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Les villes à travers les documents anciens

Brest au 19ème siècle

Brest depuis la mer, vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Brest depuis la mer, vers 1835, gravure de De la Pylaie
extraite du Guide pratique du voyageur en France - 1838
(collection personnelle).

Voici aussi Brest au 18ème siècle ou avec toutes ses gravures
et Le département du Finistère en 1883

Texte extrait du Dictionnaire de toutes les communes de France - éd. 1851 - Augustin Girault de Saint Fargeau
(collection personnelle).


BREST
, Brivates Portus, Gesocribates, grande et forte ville, Finistère (Bretagne), chef-lieu de sous-préfecture et de 3 cantons. Préfecture maritime. Place de guerre de 1ère classe. École de navigation de 2è-me classe. École spéciale du génie maritime. Tribunal de 1ère instance et de commerce. Chambre et bourse de commerce. Consulats étrangers. École de médecine, de chirurgie et de pharmacie. Société d’agriculture. École de maistrance. 2 cures. Direction des douanes. Gîte d’étape. Relais de poste. Bureau de poste.
Population 48,225 habitants
Terrain cristallisé, gneiss.

Établissement de la marée du port, 3 heures 30 minutes. La mer y marne de 6 m 40 cm — Phare à feu tournant et à éclipses de demi-minute en demi-minute, établi sur la pointe St Mahieu, à l’entrée du Goulet de Brest, élevé de 54 m au-dessus de l’Océan, de 23 km de portée.
Latitude 48° 20', longitude 7° 7'.

Autrefois diocèse et recette de St-Pol-de-Léon, parlement et intendance de Rennes, sénéchaussée, amirauté, intendance et arsenal de la marine, prieuré, collège, séminaire, couvent de carmes.

L'entrée du port de Brest vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
L'entrée du port de Brest vers 1835, gravure de Jugelet,
Extraite de La France Maritime - Amédée Gréhan - 1837
Collection personnelle

 

Histoire de Brest

Quelques écrivains ont cru que Brest était le Brivates Portus des anciens, ou le Gesocribates des Romains ; mais aucun vestige du séjour ou du passage des Romains à Brest, aucun titre, aucune autorité ne peut justifier celle prétention. Quelques auteurs prétendent sans pouvoir alléguer aucune preuve, que ce fut Conan Mériadec qui bâti le château de Brest. L'historien le Baud dit, avec aussi peu de fondement, que Brest était l'ancienne cité d’Occismor ; ce qui est démenti par toutes les légendes, par tous les documents historiques authentiques. La vérité est que l’histoire ne fait aucune mention bien constatée de Brest avant l’an 1240 ; des légendes fort anciennes ne permettent cependant pas de douter qu’il n’y eût un château fort en ce lieu, à une époque bien antérieure.

 

Vue sur le port militaire de Brest, vers 1830 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur
Vue sur le port militaire de Brest, vers 1830
gravure extraite de La France illustrée - V.A. Malte-Brun - 1885
(collection personnelle).

L’excellence de la rade et l’utilité du port de Brest excitèrent l’envie des Normands, des Anglais et des Espagnols, qui s’efforcèrent, à diverses reprises, de se rendre maîtres du château. En 1240, Hervé, vicomte de Léon, céda la forteresse de Brest à Jean Ier, duc de Bretagne. En 1341, le comte de Montfort mit le siège devant cette place, qui avait pour gouverneur Garnier de Clisson ; après un premier assaut infructueux, Clisson fait une sortie, à la tête de quarante hommes, et tue plusieurs ennemis. Montfort accourt, et repousse Clisson jusqu’à la porte du château, dont, par mégarde, les assiégés avaient baissé la herse. Leur brave commandant soutint seul le combat, adossé à la porte, et fit des prodiges de valeur. Ses gens s’aperçurent bientôt du danger où il se trouvait. Ils relevèrent la herse pour le faire rentrer dans la place ; mais Clisson avait été tellement criblé de blessures qu’il en mourut le surlendemain. Ce funeste événement jeta la consternation dans le château qui se rendit à Montfort.

