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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

Saint Brieuc dans les Côtes du Nord vers 1840

 

Une rue de St Brieuc - reproduction © Norbert Pousseur
Une rue derrière la cathédrale de Saint Brieuc, vers 1840, gravure de J .J. Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

Saint-Brieuc, chef-lieu de préfecture, sur le Gouët, est une ville fort ancienne. On en a attribué successivement la fondation aux Diducasses, aux Calètes et aux Curiosolites. Elle existait longtemps avant la naissance de l’évêque Brieuc, et c’est d’elle qu’il est parlé dans Ptolémée, sous le nom de Bidus ou Biduce. Quelques auteurs prétendent qu’elle doit son origine à un monastère fondé en 480, par Saint-Brieuc, moine anglais, qui se réfugia en Bretagne, pour échapper aux persécutions des Saxons; ce sentiment est le plus généralement adopté. Le terrain où s’établit ce religieux était une forêt qui se transforma d’abord en monastère, et, peu après, en cité.
Cette ville est située entre deux vallées : celle du Gouët à l’Est, et celle du Gouédic à l’Ouest, à l’endroit même du monastère construit par l’évêque Brieuc. Elle est placée à 5 kilomètres de la mer, et renferme de 11 à 12,000 habitants. En résumé, elle présente un amas de maisons fort espacées, anciennes et mal construites.

Ville indépendante, dont la justice et la police appartenaient à l’évêque, Saint-Brieuc ne faisait pas partie du Comté de Penthièvre. Elle ne paraît pas avoir jamais été fortifiée : la cathédrale seule fut entourée de murailles. Le régime municipal semble y avoir été établi vers 1579. Avant la Révolution, elle avait droit de représentation aux Etats.
En 1594, Clisson l’assiégea et s’en rendit maître. En 1592, les Lansquenets la pillèrent. En 1601, la peste la ravagea. On y établit, pour la première fois, une imprimerie en 1620.

Les églises, les rues et les places de Saint-Brieuc sont assez belles. La Cathédrale est un monument gothique du XIIIe siècle, commencé en 1220 par Saint-Guillaume, et terminé en 1254 par l’évêque Philippe; elle est digne d'attirer l’attention des curieux, quoiqu’elle n'ait rien de ce gothique élégant et gracieux que l’on remarque dans les cathédrales de Tréguier et de Quimper. Elle est encaissée, et, pour y parvenir, il faut descendre dix marches. Bâtie sur pilotis, elle est humide et malsaine.
La partie la plus remarquable de celte église est le chœur, dont notre dessin représente une vue extérieure. C'est un mélange de gothique ogival et de flamboyant.
Derrière le chœur sont diverses chapelles, dont la plus remarquable est celle de la Vierge ; elle se trouve en face du tombeau de l'évêque Cafarelly. De chaque côté de l'église se trouvent six labes ou tombeaux, pratiqués dans la muraille ; des évêques y ont été ensevelis, l.° à gauche, en descendant, est inhumé Jacob, évêque constitutionnel ; son tombeau de marbre noir est sans aucune inscription, pas même son nom ; 2.° Cafarelly, enterré le 11 janvier 1815 ; 3.° André le Porc de la Porte Vezins, nommé au siège épiscopal de Saint-Brieuc en 1619, mort en 1632 ; 4.° Saint-Guillaume, dont la tombe est entourée de bois noirci : des ex-voto y sont appendus : ce monument est grossièrement sculpté. Le saint y est représenté étendu sur le dos, revêtu d’une chape à l'antique, la mitre en tête et la crosse à la main.
Le plus bel autel de la Cathédrale, ou du moins le plus curieux, est celui dédié au Saint-Sacrement; construit par Corlay, sculpteur, né à Châtelaudren, il date du siècle de Louis XV.
Au bas de l’église, au-dessus de la grande porte, est un buffet d'orgue fort remarquable, de l’époque de la Renaissance. A droite du clavier, on lit cette inscription : « Apporté d'Angleterre en 1540. » Les panneaux de cet orgue, couverts d’arabesques, sont fort bien sculptés.
L’Hôtel-de-Ville, la Préfecture, la Salle de Spectacle, sont aussi des monuments qui méritent de fixer l’attention.

Saint-Brieuc possède deux ponts remarquables, celui du Gouët, au Nord-Est de la ville, d’une seule arche, construit en 1806, par J.-B. Jouanin ; et celui du Gouédic, construit la première fois en 1612, et la deuxième en 1744.
Disons un mot des promenades de Saint-Brieuc : à l'entrée de la ville, par la route de Rennes, se trouve un petit cours appelé Boulevard Duguesclin ; planté de tilleuls, ainsi que celui qui y fait suite, il se prolonge entre des champs d'une belle culture, et se termine au Nord par une terrasse des plus agréables . Un peu plus loin, est une jolie rotonde, plantée de petits arbres, d'où l'on découvre, d'un côté, la pleine mer; de l’autre, la baie de Saint-Brieuc.
A un kilomètre de la ville, est situé le port du Legué ; la promenade en est charmante, et le coup d'œil dont on jouit en descendant la côte pour s'y rendre est très varié. A l'entrée de ce port, sur une montagne qui domine la mer, on voit une ancienne tour ou forteresse appelée Tour de Cesson. Elle fut élevée en 1395, pour défendre l'entrée du Gouët, et est entourée d'un double fossé creusé dans le roc. Pendant les guerres civiles et les discordes de la Ligue, cette tour fut souvent prise et reprise. Quoique démolie en partie en 1598, elle présente encore des ruines imposantes.
Au-dessous des falaises que dominent les restes de la Tour de Cesson, une grève d'un beau sable uni et ferme, sert d’hippodrome pour les courses de chevaux. Les coteaux environnants forment amphithéâtre ; ces courses sont généralement brillantes et attirent un grand nombre d'étrangers.

La ville de Saint-Brieuc a vu naître plusieurs hommes célèbres, tels que Palasne de Champeaux (Julien-François), qui, nommé commissaire lors de l'organisation de la France en départements, obtint que sa ville natale serait le chef-lieu du département des Côtes-du-Nord ; Jouanin (Jules-Marie), graveur célèbre ; Noulleau (Jean-Baptiste), membre de l'Oratoire, auteur de plusieurs traités sur la religion ; le père Plesse, littérateur fort distingué chez les jésuites, mort en 1760 ; Bagot, ancien maire de Saint-Brieuc, par les soins duquel le port du Legué a été mis en état de recevoir des navires d’un certain tonnage : il en a facilité l’entrée en faisant pratiquer une saignée dans le canal.


Voir aussi la page sur le département des Côtes du Nord vers 1880

Pour voir les détails de cette rue de St Brieuc vers 1840,
dont l'enseigne du Boulager-Epicier "Balry "
et dont le Quincailler semble s'appeler "Lebourites",
et aussi la maison construite entre les arc-boutant de la cathédrale,
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