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L a ville de Brest, en 1634, gravure de Christophe Tassin
numérisée et conservée par © la BNF
Retravaillée numériquement par
© Norbert Pousseur
Voici aussi Brest au 19ème siècle ou avec toutes ses gravures
et Le département
du Finistère en 1883
Article extrait du Dictionnaire universel géographique et historique - Thomas Corneille - 1708 Ville de France en Bretagne, dans le Diocèse de Leon, à quatre lieues de Saint Mahé, à onze de S. Paul et de Morlaix, et à douze de Quimper, en Latin Brestia. De l’autre côté du Port, est la belle église de Notre-Dame de Recouvrance, dans un faubourg aussi grand que la moitié de la ville, et où il y a une forte Tour à l'opposite du Château qui est à l’entrée du Port. Il n’y a pas fort longtemps qu’on a bâti un grand Quai de ce côté-là. Il est revêtu de grosses pierres, et bordé de grands magasins qu’on a poussé jusque dans le roc pour avoir de la place dans les montagnes. Ces magasins s'étendent presque jusqu’au fond du Port, où il se fait deux petites baies très commodes pour y bâtir de gros vaisseaux. Il y a tout à l'entour des maisons et des boutiques de toutes sortes d'Ouvriers nécessaires à ce travail. Les Corderies sont séparées de la ville par l’une de ces deux petites baies. On y fait les gros câbles des navires, les voiles, les cordages, et autres choses pour les équiper. L'entrée de sa baie, qui est capable de contenir un très grand nombre de vaisseaux, est appelée le Goulet. C'est un passage extrêmement difficile, à cause des roches cachées qui avancent beaucoup dans la mer des deux côtés du rivage. On sort de la ville sans passer de portes. Elles ont été ruinées, ainsi que les fortifications dont les restes paraissent encore au dehors. Sources : Jouvin de Rochefort, Voyage de France. Audifret, Geogr. ancienne et moderne, Tome 2.
Texte extrait du Dictionnaire universel de laFrance - éd. 1771 - Robert de Hesseln - (collection personnelle). BREST, ville forte et gouvernement de place, avec un des plus beaux et des meilleurs ports de tout le royaume, dans une grande baie, avec un château sur un rocher escarpé du côté de la mer, avec une amirauté, une intendance de marine, et une sénéchaussée qui ressortit au siège présidial de la sénéchaussée de Quimpercotentin, dans la basse Bretagne ; diocèse et recette de S. Pol-de-Leon, parlement et intendance de Rennes. Cette ville est située à 10 lieues au couchant d’hiver de S. Pol-de-Leon, à 9 au même point de Morlaix, à 20 au couchant d’été de L’Orient, à 9 au même point de Nantes, à 48 au couchant de Rennes, et à 128 au couchant de Paris, au 13e degré 39 minutes de longitude, et au 48e. degré 23 minutes de latitude. La route de Paris à Brest est par Dreux, Alençon, Rennes, S. Brieux et Morlaix, On y compte environ 2500 maisons, et communément 24,000 habitants, pour la plupart des étrangers qui n’y restent que pour leurs affaires, et n’y sont que passagers. Cette ville est très malpropre, et il y pleut la moitié de l'année. Elle est divisée en deux parties par un bras de mer. Son assiette fut une colline, qui ne lui permet pas de s’étendre du côté de la mer, est cause que les rues vont toutes en descendant. Elles sont étroites et mal pavées. Deux seulement sont larges et grandes ; ce sont les deux qui aboutissent au port dont l’une commence à la porte de la ville, et l’autre au corps-de-garde.