En 1372, Jean IV, duc de Bretagne, abandonna aux Anglais la ville et le château de Brest, à la charge par eux de les défendre et conserver pendant la guerre, et de les lui rendre à la paix. L’année suivante, du Guesclin et Olivier de Clisson tentèrent inutilement de reprendre cette place, qui toutefois fut remise en la possession du duc de Bretagne, en 1376, après la mort d’Edouard III, roi d’Angleterre.
La guerre ayant éclaté de nouveau entre la France et la Bretagne, Jean IV confia derechef la défense de Brest à une garnison anglaise, qui y entra le 15 juin 1378, et qui refusa de rendre celle ville lorsque la paix fut conclue entre le roi de France et le duc de Bretagne. Les Français, unis aux Bretons, l’assiégèrent sans succès en 1382 et en 1386.Toutefois, en 1397, le roi Richard II consentit à la restituer au duc de Bretagne, moyennant une forte rançon. Dans le siècle suivant, les Anglais essayèrent souvent de reprendre cette ville. En 1489, les Français, sous la conduite du vicomte de Rohan, s’en emparèrent. Trois ans après, la paix fut conclue entre la France et la Bretagne, et, par le mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne, Brest demeura à la France.

Château de Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Le château de Brest vers 1900
gravure extraite de Patrie - Boulanger - 1900
Collection personnelle

Pendant la Ligue, cette ville prit parti pour Henri IV, et lui demeura fidèle ; ce fut alors contre les Espagnols qu’elle eut à se défendre. En 1591, don Juan d’Aquila effectua un débarquement près de la ville, et construisit un fort sur la presqu’île de Quélern, où les Espagnols furent bientôt assiégés eux-mêmes ; ils y résistèrent à plusieurs attaques, mais un dernier assaut emporta leurs retranchements, et ils furent presque tous massacrés. En 1597, l’Espagne, résolue à venger cet échec, arma une flottille considérable qui arriva devant Brest, où elle fut atteinte par une tempête affreuse ; une partie des vaisseaux coula à fond ; les autres furent brisés sur les écueils qui hérissent les côtes voisines. Un siècle s’écoula sans nouvelles agressions. En 1694, une flotte anglaise de trente-cinq vaisseaux, portant 10,000 soldats, arriva devant Brest, et débarqua des troupes dans l’anse de Poldu ; mais la garnison, les paysans des environs et leurs femmes même, attaquèrent les ennemis et les mirent en déroute. Pendant le combat, la marée ayant laissé les chaloupes à sec, les Anglais ne purent se rembarquer ; ils furent tous tués ou faits prisonniers.

Les armes de Brest sont : parti, le premier d'azur, semé de trois fleurs de lis d’or ; le deuxième d’argent semé de mouchetures d'hermines de sable. Dans un manuscrit de 1669, elles sont figurées : d’azur à un navire (for, au chef d’argent charge d’hermines.

Rues de Brest, son château et sa rade vers 1825 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur
Rues de Brest, son château et sa rade vers 1825, gravure de Goblain
extraite du Nouveau voyage pittoresque de la France - Ostervald - 1827
Collection personnelle

Situation de Brest

Jusqu’en 1630, la ville de Brest reçut peu d’accroissement, elle était petite, ne possédait aucun établissement maritime, et n’avait d’autre édifice religieux que la vieille église du château. Elle commença à s’agrandir, et le faubourg de Recouvrance fut fondé vers 1670. En 1680, le maréchal de Vauban fit construire une enceinte de fortifications ; Recouvrance fut alors joint à la ville qui continua de s’accroître. En 1773, la première enceinte ne suffisant plus, une seconde fut construite, et la ville atteignit bientôt la population dont elle jouit aujourd’hui.

