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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de L'Univers de Jules Janin - reproduction © Norbert Pousseur

Le Forum ou Campo Vaccino à Rome vers 1840

 

Campo Vaccino à Rome - reproduction © Norbert Pousseur
Le Forum (Campo Vaccino) à Rome, par G. Kern vers 1840

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "L'Univers - collection des vues les plus pittoresques du globe" de Jules Janin - édition ~1840

L’an 1084, quand les Gaulois, qui, depuis les temps de Brennus, se souvenaient avec un orgueil mêlé d’espoir, de Rome et de l’Italie, vinrent à Rome une seconde fois sous la conduite de Robert Guiscard, toute la rage de ces formidables vainqueurs se tourna contre le Forum, le magnifique théâtre de la grandeur romaine. Ils brisèrent ces nobles pierres, ils renversèrent ces grands édifices, ils abolirent ces vieux temples ; ils firent si bien que la place même de cette tribune éloquente, du haut de laquelle avait tonné Cicéron avant que d’y laisser sa tête, disparut de la vieille cité éternelle. Après cette première ruine, cette noble place publique, au milieu de laquelle s’étaient agitées si longtemps les destinées du monde, devint le marché aux bœufs, le Campo-Vaccino.
Mais encore, et même dans ses ruines, le Forum attire le respect et l’admiration du voyageur. Quand le vainqueur de l’Italie, Napoléon, fut le maître de Rome, il ordonna tout d’abord des fouilles dans le Forum. Il voulait voir s’il ne trouverait pas quelques débris de ces grandeurs anéanties, quelques traces des siècles amoncelés à cette place. Ce Forum, détruit deux fois par les Gaulois, c’étaient des Français qui tentaient de le tirer de ses ruines. Mais c’était une tentative impossible, impossible même à Napoléon !

Le Forum est placé entre le Capitole et l’arc de Septime Sévère. Des fenêtres du Capitole on contemple tout le Forum, les temples de la Fortune et de la Concorde, les deux colonnes du temple de Jupiter Stator, les Rostres, le temple de Faustine, le temple du Soleil, le temple de la Paix, les ruines du palais de Néron, les ruines du Colisée, l’arc de triomphe de Titus.... vaste cimetière de siècles, avec leurs monuments funèbres, portant la date de leur décès.
L’arc de Septime Sévère projette son ombre solennelle et triste sur toutes ces grandeurs anéanties ; cet arc de triomphe, élevé en l’honneur de Septime Sévère, de Caracalla et de Géta, ses fils, après les victoires remportées sur les Parthes, est construit en marbre pentélique, et percé de trois ouvertures. Le fronton est chargé d’une longue inscription, et ce fronton porte légèrement toute cette gloire. On monte sur la plate-forme de l’arc de triomphe par un petit escalier de marbre; sur cette plate-forme on voyait autrefois, dans un char d’airain, les statues de Septime Sévère et de ses deux fils; quatre chevaux de bronze étaient attelés à ce char de bronze. En 1803, le pape Pie VII fit enlever la terre qui conservait, en le cachant , ce noble édifice, jusqu’à la hauteur de douze pieds.
Mais cette utile poussière, sous laquelle se cachaient ces montagnes de pierre, qui donc l’a apportée à cette place ? Quelle main puissante a caché ces précieux débris dans ce sépulcre éphémère ? Comment cette terre végétale a-t-elle poussé à cette place, comme pour mettre à l’abri tout exprès ce que nulle puissance humaine ne pouvait abriter contre l’invasion des barbares ? C’est là une de ces questions devant lesquelles recule l’intelligence humaine, et que nul ne saurait expliquer.

L’étranger qui se promène dans ces ruines, pour peu qu’il ait dans l’âme de la pitié et de la tristesse, relève, autant qu’il est en lui, ces monuments épars ; il rend à ces nobles débris leur forme primitive ; il peuple de nouveau le Capitole de consuls et de licteurs ; il remplit le Colisée de tous ses dieux évanouis ; il rend au tombeau de Cecilia Metella sa première tristesse; il fait revivre dans ces rues désertes, la nation porte-toge. La moindre colonne debout, le plus petit fragment de muraille, la moindre ligne échappée aux historiens antiques, tout lui suffit pour relever souvent tout le quartier d’une ville renversée. Seulement, dans cette vieille Rome, les ruines sont doubles : il y a la vieille Rome et la Rome du moyen-âge, mortes l’une sur l’autre, celle-ci renversée sur celle-là.

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