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Les villes à travers les documents anciens

Annecy au 18 et 19ème siècle

Le centre d'Annecy vers 1870 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Le centre d'Annecy vers 1870
gravure publiée dans La France illustrée - V.A. Malte-Brun - 1880
(collection personnelle)

Voici aussi Le département de la Haute-Savoie en 1883

Peu d'illustrations anciennes ou gravures sur Annecy. La ville n'est française et chef-lieu du département de la Haute Savoie que depuis 1860. Auparavant elle appartenait aux Etats de Savoie, dont les sources illustrées sont plutôt rares (sauf Génève, évidemment).
Ceci explique que cette page n'a pu être illustrée autant qu'il serait souhatable, pour un regard sur cette ville entre le 18e et 19ème siècle.

Article sur Annecy du
Dictionnaire historique, littéraire et statistique des départements du Mont-Blanc et du léman
Jean Louis Grillet - 1807 - collection personnelle.

ANNECY, ancienne capitale du duché de Genevois, est aujourd’hui le chef-lieu d’un des arrondissements du département du Mont-Blanc. Cette ville, située à l’extrémité d’un lac de même nom, lequel s’y dégorge par deux canaux appelés Thioux, a une population de 5130 personnes. Cette population, suivant M. de Passier, était, en 1734, de 4991 individus, et dé 4585, en 1768 : suivant le dénombrement fait par les curés, en 1783, cette ville était alors habitée par 5909 personnes.

Annecy, que l’on trouve nommé Annecîacum novum, dans les titres du 12e siècle, par opposition à Anneciacum vetus,ne peut dater sa fondation, que depuis la destruction de la ville romaine qui a existé, partie sur la délicieuse colline d’Annecy-le-Vieux, et partie dans la plaine du Petit-Brogny. Les canaux des Thioux, creusés par la main des hommes ; la tradition, qui veut qu’une partie de la plaine d’Annecy et le lit de Fier, depuis, le pont de Brogny jusqu’à Crans, aient formé un seul réservoir d’eau avec le lac, jusqu'au temps où les Romains lui procurèrent une issue, en coupant, les rochers de Montrottier ; le manque absolu d’inscriptions et de médailles, romaines dans Annecy moderne, tous ces motifs, dis-je, induisent à croire qu’il n’a existé, ou tout au moins qu’il n'est devenu considérable, qu’après la destruction de la ville romaine qui, était autrefois à l’extrémité des Fins. Il est hors de doute que les Romains habitèrent Annecy-le-Vieux ; on y voit encore aujourd’hui sur l’angle interne et méridional de la porte du clocher, cette inscription consacrée à Jupiter :

JOVI. . O, . MAX1M0
L. Vinicius serus ....
Suo et. L. Vinicii Latini patris sui
Nomine dat Aram.

À Jupiter. Ô Tout-Puissant.
Lucius Vinicius, l'ancien…
Dédie cet autel en son nom propre
et au nom de son père,
(Traduction approximative)

Dans la plaine qui est entre Annecy et le Petit-Brogny, Fodére et Augustin Chieza rapportent que, dans les années 1690, 1614 et 1660 on y trouva des médailles d’or, d’argent et de cuivre ; portant, d’un côté, l’effigie des empereurs Romains des deux premiers siècles : sur une on voyait un char à quatre chevaux avec cette légende : ROMA ; et sur d’autres, P. M. EAT ROMA.
On y découvrit, dans le même temps, plusieurs grands sépulcres avec leurs ossements, et de grandes urnes, sur l'une desquelles on lisait : sepultura Publii (Les funérailles de Publius). Les magnifiques chapiteaux grecs et romains que Mgr Chieza y observa en 1650, prouvent que quelque monument public, ou quelque temple décoraient ce sol jadis si fortuné. Du temps de Besson, l’on trouva dans les mêmes Fins d’Annecy, beaucoup d’autres médailles, dont une de l’empereur Néron ; plusieurs fragments de statue, et une pierre dure, d’un pied, dix pouces de longueur, sur un pied et demi-pouce de largeur, sur laquelle on lisait :

Castor et Polluc.
Cateius Peculiar.
P. P. Appolin
Ex stirpe Dupiâ
Faciendum Curavit,

