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Cartes anciennes autour de 1700

 

Carte de la Guyane en 1757 et descriptions de cette époque

 

 

Extrait de l'ouvrage "Géographie moderne" de Nicolle de La Croix, édition de 1777

La Guyane est une vaste contrée de l'Amérique, située entre la rivière des Amazones & celle de l'Orénoque, qui sont les deux plus grands fleuves de l'Amérique méridionale.
Ses bornes font, du côté du nord, l'Orénoque, du côté du midi, l'Amazone; à l'orient, la mer baigne ses côtes; & à l'occident, elle est bornée par le Rio-Negro, grande & belle rivière, qui joint la rivière des Amazones avec l'Orénoque: de sorte que la Guyane, renfermée dans ses bornes, est une île qui a au moins deux cents lieues du nord au sud, & plus de trois cents lieues de l'est à l'ouest, ayant pour frontières le Brésil, le Pérou & le nouveau royaume de Grenade.
L'intérieur en est peu connu, & presque point fréquenté par les Européens, quoique beau,
- Nous tirons cette description générale de la Guyane, de la belle & ample description Géographique de la Guyane, dressée au dépôt des cartes & plans de la marine, par ordre de M. le duc de Choiseul, par M Bélin. C'est un volume in-4° que cet habile géographe a donné au public, au commencement de l'année 1763, & qui renferme tout ce que nous avons de connaissance sur ce grand pays. fertile & peuplé de nations Indiennes très-nombreuses, dont à peine on sait les noms, n'ayant de communication qu'avec celles qui demeurent dans le voisinage des côtes ou des grandes rivières, au moyen desquelles on a pu pénétrer dans le pays.

Les Espagnols, les Hollandais, les Français & les Portugais, ont formé des établissements dans la Guyane. On peut donc partager ce pays en quatre parties.

1.La Guyane Espagnole, qui comprend les pays situés le long de l'Orénoque, & entre cette rivière & celle de Pomaron.
Saint-Thomas, sur l'Orénoque, en est la capitale.

2. La Guyane Hollandaise est comprise entre les rivières de Pomaron & de Maroni.
Les Hollandais ont dans ce pays, à l'embouchure des rivières de Surinam & de Berbice, deux colonies fort riches, dont la principale est Surinam. Le pays qu'elles habitent abonde en fruits, en poisson & en gibier. On y recueille du sucre, du tabac, du café & de la gomme. Il produit aussi du coton & des bois propres à la teinture.

3. La Guyane Française, qu'on nomme aussi France Equinoxiale, renferme les pays compris entre la rivière de Maroni & le Cap du Nord.
L'île de Cayenne est le centre de la Guyane Française. Cette île, à laquelle on donne environ seize lieues de circuit, a la mer au nord; la rivière de Cayenne, à l'ouest; celle d'Ouye, à l'ouest; & au midi, un bras formé par les rivières d'Ouya & d'Orapu.
Presque toute l'île est un pays sablonneux, relevé de plusieurs petites montagnes ou collines, que l'on cultive jusqu'au sommet. Les cannes à sucre, le rocou, l'indigo, le cacao, le café, le coton, le gros millet-manioc, & autres racines y viennent très-bien, Dans le reste de l'île, c'est un terrain fort bas, & si marécageux en certains endroits, qu'on ne saurait aller par terre d'un bout l'autre; ce qui oblige les habitants de faire presque le tour de l'île, pour se rendre à leurs
habitations.
La terre de l'île est bonne, C'est un sable noir, facile à labourer, qui a deux pieds de profondeur. Au-dessous, on trouve une terre rouge, propre à bâtir, à faire des briques & des tuiles, & même de belles poteries. En quelques endroits, il y a des minéraux, & vraisemblablement il y en a davantage en terre-ferme.
Si l'île était entièrement défrichée, & si l'on y faisait des canaux, pour l'écoulement des eaux, elle serait très  saine, & plus fertile encore qu'elle ne l'est actuellement. Par la même raison, l'air y était beaucoup moins sain, lorsqu'on a commencé de s'y établir, qu'il ne l'est aujourd'hui, & les habitants y étaient sujets à des maladies très-fâcheuses.

