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Département de la Meurthe avant 1870

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Ce territoire depuis 1870 se retrouve en partie dans la Meurthe et Moselle

Carte du département de la Meurthe avant 1870 - reproduction © Norbert Pousseur
L'Atlas de Vuillemin


POPULATION......428,337 hab. SUPERFICIE......643,500 hect.

Chef-lieu : NANCY, à 334 k. E. de Paris.

 

DIVISION ADMINISTRATIVE

Avant 1790, ce dép. faisait partie de la Lorraine (Lorraine propre, Trois-Évêchés). — Cour d'appel et Académie de Nancy., — 5e Division militaire (Metz); 3 places fortes. — 4e Arrondiss. forestier. — Diocèse de l'Évêché de Nancy; Église consist. calviniste, Syna­gogue à Nancy.

 

5 ARRONDISS.
 
29 CANTONS
714 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.

NANCY
49,993 h.
 
8 Haroué, Nancy (3), Nomeny, Pont-à-Mousson, Saint-Nicolas-du-Port, Vézelize.
187 
151,382
CHATEAU-SALINS
2,323 h.
5 Albestroff, Château-Salins, Delme, Dieuze, Vic
147
60,626
LUNÉVILLE
15,184 h. 
6 Baccarat, Bayon, Blamont, Gerbéviller, Lunéville (2).
145
84,393
SARREBOURG
3,030 h. 
5 Fénétrange, Lorquin, Phalsbourg, Rechicourt-le-Château, Sarrebourg.
116
71,019
TOUL
7,410 h. 
5 Colombey, Domèvre, Thiaucourt, Toul (2).
119
60,967


ABREGE  HISTORIQUE

Les Leuci, race fière et libre qui avait conquis par l'épée de nouveaux foyers sur les bords de la Moselle, furent comptés au nombre des plus fidèles alliés de Rome dont ils adoptèrent les lois et les coutumes. Leurs villes, Tullum (Toul), Nasium, etc., s'élevèrent à une haute prospérité; mais pas une seule n'échappa à la rage des Vandales ou des Huns. L'arrivée des Franks changea complètement la destinée de ce pays. En 511, le partage de la Gaule entre les fils de Clovis donna naissance au royaume d'Orient ou d'Austrasie. Réuni à la couronne par Clotaire, Dagobert et Pépin, il en fut distrait, pour une longue suite de siècles cette fois, en faveur de Lothaire II, petit-fils de Charlemagne. Ce fut le nom de ce prince (Lotharii regnum, Lotharingie) qui par corruption devint celui de la vieille Austrasie.
A cette époque, la Lorraine s'étendait, en longeant le Rhin et le Rhône, depuis les Pays-Bas jusqu'à la Provence. Sans cesse tiraillé par des ambitions rivales, cet état ne tarda pas à périr; Après un demi-siècle de luttes sanglantes, on vit surgir une foule de grands fiefs, avec des titres divers, nés de la dislocation du royaume carlovingien. Les premiers ducs de Lorraine furent Renier au long cou (907) et Giselbert. Après celui-ci, l'empereur Otto rentra en possess. de la province et la donna à l'archevêque de Cologne qui la divisa en deux duchés: celui de Mosellane (Lorraine propre, etc. ), et celui de basse Lorraine ou Brabant. Les premières concessions impériales en vertu desquelles on posséda les différ. fiefs n'eurent qu'un caractère révocable. Au XIe s. l'empereur Henri III rendit le duché de Mosellane héréditaire: ce fut la race de Gérard d'Alsace, encore assise sur le trône d'Autriche, qui profita de cette faveur.
De 1048 à 1431, cette famille garda la Lorraine en descendance directe; mais cette année-là, le duc Charles II étant mort sans héritier mâle, son gendre, René d'Anjou, lui succéda, malgré la protestation armée d'Antoine de Vaudémont. En 1453, le bon René renonça à la couronne ducale; vingt ans après, il voyait s'éteindre sa postérité, et la maison de Vaudémont continuer la lignée de Gérard d'Alsace (1473). Jusqu'en 1626, la Lorraine ne cessa de prospérer sous l'administ. intelligente de ses princes; mais Charles IV, prince remuant et belliqueux, attira bientôt le malheur sur ses états. Sa conduite éveilla la méfiance du cardinal de Richelieu; ses fautes finirent par justifier les agressions multipliées de la France et l'occupation de Nancy par les troupes de Louis XIII. Le règne de Léopold, remis en possession de la Lorraine par le traité de Ryswick (1697), fut long et prospère. Sous celui de son fils, François III, le traité de Vienne décida « que Stanislas Leczzinski obtiendrait les duchés de Lorraine et de Bar en échange du trône de Pologne, mais pour être remis après sa mort à la France ». Cet acte fut convenu en 1736; François IV eut la Toscane et la main de Marie-Thérèse, l'unique héritière de l'Empire, pour l'indemniser de la perte de la Lorraine. En 1766, cette province devenait tout à fait française.