Castor et Pollux.
Catius Peculiar
P. P. Apollinaris
de la lignée des Dupian
Il en a ordonné la réalisation

L’on ne peut que regretter qu’il n’y ait eu, pendant trois siècles, aucun amateur pour recueillir et déposer dans un Musée public, toutes les antiquités que l’on a trouvées dans les environs d’Annecy ; c’est sans doute afin d’éviter de telles pertes pour l’histoire du pays, que MM. Despines père et fils, s’empressent de rassembler aujourd’hui tout ce qui a échappé aux ravages du temps et à la négligence de ceux qui auraient pu enrichir leur patrie de tant de monuments utiles et curieux.

Maison d'Annecy, au pied dans l'eau vers 1870 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Maison d'Annecy, au pied dans l'eau vers 1870
gravure publiée dans la Géographie générale - physqiue, politique et économique
Louis Grégoire - 1877 - collection personnelle

La porte et le faubourg de Bœuf qui sont au nord d’Annecy, sur la route de Genève, ont fait croire que l’ancien nom d’Annecy fut civitas Bovis :  cette opinion se fonde sur un passage lu, dit-on, par S. François de Sales, dans quelque manuscrit du pays ; exyctabat antiquitùs, apud Allobroges, civitas Bovis, a Gothis funditùs eversa (Elle s'appelait autrefois Bovianum, une ville des Allobroges qui fut entièrement détruite par les Goths.).
Cette dénomination de ville du bœuf, appliquée de fait à Annecy, à cause du nom que porte le plus considérable de ses faubourgs, a sans doute été la cause des conjecturés de ceux qui prétendent que cette ville a dû être fondée par une colonie d’Égyptiens, par la raison que ces peuples adoraient Osiris, sous la forme d’un bœuf. Fodère, et le chanoine David, professeur de Rhétorique à Annecy, ont crû que l’antienne ville dont on a découvert les vestiges dans les Fins, avait été connue des anciens sous le nom de Binia et de Dignia, dérivant son étymologie de Dignatia qui, suivant M, David, signifie, en égyptien, antoriti souveraine ; mais Dinia ou Dignitia dont parle. Pline, Hist. Nat., lib. 3, cap. IV, était, suivant le même auteur, la capitale des Avanticiens et des Ebroduntiens ; et tous les commentateurs n’hésitent point à assurer que l’ancienne Dignia ou Binia doit se rechercher dans la position de Digne en Provence, ou de Die du Dauphiné, où l’on sait positivement que furent établis les Ebroduntiens. Ceux qui attribuent la fondation de l’ancienne ville d’Annecy, à T. Annicus, duquel il reste encore des fragments d’inscriptions, ou à ce L. Vinicius Batinus qui y dédia un autel à Jupiter, paraissent avoir des étymologies plus naturelles en faveur de leurs sentiments ; car, dans les plus anciens manuscrits, Annecy est nommé Nici, Nissi,  Necium, Annecium, Anneciacum, soit Necium aquarum.

Quoiqu’il en soit de toutes ces conjectures, l’empereur Lothaire est le premier qui parle d’Annecy, sous le nom d'Annessiacum, dans une cession faite à sa femme Tietberge, le 17 janvier 867, par laquelle il lui donne en propriété : in pago Januensi (Genrevensi), ANNESSIÀCUM, Belmontem, Talyuirum, Ducziardum, Marlindum etc. Muratori, Antiq. Italicœ, tom. II, p. 122. - (dans le comté de Gênes : ANNESSIACUM, Belmont, Talyuirum, Ducziardum, Marlindum, etc.)

Guillaume I, comte de Genevois, distingue Annecy moderne, d’Annecy-le-vieux, dans la donation qu’il fit à Talloires, l’an 1192 : Do totum dominium quod habebam, sicut comes et bonus advôcatus, in ecclesiis quœ sitæ sunt in Anneciaco novo et veteri. Guichenon, Bibli. Sebus, Centur. I., N° 68. - (Je cède tous les droits que j'exerçais, en tant que comte et bon défenseur, sur les églises situées à Annecy-le-Neuf et à Annecy-le-Vieux). Par ce passage, il résulte qu’en l’an 1192, Annecy actuel était regardé comme un endroit nouveau, désigné, ensuite sous le nom de Borg et de Châtel d'Annessicu, dans la sentence prononcée, l’an 1320, par Philippe roi de France, entre Edouard, comte de Savoie, et Guigues-Dauphin, baron de Faucigny.