Embouchure de la Penfeld à Brest, vers 1870 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Embouchure de la Penfeld à Brest, vers 1870
Extraite de la Géographie illustrée de la France - Jules Verne - Hetzel - 1876
Collection personnelle

La ville de Brest est située sur le bord septentrional d’une superbe rade, formée par l’Océan, à peu de distance de l’embouchure de la rivière de l’Elorn et sur les deux rives de celle de Penfeld, qui divise la ville en deux parties, l’une à droite, connue sous le nom de Recouvrance, et l’autre sur la rive gauche, plus spécialement désignée sous le nom de Brest. Cette ville s’élève au pied et sur le penchant d’un coteau très escarpé ; elle a environ 5 km de circonférence, et se divise naturellement en haute et basse ville. La ville haute se régularise et s’embellit autant que le permettent ses rues montueuses ; elle est régulièrement percée et offre plusieurs beaux édifices ; mais les quartiers supérieurs sont si escarpés que quelques-uns ne communiquent que par des escaliers avec la ville basse, dont plusieurs maisons ont le cinquième étage au niveau des jardins. La ville basse est belle et propre dans la partie qui avoisine le port, mais plusieurs quartiers sont mal bâtis, tristes et malpropres. Le quartier de Recouvrance est composé de quelques belles rues et d’un plus grand nombre de fort laides, formées de maisons dont le style et l’aspect contrastent avec le quartier de Brest. La ville est ceinte de remparts garnis d’arbres qui forment des promenades agréables ; la vue, bornée du côté des terres, est superbe du côté de la rade.

 

Port de Brest depuis sa rade, vers 1875 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Le port de Brest depuis sa rade, vers 1875, gravure de Jules Noël
Extraite de Géographie générale - physqiue, politique et économique - Louis Grégoire - 1877
Collection personnelle

 

Rade. La rade de Brest est regardée comme une des plus belles du monde. Constantinople et Rio-de-Janeiro en offrent, il est vrai, de plus spacieuses ; mais il n’en est aucune de plus sûre, tant sous le rapport de la bonté des mouillages que sous celui de l’excellence des abris. Exactement close dans toutes ses parties, une seule issue, dite le Goulet, sert de passage, et le peu de largeur de cette passe, divisée par les rochers, les formidables fortifications dont la côte est hérissée, interdisent l’entrée aux forces ennemies, et rendent Brest presque inexpugnable du côté de la mer. Depuis, cette entrée jusqu’à l’embouchure de la rivière de l’Elorn, le diamètre est d’environ 10 km ; la largeur variera raison des divers golfes qu’elle contient et de l’inégalité de sa forme. De Brest à la côte de Lanvéoc, on compte 12 km Cette rade, qui peut être considérée comme un ensemble de plusieurs rades, présente, y compris ses anses et ses baies, une surface de près de 60 km carrés de superficie, dont plus du tiers offre des abris et des mouillages excellents, tels que la baie de Roscanvel, celle du Fret, et celle superbe embouchure de la rivière du Faou, qui s’ouvre entre l’ile Ronde et le fort de Lanvéoc, et s’étend jusqu’à 6 km dans la rivière, au promontoire du Bendi, surface équivalente à 4,000 m en carré, dans laquelle on trouve huit à quinze brasses d’eau, fond de vase bien net ou de madrépores.


Fort Bertheaume :A l’entrée du Goulet, sur la côte de St-Matthieu, on voit le fort Bertheaume, qui défend la passe et la rade. On ne peut y arriver que par un va-et-vient.

