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Les villes à travers les documents anciens

Moulins au 19ème siècle

Moulins au bord de l'Allier, vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Moulins vers 1835, gravure de Rauch, extrait du Guide pittoresque du Voyageur en France - 1838
(collection personnelle).


Voir aussi la département de l'Allier en 1883

Texte extrait du Dictionnaire de toutes les communes de France - éd. 1851 - Augustin Girault de Saint Fargeau
(collection personnelle).

MOULINS-SUR-ALLIER, Boia Gergovia Baiorum Celicorum, grande et belle ville, chef-lieu. du département de l’Allier (Bourbonnais), chef-lieu. du 2e arr. et de 2 canton. Tribunaux de première instance et de commerce. Chambre consultative des manufactures. Sociétés d’économie rurale. Ecole normale primaire. Société d’agriculture. Collège royal. Ecole gratuite de dessin. Bureau de Poste.  Population  15,377 habitants. — Terrain tertiaire moyen.


Autrefois diocèse d’Autun, Parlement de Paris, généralité, intendance, présidial, sénéchaussée, bailliage, élection, maîtrise des eaux et forêts, châtellenie, prévôté générale de maréchaussée, chambre du domaine, juridiction consulaire, collégiale, collège, couvents d’augustins, de carmes, de chartreux, de dominicains, de cordeliers, capucins, minimes et frères de la Charité, d’ursulines, bernardines, filles de Ste-Claire, de la Visitation et d’hospitalières.

L’origine de Moulins est incertaine ; c’est une des villes où l’on a voulu retrouver la Gergovia des Boïens.
L’origine de la ville actuelle ne paraît pas toutefois remonter au-delà du Xe siècle. Archambaud VIII affranchit les habitants de la taille aux quatre cas, moyennant une redevance annuelle de 200 livres, monnaie courante. En 1232. Il paraît que dès cette époque, cette ville avait déjà quelque importance, et l’on peut même conjecturer qu’elle était alors la cité la plus peuplée du Bourbonnais. Robert, fils de saint Louis, y fonda un hôpital en 1269 ; mais ce n’est que dans le XIVe siècle que Moulins prit un rang assez élevé parmi les villes du royaume. Sa prospérité date particulièrement du retour d’Angleterre du duc de Bourbon, Louis II, en l’année 1368 ; depuis cette époque jusqu’à la fuite du connétable de Bourbon, les princes de cette branche des Bourbons y ont toujours fait leur résidence. La ville était alors petite, et ne comprenait que ce qui était entouré de fossés, dont on retrouve facilement l’emplacement dans les promenades intérieures, appelées Cours. La partie de la cité contenue entre ces cours et le château constituait l’ancienne ville.
On peut regarder comme certain que jamais Moulins ne s’est rendue à un ennemi. Les Anglais s’en approchèrent et craignirent de l’assiéger. Louis XI marcha sur cette ville et n’osa pas l’attaquer. Le duc de Nemours tenta inutilement de s’en emparer pendant les guerres de religion. — Le mariage d’Antoine de Bourbon Vendôme, roi de Navarre, avec Jeanne d’Albret, fut célébré en cette ville le 20 octobre 1548. Catherine de Médicis y tint, aux mois de février et de mars 1566, la fameuse assemblée où fut rendue la célèbre ordonnance de Moulins, où assistèrent Charles IX, le cardinal de Lorraine, l’amiral de Coligny, le chancelier de l’Hôpital, etc. — Henri IV fit son entrée dans cette ville en 1595.
Moulins a été plusieurs fois désolée par la peste ; celle de 1547 fit de tels ravages, qu’on délibéra si on ne transférerait pas les tribunaux à Souvigny. Un incendie y causa de grands ravages en 1755, et y ruina le magnifique château de Bourbon.

Moulins et 2 scieurs de long, vers 1850 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Blason de Moulins en 1859 édité dans
l'Histoire des villes de France - Aristide Guilbert - 1859
Manquent : au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d’or.

Les armes de Moulins sont : d’argent à trois croix ancrées de sable deux et un ; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d’or.

 

Moulins et 2 scieurs de long, vers 1850 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Moulins vers 1850, gravure de L. Hugo (Léopold Hugo, le fils d'Abel ?),
extrait de La France pittoresque d'Abel Hugo, édition de 1851 (collection personnelle).
A remarquer les deux scieurs de long, avec leur scie verticale.


