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Département du Doubs en 1883

Carte du département du Doubs en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Tiré de L'Atlas de Vuillemin

 

POPULATION    306,094 hab.                                                                   SUPERFICIE   522,755 hect.
Chef-lieu : BESANÇON, à 396 k. S. -E. de Paris

 

DIVISION   ADMINISTRATIVE

Avant 1790, ce dép. faisait partie de la Franche-Comté et du comté de Montbéliard — Cour d'appel et Académie de Besançon. — 7e corps d'armée (Besançon) ; 3 pl. fortes. — Diocèse de l'Archevêché de Besançon. — 12e Arr. forestier. — 5 églises consist. luthériennes ; 1 calviniste à Besançon.

4 ARRONDISS
 
27 CANTONS.
638 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.

BESANÇON
54,404 h.
8

Amancey, Audeux, Besançon (2), Boussières, Marchaux, Ornans, Quingey.

203
115,131
BAUME
2,702 h.
7

Baume-les-Dames, Clerval, L'Isle-sur-le-Doubs, Pierrefontaine, Rougemont, Roulans-l'Eglise, Vercel.

187
60,194
MONTBÉLIARD
8,938  h.
7

Audincourt, Blamont, Maiche, Montbéliard, Pont-de-Roide, Le Rlussey, Saint-hippolyte.

160
80,713
PONTARLIER
5,714 h.
5

Levier, Montbenoît, Morteau, Mouthe. Pontarlier.

88
50, 056


ABRÉGÉ HISTORIQUE

Les Sequani, dont la capitale était Vesontio (Besançon), occupaient, dit César, les plus fertiles terres de la Gaule. Ils formèrent une province sous le nom de Grande Séquanaise. En 407 la Germanie s'ébranla tout entière: ses innombrables peuples démolirent partout l'œuvre romaine. Après les Vandales de Crocus, les Huns d'Attila, vinrent les Burgundes ; ceux-ci s'établirent sur la rive droite de la Saône, et, une fois maîtres du sol, « ils s'adoucirent singulièrement et traitèrent les Gaulois avec mansuétude, non comme des vaincus (456). » Leurs rois Gundikher, Gondebaud, Sigismond eurent fort à faire de se maintenir contre les Franks ; dès 554, ils disparurent. La Bourgogne, partagée entre Childebert et Clotaire, demeura annexée au royaume d'Orléans ; elle fut ensuite, au nom des rois d Aus-trasie, administrée par des patrices et des maires du palais.
Les partages de la seconde race ne furent pas moins fréquents ; Carloman, Charles-Ie-Chauve, Lothaire obtinrent les deux Bourgognes, mais ils furent impuissants à les protéger contre les Sarrasins qui brûlèrent Besançon, contre les Normands et les Hongrois, contre les famines et les pestes qui faisaient de ces temps affreux « de  vrais siècles de fer. » Jusqu'au XIIe s., l'histoire de la Franche-Comté se confond souvent avec celle de la Bourgogne. En 1156, l'empereur Frédéric Barberousse épousa l'unique héritière de cette province, Bea-trix, fille de Renaud III. Son règne fut une époque brillante ; mais il commit la faute d'aller guerroyer en Palestine, et pendant son absence les routiers, patarins, cottereaux, tisserands, caputies, qui n'étaient autres que le peuple affamé, commettaient dans ses états les plus affreux désordres (1193) La Comté entra ensuite dans la maison de Meranie (1206) jusqu'à l'usurpation de Hugues de Châlon qui marqua la fin de la domination allemande (1248). Elle devint un moment française par l'ignominieux traité de Vincennes: Othenin, le dernier comte palatin, écrasé de dettes, ne voyant que des ennemis autour de lui, déshérita tous ses autres enfants nés ou à naître et abandonna à sa fille Jeanne, pour en jouir avec son fiancé le roi Philippe le Long, son comté, ses baronnies, ses fiefs et hommages (1295).
La Franche-Comté revint bientôt sous ses maîtres naturels, les ducs de Bourgogne. Encore une fois distraite par la politique de Louis XI, elle fut reconquise par Maximilien d'Autriche (1493) et passa sous la protection des rois d'Espagne. Un siècle après Henri IV l'envahit pour la punir d'avoir secondé la révolte des Ligueurs, prit quelques places qu'il restitua bientôt par le traité de Vervins (1598). Inquiet des progrès de la maison d'Autriche, Richelieu déclara la guerre à l'Espagne et jeta dans la province comtoise vingt mille hommes, Condé à leur tète (1635). La lutte fut héroïque et dura dix ans: Besançon ne fut pas pris ; mais presque toutes les autres villes furent incendiées ou saccagées ; la peste et la famine achevaient ceux qu'une guerre impitoyable avait épargnés. Ruinée et dépeuplée, la Comté obtint enfin un traité de neutralité. Louis XIV le viola deux fois (1668-1674 ;. La conquête, rendue plus facile, fut due surtout à l'affaiblissement de l'esprit national.