 

Port militaire de Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Le port militaire de Brest vers 1900
gravure extraite de Patrie - Boulanger - 1900
Collection personnelle

Port. Le port de Brest est assez grand pour contenir plus de cinquante vaisseaux, frégates et autres bâtiments de guerre, tous à flot et garantis des vents par les hauteurs environnantes. Des batteries formidables en défendent toutes les parties. A gauche de l’entrée, on trouve d’abord une batterie à fleur d’eau, nommée Fer à cheval, qui sert d’avant-garde, et est parfaitement armée : on y remarque des fours à rougir les boulets et un parc considérable de boulets ramés. Ce poste, bien fortifié, est couronné d’un beau rempart, auquel on gravit par une rampe, et qui est armé de vingt-quatre pièces de 48 en bronze. Derrière cette belle fortification, et tout à fait sur la sommité du roc, se trouvent les batteries du polygone et de très beaux magasins d’artillerie, ainsi qu’un magasin à poudre qui fournit aux approvisionnements des escadres, et qui sert de dépôt pour les poudres des bâtiments armés qui entrent dans le port. Au-dessus de celte montagne règne un superbe quai, en amphithéâtre, bordé de magnifiques édifices.

Grande grue du port de Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
La grande grue du port de Brest vers 1900
gravure extraite de Patrie - Boulanger - 1900
Collection personnelle

Pont tournant de Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Le pont tournant de Brest vers 1900
gravure extraite de Patrie - Boulanger - 1900
Collection personnelle


Si l’on parcourt ce quai, à partir de la batterie du Fer à cheval, on rencontre un parc à boulets, ensuite le parc aux vivres, qui contient d’immenses magasins servant d’ateliers de salaisons, des magasins de comestibles renfermant tous les vivres propres aux approvisionnements des flottes, etc. Là sont aussi d’énormes tas de fagots pour le chauffage des fours, et de bois de corde pour l’approvisionnement des cuisines des bords. Après les ateliers de salaisons, on rencontre un superbe magasin, actuellement en construction, et dont l’emplacement a été miné dans le roc, ainsi que ceux de tous les édifices du port. Enfin le parc aux vivres se termine par les boulangeries, d’une belle construction et à l’épreuve du feu, dont tous les étages sont parfaitement voûtés. Ces édifices contiennent vingt-quatre fours, des bluteries, des salles à grains, enfin tout ce qui est nécessaire à une grande manutention.
Sur le quai s’élève une fontaine, qui distribue dans l’intérieur de l’eau à chaque four par un robinet privatif. Une fort belle grille ferme le parc sur le quai de la ville, et clôt ainsi de ce côté ce superbe vestibule du port, barré, dans toute sa largeur, par la chaîne, assemblage de radeaux et de chaînes énormes en fer, qui ne laisse qu’une petite passe, fermée et soigneusement gardée la nuit.

Port militaire de Brest, vers 1880 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Vue générale du port militaire de Brest, vers 1880
VA Malte-Brun; 1855 - 1882
Collection personnelle

À droite de l’entrée, et vis-à-vis le Fer à cheval et le parc aux vivres, domine majestueusement le château de Brest, avec ses tours et ses remparts élevés, aussi remarquable par sa force et sa situation que par les souvenirs historiques qui s'y rattachent. Cette forteresse, célèbre dans les fastes de la Bretagne, et dont les Français, les Américains, les Anglais se sont disputé la possession pendant tant d’années, est bâtie sur un rocher fort escarpé. Sa forme actuelle est celle d’un trapèze. Cinq tours énormes, liées par des courtines et par un chemin de ronde, sont couronnées de plateformes d’une très grande solidité, sur lesquelles des embrasures et des parapets sont destinés à recevoir des pièces de canon de gros calibre. Cependant l’extrême hauteur de ces tours fait présumer facilement que ces batteries aériennes ne pourraient être pointées à un angle assez aigu pour servir à la défense du port. Les batteries du pied de la citadelle, celle particulièrement dite batterie couverte, sont autrement efficaces. Les trois tours qui regardent la rade ont chacune un nom particulier.

