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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

Le château de Blain vers 1840

 

Le château de Blain - reproduction © Norbert Pousseur
Le château de Blain, vu depuis l'Isaar, gravure vers 1840 de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

Notre dessin offre le Château de Blain vu dans sa partie septentrionale. La tour, à gauche, porte le nom du Connétable, ayant été rebâtie par Olivier de Clisson, connétable de France, vers la fin du XlVe siècle. Elle a été percée, dès l’origine, de nombreuses fenêtres, plus grandes qu’il ne convient dans des ouvrages de défense ; elle manque aussi de mâchicoulis : ce qui porterait à croire que Clisson l’aurait réédifiée plutôt comme ornement que comme fortification.
Le long corps de logis attenant à la tour du Connétable, et couronné de fenêtres géminées et surmontées d’un pignon aigu, est tout ce qui reste des vastes bâtiments placés sur trois des côtés d’une cour carrée et formant la citadelle ou petit château. En dehors, aux quatre coins, étaient placées les tours de l'Horloge, du Connétable, du Moulin et une quatrième dont le nom n’a pas été conservé. Ce petit château était défendu, au nord, à l’ouest et au midi, par les grands fossés de l’enceinte générale ; à l’est, par un fossé particulier, qui le séparait d’une seconde enceinte dont nous parlerons bientôt. Les bâtiments qui régnaient à l’ouest et au midi, depuis la tour du Moulin à celle de l’Horloge, ont été la proie des flammes, lors de la prise du Château de Blain par le duc de Mercœur sur le seigneur du Gouz, en 1591. Dans le corps de logis subsistant, on remarque une salle immense, dont les hautes et larges croisées ont été percées après coup dans le mur épais servant de fortification, et au pied duquel venait battre l’eau de la rivière d’Isar, dérivée autrefois dans tous les fossés du Château.
Cette grande et belle tour à mâchicoulis, qu’on voit un peu à droite dans l’éloignement, fait partie des fortifications de la seconde enceinte, deux fois plus grande que le petit château. Elle est formée d’un seul bloc de maçonnerie jusqu’au premier étage, à l’exception d’un passage voûté, jadis la seule entrée de la forteresse, et armé d’un pont-levis qui existait encore avec ses grosses chaînes de fer il y a peu d’années, et qu’on a eu le tort de déplacer. Celte tour, du commencement du XIIe siècle, placée entre deux autres tours rasées et couronnées de lierre, présente la partie la plus pittoresque de ce qui reste du Château de Blain, et ce pont-levis jeté sur le fossé aidait singulièrement à rappeler les souvenirs du Moyen-âge.

Ces souvenirs sont nombreux à Blain. Dès le XIe siècle, il existait des seigneurs de ce nom. Guégon de Blain paraît comme témoin d’un acte d’accord entre les moines de Marmoustier et Léon, frère de Papin, rapporté vers l’an 1090, en présence d’Alain-Fergent, de la comtesse Ermengarde, sa femme, et des principaux seigneurs du pays de Nantes, parmi lesquels figurent notre Guégon de Blain, Gauldin de Cliczon, Brient, fils de Geoffroy de Chasteaubriant, Arscoid de Saint-Père-en-Retz , etc. Plus d’un siècle après, en 1203, Hervé de Blain, le descendant de Guégon, se réunissait, à Vannes, aux seigneurs bretons, pour venger sur Jean-sans-Terre l’assassinat de notre jeune duc Arthur ; il avait épousé Constance de Pontchasteau, qui, devenue veuve, se remaria avec Olivier de Clisson, dit le Vieil, et en eut Olivier de Clisson, dit le Jeune. Celui-ci hérita des deux fils que Hervé de Blain avait eus de Constance, et devint ainsi possesseur de la terre de Blain, qui resta dans la maison de Clisson jusqu’à la mort du connétable, en 1407, époque à laquelle Béatrix de Clisson, fille aînée de ce dernier, mariée à Alain VIII, vicomte de Rohan, l’apporta dans cette illustre famille. Elle y est restée jusqu’en 1802. M. le duc de Rohan la vendit alors à M. de Janzé, aux enfants duquel cette terre appartient encore.

Quelque fort que fût le Château de Blain on ne le voit figurer ni dans les XIIe et XIIIe siècles, ni dans le XlVe, où la guerre de la Succession fut si vive et si longue, ni dans le XVe, pendant les règnes assez tranquilles de la race de Jean de Montfort.
Philippe de Valois y séjourna en 1340. On peut croire qu’Olivier de Clisson y naquit plutôt qu’au château de Clisson, qui était loin d’égaler Blain en grandeur et en magnificence.
Louis XI s’y arrêta en revenant de son prétendu pèlerinage à Bedon.
Anne de Bretagne y trouva plusieurs fois un asile, et le visita après son mariage avec Louis XII, qui chassa dans les bois de Blain et dans la forêt du Gâvre.
En 1310, Claude de Rohan fut sacré évêque de Quimper dans la chapelle du Château, construite au XVe siècle et actuellement en ruine.
En 1534, le contrat de mariage de René Ier, vicomte de Rohan, avec Isabeau de Navarre, y fut passé, et ces illustres époux choisirent le Château de Blain pour leur demeure.
Vers 1560, ce château devint un lieu où les protestants purent librement exercer leur culte, sous la protection de Henri de Rohan, Ier du nom, l’un des plus violents persécuteurs du catholicisme.
Son neveu, Henri II de Rohan, fils de René II et de la célèbre Catherine de Parthenay, y naquit au mois d’août 1579. Parent et élève de Henri IV, et gendre de Sully, il devint sous Louis XIII le chef du parti protestant en France, et se rendit illustre dans les armes et dans les lettres.
Le Château de Blain, pris et repris durant la Ligue et l’espèce de royauté du duc de Mercœur en Bretagne, fut démantelé en 1628, à la suite de la rébellion de ce Henri de Rohan dont nous venons de parler. On a depuis comblé une grande partie des fossés du midi et de l'ouest, et on en a formé une terrasse nommée l'Orangerie.

La famille de Rohan étant rentrée dans le sein de l’Eglise, la chapelle du Château de Blain fut réconciliée au culte catholique en 1684. On enleva alors de l’enfeu ou crypte qui existe sous le chœur de cette chapelle, le corps de tous les Rohans morts dans la religion protestante, qu’on y avait inhumés, et on les transporta dans une vieille tour du côté du parc, dont on mura l'entrée, puis on les remplaça dans la chapelle par les catholiques. Mais les uns et les autres furent exhumés et taillés en pièces en 1793. Ni les vieilles murailles, ni le respect dû au sang des héros du pays, ni leurs cercueils de plomb, ni la sainteté des tombeaux, rien ne put les sauver de la rage révolutionnaire. « Ces derniers débris de la mort, dit Edouard Richer, ont reçu de nouveaux outrages... ; car ce château a vu aussi se répéter les scènes de Saint-Denis, et les descendants de Clisson, comme ceux de nos rois, sont descendus deux fois dans la nuit de la tombe ! »
(Nous devons cette notice à l'obligeance de M. Bizeul, de Blain.)

Pour voir les détails du château de Blain et des travaux le long de la rivière Isaar,
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