Moulins est une ville agréablement située
, dans une plaine fertile, sur une des routes de Paris à Lyon, et sur la rive droite de l’Allier, que l’on traverse sur un beau pont de pierre. De ce pont la vue s’étend sur de belles chaussées, sur un vaste quartier de cavalerie et sur des coteaux d’un aspect riant et pittoresque. Les rues ne sont pas en général régulières ni très larges ; mais elles sont propres, assez bien pavées, bordées de maisons presque toutes construites en briques, parmi lesquelles on remarque plusieurs beaux hôtels. De toutes les places publiques, celle d’Allier est la plus spacieuse, et celle de la Bibliothèque la plus jolie. Les maisons les mieux bâties et les plus beaux hôtels sont particulièrement situés dans la rue de Paris, la rue Neuve, la place de la Bibliothèque et les trois Cours ou promenades qui occupent le centre de la ville. Les fontaines publiques sont en assez grand nombre ; mais, à l’exception de celle du Château-d’Eau, elles n’offrent rien de remarquable ni d’élégant dans leur construction. Les promenades sont fort jolies ; la plus ancienne fut plantée en 1684, par l’intendant de Berci, dont elle a conservé le nom. L’allée principale, par sa longueur de 1000m., sa largeur et son nivellement parfait dans toute son étendue, est une des plus belles allées qui existent en France. Cette promenade a été replantée entièrement en 1808.

L’église Notre-Dame est un édifice dont la construction remonte à 1386 ; la première pierre du chœur fut posée en 1468. Cette église n’a pas été achevée. On y remarque un sépulcre en pierre, placé près d’une des petites portes, qui contient un cadavre sculpté d’une effrayante vérité. Un caveau s’étend sous le chœur ; il renferme les cendres de Jeanne de France, fille de Charles VII, celui de Jeanne d’Armagnac, fille du terrible et infortuné duc de Nemours, et celui de Jean II et de Pierre II.

Le collège occupe le bâtiment de l’ancien couvent de la Visitation, bâti par la princesse des Ursins. On admire, dans l’église, le superbe mausolée que cette dame fit élever à la mémoire du duc de Montmorency, son époux, décapité à Toulouse sous le ministère du cardinal de Richelieu, le 30 octobre 1632. Le duc est à moitié couché et appuyé sur le coude ; la duchesse est assise à ses pieds, voilée et en mante. A côté du mausolée sont deux statues qui représentent, l’une la Valeur et l’autre la Libéralité. Derrière le monument, et sur le mur qui le touche, on voit une espèce de portique avec son fronton, soutenu de deux colonnes et de deux pilastres. Entre ces colonnes sont deux autres statues, dont l’une est la Noblesse et l’autre la Piété. Au milieu de ce portique est une urne qui renferme les cendres du duc ; le feston qui entoure l’urne est porté par deux anges, et le haut du fronton est couronné des armes de Montmorency.
Une inscription latine est placée au bas du mausolée. En voici la traduction :
« L’an 1652 et le vingtième de son deuil, Marie-Félicie des Ursins, princesse romaine, éleva ce mausolée à la mémoire de son digne époux, Henri II de Montmorency, le dernier et le plus illustre des ducs de ce nom ; pair, amiral et maréchal de France, la terreur des ennemis, les délices des Français, mari incomparable dont elle n’eut jamais à déplorer que la mort. Après dix-huit ans du mariage le plus heureux, après avoir joui de richesses immenses, et possédé sans partage le cœur de son époux, il ne lui reste aujourd’hui que sa cendre. »
Plusieurs artistes ont contribué à la perfection de ce beau monument. Il est principalement l’ouvrage de François Anguier, natif de la ville d’Eu. C’est lui qui, après en avoir composé l’ensemble, en sculpta les figures principales ; celles du duc et de son épouse, d’Hercule, de la Libéralité. Les deux Amours, les génies et le sarcophage sont du ciseau de cet habile sculpteur.

Château de Moulins vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Château de Moulins vers 1835, gravure de Rauch,
extrait du Guide pittoresque du Voyageur en France - 1838 (collection personnelle).

Le château de Moulins, situé à l’extrémité septentrionale de la ville, était autrefois un des édifices remarquables du royaume ; dans sa forme irrégulière, il offrait un ensemble vaste et quelques belles parties. En 1327, il ne consistait qu’en une tour carrée, appelée la Mal-Coiffée, qui existe encore ; le reste des constructions fut ajouté à différentes reprises dans le XIVe et le XVe siècle ; du temps de François Ier il était cité comme un des édifices remarquables du royaume. Ce château fut incendié le 3 juin 1755, et le surplus démoli au commencement de ce siècle, à l’exception de la tour, et d’un petit corps de logis construit par Catherine de Médicis, lequel sert aujourd’hui de caserne de gendarmerie.

Château de Moulins vers 1820, vue latérale - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Autre vue du Château de Moulins vers 1820, gravure de Bourgeois,
extrait du Nouveau voyage pittoresque de la France - Ostervald - 1827
(collection personnelle).


La tour de l’Horloge, située au coin de la place qui a pris ce nom, paraît remonter à une époque assez éloignée ; elle est de forme carrée et percée de trois petites fenêtres, caractère des constructions antérieures au XIVe siècle. On ne sait pas à quelle date on peut faire remonter le placement d’une horloge sur la plate-forme, mais il en est peu en France qui soient placées aussi haut. Les heures et les demi-heures sont frappées par quatre statues mouvantes, de dimensions colossales ; elles représentent une famille composée d’un homme, une femme et deux enfants, placés extérieurement, et de manière que leurs mouvements, lorsqu’ils frappent la cloche, peuvent être vus des passants. Un incendie consuma l’horloge et détruisit les timbres en 1655 ; mais elle fut rétablie l’année suivante. La cloche qui sert de timbre pour les heures pèse six milliers.

