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Département de la Savoie en 1883

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Carte de la Savoie en 1883 de Vuillemin, reproduction Norbert Pousseur
L'Atlas de Vuillemin


POPULATION.   268,361 hab.                                                         SUPERFICIE    575,920 hect.
Chef-lieu :  CHAMBÉRY, à 596 k. S.-E. de Paris..

DIVISION   ADMINISTRATIVE.

Avant le traité relatif à la réunion de la Savoie et de l'arrond. de Nice à la France, conclu le 24 mars 1860, entre la France et la Sardaigne, ce dép. faisait partie du duché de la Savoie. Il se compose des anciennes provinces de la Haute-Savoie, de la Savoie propre, de la Maurienne et de la Tarentaise. — Cour d'appel et Académie à Chambéry. — 14e Corps d'armée (Command. militaire de Lyon). — 33e arrond. forestier. — Archevêché à Chambéry.

4 ARRONDISS
 
29 CANTONS.
267 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.

CHAMBÉRY
       
18,545 h. 
15

Aix, Albens, Chambéry (2), Chamoux, Le Châtelard, Les Échelles, Montmélian,
La Motte-Servolex, Pont-de-Beauvoisin, La Rochette, Ruffieux, Saint-Genix,
Saint-Pierre-d'Albigny, Yenne.

103 
143,726
ALBERTVILLE       
4,750 h.
4

Albertville, Beaufort, Gresy, Ugines

42
36,364
MOUTIERS
2,000 h. 
4

Aime, Bourg-Saint-Maurice, Bozel, Moutiers.

55
35,039
SAINT-JEAN
DE MAURIENNE

3,087 h. 
6

Aiguebelle, La Chambre, Lanslebourg, Modane, Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Michel.

67
53,232


ABRÉGÉ HISTORIQUE

Le nom de Savoie, dont l'origine est inconnue, se rencontre pour la première fois dans un historien latin de la seconde moitié du Ve s. (Ammien Marcellin), sous la forme Sabaudia. Vers le même temps, à l'époque de l'invasion des barbares et du morcellement de l'empire, la Savoie fut au nombre des territoires envahis par la horde germanique des Burgundions (458), dont le nom s'est francisé en celui de Bourguignons. Les Bourguignons s'implantèrent dans la Gaule orientale en même temps que les Francs dans la Gaule du nord; mais, dès la moitié du siècle suivant (535), ceux-ci mirent la main sur les territoires Burgondes, en dépossédèrent les chefs héréditaires, et, tout en conservant le titre de royaume de Bourgogne, en firent une annexe de leurs propres États. A partir de ce temps, la Savoie se trouva liée, pendant plusieurs siècles, à l'histoire du royaume des Francs. Dans les partages qui eurent lieu après Charlemagne, elle resta jointe à ce qu'on nomma le royaume de Provence ou d'Arles. En l'an 1032, un des princes de ce royaume lègue ses États à Conrad le Salique, empereur d'Allemagne, lequel, à son tour, accorde l'investiture de la Savoie, de la Tarentaise, de la Maurienne et d'autres pays limitrophes à un comte Humbert, dit aux blanches mains. A cette époque de morcellement féodal, le comté de Savoie commence à figurer comme circonscription à peu près indépend., et le comte Humbert est regardé par les généalogistes comme le chef de la maison de Savoie. L'histoire de cette maison princière n'est plus qu'une suite d'acquisitions et d'agrandissements. Elle franchit les Alpes et arrive pied à pied dans les plaines du Pô. Dès la fin du XIe siècle, elle y avait des possessions considérables. En 1388, elle y ajouta le comté de Nice; mais ce fut seulement en 1559, après la rentrée du duc Emmanuel-Philibert dans ses États, que les Français avaient occupés depuis 1536, qu'elle transporta sa résidence à Turin et en fit sa capitale. En 1713, au nom de l'équilibre européen, le traité d'Utrecht transforma le duché de Savoie en royaume de Sicile, et ajouta la Sicile aux possessions continentales du nouveau souverain. Victor-Amédée fut couronné à Palerme au mois de décembre 1713. Il ne devait garder que quatre ans ce beau joyau de sa couronne royale, qu'il dut échanger contre l'île de Sardaigne, et il prit alors le titre de roi de Sardaigne; mais le fait n'en est pas moins curieux à rappeler dans les circonstances actuelles.
A dater du temps où les comtes de Savoie portèrent à l'est des Alpes, dans les riches plaines de l'Italie, le courant de leur ambition et la continuité de leurs efforts, à plus forte raison après que Turin fut devenue leur capitale, la province cisalpine qui leur avait donné son nom perdit presque entièrement son rang historique; ce ne fut plus qu'une simple province de la maison de Savoie, une province importante au point de vue stratégique, mais pour tout le reste obscure et négligée. Il fallut les grands événements de la fin du XVIIIe siècle pour y ramener les regards de l'Europe. Victor-Amédée III, en prenant parti contre la France, attira sur ses États les armes de la République; la Savoie, sur sa demande, fut incorporée à la République française (1792), et y forma les deux départements du Léman et du Mont-Blanc avec Genève et Chambéry pour leurs chefs-lieux respectifs. Les traités de 1814 nous avaient laissé les deux départements savoisiens comme nécessaires à la sûreté de notre frontière orientale; les arrangements de 1815, par une raison précisément inverse, les enlevèrent à la France et les rendirent au Piémont.
L'acte qui restitue à l'empire la Savoie et le comté de Nice aura fait rentrer dans nos limites des pays qui appartiennent à la France par tout ce qui constitue les nationalités.
Ils appartiennent à la France tout à la fois par la loi des frontières naturelles, par les liens du sang, par les antécédents historiques, par la communauté de la langue et celle des souvenirs.
Séparés de nous à l'époque des désastres de la patrie, ce sont des Français qui rentrent dans le sein de la grande famille.