Cayenne capitale & chef-lieu de toute la colonie, est bâtie sur la pointe du nord-ouest de l'île, ayant la mer au nord, & le port à l'ouest. C'est une espèce d'hexagone irrégulier, entouré de murailles & de cinq bastions, avec quelques demi-lunes & un fossé. Dans cette enceinte, il y a au bord de la mer, sur une hauteur, un fort, nommé le Fort-Louis de Cayenne, qui commande la ville & le port. On ne compté guère, plus de deux cents maison, dont quelques-unes sont à deux étages. La maison du Gouverneur, celle de S. Sauveur, & la maison des jésuites, qui en étaient curés, sont d'assez beaux bâtiments pour le pays. Ils sont situés autour de la place d'armes. Les casernes, le magasin du roi & l'hôpital, sont de l'autre coté de la ville, vers la mer.
Il y a à Cayenne un gouvernement & un état-major. La garnison est aujourd'hui composée de trois cents hommes de troupes réglées, divisées en six compagnies. A la moindre alarme, les habitants, tant de la ville que  de la campagne, sont obligés de prendre les armes, & de se réunir. Un conseil souverain connait de toutes les affaires des habitants, & juge en dernier ressort. Cette cour est ordinairement présidée par le commissaire ordonnateur, en l'absence du gouverneur.

REMIRE, bourg & paroisse dans la partie Orientale de l'île, à deux lieue au sud-est de Cayenne.
MAHURI,paroisse aussi dans la partie orientale de l'embouchure de la rivière d'Ouya.
MATOURI située aux environs de la montagne de ce nom,dans la partie orientale de l'île.

4. La Guyane Portugaise comprend les terres situées aux environs des côtes occidentales & septentrionales de la rivière des Amazones, depuis le Cap du Nord, jusqu'au Rio-Négro, où les Portugais ont leurs établissements.


 