Moulins et sa Tour de l'horloge vers 1850 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Moulins avec sa Tour de l'horloge, extrait du Magasin pittoresque - 1851 (collection personnelle).
Gravure d'azprès un dessin de Karl Girardet


Le pont construit sur l’Allier est un monument remarquable, commencé en 1754 et achevé en 1763 ; on l’a vanté avec raison au moment de sa construction, et il tient encore un rang distingué parmi les plus beaux ponts de France, quoique l’on en ait beaucoup construit depuis. Ce qui fait un honneur infini à l’ingénieur qui a été chargé d’en diriger le travail, c’est que depuis plusieurs siècles on avait vainement tenté l’établissement de cinq ponts, qui tous n’avaient duré que peu d’années, la profondeur et la mobilité des sables qui forment le fond de l’Allier s’étant toujours opposées à la solidité de toute construction semblable. Le pont de Moulins est de niveau d’un bout à l’autre ; il est composé de treize arches égales, de 14 m. d’ouverture chacune ; il a 14 m. de largeur et 300 m. de longueur, du mur d’une culée à l’autre. Des trottoirs en belles dalles, élevées de 22 à 24 cm, règnent des deux côtés.

Moulins et son pont vers 1880 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Moulins depuis son pont sur l'Allier, extrait de La France illustrée - Malte-Brun - 1881 (collection personnelle).

Les casernes, situées au bout du pont, dans le faubourg de la Madeleine, méritent de fixer l’attention. Le corps principal seul est fini, les deux ailes n’ont été que commencées, et les murs élevés seulement à la hauteur du rez-de-chaussée ; il y a place pour 480 hommes et pour 504 chevaux. On y remarque de belles auges en pierre, qui bordent presque tous les bâtiments, ainsi que les escaliers qui conduisent au ; logement des soldats.

On remarque encore à Moulins la bibliothèque publique, renfermant 15 à 16,000 volumes et plusieurs manuscrits précieux, entre autres une bible du XIIe siècle ; l’hôpital général ; le château d'eau ; l’hôtel de ville ; la pépinière départementale, etc., etc. — On doit visiter, à 2 km de Moulins, l’église gothique d’Yzeure.


Biographie. Patrie des maréchaux de Villars et de Berwick.
Du sculpteur Renaudjn.
Du savant médecin Aubry.
Du jurisconsulte Berroyer.
Du littérateur Griffet de la Baume.
Du poète J. de Lingindes.
De Mme Celnart.
Du médecin Diannyere, membre de l’Institut.
Du général Bodelin.

Industrie. Fabriques de coutellerie estimée, bonneterie en soie et en coton, cordes de boyaux, couvertures de laine et de coton, ébénisterie. Filatures de laine et de coton. Tannerie. Corderies.
Commerce de grains, vins, fers, bois, charbon, houille, sels, bestiaux, porcs, etc.
Foires les 5 janv., 1er et 29 mars, 11 juin, 30 août, 29 sept., 18 oct., 12 nov., 1er et 25 déc.

A 182 km Nord-Ouest. de Lyon, 94 km Nord de Clermont-Ferrand, 288 km Sud-Est. de Paris. Longitude 0° 59' 59", latitude 46° 34' 4". - Hôtels de la Poste, d’Allier, de l’Écu, des Quatre-Vents, du Lion-d’Or.

L’arrondissement de Moulins est composé de 9 cantons : Bourbon-l’Archambault, Chevagnes, Dompierre, Lurcy-le-Sauvage, Montet, Moulins Est, Moulins Ouest,.Neuilly-le-Réal, Souvigny.

Une maison à Moulins vers 1835, gravure  reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Une maison à Moulins vers 1835, gravure de F. Frem
extrait de la revue L'Art en Province - 1836
(collection personnelle).


Bibliographie. Regemortes (Louis de). Description du nouveau pont de pierre, construit sur la rivière de l'Allier, à Moulins, avec l'exposé des motifs qui ont déterminé son emplacement, et les dessins et détails relatifs à sa construction, in-folio, 1771.
Diannyere. Extrait d'un mémoire sur les eaux minérales et médicinales de Bardou près de Moulins, en Bourbonnais (Mémoire de Trévoux, p. 1064, mai 1746 ; Bibl. de méd. de Planque, t. IV, p. 184 ; Dict. min. et hydrol. de la France, t. i, p. 160 ). Notice sur la bibliothèque publique de la 'ville de Moulins, in-12, 1832. Meilheurat (Alfred). Physiologie des Moulinais, in-32, 1843.



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