Les évêques de Genève y établirent, dans le 10e siècle, le tribunal d’un doyen rural, dont la juridiction s’étendait sur 96 paroisses, toutes spécifiées dans l’état du diocèse, dressé en 1457. Les comtes de la Maison de Genève vinrent ensuite y fixer leur résidence ; ils agrandirent et fortifièrent le château, et y établirent l’hôtel de leur monnaie. Les deux pièces que je possède, et qui y ont été frappées, en argent, portent d'un côté, l’Ecu de la Maison de Genève, et de l’autre, une croix, avec les légendes Amedeus comes, Petrus comes (Le comte Amadeus, le comte Petrus). Le premier était Amé III, de Genève, comte de Genevois, qui, en l’an 1367, accorda à la ville d'Annecy, des franchises et un code municipal, sur lequel il existe un mémoire très curieux, divisé en 96 articles., et rédigé l’an 1722, par M. l’avocat Ruffard.
Le second prince qui fit battre monnaie, à Annecy était Pierre de Genève, qui lui accorda un octroi sur le vin et la leyde (perception lors d'une vente) sur les marchés, par lettres patentes, datées de Clermont, le 28 avril 1374. La Maison de Genève s’étant éteinte en la personne de Clément VII, dont nous parlerons bientôt, Annecy passa à celle de Savoie, par le traité de Paris du 5 août 1401. Les princes de cette dernière, Maison, qui eurent en apanage le Genevois, établirent à Annecy, un Conseil présidial composé d’un président, de quatre collatéraux, d’un avocat fiscal et, d’un procureur patrimonial : ce Conseil, que présida longtemps le célèbre Antoine Favre, (qui composa à Annecy la plupart de ses 'ouvrages), fut supprimé par le roi Victor-Amé II. Sa juridiction et celle de la Chambre des comptes du Genevois s’étendaient sur la province de ce nom, sur le Faucigny et sur le mandement de Beaufort, qui formaient, en Savoie, l’apanage des princes de Nemours. 

Annecy ayant été totalement incendié le 5 février 1412, Amédée VIII, premier duc de Savoie, pour aider ses malheureux habitants à relever cette ville de ses ruines, leur accorda, par lettres patentes données à Belley, le 29 mars suivant, plusieurs exemptions pour y établir, avec succès, des fabriques de drap et des filatures en laine : elles existaient encore, en 1630, année où la peste dépeupla Annecy, en dispersa pour toujours les fabricants, et fit abandonner ses manufactures.
Victor-Amé I y fit établir quatre moulins à soie, qui furent réduits en cendres pendant la guerre de 1691 : l’ancienne et florissante fabrique de chapeaux qui était établie à Annecy, depuis un siècle et demi, fut entièrement ruinée, l’an 1724, par une malheureuse discussion entre les fabricant associés ; celles des bas de laine, des faux, des faucilles et de coutellerie de toute espèce tombèrent également, à la même époque, ainsi que la fabrique des armes à feu du célèbre Collin,
Les canaux, soit Thioux qui servent de dégorgement au lac, ont enhardi, dans tous les temps, les habitants d’Annecy à les mettre à profit pour des spéculations mercantiles : et c’est dans le lieu appelé Crans qu’on a su en tirer le meilleur parti. On y voit plusieurs moulins à blé, à huile, à foulon ; plusieurs meules à chanvre ; une papeterie établie en 1738, par Gabriel Velasque, de S. Gingolph, et un martinet à deux feux, mis en action par des trombes. En l’an II, le gouvernement français avait fait construire à Crans, un atelier pour la fabrication des limes et des platines ; mais cet établissement n’ayant point reçu toute sa perfection dans son principe, a été abandonné.
La blanchisserie des toiles, qui maintient toujours sa première réputation, est établie hors d’Annecy, depuis l’an 1650.