 


BIOGRAPHIE

Dans les armes: les maréchaux Gouvion-Saint-Cyr, Lobau; les généraux Drouot, Grandjean, J. Hugo, Latour-Foissac; l'amiral de Rigny; le spirituel et licencieux chevalier de Boufflers; le P. Maimbourg, qui a écrit plusieurs ouvrages d'histoire; les littérateurs Palissot, Mme de Graffigny, Mme de Vannoz; le fameux graveur Jacques Callot; le poëte Saint-Lambert; Boulay de la Meurthe, ex-vice-président de la République; Charles François, inventeur de la gravure en dessin. Le comédien Fleury; le tragédien Monvel; le critique Hoffmann; le peintre Isabey; E. About; le spirituel dessinateur J. -J. Grandville; l'agronome Mathieu (de Dombasle).


STATISTIQUES

TOPOGRAPHIE. — Le dép. de la Meurthe est méditerrané, et situé au N. -E., entre 48° 20' et 49°3' de lat. N. Bornes: Moselle, Meuse, Vosges, Bas-Rhin. Il tire son nom de la Meurthe, riv. qui l'arrose du S. -E. au N. -O., où elle se jette dans la Moselle. — Pays montagneux, traversé à l'E. par la chaîne des Vosges, à l'O. par les plateaux qui séparent les deux vallées de la Moselle et de la Meuse. — Bassin du Rhin. Riv. princip.: Meurthe, Moselle (navig. ); Vezouze, Anne, Seille, Euron, Madon, Esse, Math, Sarre, Nied, Val, Châtillon, Zorn. Plusieurs étangs dans l'arrond. de Sarrebourg: ceux de Lindre, Gondrexange, Stock. — Climat tempéré, un peu froid; hivers assez prolongés. — Canaux: de la Marne au Rhin, des salines de Dieuze. 8 Routes nat., 15 départ.; 3,400 chemins vicinaux.

PRODUCTIONS. — Sols dominants; craie ou calcaire, sablonneux, pierreux, gravier, bon terreau. Sol en général très-fertile, cult. avec des chevaux. — Pays agricole, d'exploit. et manufact. Récoltes surabondantes en vins et céréales; beaucoup de pommes de terre, légumes secs, betterave, houblon, chanvre, fruits et surtout prunes; produit très-import. en bois. Les vins sont la plupart communs; on cite pourtant, parmi les bons vins d'ordinaire, les rouges de Thiancourt et les blancs de Bruley et Salival. La Ferme modèle de la Malbranche, près de Nancy. Élève considérable de chevaux et de porcs; beaux troupeaux de mérinos, volailles en gr. quantité. — Bois, 187,367 h.; vignes, 16,045 h. — Exploit. minérale très-étendue: ce départ. est le premier pour la richesse de ses sources salines et de ses bancs de sel gemme (prod. annuel, 2,500,000 fr. ). On exploite encore le fer, de très-belles pierres de taille, beaucoup de pierre à chaux, de beaux marbres et de l'albâtre. Nombreuses sources.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'Industrie est très-active et donne plusieurs produits consi­dérables: célèbres cristaux et verres de Baccarat, glaces de St-Quirin, soude et prod. chimiques de Dieuze; établissem. renommés de broderie sur batiste et sur tulle, dont Nancy est le centre; porcelaine, faïence et poterie, coton, draps, sucre indigène, papiers, peaux, bière, salines, eaux-de-vie brûlées, toiles de chanvre, confitures et conserves de fruits, boules d'acier vulnéraire de Nancy, salaison de porc; industrie métallurg. très-import. (fonte, gros fer, alênes, poinçons). — Le commerce exporte bois, sel, grains, vins et eaux-de-vie, salaisons de porc et les prod. de l'industrie. — 95 Foires.