Remparts du château de Brest vers 1830 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Quai de Brest sous les remparts du château, vers 1830, Gavure de Colin
Extraite de Le Landscape français - 1834
Collection personnelle


Celle du milieu porte le nom de César, quoiqu’il soit bien démontré que ce conquérant ne vint jamais à Brest ; son aspect seul atteste son ancienne origine, et des vestiges encore existants prouvent qu’elle fut construite avant l’invention de la poudre. Cette tour offre un très vaste local, des caves souterraines et parfaitement voûtées ; elle est couverte d’une très belle et très solide plateforme.
A gauche de la tour de César, vis-à-vis la chaîne, est celle appelée de Brest ; elle forme un massif de la plus grande beauté, revêtu de pierres de taille liées entre elles avec un art remarquable.
À droite et du côté de la rade est la tour des Français, également couronnée d’une plateforme et d’une batterie dont les feux se croisent avec ceux de la batterie royale. Au pied de cette tour, et en longeant la courtine qui la sépare de la tour de la Madeleine et du front des ouvrages donnant sur la ville de Brest, se trouve la grève de Postrein, où l’on remarque un chantier de construction de navires de commerce et quelques fours à chaux.

Rade et château de Brest vers 1855- gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Rade et château de Brest vers 1855, gravure de Rouargue frères
Extraite de Histoire des villes de France - Aristide Guilbert - 1859
Collection personnelle


La tour de Brest est liée par une courtine d’une hauteur extraordinaire à une autre tour beaucoup plus élevée encore, qui termine le grand côté du trapèze sur le front de la ville. Les murailles sont d’une très belle construction ; les arêtes des angles, les cordons surtout, sont fort bien confectionnés, et ont été mis dans l’état actuel par Vauban lui-même. La tour restaurée porte le nom de Donjon ; elle servait anciennement de demeure aux ducs de Bretagne. La distribution intérieure porte toute l’empreinte du siècle où elle fut construite (1550). C’est un dédale inextricable de chambres, de salles, d’avenues, de souterrains, où la féodalité et son affreux despotisme semblent régner encore, tant les cachots de tous les genres, les réduits de tortures rappellent à l’imagination affligée les souvenirs de ces temps d’ignorance et de barbarie. La profondeur du plus grand nombre, taillés dans le roc, et leur obscurité, inspirent un sentiment d’horreur que l’on voudrait vainement repousser, quand surtout on arrive à celui connu sous le nom oubliettes, cachot ou plutôt sépulcre fort resserré, qui n’a d’autre ouverture qu’une sorte de cheminée fort étroite de 10 m de profondeur.
Outre ces quatre tours, déjà décrites, il en existe trois autres ; deux flanquent la porte du château, du côté de la ville, dont elles sont séparées par des remparts, des fossés très profonds, et une demi-lune. Dans ces tours se trouvent les prisons. L’intérieur de ces fortifications renferme une très belle place d’armes, l’arsenal de l’artillerie de terre, de très beaux magasins et des casernes, dont une, nouvellement construite, est supérieurement distribuée et /l’un bel ensemble.

Bateau école devant le fort de Brest, vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Bateau école devant le fort de Brest, vers 1835, gravure de Gilbert,
Extraite de La France Maritime - Amédée Gréhan - 1837
Collection personnelle

Bassin de construction. C’est un magnifique établissement construit en même granit dont sont bâtis tous les quais et édifices de la marine. Il est garni, à son pourtour extérieur, d’un canal couvert, avec des jours de distance en distance. Ce canal s’emplit à volonté, et l’eau qui s’amasse dans des auges de pierre ou de fonte sert aux pompes de précaution ou d’incendie dont on entoure les bâtiments lors de leur chauffage.

 

Quartier de l'Artillerie de la Marine à Brest vers 1830 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur
Quartier de l'Artillerie de la Marine à Brest, vers 1830, gravure de gravure de Eugène-Ferdinand Buttura
extraite de la France pittoresque d'Abel Hugo - 1835
Collection personnelle

Magasin général. C’est un vaste édifice d’une distribution simple, mais bien entendue, dont les salles contiennent tous les objets d’approvisionnement qui ne se délivrent pas dans les ateliers mêmes ou dans les différentes directions. Vis-à-vis se développe un quai très spacieux, qui forme même une sorte de place d’armes, sur laquelle M. Cafarelli, préfet maritime, fit élever en l’an XII une élégante fontaine, surmontée d’une magnifique statue en marbre, représentant Amphitrite.