M. Duport, de Faverges, habile négociant, pénétré de ce vrai patriotisme qui sait surmonter tous les obstacles pour ranimer l’industrie dans son pays, vient d’établir (en ~1800), à Annecy, une filature en grand, et des fabriques de coton qui ont le plus grand succès, à cause de la bonté et de la finesse des ouvrages que l’on y exécute et qui ne cèdent en rien à ceux d’Angleterre.

Plan de la ville d'Abnnecy vers 1720 - gravure numérisée et concervée par la ©  et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Plan de la ville d'Abnnecy, édité en 1725
Numérisé et publié par le BNF/Gallica
retravaillé nimériquement

M. Coulomb, pour mettre à profit la riche mine de houille d’Entrevernes, a également établi une fabrique de verre noir, dans l’ancien couvent de la petite Visitation ; d’autres particuliers ont formé l’établissement d’une imprimerie de toiles peintes et d’une fabrique d’acide vitriolique. Par tous ces moyens d’industrie nouvelle, qui procurent la subsistance à la multitude, la population d’Annecy s’est soutenue malgré les pertes considérables occasionnées à cette ville, par la suppression du nombreux clergé séculier et régulier qui y était établi depuis l’an 1535, que le siège épiscopal de Genève y fut transféré.

L'on remarque aujourd’hui dans cette ville,

1.° le château, ancienne résidence des ducs de Genevois-Nemours ;
2° l’ancien évêché ;
3.° la Maison commune ;
4-° l’ancienne Cathédrale, aujourd'hui paroisse de S. Pierre, dont le sanctuaire fut magnifiquement décoré en 1778, sur les dessins de Mr Joseph Plaisance, aujourd’hui Architecte impérial des palais de Turin : on y voit, au rond-point, le beau tableau de la délivrance de S. Pierre, peint à Rome par le célèbre Joseph Mazzola de Valduggia, élève de Mengs. Ç’est aux soins et au zèle de M. Chevalier, ancien professeur de Rhétorique à Rumilly, et curé actuel de S. Pierre, que cette église doit les réparations et les dispositions qui y ont été faites, pour y placer les reliques de S. François de Sales, dont la translation s’est faite avec la plus grande, solennité, le 28 mai 1806, par Mgr de Solle, .évêque de Chambéry ;  
5° la paroissiale de S. Maurice, établie dans la vaste église de S. Dominique, fondée l'an 1422 par le cardinal de Brogny : elle a été remise dans le meilleur état, et décorée par l’industrieuse activité de M. le curé Bouvet, ancien professeur de théologie à Rumilly, qui n’a épargné ni soins, n dépenses 'pour la rendre digne de recevoir les reliques de Ste Jeanne-Françoise Frémiot de Chantal, qui y ont été solennellement transférées, par le même évêque de Chambéry, le 29 mai 1806.

Les maisons d’Annecy sont la plupart construites sur des portiques peu exhaussés ; la rue du Pâquier, qui est la plus belle, conduit à un promenoir délicieux, d’où l’on jouit de la vue du lac, de celle des charmants coteaux qui l’entourent, et où la ville, avant que ses clochers eussent été abattus, offrait dans l’ensemble du bel amphithéâtre qui se présentait au sud-ouest, le coup d’œil le plus pittoresque et le plus varié. La carte topographique de cette ville, avec tous ses édifices, a été gravée à Amsterdam, l’an 1690, et se trouve dans le Theatrum Sabaudiœ vol. II, in-folio.

Le caractère des habitants d’Annecy correspond à l’heureuse situation de leur ville ; ils sont doux ; bons, généreux ; leur prévenance et leurs manières honnêtes enchantent ceux qui les fréquentent ; ils ont de l’aptitude pour les spéculations ; sont industrieux ; et plusieurs se sont distingués dans les sciences exactes et dans les belles-lettres.

