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Avallon et son histoire jusqu'en 1850

 

 

Clochetons du beffroi d'Avallon - © Norbert Pousseur
Clochetons de la Tour de l'Horloge de l'entrée principale d'Avallon.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10089 - © Norbert Pousseur

 

J'ai eu le plaisir de passer une nuit et une matinée à Avallon, étape sur ma route du Nord au Sud de la France. Le temps était gris et c'était un lundi - cela explique peut-être les rues désertes et une impression générale de tristesse.

Cette courte visite est présentée en 4 pages :

La ville d'Avallon

Cette page avec quelques vues générales et un texte historique publié en 1859 dans
l'Histoire des villes de France, d'Aristide Guilbert.

 

Les portes et fenêtes d'Avallon

Une série sur les portes et fenêtres condamnées sur des façades maintes fois modifiées... avec grilles ou vantaux qui sont resté inchangés depuis plusieurs dizaines d'années.

 

Les sculptures du portail de l'église d'Avallon

La façade de son église avec ses sculptures fortement dégradées m'a aussi attiré l’œil.

 

L'intérieur de l'église d'Avallon

Et enfin, l'intérieur de l'église d'Avallon.

 

 

Voir aussi, sur ce site, dans l'Atlas de Vuillemin de 1883, l'extrait de la carte de l'Yonne

 

 

La façade de l'église d'Avallon - © Norbert Pousseur
La façade de l'église d'Avallon, à la nuit tombante, un jour de pleine lune
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10050 - © Norbert Pousseur

 

Le beffroi d'Avallon - © Norbert Pousseur
La Tour de l'Horloge et la rue principale d'Avallon, par une matinée pluvieuse.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10062 - © Norbert Pousseur

 

La façade du beffroi d'Avallo - © Norbert Pousseur
La façade de la Tour de l'Horloge, avec ses clochetons et son horloge
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10068 - © Norbert Pousseur

 

Ancienne porte d'Avallon - © Norbert Pousseur
Ancienne porte dans un reste de muraille d'Avallon.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10099 - © Norbert Pousseur

 

Ruelle et muraille d'Avallon - © Norbert Pousseur
Ruelle le long des murailles d'Avallon.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10124 - © Norbert Pousseur

 

Impasse étroite à Avallon - © Norbert Pousseur
Impasse étroite à Avallon donnant sur un ancien édifice religieux
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10128 - © Norbert Pousseur

 

Anciennes cultures en terrasses à Avallon - © Norbert Pousseur
Cultures en terrasses qui semblent à moitié abandonnées autour d'Avallon.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10122 - © Norbert Pousseur

 

Champs et cultures à  Avallon - © Norbert Pousseur
Cultures et champs cultivés sur les collines autour d'Avallon.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10184 - © Norbert Pousseur

 

Rue au fond du val d'Avallon - © Norbert Pousseur
Route d'accès dans le val que surplombe Avallon
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10189 - © Norbert Pousseur

 

Habitante d'Avallon - © Norbert Pousseur
Au coin d'une rue d'Avallon, une pause avant de se remettre au travail.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10115 - © Norbert Pousseur

 

Habitant sans travail à Avallon - © Norbert Pousseur
En matinée, assis sur un porche...
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10134 - © Norbert Pousseur

 

Traversée en solitaire à Avallon - © Norbert Pousseur
Avallon, un matin gris, qui ressemble à une ville déserte.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10202 - © Norbert Pousseur

 

Arbres centenaires et tourelle à Avallon - © Norbert Pousseur
A Avallon, arbres centenaires qu montent la garde, comme la tourelle.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10174 - © Norbert Pousseur

 

Graph anti-nazi à Avallon - © Norbert Pousseur
Un graph'mur un peu réjouissant : le combat à coup de marteau contre la haine
que symbolise la croix-gammée.
On ne sait si la faucille a été rajoutée, ou non, après coup !
Si celle-ci est d'origine, le message est alors :
Le Communisme combat le Nazisme.
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10203 - © Norbert Pousseur



 

Texte extrait de l'Histoire des villes de France, d'Aristide Guilbert, édition de 1859

AVALLON.

La petite ville d’Avallon, en Auxois, Aballo in Aliesensi pago, était, en 1789, le siège d’un bailliage particulier, dont le ressort comprenait cent dix-sept paroisses. Elle portait d'azur à une tour d'argent maçonné de gueules, avec cette devise : Esto nobis, Domine, turris fortitudinis.

