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Département de la Guadeloupe en 1883

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Carte de la Guadeloupe
L'Atlas de Vuillemin



POPULATION     167,344 hab                                               SUPERFICIE    130,114 hect.
Chef-lieu : LA BASSE-TERRE, à, 4,800 k. O. de Paris

 

DIVISION   ADMINISTRATIVE

Cette île forme, avec ses dépendances (Marie-Galante, les Saintes, la Désirade et les 2/3 de St-Martin), un gouvernement colonial. Conseil général (30 membres) élu par le suffrage universel. Le commandement et la haute administration, appartiennent au Gouverneur, qui a sous lui un Commandement militaire et 3 chefs d’administration : l’Ordonnateur (finance, administration militaire, marine, etc.), le Directeur de l’intérieur (affaires civiles), et le Procureur général (justice). Les trois chefs d’administration et 3 conseillers nommés par la métropole et choisis parmi les notables forment le Conseil privé, espèce de conseil d’État, présidé par le Gouverneur, assisté du Commandement militaire. — 3 Arrondissements, 33 Communes, administrées par des maires et adjoints nommés par le Gouverneur et des conseils municipaux — Cour d’appel, à la Basse-Terre ; 2 Cours d’assise, 3 Tribunaux 1ère instance. 40 Cantons — Commandement militaire (la Basse-Terre) comprenant environ 3,000 hommes de troupes, y compris l’artillerie, etc., et un corps de gendarmerie. — Station navale. — Le siège de l’Évêché est à la Basse-Terre.

 

3 ARRONDISSEMENTS
40 Cantons - 33 communes
Basse-Terre
4 cantons

Basse-Terre, Sainte-Claude, Courbeyre, Vieux-Port, Baillif, Vieux-habitants, Capesterre, Trois-Rivières, Goyave,
Ile des Saintes, Pointe-Noire, Deshaies, Bouillante,
Ile-Saint-Martin, Marigot.

POINTE-A-PITRE
5 cantons
Pointe-à-Pitre, Alpines, Gozier, Morne à l’Eau, Lamentin,
Baie-Mahault, Petit-Bourg, Sainte-Rose, Port-Louis, Canal, Anse-Bertrand, Moule, Sainte-Anne, Saint-François,
Ile de la Désirade. Grand-Bourg,
MARIE-GALANTE
1 canton
Capesterre, Saint-Louis

 


ABRÉGÉ HISTORIQUE

Le groupe d’îles qui se compose de la Guadeloupe, de Marie-Galante, de la Désirade et des Saintes, fut découvert par Christophe Colomb, à son second voyage en Amérique, vers la fin de 1493. Ce groupe était alors habité par les Caraïbes. Près d’un siècle s’écoula sans qu’aucun Européen s’établît dans ces îles. En 1635, le gouvernement français de St-Christophe et un gentilhomme nommé Du Plessis y débarquèrent à la Pointe-Allègre avec 550 personnes dont 400 laboureurs, et prirent possession du sol au nom de la Compagnie des îles de l’Amérique. Mais la Guadeloupe ne lui appartint qu’en 1660.
Trois Compagnies avaient eu successivement l’exploitation de la Guadeloupe et de ses dépendances; elles se ruinèrent. En 1649, le marquis de Boisseret les acquit en toute propriété, pour le prix de 60,000 livres tournois et de 600 livres de sucre par an. Ses exactions provoquèrent des troubles qui durèrent quinze années. C’est dans cette situation que Colbert détermina Louis XIV à acheter la Guadeloupe. L’acquisition eut lieu en 1664, pour une somme de 125,000 livres tournois. La Compagnie des Indes occidentales se chargea de l’exploitation sans aucun succès. Elle fut dissoute, et, depuis 1674, la Guadeloupe fut réunie au domaine de l’État qui se chargea d’en acquitter les anciennes dettes; tous les Français eurent la liberté d’y commercer.
Les progrès de la colonie ne furent guère sensibles qu’après la paix d’Utrecht. Sa population s’éleva alors à 9,700 blancs et 41,000 esclaves. Mais en 1759 elle tomba au pouvoir des Anglais, qui la restituèrent par le traité de 1763. Une des causes qui nuisaient à son amélioration, était l’état d’infériorité dans lequel on la maintenait à l’égard de la Martinique : elle fut définitivement constituée colonie indépendante en 1775. Les Anglais, profitant de l’anarchie qui régnait dans l’île depuis l’émancipation des noirs, y descendirent et l’occupèrent quelques mois; ils en furent bientôt chassés par une expédition française que commandaient deux Commissaires de la Convention, Chrétien et Victor Hugues (1794). Les Anglais revinrent encore en 1810 : ils l’avaient cédée à la Suède, lorsque le traité de 1814 nous la restitua.