L’histoire militaire d’Annecy se réduit à trois événements particuliers, où le peuple de cette ville manifesta de l’énergie et du courage. Le premier arriva en 1537, que quelques troupes ennemies qui avaient été battues près de Conflans, entrèrent inopinément dans Annecy, d’où les habitants, après un combat de plusieurs heures, les chassèrent.
Dans la guerre de 1600, entre la Savoie et la France, Annecy ne fit aucune résistance à Henri IV qui entra avec ses principaux officiers : ce roi y demeura quelques jours, et en trouva le séjour agréable et les habitons enjoués.
L’an 1630, Annecy osa résister à Louis XIII ; et cette ville ne se rendit au maréchal de Châtillon, qui était général en chef de l'armée française, qu’après qu'il eut accordé aux habitants la capitulation suivante, du 23 mai :

1.° Que l'on ne pourrait exercer dans Annecy et dans toute la province du Genevois, que la seule religion catholique, apostolique, et romaine,
2.° Que les droits du duc de Nemours seraient conservés ;
3.° Que les magistrats continueraient à jouir de leurs emplois, et à juger suivant les lois du pays ;
4-° Que le corps du Vénérable François de Sales ne pourrait jamais être déplacé, ni porté hors d'Annecy ;
5.° Que les nobles et les bourgeois jouiraient de toutes leurs propriétés, et privilèges ;
6.° Qu’on ne recevrait, dans la ville, que le Roi et sa Cour, et que son armée resterait campée hors de son enceinte et de ses faubourgs ;

Le comte Louis de Sales, qui commandait dans le château, capitula le lendemain, et conduisit sa garnison avec tous les honneurs de la guerre, jusqu’à Conflans.

Louis XIV ayant déclaré la guerre au duc de Savoie, Ie 4 décembre 1703, le maréchal de  Tessé commandant l’armée française qui entra dans le duché, en détacha le marquis de Marcilly avec deux régiments, pour se rendre maître d’Annecy : ayant été attaquée par Joseph, marquis de Sales, qui commandait la bourgeoisie et la garnison de la ville, se désista d’abord de son entreprise. M. de la Vallière ayant amené d'Alby de l’artillerie et un puissant renfort, les retranchements du Sépulcre, sur la route de Chambéry furent emportés de vive force par les Français qui s’emparèrent ensuite des faubourgs, et ayant fait tire le canon contre la porte de Ste Claire, et attaquer celle, de Bœuf par 1200 grenadiers, la garnison se retira par le lac vers Conflans. La ville ayant obtenu une capitulation honorable, l’Armée victorieuse y entra le 14 décembre, sans y commettre la moindre violence, et ne put s’empêcher d’admirer le Courage de ses habitants.

Outre les incendies qui réduisirent Annecy en cendres, le 5 février 1412, le 12 mai 1448, et le 29 août 1559, cette ville faillit d’être détruite par une inondation extraordinaire, arrivée en février 1711. Cette inondation subite, causée par des pluies abondantes et chaudes qui firent, tout-à-coup, fondre les neiges des montagnes et des collines voisines, obstrua tellement le canal sous le pont de N. Dame, qu’une partie des murs derrière l’évêché fut renversée, toutes les rues changées en rivières impétueuses, et plusieurs maisons abattues : les habitants épouvantés allèrent se réfugier au château et autour de l'église de S. Maurice, dans laquelle, on ordonna des prières publiques.

A la réquisition des syndics de l’année, M. M. Lambert de Soirier, Comte, Morand et Truchet, l’auditeur Ennard, Carron de Grésy se rendit en diligence à Annecy, par ordre de la Chambre des Comptes ; il ordonna que l’on nettoierait tous les canaux des Thioux, que, celui qui sert de fossé à la ville, depuis l’arc du port de la Visitation jusqu’à la porte, du Pâquier, serait élargi et recouvert de parapets, et que des écluses seraient établies aux ponts de S. Joseph et près de .l’église du Sépulcre, pour accélérer le dégorgement des eaux, en cas de  nouvelle inondation. Ces réparations étant urgentes, elles furent exécutées, pendant l’été de 1712, par les paysans du mandement d’Annecy, encouragés par la vigilance et l’activité des syndics Nicollin, Grandis, Morand et LachenaL

L’ancien conseil municipal était composé de 20 conseillers et de 4 syndics dont l’élection se faisait chaque année, le premier de mai.

Annecy est aujourd’hui le siège d’une sous-préfecture du département du Mont-Blanc ; il y existe deux hospices et plusieurs établissements de bienfaisance. On y a substitué à l’ancien collège, une école secondaire communale, où huit professeurs enseignent la Philosophie, la Rhétorique, les Belles-Lettres, la Grammaire, et le Dessin ; M.  Moreau, élève du célèbre David, est professeur de cette dernière école.