Balson d'Avallon - © Norbert Pousseur
Le blason d'Avallon sur le beffroi de la Porte principale (dite de la Boucherie) :
Esto nobis, Domine, turris fortitudinis (Soyez pour nous, Seigneur, la plus forte des tours)
Avallon - 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10071 - © Norbert Pousseur

L’église principale, placée sous l’invocation de Notre-Dame et saint Lazare, dépendait du diocèse d’Autun. Il y avait, dans la ville, trois autres paroisses : Saint-Pierre, Saint-Julien et Saint- Martin, au faubourg de ce nom ; quatre monastères : les Minimes (1607), les Ursulines (1619), les Visitandines (1646), et les Capucins (1653) ; enfin, un collège fondé au XVIe siècle, et un hôpital transféré hors des murs en 1713. Près de la ville, sur le roc élevé où elle est assise, on voyait les ruines de l’ermitage Saint-Guillaume, lequel avait été habité de 1120 à 1664.
On a trouvé quelques antiquités sur le territoire d’Avallon. Les plus remarquables consistent en médailles représentant, d’un côté, une tête d’homme avec des cheveux flottants ; au revers, un cheval, avec la légende Aballo : c’est le type des médailles gauloises. Cette ville, qui dépendait des Mandubii, était donc déjà importante avant l’invasion de César. Sous la domination romaine, elle faisait partie de la première Lyonnaise ; mais ce n’était qu’un Castrum armé pour la défense du pays, traversé pourtant par la grande chaussée de Lyon à Boulogne. L’itinéraire d’Antonin et la carte de Peutinger mentionnent le Castrum Aballo ; si l’on en croit les biographes de saint Germain d’Auxerre et de saint Germain de Paris, ces prélats, qui vivaient au Ve siècle, ont commencé leurs études à Avallon. Le dernier, traversant un jour le lieu où il avait passé son enfance, demanda les clefs des prisons et mit en liberté tous ceux qui y étaient renfermés. Saint Colomban, se rendant à Auxerre, en 610, séjourna aussi dans cette ville.

Sous les Mérovingiens, Avallon, distrait de l’Auxois, devint le chef-lieu d’un canton particulier (pagus Avellensis), lequel, au commencement du VIIIe siècle, fut dévaste par un évêque d’Auxerre, chef de parti, et ensuite par les Sarrasins. Les premiers Carolingiens érigèrent l’Avallonnais en comté : Charlemagne le donna d’abord à Louis le Débonnaire, qui le sépara plus tard du royaume de Bourgogne pour en investir son fils Pépin, roi d’Aquitaine. Des rois Carolingiens, le comté d’Avallon passa à des seigneurs bénéficiers. Nous trouvons, en 840, un nommé Ausbert, comte d’Avallon, envoyé par Charles le Chauve, avec l’évêque d’Autun, pour rétablir l'ordre dans le Midi.
Avallon appartenait, dans le siècle suivant, aux ducs bénéficiers de Bourgogne, de la maison de Vergy, seigneurs, en même temps, de Dijon, Beaune, Châlon, etc. Le roi Raoul voulut s’en emparer, après la mort de Richard le Justicier ; mais Giselbert, gendre du duc, le lui disputa et l’obtint enfin après de longs démêlés (938).
Nouvelle querelle pour Avallon, à la mort du duc Henri Ier (1003) : Otte-Guillaume avait pris possession de ce fief, en qualité de son fils adoptif ; le roi Robert se déclara seul héritier, et leva une armée pour défendre ses droits. Le siège ayant été mis devant la ville, objet du débat, elle se rendit après trois mois de résistance. Le roi, irrité, fit passer les habitants au fil de l’épée et démantela la place ; mais étant revenu, quelques années après, il s’attacha, au contraire, à signaler son passage par des largesses.
Les intrigues de la reine Constance rallumèrent bientôt la guerre civile dans l'Avallonnais. Robert, son fils cadet, quelle voulait placer sur le trône, au détriment de Henri, l’aîné, prit les armes pour soutenir ses prétentions, et s’empara de Beaune et d’Avallon ; Henri lui succéda, l'année suivante, et n’obtint la paix qu’en cédant toute la province (1030-1031).
Depuis cette époque, Avallon ne fut plus séparé de la Bourgogne. L’ancien Castrum n’existait plus alors, mais sur son emplacement s’était élevée une ville nouvelle, que les ducs firent bientôt fortifier, et où ils établirent un vicomte, dont l’hôtel fut converti en jeu de paume, au XVIe siècle. Dès l'an 1200, les Avallonnais avaient été affranchis par Eudes III, et, à son exemple, les chanoines de Notre-Dame avaient donné la liberté aux serfs qu’ils possédaient dans la ville.

