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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

Vannes dans le Morbihan vers 1840

 

Rue de Vannes - reproduction © Norbert Pousseur
Une rue de Vannes, gravure vers 1840 de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

La ville de Vannes, malgré son importance sous nos Ducs, ne possède que peu d’antiquités du Moyen-Age.

Sa Cathédrale, réparée à une époque où le gothique n’était plus de mode, n’offre d’intéressant que les tours et le portail, dont la dentelle de granit mérite l’examen des connaisseurs. Une flèche assez lourde remplace aujourd’hui celle que la foudre détruisit en 1824. L’intérieur de cette basilique est dépourvu de bas-côtés : toutefois, son ensemble a de la grandeur et de la majesté.
Les fortifications, détruites en grande partie, sont devenues des propriétés particulières qu’embellissent aujourd’hui des jardins et des terrasses d’où l’on domine le reste de la ville. Des six portes qui existaient autrefois, quatre subsistent encore. L’une d’elles était défendue par des tours qui, réunies à celle du Connétable, formaient, avant 1830, une épouvantable prison dans laquelle, prévenus et condamnés de toutes classes, étaient entassés inhumainement sous l’influence meurtrière de l’humidité, du froid et du manque de lumière.
La tour du Connétable est celle dans laquelle Jean IV fit enfermer Clisson : le Connétable y eût trouvé la mort, sans la loyauté de Bavalan, qui sut remplir son devoir, au risque d’être sévèrement puni.

Non loin de la Cathédrale se trouve la Salle de Spectacle, qui n’offre par elle-même aucun intérêt, mais elle rappelle un événement très important dans les annales du pays. Cette Salle servait aux Assemblées des États. François I.er, roi de France, y convoqua ce corps en 1532, et là, par l’influence de sa présence, « fut anéantie l’indépendance d’un illustre Duché qui avait longtemps porté le titre de royaume, et qui était plus ancien que la monarchie française, » dont il devenait une province

Vannes comptait, en 1788, douze monastères ; si l’on en excepte celui des Cordeliers, qui seul se trouvait dans l’intérieur de la vieille ville, ils étaient admirablement situés et pourvus d’enclos superbes. Presque tous ces couvents et leurs dépendances sont maintenant consacrés à des services publics ou convertis en propriétés privées. Cette ville, que les Bretons appellent Guenet, c’est-à-dire Blanche, est située au fond d’un golfe, auquel ils ont donné le nom de Morbihan (petite mer). Ses environs sont très-curieux ; mais rien n’y rappelle l’ancienne ville de ces Vénètes qui luttèrent si courageusement contre la fortune de Rome, et que César fit vendre à l'encan pour les punir du crime d'avoir défendu, les armes à la main, les institutions que leurs pères leur avaient transmises et la terre sur laquelle ils étaient nés.

A défaut de ruines intéressantes comme œuvres d'art, le voyageur trouve, dans un rayon de quelques kilomètres autour de Vannes, bon nombre de monuments druidiques et de souvenirs ineffaçables de nos guerres civiles. Nous avons publié un dessin du château d’Elven. Le château de Sucinio, autrefois Soucy ni ot, royale demeure de nos Ducs, bâti en 1229, suffirait seul pour donner une valeur archéologique à la presqu’île de Rhuys. Sa masse jaunie par le temps s’élève sur une grève sablonneuse, comme pour luire un appel aux peintres qui reprochent à nos vieux édifiées de n’avoir que des tons gris, se confondant avec notre ciel et donnant une couleur monochrome à leurs tableaux. Mais à l'intérieur, pas plus qu’à l’extérieur, aucun ornement et aucune sculpture ne peuvent fixer l’attention. — Plus loin, l’église de l’abbaye de Saint Gildas, qui date des premières années du XIe siècle, rappelle Pierre Abélard, le plus illustre des savants de son époque : les bretons en sont fiers à juste titre, et le citent à l’envi parmi les hommes célèbres de leur province. On y voit encore Port-Navalo et Sarzeau : cette dernière ville se glorifie d’avoir donné le jour à l’auteur de Gilblas et de Turcaret.

En face de la presqu’île de Rhuys se trouve Locmariaquer, dont le fort est placé à l’entrée du golfe du Morbihan. Nous engageons les antiquaires, les touristes et surtout les peintres de marine à visiter ce bourg intéressant. Du presbytère, au pied duquel viennent mourir les vagues de l'Océan, on jouit d’une vue grande et sombre. Le paysage a quelque chose de solennel: autour de soi, une terre couverte de pierres druidiques, et devant les yeux, un magnifique horizon. Parmi les monuments gaulois qui couvrent le sol, on remarque surtout deux galqals ou monticules de terre, un immense amas de cendres auxquelles les préjugés populaires empêchaient de toucher, et qu’il ne faut pas confondre, comme M. Mérimée, avec celles qui servent à faire la lessive ; des menhirs et des dolmen, les uns brisés, les autres debout et bravant les siècles, l’un d’eux porte le nom de Table des Marchands, c’est le plus curieux : il présente divers dessins qui ont vivement occupé jusqu’à ce jour nos archéologues.

A quelque distance de Locmariaquer, près de la métairie de Kerperet, il existe quelques ruines romaines. M. de Freminville place, dans cette localité, l’ancienne ville des Vénètes. Nous ne parlerons, dans cet article, ni de Karnac ni du Champ des Martyrs ; mais les costumes des paysans du pays, qui donnent aux foires de Vannes un aspect si intéressant, nous ont paru mériter une note.

Deux communes surtout se font remarquer par le pittoresque des vêtements de leurs habitants : ce sont Elven et Aradon. Les femmes d'Aradon portent des robes d'étoffe, très courtes de taille ; leurs emmanchures sont bordées de couleur foncée de rouge ou de galon d'argent : le corset est habituellement rouge, mais d une autre étoffe que la jupe ; le tablier est en soie gorge-pigeon, ou d'une autre couleur changeante ; la ceinture est argentée de la largeur de trois à quatre doigts, retombant sur le côté jusqu’au genou ; la coiffe est plate avec un petit fond de la hauteur de la main, les pattes de cette coiffe, large d’un décimètre au moins, retombent sur le dos : le bonnet a une garniture plissé ou tuyautée, — Les souliers sont dégarnis et couvrent à peine les doigts des pieds : ils sont ornés de grandes boucles d'argent. — Les hommes, depuis longtemps, ont abandonné la culotte large pour le pantalon ; leur chapeau est rond, à très-larges bords, leur habit blanc, avec parements rouges, est bordé de rouge sur les boutonnières ; la veste est blanche, à revers rouges ; les souliers, moins découverts que ceux des femmes, sont aussi à boucles. — Les hommes d'Elven n'ont rien de bien curieux dans leur costume, mais les femmes portent une petite coiffe posée sur un bonnet plissé, brodé et orné d'une petite dentelle. Cette coiffe, qui rappelle l'ancien vêtement gaulois, est courte et ne tombe que sur le cou. Le corset de la robe est rouge, à manches bleues ; on ne le recouvre pas d'un mouchoir. La robe et le tablier ressemblent aux robes et aux tabliers des autres communes.

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