Corderie. Après ce front, d’une très grande étendue, et pour l’emplacement duquel on a escarpé le roc jusque dans la mer, se trouvent les corderies, placées l’une au-dessus de l’autre dans la pente et aux dépens mêmes du rocher. Ces ateliers sont d’une longueur immense, et présentent, avec le bagne et le quartier de la marine, qui les dominent en amphithéâtre, le plus beau coup d’œil qu’il soit possible d’envisager. Les corderies contiennent chacune un corps de bâtiment, des ailes et des pavillons aux extrémités ; elles ont trois étages et des mansardes, ce qui fait huit salles de plus de mille pas de longueur sur une belle largeur.
Vis-à-vis les corderies se trouve un quai superbe, qui sert à déposer les ancres destinées aux bâtiments, et dont le nombre est considérable. À l’extrémité des corderies, et au détour de l’angle que forme en cet endroit le chenal, on trouve les magasins des brais et goudrons, sous lesquels on a pratiqué un escalier en pierre pour gravir jusqu’à la corderie haute. Plus loin, on aperçoit un corps de garde, au-dessous de l’extrémité des remparts de la ville, du côté de Brest ; un beau parc au lest, et un superbe réservoir d’eau excellente, qui, au moyen de six énormes tuyaux, sert à l’approvisionnement des navires.

Arsenal. Une grille assez belle et un poste militaire annoncent, du côté de Recouvrance, l’entrée de l’arsenal. Elle en porte le nom spécial, parce qu’effectivement là se trouve l’arsenal de l’artillerie, avec un parc qui règne tout le long du quai, et qui contient des canons et des caronades de toutes les espèces, ainsi que des mortiers et des obusiers. Vis-à-vis le parc sont les ateliers de la direction d’artillerie, superbes édifices avec de très belles voûtes et de très beaux étages. Dans le bas sont les chantiers dû charronnage, ceux des affûts, l’armurerie, la fonderie, où tous les travaux s’exécutent d’après les procédés les plus modernes et les plus ingénieux.

Ancien magasin général. En sortant du parc, on rencontre un vieil édifice dont l’architecture porte le type du siècle où il fut construit ; c’est l’ancien magasin général que fit bâtir le cardinal de Richelieu, le seul des établissements de cette époque qui subsiste encore dans le port.

Matûre au port de Brest vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Mise en place de matûre au port de Brest vers 1835, gravure de L. Garnerazy
Extraite de La France Maritime - Amédée Gréhan - 1837
Collection personnelle

Bassins de construction. En face d’une anse large et profonde, entourée de beaux magasins et de superbes ateliers, existent quatre superbes formes ou bassins de construction, tels qu’il ne s’en trouve nulle part dans le monde ; ils sont placés deux au bout l’un de l’autre, et communiquent entre eux par des portes ; les deux rangées sont parallèles et séparées par un très beau môle, qui règne dans toute la longueur. Ces bassins s’ouvrent et se ferment au moyen de bateaux-portes à leur communication avec la mer, et les eaux entrent de l’un dans l’autre par des portes battantes et busquées. Ils ont été creusés dans le roc. Au fond de l’anse est la prison de Pontanion.

 

Navire en cale de construction du port de Brest vers 1825 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur
Port de Brest avec une des cales de construction contenant un navire,
gravure de Eugène-Ferdinand Buttura

,extraite de la France pittoresque d'Abel Hugo - 1835
Collection personnelle

Cale de construction de navires du port de Brest,  vers 1825 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur
Même vue du port de Brest vers 1825 avec une des cales de construction, mais sans navire
gravure de Leblanc, extraite du Nouveau voyage pittoresque de la France - Ostervald - 1827
Collection personnelle