BIOGRAPHIE

Le brave général Dugommier, mort glorieusement sur le champ de bataille de la Montagne Noire, en chassa les Espagnols du territoire français ; le fameux St.-Georges, mulâtre célèbre par ses talents pour l’escrime et son caractère chevaleresque ; le peintre Lethière ; les poètes Léonard, auteur d’idylles gracieuses, et Campenon, successeur de Delille à l’Académie.

 


STATISTIQUE

TOPOGRAPHIE. — La colonie française de la Guadeloupe est une île de l’archipel des Petites-Antilles, entre 15°59' et 16°31' de latitude N.et entre 63°32' et 64°91' de longitude O. Elle est située dans l’océan Atlantique à 135 kil. N. O. de la Martinique et environ 1250 lieues marines du port de Brest; elle se rattache physiquement au continent américain. La Guadeloupe, qui forme la principale fraction du territoire se compose de 2 parties inégales : la Guadeloupe proprement dite et la Grande-Terre, séparées par un canal (la rivière Salée). La première, de format. volcanique, est traversée dans sa longueur par une chaîne de mont, dont voici les points culminants : la Soufrière, volcan en activité, 1484 m. ; la Grosse-Montagne, les Deux-Mamelles, et le piton de Bouillante, volcan éteints ; le Houermont et le Morne-sans-Touché, dans une partie de l’île encore inexplorée Le sol de la Grande-Terre est général, plat et n’a pas plus de 35 m. d’élévation au-dessus du niveau de la mer. Forme triangulaire. Côtes assez élevées à l’E. et basses à l’O., déchirées par quelques baies, celles du Lamentin, du Petit-Canal, du Nord-Est, etc.— Bassin de l’Atlantique. Rivières torrentielles, profondément encaissées et navigation pour des barques ou pirogues : les Goyaves, le Lamentin, la Lézarde. — Climat généralement sain, mais plus ardent à la Grande-Terre ; beaucoup de pluie en juillet et octobre. Ouragans fréquents et terribles ; tremblements de terre. — 16 routes principales.

PRODUCTIONS. — Sol fertile et bien cultivé, couvert de belles forêts dans les parties montagneuses qui ne sont pas défrichées, de mangliers, mancenilliers et palétuviers sur les côtes marécageuses de la Basse-Terre. Culture : 34,459 h.; savanes, 12,397 h.— Pays entièrement agricole. Plantes alimentaires : manioc, patates, igname, banane, couscous, malanga, tolomain, madéré ; le maïs et le riz, seules céréales de l’île, sont très peu cultivés. Les fruits sont ceux du climat : la banane, la mangue, l’ananas, l’orange, la grenade, la pomme-cannelle et la sapotille. Industrie agricole en progrès, surtout pour la canne à sucre (canne d’O-Taïti), qui produit par an 35 millions de kilg. sur une culture de 19,717 h ; le caféier, tombé en défaveur depuis 1700, donne à peine 695,000 kilg.; coton de qualité inférieure, près de 40,000 kilg. de cacao et de girofle ; tabac 14,876 kilg. Élève à peu près nulle, l’herbe de Guinée est le principal fourrage. — Bois, 43,035  h. ; terres incultes, 28,235 h. — La Guadeloupe doit son origine à des éruptions volcaniques ; elle ne donne lieu à aucune exploitation minérale, et renferme un assez grand nombre de mornes, de ravines et de terrains inaccessibles ou impropres à la culture. Il y a 10 ou 12 sources d’eaux chaudes : celle du Lamentin est fréquentée par les malades.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — L’industrie n’a d’importance que dans son application à la culture et à la préparation des denrées coloniales, notamment du sucre. Les indigoteries, chaufourneries et poteries sont les principales fabriques. — Le Commerce exporte, surtout en France, sucre, cacao, café, bois de teinture, coton, cuivre, peaux, rhum, tafia, liqueurs, indigo. Valeur totale des exportations, plus de 24 millions. Les articles importés sont chevaux, mules, viandes salées, beurre salé, morue, farine de froment, huile d’olive, tuiles et briques, parfumeries, médicaments composés, chandelles, sucre raffiné, vins, poterie, verrerie, tissus de lin et de chanvre, lainages, soierie, coton, papiers, peaux préparées, bijouterie, mercerie, bois de construction, etc. Valeur totale des importations : 22 millions. Les navires nationaux et étrangers peuvent importer dans l’île toute espèce de produits étrangers, mais seulement par les ports de Basse-Terre, Pointe-à-Pitre, le Moule, le Grand Bourg. — 15 bâtiments au long cours, 100 caboteurs.