INSTRUCTION PUBLIQUE. — 7 Collèges; 1,110 Écoles élément.; 2 Sém.; 3 Biblioth. publiques; École impér. forestière, à Nancy; 8 Sociétés savantes. — 88 hab. sur 100 savent lire et écrire.


VILLES  PRINCIPALES

NANCY, ch. -l., une des belles villes irrégulièrement construites de France, site charmant, sur la Meurthe. La Ville-vieille, réseau de places et de rues, communique par un arc de triomphe avec la Ville-neuve, dont les rues fort larges et coupées à angle droit sont tirées au cordeau. La place de Grève, où jaillissent les gerbes d'un château d'eau; les places Carrière, d'Alliance, du Peuple ou Stanislas, sur laquelle figure depuis 1831 la statue de ce bon prince; le Cours d'Orléans, promen. délicieuse terminée par un arc de triomphe d'ordre ionique, élevé en 1785 pour rappeler notre alliance avec les États-Unis; l'immense promenade de la Pépinière. Portes Stanislas, St-Jean, Notre-Dame. Parmi les édifices: le château goth. des ducs de Lorraine; la Chapelle ducale, décorée de 7 mausolées en marbre noir; l'Hôtel de Ville, l'un des plus beaux de France; l'hôtel de l'Université, qui renferme une bibliothèque riche et importante; le théâtre, la caserne d'infant., l'hôpital; la Cathédrale, bel édifice du siècle dernier; Bon-Secours, église qui renferme le tomb. de Stanislas, chef-d'œuvre de Girardon, et celui de la reine, par Nicolas-Sébastien Adam, de Nancy; le beau jardin botanique. — Fabrique de draps, de coton; broderie renommée.
CHATEAU-SALINS, dans une charmante vallée, s. la Petite-Seille.
LUNÉVILLE, au milieu d'une belle plaine, s. la Vezouze. Cette jolie v., emb. par le duc Léopold, renferme le Château ducal, converti dès 1768 en quartier de cavalerie; de belles casernes, un vaste manège couvert, une église surchargée de deux tours. — Traité de 1801 entre la France et l'Autriche.
SARREBOURG, s. la Sarre, entouré de vieilles murailles.
TOUL, pl. forte, s. la Moselle. La Cathédrale et Saint-Gengoult, précieux restes du style gothique
— Siège d'un Évêché souverain supprimé en 1790.
Citons encore: Pont-à-Mousson (7,843 h. ) sur la Moselle. On remarque l'Hôtel de Ville, l'église paroissiale St-Martin, dont les tours ressemblent à des couronnes, et une place entourée d'arcades. Poteries communes et sucre indigène. — Dieuze (3,996 h. ), importante par la saline qu'on y exploite depuis 800 ans. — Phalsbourg (5,192 h. ), petite ville forte, bâtie sur une montagne et renommée par ses liqueurs fines.

 


VARIÉTÉS

« Dans quelques parties de la Lorraine, il existe encore un usage fort ancien. Lorsqu'un jeune garçon a fixé son choix sur la jeune fille dont il veut faire sa compagne, si ses hommages sont agréés, tous les deux prennent le nom de Valentin et Valentine: dès lors, ils sont fiancés et paraissent toujours ensemble dans les fêtes et aux danses villageoises: les autres jeunes gens du pays les proclament «Valentins »et reçoivent d'eux quelques présents. A partir de ce moment, leur union devient indissoluble, pour ainsi dire. — Le langage des villes est le français, caractérisé par une prononciation un peu chantante, qui n'est pas toujours agréable. Les paysans parlent en général le patois lorrain, lequel ne manque pas de grâce, bien qu'il sonne assez durement à l'oreille.»

 

 

 

Gravure de la ville de Pont à Mousson, en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Pont à Mousson en 1883

 

Cette version de carte de la Meurthe avant 1790 est agrandissable par zoom, mais non enregistrable

 

 

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