 

BIOGRAPHIE

Parmi les hommes célèbres de ce département, nous citerons: Saint-Réal (César Vichard, abbé de), historien très-estimé d'une Histoire de la conjuration contre Venise. Il naquit à Chambéry en 1639 et mourut en 1692. Il brilla dans le monde, suivit la duchesse de Mazarin à Londres, puis se fit prêtre, fut nommé historiographe de Savoie et eut même quelques négociations à conduire pour le duc, soutint plusieurs controverses, notamment contre Arnaud, et fut accusé de socialisme; Vaugelas, grammairien, membre de l'Académie française, né à Chambéry à la fin du XVIe siècle; les deux frères: Joseph de Maistre, auteur des Soirées de Saint-Pétersbourg, et Xavier de Maistre, auteur du Lépreux de la Cité d'Aoste. La Savoie est justement fière d'être la patrie de ces deux savants qui furent en même temps des hommes de bien; le général de Boigne, né à Chambéry, mort en 1830, et qui employa une partie de ses immenses richesses à l'établissement d'institutions charitables; Michaud, historien et poète, né à Albens; le président Faire; Dupanloup, évêque d'Orléans.


STATISTIQUE

TOPOGRAPHIE. — Le dép. de la Savoie est borné au N. par le dép. de la Haute-Savoie; à l'E., par le val d'Aoste et le Piémont; au S., par le Piémont et le dép. de l'Isère; à l'O., par les dép. de l'Ain et de l'Isère. Des montagnes, dont les plus élevées ont 3, 200 m. de haut, (le mont Thabor), et même 4,000 m. (le mont lse-ran), couvrent une gr. partie du dép. Entre ces montag. se trouvent de belles vallées, surt. dans l'arrond. de Chambéry. Chem. de fer (Voir la carte). La percée du mont Cenis le relie au Piémont par le chem. de fer de Suze. Rivières principales: l'Isère, l'Arc et le Guiers qui sépare le dép. de celui de l'Isère. Les lacs sont ceux du Bourget, d'Aiguebelette, de Sainte-Hélène, des Marches et du mont Cenis.

PRODUCTIONS. — Agric. difficile à cause de la nature du sol; terres néanmoins bien soignées, sans aucune perte de terrain. On récolte froment, maïs, sarrasin, etc. Cult. de la vigne, plantes potagères. Bestiaux, chevaux et mulets estimés. Animaux sauvages nombreux, entre autres: ours, renards, chamois, loups, bouquetins, marmottes. Parmi les oiseaux de proie, toutes les espèces d'aigles et de vautours. Rivières et lacs très-poissonneux. Essences dominantes dans les forêts: mélèze, peuplier et sapin. Arbres fruitiers. Plantes aromatiques et médicinales. Riches en nombreuses mines de fer, cuivre, plomb, zinc, argent, asphalte, albâtre, ardoise, jaspe, marbre, porphyre, sel et soufre. Grand nombre de sources d'eaux thermales aux principes variés.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — Élevage de bestiaux, éduc. de vers à soie; cristaux, draps, gants, gaze (de Chambéry), papier, poteries et sel; moulinage et tordage de la soie; ardoisières, tanneries et verreries. — Le commerce consiste en bestiaux, draps, fromages, grain, papier, peaux, soie, vins et autres produits du pays

INSTRUCTION PUBLIQUE. — 1 Ecole prép. à l'enseig. sup. des sciences et des lettres. 1 Lycée. 7 Etabliss. sec. lib. 1 Ecole norm. d'inst. 5 pens. prim. Ecoles prim.: 287 de garç. 278 de filles, 382 mixtes.