INSTRUCTION PUBLIQUE. — 3 Établissements secondaires libres. — Près de 100 écoles primaires. — 1 Bibliothèque publique, à la Basse-Terre.



VILLES   PRINCIPALES

LA BASSE-TERRE, ch.-l. s. la côte occidentale de la Guadeloupe proprement dite, au pied des montagnes. Sur un des mornes voisins est établi le camp St-Charles, formé de baraques solides et bien construites, destinées au logement des troupes. La ville est propre et bien bâtie; on y remarque l’Hôtel du gouvernement, le Palais de Justice, l’Hôpital qui est vaste et bien distribué; les Églises, l’Arsenal, la. belle Promenade plantée de tamarins, et le jardin colonial. Le quartier St-François est le plus moderne et le plus populeux. Un port manque à ce chef-lieu ; il n’a qu’une rade ouverte.
LA POINTE-À-PITRE, dans la Grande-Terre, au fond d’une baie, à l’embouchure de la rivière Salée. Cette ville, qui manque d’eau douce, est environnée de marais ; l’air y est malsain, surtout pendant l’hivernage, mais la sûreté et la commodité de son port, sa position au centre des cultures de l’île, lui assurent le premier rang parmi les places commerciales des Antilles. Rues propres, élégantes, larges, bien alignées ; beaucoup sont garnies de trottoirs. On remarque une jolie église, quelques édifices particuliers et plusieurs places publiques.
MARIE-GALANTE (chef-lieu : Grand-Bourg) est à 28 k. S.-E. de la Guadeloupe, par les 16°3' de latitude N. et 53°29' de longitude O. Elle a 56 k. de circonférence; sa forme est presque ronde. Des mornes, dont le plus élevé n’a que 300 m., y forment une chaîne qui se prolonge de l’E. à l’O. Cette île n’a point de port; ses côtes sont défendues par des falaises taillées en pic, et au pied desquelles des gouffres et des brisants ne permettent pas aux vaisseaux d’approcher. Elle manque d’eau douce: les habitants sont obligés de recueillir avec soin les eaux pluviales. Sol fertile, propre aux mêmes cultures que celui de la Guadeloupe, chevaux de petite taille et très estimés.
LES SAINTES sont à 12 k. S.-E. de la Guadeloupe, par les 15°54' de lat. N. et 64°1' de long. O. C’est un groupe de 2 petites îles, de 2 îlots et de quelques rochers que Colomb nomma les Saintes, parce qu’il les reconnut le jour de la Toussaint. Sol aride et sec, offrant partout des mornes; air très -salubre; point d’eau douce. Pêche abondante.
LA DÉSIRADE est à 8 k. N.-E. de la Guadeloupe par les 16°20' de lat. N. et 16°22' de long. O. Cette île a 8 k. de long sur 4 de large; elle est traversée par une chaîne où l’on reconnaît les traces d’un ancien volcan. Plusieurs sources d’eau abondantes; 2 salines. Sol sablonneux et aride; la seule production est le coton.
SAINT-MARTIN (chef-lieu : Marigot) est à 180 k. N.-O. de la Guadeloupe, par les 18°4' de latitude N. et 65°25’ de longitude O. Cette île, en partie aux Hollandais, a 50,000 hect. de superficie. Elle est hérissée de montagnes; son sol, léger et pierreux, est exposé à de fréquentes sécheresses. Climat très sain. L’occupation française date de 1648.

 

 

Morne de la Soufrière en 1883
Fort-de-France

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