 


BIOGRAPHIE

Calixte II un des grands papes du moyen âge ; l'illustre famille Chifflet, qui compta en deux siècles douze écrivains distingués: les diplomates Precipiano, Dunod, de Mont-Barrey ; le grand cardinal Grandvelle ; le trop fameux Jean de Watteville ; les jurisconsultes J. -J. Bugnet, et Loiseau, les historiens Fleury, Perreciot, Millot, Guillaume ; les savants Duvernoy, Bullet ; le poète Chassignet, et Mairet, l'un des créateurs du théâtre moderne ; le jésuite Nonotte, ce fougueux adversaire de Voltaire ; l'académicien Suard ; le mathématicien Vernier ; les architectes Nicole et Paris ; le statuaire Breton ; — et, de nos jours, le maréchal Moncey, duc de Conegliano ; les généraux Pajol, Morand, d'Arçon ; le chirurgien Tissot ; Georges Cuvier, le plus illustre des naturalistes modernes ; le peintre Courbet ; le spirituel Charles Nodier ; le grand poète Victor Hugo ; et deux socialistes: Fourier et Proudhon..


STATISTIQUE

TOPOGRAPHIE. — Le dép. du Doubs est frontière ; il est situé à l'E., entre 46° 40' et 47° 30' de lat. N. Bornes: H. -Rhin, H. -Saône, Jura ; et les cantons suisses de Berne, de Neufchâtel et de Vaud. Il tire son nom du Doubs, riv. qui le traverse deux fois dans toute sa longueur. — Pays de montagnes (477,249 hect. ) et très-élevé ; couvert presque tout entier par les terrasses et les chaînes parallèles du Jura, au faîte duquel il s'appuie au S. -E. Points culminants: le Chasseron, 1,610 m. ; la vallée du Doubs à Pontarlier, 887 m. — Bassin du Rhône. Riv. princip.: Doubs (navig. ) ; Drugeon, Dessoubre, Loue, Lison, Ognon, Savoureuse. Sources du Doubs. 4 Lacs, entre autres celui de St-Point, au S. ; quelques étangs. — Climat variable et plus froid que dans les départ. voisins ; hivers longs et rigoureux. — Canal: du Rhône au Rhin. 5 routes nat., 21 départ. ; 400 chem. vicinaux..
PRODUCTIONS. — Sols dominants: craie ou calcaire, pierreux, riche terreau, gravier. Sol fertile dans la partie infér. de la vallée du Doubs ; ailleurs, riche seulement en forêts et beaux pâturages. Culture avec des bœufs et des chevaux. — Pays agricole et manufacturier ; agricul. arriérée. Céréales insuffis. ; pommes de terre, fourrages, fruits, betteraves. Parmi les vins communs en général, on cite les rouges de Besançon et de Miserey. élève étendue de chevaux pour la grosse cavalerie, et de gros bétail. — Bois, 120,645 hect. ; vignes, 8,500 hect. — Exploit. minérale: le fer, l'une des richesses du départ., le sel des sources salées, la houille, la tourbe, des pierres de taille, du schiste, de la marne, des marbres. Eaux sulfureuses de Guillon ; 2 marais salants.
INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'industrie florissante a pour branches renommées  le travail du fer : 5 millions de  rapport, qui comprend les tôles le fer-blanc, le fil de fer, le cuivre en planche, les faux, scies, outils aratoires, clous, chaudronnerie, etc., l'horlogerie de Besançon, les fromages façon Gruyère dans l'arrondiss. de Pontarlier ; puis le sciage des planches, les cuirs, les eaux-rie-vie, la bière, les liqueurs, surtout l'absinthe et le kirschwasser, les cotons, toiles et tapis de pied. Le Commerce exporte principal. fers, quincaillerie, horlogerie, fromages, liqueurs, bois et merrain, cuirs, vins, chevaux, porc et bétail gras. — 270 Foires..
INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1 Faculté des sciences 1 Faculté des Lettres. 1 école prep. de méd. et de pharm. 1 Lycée 3 Col. 2 Etabl. second. libres. 1 Ecole norm. d'inst. 1 Ecole modèle protest. d'instltutr. 1 Ecole norm. d'institutr. 1 Cours normal libre d'institutr. protest. 2 Pensionn. prim. Ecoles primaires : 327 de garçons, 316 de filles, 295 mixtes. 2 Sem. 4 Bibl. pub. 3 Sociétés savantes.