Panorama d'Annecy jusqu'au Mont-Blanc vers 1880 - gravure numérisée et concervée par la ©  et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Panorama d'Annecy jusqu'au Mont-Blanc vers 1880 réalisé par André-Charles Coppier,
Éditeur : C. Burnod (Annecy) 1887
Numérisé et publié par le BNF/Gallica
retravaillé nimériquement

Le lac d’Annecy, environné de collines fertiles et de vignobles très bien cultivés, a environ trois lieues de longueur sur trois quarts de largeur ; la partie qui s'étend depuis Duing et Talloires jusqu’à Vertier, abonde en excellentes, truites, surtout à l’embouchure de l’Eau-Morte, rivière qui prend sa source au-dessus de Faverges. Les espèces de poissons qui se trouvent en plus grande abondance dans ce lac, sont : la carpe, la perche et un poisson blanc nommé vairon. Les lottes, qui y sont aujourd’hui si multipliées, n’y sont connues que depuis l’an 1770, que l’avocat Jean-François Bàstian, en ayant fait apporter de Genève, pour peupler son réservoir d’Albigny, elles : s’en échappèrent dans une inondation et se répandirent ainsi dans le lac.
Il gela en entier, pendant l’hiver de 1673, qu’un particulier le traversa à pied depuis Vairier jusqu’au Pâquier ; il gela de même à moitié en janvier de l’année 1681, qu’on le passa depuis Bredannaz à Angon, ainsi qu’en février 1682.

.../...
L'article continue sur une vingtaine de pages avec la description de la vie et des oeuvres de plus de 60 personnages, principalment écclésiasttiques (chanoines, etc.) qui sont nés ou ont vécus à Annecy. Cette partie n'a donc pas été retranscrite ici.

 

 

Photo d'une rue d'Annecy vers 1875 - photo numérisée et concervée par la ©  et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Photo d'une rue d'Annecy vers 1875, publication de 1877, auteur inconnu
Numérisé et publié par le BNF/Gallica
retravaillé nimériquement

Annecy-le-Vieux, commune de l’arrondissement d’Annecy, département du Mont-Blanc, est située, en grande partie, sur une colline qui domine le lac, la plaine et la ville d’Annecy. Ses vins blancs sont estimés ; sa population est de 1081 individus. Les Romains habitèrent cet endroit délicieux, ainsi que le prouvent les inscriptions et les fragments d’antiquité que l’on ne cesse d’y découvrir. On y voit deux églises ; la plus grande fut construite par les exécuteurs testamentaires du cardinal de Brogny, qui s’était proposé d’y fonder un couvent de l’ordre de Citeaux ; la plus petite a un clocher de structure gothique, dans l’intérieur duquel sont des fragments d’inscription romaine.

Le roi Victor-Amé II céda, en I715, les droits seigneuriaux de la commune dont nous parlons, à la ville d’Annecy, sous la réserve que celle-ci payerait annuellement aux évêques de Genève, 800 livres, pour subvenir aux besoins des nouveaux Convertis.

 

 

Annecy au bord du lac vers 1870 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Annecy au bord du lac vers 1870
gravure publiée dans Géographie illustrée de la France - Jules Verne - Hetzel - 1876 - collection personnelle

 

Article sur Annecy du Dictionnaire général de géographie universelle - Ennery et Hirth - 1839
collection personnelle

ANNECY, Anecium, petite ville épiscopale du royaume de Sardaigne, dans la province de Genevois, bâtie à peu de distance de la mer, au pied du mont Semina et au bord du lac qui en porte le nom. C’est la ville la plus manufacturière de la Savoie ; elle possède un grand nombre de fabriques, une filature de coton, une grande verrerie, etc. ; on exploite des mines de fer dans son voisinage ; population 6000 habitants.

