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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

Saint-Thégonnec dans le Finistère vers 1840

 

Calvaire à Saint-Thégonnec - reproduction © Norbert Pousseur
Calvaire à Saint-Thégonnec, gravure vers 1840 de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844
- Sous le titre Saint Thégonec

Saint-Thégonnec est un bourg à 12 kilomètres de Morlaix, sur la route de Brest. Son histoire, malgré les recherches des antiquaires et des savants du pays, est complètement ignorée. Albert de Morlaix, dans la Vie des Saints de Bretagne, a oublié le patron de cette paroisse, et peut-être trouvera-t-on quelque intérêt dans la notice suivante, que nous devons à l'obligeance de son respectable curé.

" Egonec, ou Thégonec, édifia le monde dans un des premiers siècles du Christianisme.  Entré dans la Milice sainte, il se signala par tant de vertus et de lumières, qu’il fut élevé  au rang des princes de l’Église. Ce charitable prélat, qui fut l’apôtre de la paroisse qui  conserve son nom, après avoir fait des conquêtes à Jésus-Christ, lui éleva un temple."

Au milieu de l’inscription de l’arc de triomphe de l’église de Saint-Thégonnec, on aperçoit  un bœuf attelé à une charrette. La tradition du pays est que ce bœuf représente l’animal  utile avec lequel Saint-Thégonnec voitura les matériaux qui lui servirent à bâtir.
 La statue du Saint est du côté de l’épître ; il est le patron secondaire du lieu  (Notre-Dame-de-Bon-Secours en est la patronne principale) ; il est représenté en évêque,  ou même en archevêque, et toutes les croix de procession de la paroisse sont à double  carillon.
L'église possède un bras d'argent, renfermant des reliques dont l'évêque de Quimper a reconnu l'authenticité au commencement de 1839, et un vénérable curé, qui a résidé dans  la paroisse pendant la Révolution, croit que ce sont celles de Saint-Thégonnec.
L’ancien bréviaire de Léon en  marque la fête au 6 septembre ; c’est le même jour qu’on l'honore maintenant.
L'église de Saint-Thégonnec est vaste, fort élevée, très orné et redorée nouvellement. On la dit riche en linge et en argenterie ; elle possède des orgues magnifiques. Sa tour, un peu massive, est placée sur un des bas-côtés, ce qui rend ce monument irrégulier. Dans le portail, au dessous de la tour, sur un bénitier enfoncé dans le mur, on lit: 1599; et, au-dessus de l'entrée de ce portail : 1603.
Le Saint sépulcre, placé sous l'autel, dans une chapelle dédiée à Saint-Joseph, attire l'attention des fidèles. Les statues qui l'ornent ont du mérite ; il porte la date de 1702 Autour de la chapelle, on lit gravé sur les murs, à l'extérieur : " C'est une bonne et sainte pensée de prier pour les  fidèles trépassés :  requiescant in pace, amen. Hodie mihi, cras tibi. " Au-dessus de la porte d 'entrée est ce millésime : 1587.

Le Calvaire placé dans le cimetière, est une masse en pierre sur laquelle sont les personnages de la Passion avec les trois croix. Il porte la date de 1610. Les communes de Guimiliau, Pleyben et Plougastel, toutes trois dans le Finistère, possèdent aussi des calvaires dans le genre de celui ci.

Parlons maintenant des costumes du pays. — Les jeunes gens portent le pantalon en drap noir, long et presque façon de ville ; les hommes d’un âge mûr et les vieillards ont également une culotte de même étoffe, mais courte, large et flottante. Les bas sont de laine noire pour tous. L'habit, de même drap que le pantalon et 1a culotte, est dégarni du collet et retombant sur les hanches avec deux larges poches. Le gilet noir, ouvert sur la poitrine, a des poches tombantes, et, par dessus, une large ceinture de coton bleu à carreaux blancs. La chemise en toile Manche ferme sur la poitrine avec une épinglette, et sur le cou, avec un collet à trois ou quatre boutons. Le chapeau est à larges bords avec un velours et une boucle ; dessous, on porte un bonnet de toile blanche, dans les plis duquel sont roulés les longs cheveux à la Clodion, excepté dans les jours de deuil et de grande cérémonie, où la chevelure flotte librement sur les épaules. Ceci, du reste, est un usage général dans toute la Basse-Bretagne. Les souliers sont à talons plats avec boucle en argent.
Les femmes portent une jupe de drap noir, à plis ; un corset (appelé justin dans le pays) flottant librement sur le corps et retombant un peu sur la jupe. Sous ce corset, il y a un juste-au-corps, fermant sur la poitrine avec un lacet. La chemise est terminée par un large collet carré tombant sur les épaules. La coiffe est ronde avec deux barbes relevées sur le sommet de la tête, mais qu’on a soin de laisser pendre dans les temps de deuil. Le tablier est de taffetas noir, à piécettes et à petits plis, avec une ceinture nouant sur le côté. Les bas sont en laine blanche à fourchettes ; les souliers découverts, à petits talons, et ornés de boucles en argent.





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