger Cosme de Médicis. L’église Saint-Dominique-Majeur est tout à fait une création du moyen-âge dont elle garde le caractère rempli d’une sévère grandeur ; le monastère de Saint-Dominique se souvient encore de saint Thomas-d’Aquin, un de ses maîtres, du roi Alphonse d’Aragon, un île ses disciples. Sainte-Claire est la plus élégante des églises de Naples ; là se trouve le tombeau de Jeanne de Naples. Dans la chartreuse de Saint-Martin, Lanfranc et l’Espagnolet ont laissé des traces vivantes de leur génie, et devant l’église Sainte-Marie tomba la tète de Conradin sous le glaive du bourreau. Sur la place du Marché, Masaniello commença une petite révolution; mais le moyen de réunir tous ces souvenirs ?

J’aime mieux sortir de la ville et courir au-delà à la grotte du Pausilippe, au tombeau de Virgile, aux ruines du palais de la reine Jeanne, au-dessus du promontoire où Pollion avait établi sa villa, jusqu’à ce que nous nous arrêtions aux Camaldules, le plus beau point de l’univers.
En effet votre regard ému peut embrasser de ces hauteurs le golfe de Naples et le golfe de Pouzzoles, les vallons éternels de la Solfatare, le cap Misène, le château et la mer de Baies, chantés par tous les poètes du siècle d’Auguste:

Nullus in orbe sinus Baiis prælucet amænis,
a dit Horace.
Puis enfin se présente à vous le Vésuve entouré de hautes montagnes, le Vésuve, à jamais célèbre par la mort de Pline l’ancien et les deux lettres de Pline le jeune à Tacite ; montagne moins redoutable qu’on ne peut le croire ; elle fournit à la ville un pavé des plus belles couleurs ; ses cendres fécondes produisent le vin de Lacryma christi ; le Vésuve est encore plus l’orgueil du Napolitain que le sujet de sa terreur; il est le plus bel ornement de cet admirable amphithéâtre ; il a détruit et couvert Herculanum et Pompeï, mais il ne les a détruits que pour les mieux conserver. Otez le Vésuve de la terre de Naples, vous désenchantez cette heureuse terre qui a mis à profit toutes choses pour sa beauté, et même ses volcans.

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