 

 

Le lac d'Annecy vers 1870 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Le lac d'Annecy vers 1870, gravure, signature lisible : Navellier & L. Marie
publiée dans La France illustrée - Malte-Brun - 1880
collection personnelle

Article extrait du Dictionnaire universel géographique et historique - Thomas Corneille - 1708
collection personnelle

ANNECY. Ville principale du Genevois, dans les États du Duc de Savoie. Elle est située au bord d’un grand lac du même nom, au lieu où en sort une rivière, qui se divisant en trois bras, l’arrose par autant de branches, qui en rendent le séjour très commode à plusieurs ouvriers qui y demeu­rent.
C’est aujourd’hui la retraite de l’évêque et du Chapitre de Geneve, depuis la révolution de ceux de la Religion Prétendue Réformée, arrivée en 1435 sous Pierre de la Baume, qui en était alors évêque, et que l’hérésie en chassa. Les Chanoines choisirent la plus belle église de la Ville pour y faire le service, et la nommèrent Saint Pierre, nom qu’avait l’église épiscopale de Genève. Cependant les Cordeliers, à qui cette église appartient, y chantent l’Office à leur tour comme à l’ordinaire, ce qui fait qu’on l’appelle aussi église de S. François, qui est son ancien nom.
Leur Convent est grand, avec des appartements commodes pour tous les Religieux, et l’église bâtie depuis peu d’années est magnifique. On y monte par un escalier, qui y donne entrée par dessous un portail fort élevé. Ses Chapelles et son maître-autel ne sont pas moins admirés que les ornements. Elle est dans une fort grande rué, qui aboutit à la Place des Dominicains, où est leur Convent, ainsi que le College des Barnabites, et le Monastère des Filles de la Visitation, dépositaires du Corps de Saint François de Sales, qui est sur le maître-autel, dans une Chasse d’argent. Les peintures, dont les murailles sont comme tapissées, représentent les principales actions de ce saint évêque.

Il y a un second convent de Filles de la Visitation dans le faubourg de la Perrière, et l’on y voit le petit lieu où les fondements de cette sainte Congrégation furent jetés. On va presque partout à couvert dans Annecy sous des arcades qui en soutiennent les maisons.
Le Convent des Religieuses de sainte Claire est presque à l’entrée de la ville, dont la grande église Paroissiale et Canoniale, dédiée à Notre-Dame, tient le milieu. La Chanoinie de saint Maurice en relève. L’église est au pied du Château, qui est situé sur une éminence, d’où il a la vue entière, non seulement sur toute la ville, mais aussi sur ses environs, et sur le grand Lac.

Ce Palais est composé de plusieurs corps de logis, assez spacieux, pour loger un Roy et toute sa suite.
Le faubourg du Buffle, où était anciennement le Temple des païens, qui y adoraient un buffle, est si étendu, qu’il contient presque autant de monde que la ville dont il est séparé par une des branches de la rivière qui sort du Lac d’Annecy.
Les bateaux vont à voile sur ce Lac, comme sur la mer, ce qui est d’une très grande commodité pour les habitants de plusieurs villages qu’il arrose, qui viennent apporter leurs denrées à Annecy les jours de marché. Ce Lac a environ quatre lieues et demie de long, et un peu plus d’une demie de large. Il est d’une telle profondeur, que l’on n’en saurait trouver le fond, ce qui est cause qu’il n’est pas fort poissonneux.
Il coule entre les plus hautes montagnes des Alpes qui l’environnent, et dont le sommet est presque toujours couvert de neiges.

Quelques Géographes veulent qu’Annecy, en Latin Annecium était appelé anciennement civitas Bovis, ce qui conviendrait au faubourg du Buffle, et qu’on la nomma ensuite Noviomagas. Il y en a d’autres qui disent que le nom d’Annecy est dérivé du mot Latin Annexiatum quasi annexum aquis (Annecy, pour ainsi dire, rattachée aux eaux), à cause que cette ville est entourée d’eau, ayant d’un côté le Lac, et de l’autre les petites rivières du Tiov et de Fier.
* Jouvin de Rochefort, Voyage d’Italie ce de Malte. D’Audiffret, Géographie ancienne et moderne Tome 2.


 


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 Zoom sur Panorama d'Annecy jusqu'au Mont-Blanc vers 1880 - gravure numérisée et concervée par la ©  et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Plan de la ville d'Abnnecy vers 1720 - gravure numérisée et concervée par la ©  et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur

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