Charles VII, pendant sa guerre contre Philippe le Bon, s’empara d’Avallon, dont il confia le commandement au capitaine Jacques d’Épailly, dit Forte-Épice ; mais, en 1433, le duc y rentra après avoir essuyé une vigoureuse résistance, et, pour punir cette malheureuse ville de son attachement à la royauté, il la livra au pillage. Forte-Épice avait trompé les habitants par sa feinte confiance. La veille de la reddition de la place, ayant donné un bal, où il avait traité les dames avec la dernière insolence, il avait quitté la fête et s’était échappé par une fausse-porte. Il savait que l’assaut serait donné au jour ; peut-être même était-il d’intelligence avec les Bourguignons : mais sa trahison ne lui profita point, car il fut tué, quelques jours après, à Chablis.
Louis XII, après la délivrance de Dijon, vint à Avallon, où il fut si bien reçu qu’il accorda le droit de bourgeoisie à tous les habitants : sive sint vel non sint burgenses ; la dame de Beaujeu y passa aussi, le lendemain, avec toute la cour.

Un procès fameux fut jugé, au commencement du XVIe siècle, entre les Autunois et les Avallonnais : il s’agissait de reliques. Vers l'an 1000, le duc Henri avait rapporté d’Orient la tête du bienheureux Lazare, et en avait fait hommageà l’église Notre-Dame d’Avallon, qui, honorée de ce précieux dépôt, avait changé dès lors son ancien nom en celui de Notre-Dame-et-Saint-Lazare. Bientôt Avallon était devenu le lieu de rendez-vous de tous les pèlerins ; les reliques avaient fait des miracles, et la comtesse d’Artois, Blanche de Bretagne, avait encore augmenté leur réputation en se prétendant guérie de la lèpre par leur mérite, et en composant, à cette occasion (1332), une complainte dont le refrain était dans toutes les bouches :
Sire saint ladre d’Avallon,
Baille meix. indulgence et remichion.

Mais cette popularité, qui enrichissait l’église Notre-Dame-et-Saint-Lazare, finit par exciter la jalousie des chanoines d’Autun ; ils firent du scandale : « Vos reliques, dirent-ils à leurs confrères d’Avallon, sont fausses ; nous seuls possédons le digne chef de saint Lazare. » De part et d’autre, les paroissiens s’en mêlèrent ; il y eut procès, et le roi ordonna une enquête. Le résultat fut la condamnation des miraculeuses reliques, avec défense de plus les révérer à l’avenir : c’était la ruine de l’église d’Avallon. Afin de parer au coup qui les menaçait, les chanoines de Notre-Dame consentirent à une transaction pour le partage des recettes ; mais la cupidité ramenant bientôt la discorde, le scandale fut renouvelé devant la justice. Heureusement pour l’honneur de l’Église, l’autorité supérieure intervint et assoupit l’affaire. On ne sait comment les parties s’entendirent : toutefois, en 1535, la translation des reliques de saint Lazare fut faite à Avallon, en présence de plus de cent mille personnes.

Depuis 1508, la paroisse de Saint-Julien avait son cri des morts. Tous les lundis, les habitants étaient réveillés, au milieu de la nuit, par un homme qui parcourait les rues en agitant une clochette et en criant à chaque station : Réveillez-vous, bonnes gens qui dormez, priez pour les trépassés. Cet usage ne fut aboli à Avallon qu’en 1750.