VILLES   PRINCIPALES

CHAMBÉRY. — Anc. capit. de la Savoie, ch. -l. du dép. Jolie v. au milieu d'une délic. vallée fraîche et fert, arrosée par la Laisse et l'Albane, qui parcourent dans de nombreux canaux tous les quartiers de la ville. — Rues en général étroites et sinueuses, excepté la rue de Boigne, qui traverse la ville dans toute sa larg.; places St-Léger, de la Métropole, du Palais de Justice, au centre de laq. s'élève une belle statue en bronze du président Faire, une des illustrations de la Savoie. Parmi les promenades, belles et nombreuses, on remarque celle du Vernay, à l'extrém. des boulev. Archevêché, séminaire, lycée, musée. — On y remarque la fontaine de Lans et celle des Éléphants; le théâtre, belle constr. moderne; la cathédrale, le Palais de Justice; le château et sa chapelle, morceau goth. d'un bel effet; une grande tour de l'ancien château, les casernes et l'Hôtel-Dieu; sur un rocher, au-dessus de la v., l'égl. de Lemenc, au-dessous de laq. se trouve une crypte remarq. en style roman. Près de Chambéry se trouve La Boisse, rendez-vous des promeneurs. Les jeunes gens (garçons et filles) vont, le matin, en gr. nombre, boire de l'eau d'une source ferrugineuse froide qui s'y trouve, et dont les propriétés sont apéritives.
ALBERTVILLE. — Sur la rivière d'Arli, non loin de l'Isère. Cette v. form. autref. deux communes: Con-flans, sur la colline, rive dr. de l'Arli, et l'Hôpital, sur la rive g. dans la plaine. Elles ont été réunies, en 1835, sous le nom d'Albertville; mais, dans l'usage, ce nom s'applique spécialement à la ville basse. Elle est admirablement située dans un bassin riant et fertile, entouré de charmantes montagnes. — Au débouché de la vallée de Tarentaise et du val de Beaufort, sur le passage d'Annecy en Maurienne, Albertville est un centre de commerce assez actif. On y a constr. récemment un vaste pénitencier.
MOUTIERS. — Chef-lieu d'arrond., naguère capit. de la Tarentaise, est une anc. v. forte, entourée de hautes montag., dans un bassin triangul. auq. aboutissent trois vallées si resserrées et si étroites, qu'on sait à peine par où l'on est entré dans la ville et comment l'on en sortira. — Collège communal; hôpital; salines (le sel de Moutiers est très-blanc); exploit. d'anthracite (sorte de charbon de terre).
SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE. — Chef-lieu d'arrond., est une ville très-anc. sur la rive g. de l'Arc, au-dessus de son confluent avec l'Arvan, vers le milieu de la longue vallée de Maurienne. On y remarque l'évêché, la cathédrale et son cloître, le portail de la vieille église N. -D., le palais épiscopal; sur une place carrée, plantée de platanes, au bout de la Grand rue, statue en bronze de Fodéré, illustre médecin, professeur, né dans cette ville en 1754. — Au hameau d'Échaillon, éloigné d'un kilom., est une source d'eau thermale, saline et purgative. Le chem. de fer y mène beaucoup de baigneurs; le chem. de fer passant par-dessus le mont Cenis, et enfin la fameuse percée des Alpes, travail gigantesque.
Citons aussi: AIX-LES-BAINS, à 580 kil. de Paris. — Jolie petite ville thermale, au milieu d'une vallée qui se termine au lac du Bourget — Ses eaux, renommées depuis longtemps, sont aujourd'hui tr. -fréquentées. Les trois sources sortent de terre à peu de distance l'une de l'autre. Etablissement de bains, avec casino; hospice pour les baigneurs indigents; hôpital militaire, fort belles promenades partout. — Arc de triomphe du IIIe siècle; une portion d'un temple de Diane; magnif. tombeau bien conservé, etc., etc. Montmeliun, sur l'Isère; Lans-le-Bourg, au pied du mont Cenis, vers l'endroit où la célèbre route faite sous Napoléon Ier, en 1805, commence a gravir cette montagne, etc., etc.



VARIÉTÉS

Le pèlerinage obligé de tous les étrangers qui traversent Chambéry, dont les environs abondent en promenades intéressantes, est une promenade aux Charmettes, maison de campagne située au sud de la ville, à une demi-heure de marche, et que le séjour de J. -J. Rousseau et de Mme de Warens a immortalisé.. — « Qu'est-ce que Chambéry sans J. -J. Rousseau? se demande M. de Lamartine dans Raphaël. L'homme n'aime pas seulement l'homme, il anime toute une nature, il emporte une immortalité avec lui dans le ciel, il en laisse une autre dans les lieux qu'il a consacrés... » Adolphe Guekard.

.

 

 

 

Gravure de la ville de Chambéry, en 1883, reproduction Norbert Pousseur
Chambéry en 1883

 

 

 

Cette version de carte de la Savoie en 1883 est agrandissable par zoom, mais non enregistrable.

 

 

 

 

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