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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de L'Univers de Jules Janin - reproduction © Norbert Pousseur

Sur la route de Coblence (Koblentz) vers 1840

 

Coblence et Ehrenbreitstein vers 1840 - reproduction © Norbert Pousseur
Coblence et Ehrenbreitstein qur le Rhin, gravure non signée.

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "L'Univers
collection des vues les plus pittoresques du globe" de Jules Janin - édition ~1840

Le plus magnifique des chemins qui marchent, le Rhin, vous mène à Coblentz entre deux rivages chargés de maisons rustiques, de villes populeuses, de calmes petits hameaux perdus dans le lointain, pendant qu’au sommet des montagnes se dressent devant vous toutes sortes de ruines pittoresques, vieux châteaux à demi brisés par la guerre, vieilles églises détruites par le temps. Sur cette belle route, semée de tant d'accidents divers, le peintre, le romancier, le poète, tous les hommes d’élite qui parlent à l’intelligence ou au cœur de l’homme, peuvent passer sans crainte: le paysage donne la main au pittoresque, et pour ne plus se quitter, ni l’un ni l’autre, un seul instant.

Ici c’est le vieux château de Rheinstein, relevé par les soins du prince Frédéric de Prusse, mais relevé comme une ruine qu’on protège contre l’avenir, et dont on ne veut pas refaire le passé ; là c’est Falkenbourg, dont les tours gothiques sont encore debout dans leur majestueuse tristesse ; tout là-haut s’élève le Kederich, la demeure des esprits, agrestes sommets tout remplis d’admirables légendes ; plus loin le Gatenfels, surmonté de son terrible beffroi ; plus loin encore les ruines de Rheinfels, château-fort qui fut longtemps la terreur du pays ; et enfin, quand vous avez laissé sur votre droite Pfaffendorf le joli village, voici les deux rives enchanteresses qu’on appelle Coblentz. Mais avant d’entrer à Coblentz, saluez l’admirable petite vallée d'Ehrenbreistein, que domine ce fier rocher ancien protecteur de la vallée. Sur le rocher s’élevait la vieille forteresse qui tomba au pouvoir des Français en 1799, et qui fut rasée après la paix de Lunéville. Dans le château était placée une gigantesque couleuvrine, ce même Griffon qui est l’ornement de l’arsenal de Metz. En 1816 la Prusse a reconstruit sur son rocher la forteresse d'Ehrenbreistein.

D'Ehrenbreistein à Coblentz, vous passez le Rhin sur un pont de bateaux, et pendant qu’à votre droite le Rhin traverse du midi au nord une plaine immense, la Moselle coupe ce beau petit coin de terre à angle aigu ; de chaque côté de cet angle roulent les deux fleuves ; la pointe du triangle, c’est Coblentz. A votre gauche, en remontant vers le midi, le Rhin, qui plus tard s’élargit en nappe immense, semble s’échapper à regret de la montagne ; tout en face, en venant de l’est, la Moselle passe sous un pont en pierres qui n’a pas moins de quatorze arches ; on dirait qu’elle lave les remparts de la ville ; de loin vous prendriez la ville pour un immense vaisseau qui aurait jeté l’ancre entre les deux rivières. La ville est abritée par une montagne revêtue de pampres verts ; mille petits villages, épars çà et là de chaque côté, dans la campagne, servent de sentinelles animées et verdoyantes à cette heureuse cité. Au bas du rocher s’avance dans le Rhin, qui reflète sa blanche image, la petite ville de Thal, qui tient à la ville par un pont de bateaux. Ce sont donc quatre rives brillantes et parées qui se prolongent dans un pays admirable ; collines en amphithéâtre, montagnes chargées de forêts, métairies, églises, ruines, châteaux, cabanes. Levez les yeux au loin, et vous découvrez Trêves, Mayence, Cologne, dix royaumes !

La ville est régulièrement bâtie; elle est entourée de remparts formidables; elle renferme, entre autres beaux édifices, le palais construit en 1779 par l’électeur de Trêves. Coblentz est l’ancien Confluentes, dont il est question dans Ammien Marcelin. Sous les empereurs d’Occident, la ville était gouvernée par un préfet militaire. Les premiers rois francs habitèrent cette ville à plusieurs reprises. Tour à tour la ville a appartenu à l’empereur d’Allemagne, à l’archevêque de Trêves, à la France, à la Prusse.
En France, ce nom de Coblentz rappelle les tristes souvenirs de l’émigration.
A Coblentz est enterré ce jeune soldat qui donnait tant d’espérances, Marceau, — Marceau, né à Chartres, soldat à vingt-six ans, général à trente-deux ans. Il vainquit dans les champs de Fleurus, sur les bords de l'Ourthe, de la Roër, de la Moselle et du Rhin.

 

Voir aussi les autres pages consacrées au Rhin
et celle sur Koblentz

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