Les huguenots ne dominèrent jamais à Avallon. En 1569, les habitants de cette ville, afin de se mettre à l’abri d’un coup de main, relevèrent les murs d’enceinte ; mais là, comme dans toute la Bourgogne, le passage des troupes, sans exception de parti, fut signalé par le pillage et l’incendie des campagnes. Plus tard, les Avallonnais se firent ligueurs ; Mayenne et le prétendu roi Charles X eurent plusieurs fois à se louer de leur dévouement : cependant on ne put jamais les décider à recevoir garnison ; l’expérience des autres cités leur avait appris ce qu’ils avaient à attendre de ces troupes mercenaires. Comme il leur fallait un commandant et un juge, car le bailliage s’était, retiré à Montréal, Mayenne, en 1590, les autorisa, à élire un maire, qu’il investit, au nom de la couronne, du pouvoir militaire et du droit de rendre la justice.
Les royalistes avaient quitté Avallon avec le bailliage : ils formèrent un complot pour y rentrer, et, soutenus par un détachement de troupes royales, essayèrent de surprendre leurs compatriotes. Déjà ils s’étaient ouvert un passage dans la muraille par le moyen d’un pétard, et avaient même pénétré assez avant dans la ville, quand ils furent repoussés, grâce à l’énergie du maire Gourreau, qui tomba mortellement blessé dans la lutte. Les royalistes prirent la fuite, laissant deux des leurs sur la brèche. Les fanatiques attribuèrent cette victoire à l’intercession de saint Michel et de saint Lazare, et firent vœu d’une procession annuelle.
Le chef de la Ligue aurait voulu profiter de cet événement pour jeter enfin une garnison dans la place : Tavannes fit inutilement une première tentative pour y introduire ses gens ; il revint quelque temps après, et, trompant cette fois la crédulité du maire, franchit les murs avec promesse d’en sortir aussitôt que ses troupes auraient pris quelque repos. Mais à peine entré il se rendit maître des portes, et pendant huit jours les soldats vécurent à discrétion chez les bourgeois. Le maire mourut de chagrin ; d’autres disent qu’il fut empoisonné.
La garnison était forte de huit cents hommes, commandés par le capitaine Du Rousset, dit le Terrible ; celui-ci, pour plus de sûreté, proposa de construire une citadelle. Il prévoyait ce qui arriva. Les Avallonnais, maltraités, se repentirent de leur attachement à la Ligue, et, malgré la tyrannique surveillance de Du Rousset, s’entendirent avec les royalistes du dehors pour secouer le joug. Le gouverneur de Vézelay fut mis à la tête du complot ; le 27 mai 1594, sa petite armée se présenta devant la ville. Tout était si bien préparé, que le Terrible dut se rendre sans coup férir ; la garnison fut prisonnière. Alors ligueurs et royalistes s’embrassèrent : on abolit la procession de la Saucisse, ainsi appelée à cause du pétard, et on institua celle de la Délivrance qui fut célébrée le 27 mai de chaque année, pendant plus d’un siècle. Henri IV, oubliant le passé, confirma tous les privilèges des habitants.

C’est après cette malheureuse période, que les Avallonnais furent dotés d’un collège et d’un hôpital par un de leurs compatriotes, Pierre Odibert, président au parlement de Bourgogne. Ce vertueux citoyen mourut à Dijon, en 1661 ; il avait légué sa fortune aux pauvres.
Avallon, où la Ligue eut tant de partisans, crut aussi aux prétendus miracles du diacre Péris. Ses habitants paraissent, du reste, n’avoir pris aucune part aux événements de la Révolution. Napoléon, en 1815, passa dans leurs murs, au retour de l’île d’Elbe.

L’ancienne capitale de l’Avallonnais est bâtie dans une situation très pittoresque, sur un rocher de pur granit rouge, à l’issue d’une jolie vallée dont les coteaux produisent d’excellent vin : une charmante promenade longe la crête de ce rocher, que baigne le Cousin. Les seuls édifices un peu remarquables sont l’hôpital et la salle de spectacle. L’arrondissement, compris dans le département de l’Yonne, renferme 46,149 habitants ; la ville n’en compte pas plus de 5,500 : on y fait le commerce des grains, des vins, des bois, des laines, des chevaux et des bestiaux, et l’on y exploite des fabriques de gros draps, des papeteries et des tanneries.

Avallon a vu naître Simon Val-Lambert, médecin de Marguerite de France ; Jean Macer, professeur en droit canon à l’université de Paris ; le littérateur Guillaume Lelièvre ; André-Lazare Bocquillot, auteur d’homélies et de travaux sur la liturgie ; l’antiquaire Henri-Hubert Letors et le janséniste Claude Seguenot. Un des hommes les plus illustres de la Bourgogne, Vauban, mort à Paris en 1707, avait été inhumé dans sa terre de Bazoche, près de Vezelay : pendant la Révolution , ses cendres furent transférées à Avallon, où elles restèrent jusqu’en 1806 ; on les transporta alors à l’Hôtel des Invalides.


La rue pricipale d'Avallon, au crépuscule - © Norbert Pousseur
La rue principale d'Avallon, un lundi soir vers 18h
Avallon 2019 - Num 50mpx - 5dsr_10048 - © Norbert Pousseur

 

 

 

 

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