Le port de Brest est magnifique, et on travaille encore à l’embellir. Son entrée n’est guère plus large que la Seine à Paris : elle est défendue par le château qui, s’il était entretenu, pourrait servir à faire une très vigoureuse défense. De l’autre côté, à l’opposite du château, est une espèce de fer à cheval, bordé de pièces de canons, et un peu au-dessus est une batterie qui donne sur la rade, et que l’on nomme batterie royale. C’est-là que l’on pose le pavillon quand il arrive quelques vaisseaux. Le port est revêtu de deux fort beaux quais, et entouré de magasins bien pourvus de tout ce qui est nécessaire pour les armements. Il y a deux grandes et belles rades : elles sont profondes, et pourraient contenir 500 vaisseaux de guerre. Elles n’ont qu’une seule entrée que l’on nomme Goulet et qui est d’ailleurs difficile à cause des rochers qui sont cachés sous l’eau. Elle a de chaque côté trois rangs de grosses pièces de canons. Brest a quatre églises ; savoir, celle du château, l’église du prieuré des sept Saints, celle de S. Louis, dans la ville de Brest proprement dite, et l’église de S. Sauveur dans le faubourg au quartier de Recouvrance. L’église du château était anciennement la seule paroisse de la ville, mais elle ne sert plus actuellement de paroisse qu'à ceux qui demeurent dans le château et à quelques artisans et autres ouvriers qui ont des fours à chaux sur le glacis du côté de la mer. Le prieuré des sept Saints est à la nomination du prieur de l’abbaye de S. Matthieu, de l’ordre de S. Benoît, appelée dans les anciens titres S. Mahé. Il y a environ 30 ans que l’église de ce prieuré fut réparée en dedans, et presque toute rebâtie ; il n’y a cependant rien de remarquable. Lorsque Brest fut environnée de murailles, on y transféra la paroisse de Lambezellec, qui par ce moyen devint succursale de Brest, au lieu qu’auparavant, le peu de maisons qui étaient à Brest, dépendaient de Lambezellec. Cette ancienne paroisse est à une bonne demi-lieue au nord de Brest. Après plusieurs procès, suivis de plusieurs sentences rendues par l'évêque de S. Pol-de-Leon, de par l’intendant de la province, et après plusieurs arrêts du conseil subséquents, la ville de Brest proprement dite, fut réduite en une seule paroisse, à laquelle est uni le prieuré des sept Saints ; et il ne se fait plus aucune fonction curiale dans l’église de ce prieuré. En vertu de cet arrangement, le recteur (c’est ainsi qu’on nomme le curé de Brest) jouit du prieuré des sept Saints, de Lambezellec et de la paroisse de Brest. C’est à présent l’église de S. Louis qui sert de paroisse à la ville de Brest proprement dite ; église fameuse par les démêlés dont elle a été le rejet entre les Jésuites et les habitants de la ville. Cette église, au reste, a coûté plus de trois cents mille livres à bâtir. Pour subvenir à une pareille dépense, le roi Louis XIV avait permis aux habitants de Brest, par ses lettres-patentes, du 26 février de lever un droit d’entrée de huit livres par chaque tonneau de vin, et de six livres par chaque tonneau de bière et de cidre. Le produit de l’ancienne église paroissiale de Lambezellec vaut en argent au teneur de Brest environ 900 écus par an. Le faubourg de Recouvrance dépendait autrefois de S. Pierre de Quilbignon, qui en est à un quart de lieue vers le couchant d’hiver ; et il n’avait qu’une petite succursale qui est l’église de S. Sauveur, dont j’ai déjà parlé : insensiblement cette succursale a absorbé la paroisse. Le recteur de S. Sauveur demeure à présent à Recouvrance, comme dans le chef-lieu ; et il n’y a plus qu’un curé ou vicaire à S. Pierre de Quilbignon. Ce recteur auquel on donne le nom de recteur de Recouvrance, est indépendant de celui de Brest ; il est seulement obligé de le venir trouver avec son clergé, et de l’accompagner le jour de l’Assomption. Outre les églises dont nous venons de parler, il y a sur le quai de Recouvrance une église à laquelle on donne le titre de gouvernement, et qui est sous l’invocation de la Sainte Vierge. Ce bénéfice vaut 2000 livres de rente à celui qui en est pourvu, et il est à la nomination du seigneur du Châtel, dont relève Recouvrance. C’est dans cette ville que se font les armements les plus considérables. Les magasins et l’arsenal sont ce qu’on peut voir de plus admirable en ce genre. On a construit dans l’arsenal de la marine, depuis la réduction du service des galères de France, un grand bâtiment nommé Bagne, destiné au logement des forçats. Brest est le premier département de la marine de France. Pour ce qui est du gouvernement militaire, il y a pour la ville de Brest de l’île d’Ouessant, un gouverneur, un lieutenant de roi, etc.
On remarque aux environs de Brest le fort de Berthaume, situé sur la côte de S. Mathieu, proche l'entrée du goulet de la rade de Brest, où l’on n’arrive que sur un pont volant suspendu par deux poulies à un câble. Ce pont est une caisse dans laquelle on tient au plus six personnes, et que l’on attire au-dessus de la mer, de la côte au fort, ou du fort à la côte, au moyen d’une corde mise en jeu par un cylindre.
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