Extrait du dictionnaire Moreri, édition de 1725

GUIANE, ou GUAIANE, pays de l'Amérique méridionale, entre la mer du nord, vers le septentrion & l'orient; le royaume des Amazones, vers le midi; & la Castille d'Or, aux environs de la rivière d'Orinoque, du côté de l'occident. Le pays des caribes est renfermé dans la Guiane, & est situé vers la mer du nord. En 1535 Belalcazar étant dans la résolution de découvrir les provinces voisines de Popajan, qu'il avait subjuguées, fit rencontre d'un sauvage, qui le disait être de la province de Condirumarca, dans la Guiane, laquelle abondait en or & autres richesses; jusque-là que les habitants faisaient la guerre armés de lames d'or. Cela donna lieu aux espagnols de nommer ce pays El Dorado. En 1540 Gonzales Pizarre ayant reçu de son frère François, le gouvernement de la province de Quinto, amassa des troupes pour aller à la conquête d'El Dorado; mais il ne trouva point cette ville. On dit que dès l'année 1531 un espagnol nommé Jean Martinez, qui pour quelques crimes avait été abandonné dans un canot sur une rivière, fut pris par ceux du pays, & mené dans une grande ville, qui servait de séjour à un inca, ou empereur; qu'en-suite s'étant sauvé, il rapporta que cette ville était appellée Manoa, & qu'il la surnomma El Dorado, à cause dé la grande quantité de poudre d'or, qu'il vit jeter sur des statues de même métal; qu'après avoir dit des merveilles de la grandeur & des richesses de cette ville, il ajouta qu'elle était située sur le bord d'une mer longue de deux cents lieues, qui n'est jointe aucune autre, qui est renfermée dans les terres, & qui ne peut être que celle que l'on nomme lac de Parme, dans la Guiane; mais les derniers voyageurs prennent tout ce récit pour une imagination de cet espagnol. Les peuples les plus considérables de la Guiane, sont les caribes, les arvaques, les yaos, les galibis. On croit que les caribes sont les originaires du pays, & que les autres habitants y sont retirés de l'île de la Trinidad, ou des provinces de l'Orinoque, pour fuir la cruauté des espagnols; car il y a guerre perpétuelle entre les caribes, qui demeurent au dedans du pays & sur la côte, & les autres sauvages qui habitent vers le rivage de la mer. Ils obéïssent tous à des caciques, mais qui n'ont aucune autorité souveraine. Ils ont fort peu de religion, principalement les caribes, qui vivent sans loi, & même sans aucune créance d'une divinité. Quelques-uns néanmoins ont des prêtres, qu'ils nomment. Pecaïos, & croient l'immortalité de l'âme. Lorsque quelque cacique ou commandant meurt, ils tuent ses esclaves, afin qu'ils aillent servir leur maître en l'autre monde.
Ces nations aiment la guerre, faute d'autres exercices. Les caribes étant en marche pour quelque entreprise sur leurs voisins, craignent si fort qu'on n'enlève quelqu'un des leurs par surprise, que faisant des détachements à toute heure, ils postent des corps-de-garde dans les lieux de difficile accès, aussi ingénieusement que les troupes d'Europe. Les galibis sont un peu plus pacifiques, & n'entreprennent la guerre, que liorsqu'ils se croient fort offensés, comme quand leurs voisins refusent de danser leurs danses, & de chanter leurs chansons. Leurs armes sont l'arc & les flèches. Ceux qui sont sur la côte ont appris des espagnols à se servir aussi des armes à feu. Les habitants de ce pays sont bien faits, & ont la taille avantageuse, & le corps robuste. Ils sont la plupart basanés, & vont nus; mais il y en a qui mettent devant les parties naturelles un tissu de plumes, & sur leur tête un tonsi ou bonnet, fait aussi de plumes d'oiseaux, fort belles; ce qui leur donne un grand air. Leur nourriture est la cassave & l'ozacou. La cassave est le pain du pays, fait d'une racine qu'on rape, & dont on fait sortir l'eau, parce que c'est un poison, qui néanmoins perd sa malignité  quand il a bouilli quelque temps dans l'eau. L'ozacou est une pâte faite de patates ou figues du pays, que l'on délaye dans de l'eau, pour en faire une boisson qui a la couleur du lait. Mais la plupart des caribes sont boucaniers & se nourrissent de chair humaine, grillée au feu. Les calibis sont laborieux, & cultivent des terres à proportion de leurs besoins, & de la grandeur de leur famille. Ces peuples ne font pas grand cas de l'or ni de l'argent. Ils troquent des hamacs, ou lits de coton, du bois d'aloès, des singes & des perroquets, contre quelques haches, couteaux, miroirs & autres pièces de clincaillerie, mais principalement contre des yades, ou pierres vertes qu'ils estiment beaucoup, & qu'ils croient être un souverain remède contre le mal caduc, auquel ils font fort sujets. L'air du pays est assez tempéré; le terroir y produit le maïs en abondance. Les arbres fruitiers y sont fort communs. Les ananas & les plantins y rapportent des figues grosses comme un oeuf, & longues comme le doigt, qui ont un goût très-excellent. Il y a beaucoup de bois a aloès, de bresil, de baume, de coton, de soie & d'épiceries. Il se trouve en plusieurs endroits un arbre qui porte un fruit nomme Marcenille, semblable à une petite pomme, très-agréable à la vue, mais si venimeux, qu'il fait mourir sur le champ ceux qui en mangent tant soit peu. On y voit quantité de singes & de marmots, qui sont extrêmement gros & fort camards, avec de longues queues. Les poules d'inde y ont sur la tête des plumes noires, semblables à celles des hérons. * De Laët, Histoire du nouveau Monde. Relation de La rivière des Amazones.

 

 

Pour la carte et la description de la Guyane en 1883 voir la page suivante sur ce même site

 

 

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la Guyane en 1757 - reproduction © Norbert Pousseur

 

 

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