VILLES   PRINCIPALES

BESANÇON, ch. -l., divisé par le Doubs en deux parties inég. dont la plus considér. est la ville haute qu'il entoure presque entièrement. Une citad., située sur un roc inaccess., domine la place, qui du reste est des mieux bâties. On y remarque la Porte-Noire, arc romain ; St-Jean (XIe s. ), dont quelques parties sont fort belles ; Ste-Madeleine, vaste basilique ; le Palais Grandvelle, le Palais-de-Justice, la gr. Caserne, le Théâtre, le Musée Paris, la promenade du Chamars. Fabric. importante d'horlogerie. — Capit. de la Franche-Comté. Blocus de 4 mois en 1814.
BEAUME-LES-DAMES, s. le Doubs, doit son surnom à un chapitre de Dames nobles, dont l'abbesse avait une maison composée de 5 grands officiers, tous gentil hommes.
MONTBÉLIARD, jolie v., baignée par deux riv. et dominée par le château qui servait de résidence à ses princes. Les halles, St-Martin, qui se soutient sans piliers, la Biblioth., la statue de Cuvier, due au ciseau de David. — Ancienne principauté.
PONTARLIER, jolie v. à 887 m. au-dessus de la mer, s. le Doubs. Comm. avec la Suisse. Près de là est le Mout-Joux, défendu par un fort où fut enfermé Mirabeau, et où mourut Toussaint-Louverture.

 

 

VARIÉTÉS

« Le Franc-Comtois, doué d'un esprit positif, est au Bourguignon ce que le jugement est à l'imagination. Qu'on se figure une physionomie où il y a plus d'expression et de réflexion que de sentiment ; un tempérament quelquefois sanguin ou nerveux, mais souvent bilieux-lymphatique ; une taille ordinaire, et qui. comme l'intelligence et la virilité, se développe lentement ; un embonpoint médiocre, avec des formes osseuses, des muscles saillants ; une parole assez vive, quoique soumise au contrôle de la raison ; et une marche sûre, adroite dans sa lourdeur.
 Aux premiers jours d'été, toute la montagne ensevelie sous la neige, reverdit comme par enchantement ; de tous cotés, de riants points de vue s'ouvrent aux regards. C'est le chalet avec ses laitières matinales et ses gras troupeaux, la fraîche- vallée où le ruisseau de cristal gazouille sous le dôme de sapins, dans son lit parfumé de menthe et tapissé de myosotis ; ici, la fontaine ronde aux jets intermittents, là les rocs escarpés du fort de Joux, plus loin le lac de St-Point. puis les sommités du Suchet où l'on va au lever du soleil, contempler un immense espace qui, d'une part s'étend presque aux riches plaines de Dôle, et de l'autre jusqu'aux flots du Léman.»

 


 

Gravure de Besançon en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Besançon en 1883

 

 


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