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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de L'Univers de Jules Janin - reproduction © Norbert Pousseur

La ville du Cap au Cap de Bonne-Espérance vers 1840

 

La ville du Cap vers 1840 - reproduction © Norbert Pousseur
Le port de la ville du Cap, gravure non signée

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "L'Univers - collection des vues les plus pittoresques du globe" de Jules Janin - édition ~1840

Ainsi s’appelle le promontoire méridional de l’Afrique, découvert en 1487 par le navigateur portugais Barthélemi Diaz, et franchi ensuite par Vasco de Gama, qui allait planter l’étendard portugais sur la côte d’Asie. Cette terre a appartenu tour à tour au Portugal, à la Hollande, à l’Angleterre : elle est bornée à l’ouest et au sud par l’Océan, à l’est par la rivière du Grand-Poisson et le pays des Caffres ; elle est couverte de montagnes nues ; entre ces montagnes s’étendent plusieurs plaines sans eau et désertes.
L’extrémité méridionale du promontoire forme la baie de la Table : sur le rivage sud et au pied de la montagne, s’élève et s’étend la ville du Cap. Cette ville présente un front presque perpendiculaire de trois mille cinq cent quatre-vingt pieds au-dessus de la baie. A l'ouest est la montagne du Lion : vous diriez en effet de loin un lion de pierre qui bat ses flancs de sa queue ; à l’est s’élève la montagne du Diable. La ville se développe sur le penchant d’une colline au côté sud-ouest de la baie ; elle est régulièrement bâtie, les rues sont arrosées par des ruisseaux d’eau vive, elle compte douze cents maisons et dix-huit mille cinq cents habitants, blancs et noirs.

Les principales rivières sur la côte occidentale de cette colonie sont : la rivière de l’Éléphant et la rivière de Bez. L'une prend sa direction au nord , au pied de la chaîne des montagnes ; l’autre se précipite des hauteurs qui forment la vallée de Darkenstein et se perd dans la baie de Sainte-Hélène. La baie de la Table, la Fausse-Baie, la baie Saldanha, sont les principales baies de cette côte.
L’entrée de ce dernier havre, vaste et commode, se trouve à travers un rideau de collines de granit, et n’a pas moins de trois mille lignes de largeur ; elle est à environ soixante-quinze mille mètres nord de l’extrémité occidentale du cap.

Ce Cap est situé dans un climat tempéré, où le grand froid et les chaleurs excessives se font rarement sentir. Le pays défriché par les Hollandais est des plus fertiles, la campagne est très-belle ; le jardin de la Compagnie est un endroit délicieux. Les habitants des districts de la colonie sont principalement hollandais ; car ce furent des colons partis de la Hollande qui vinrent les premiers en 1651 s’établir à la ville du Cap; beaucoup aussi sont d’origine allemande. De 1680 à 1690, un nombre considérable de protestants français, persécutés dans leur pays, vinrent s’établir au cap de Bonne-Espérance ; enfin la Suède et le Danemark ont envoyé sur cette terre hospitalière plusieurs de leurs enfants. Au contraire, on n’y compte que très peu d’Anglais, qui depuis 1814 sont restés les maîtres de cette colonie.
En revanche, dans la ville même, vous rencontrez beaucoup d’Anglais. Les uns portent l’uniforme, les autres font le commerce, les esclaves sont Malais ou Hottentots ; le Malais, à la chevelure longue et luisante, méprise le Hottentot. Dans la ville le poisson est abondant, l’eau est rare ; dans la campagne tous les fruits des vergers d’Europe viennent à merveille; le froment, l’orge, le riz, le tabac, d’innombrables troupeaux, tels sont les produits de cette terre. Comme elle est située dans l’hémisphère méridional, les saisons y sont à l’inverse de celles d’Europe : décembre et janvier sont les mois les plus chauds, juin et juillet les mois les plus froids. A midi le soleil est au nord, si bien que le côté septentrional des montagnes est beaucoup plus chaud et plus sec que le côté méridional. Il en est pour les étoiles du ciel comme pour les fleurs de la terre, elles ont changé de place, elles se montrent dans une position inverse. Jamais le cap n’a pu voir les étoiles de la Grande-Ourse, mais en revanche il possède la Croix-du-Sud, et plusieurs belles étoiles que ne verra jamais l’Europe. Dieu a donné à chacun sa fleur aux champs, son étoile au ciel.

L’hiver et le printemps sont les plus délicieuses parties de l’année. La ville du Cap est sujette à des vents impétueux, qui lui rappellent qu’elle s’est appelée d’abord le Cap des Tempêtes. C’est un point important pour l’Angleterre, car, placé sur la route de l’Inde, et à l’extrémité du continent africain, le cap de Bonne-Espérance est le rendez-vous de tous les vaisseaux qui traversent l’océan Indien, et qui passent de l’océan Indien dans l’Atlantique.

 

 


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