Établissements divers. En rentrant dans l’alignement du chenal principal, on voit le superbe atelier de la menuiserie. Vis-à-vis, deux cales de construction, opposées l’une à l’autre, reçoivent des vaisseaux du premier rang. L’une d’elles est couverte d’une superbe charpente et d’une toiture à la Philibert-Delorme, supportée par des piliers en granit et des cintres en bois. Cette couverture est d’une légèreté extrême. Une belle et vaste place d’armes, de grands jardins, un bois fort agréable, embellissent cet établissement, que vient d’envahir encore le dépôt des équipages de ligne depuis la funeste suppression des compagnies d’apprentis canonniers. De cet endroit, on jouit de la plus belle vue du port. À gauche, on aperçoit une grande partie de la rade, le château, l’entrée du port, toute la ligne des quais que nous avons décrits, le chenal et ses nombreux vaisseaux ; en face surtout, les corderies et le bagne, surmontés par l’hôpital nouveau, le quartier de la marine ainsi que 1s ville, qui s’élèvent en amphithéâtre, présentent un des plus beaux aspects qu’il soit possible d’imaginer.

Atelier des Capucins à Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
L'atelier des Capucins à Brest vers 1900,
Gravure extraite de Patrie - Boulanger - 1900
Collection personnelle

Le bagne. Le bagne est un vaste édifice consacré au logement des forçats. C’est un bâtiment de 260 m de longueur, où l’on remarque trois pavillons, un au centre et deux aux extrémités : celui du centre, destiné au logement des officiers, partage le bagne en quatre salles, dans chacune desquelles on peut loger cinq cents hommes ; les deux pavillons des extrémités sont destinés au logemeut des bas officiers commis à la garde de cette prison. Chaque salle a ses commodités particulières, consistant en latrines, fontaines, cuisines et tavernes ; et chacune d’elles est coupée en deux par un mur de 1 m 30 cm d’épaisseur qui passe par le milieu de la largeur.
Indépendamment des salles, règne, le long de la cour, un grand édifice qui sert d’hôpital spécial pour les forçais. Les salles y sont parfaitement tenues, comme tout ce qui tient au service de santé de la marine, et les malades y ont les mêmes lits, y reçoivent les mêmes soins que les militaires. Au delà de l’hôpital, et dans une cour séparée, se trouve une manufacture de toiles, établissement vraiment philanthropique, qui met à la disposition des commissaires les moyens de récompenser la bonne conduite et de faire naître l’encouragement, en appliquant à ce travail moins pénible les condamnés qui se comportent le mieux, ainsi que les vieillards. Une autre cour spacieuse contient les casernes des chiourmes.
Au-dessus du bagne s’élève une superbe esplanade, d’une très grande étendue, cernée de murs et de grilles. C’est un parallélogramme, dont un des grands côtés est occupé par une caserne d’un magnifique aspect.

On remarque encore à Brest : le cours d’Ajot, d’où l’on jouit de la vue de toute la rade ; la bibliothèque de la marine, renfermant 20,000 volumes, le cabinet d’histoire naturelle, le jardin des plantes, l’observatoire de la marine, les hôpitaux, la salle de spectacle, dont la façade est d’un bel effet, l’hôtel de ville, l’église de Saint-Louis, etc., etc.

Biographie.
Brest est le lieu de naissance :

  • De Kersaint, député à l’assemblée législative.
  • Des amiraux Lamothe-Piquet, Linox s et Rosollt-Mesros.
  • Du vicomte Bigot de Morogues, lieutenant général des armées navales.
  • Du comte F.-M. d’Aboville, lieutenant général et pair de France.
  • De l’abbé de Rochon, astronome et voyageur.
  • Du savant médecin Boisseau.
  • De N. Gilbert, médecin en chef des armées.
  • De Keraudren, médecin en chef des armées navales.
  • De Ch.-N. Feburier, auteur du Traité complet des abeilles.
  • De Croquet de Lindu, ingénieur des fortifications de la marine.
  • De L.-D. Bernard, avocat, défenseur de l’infortuné général Travot.
  • Du poète Grée, auteur de : la Navigation, poème en 4 chants.
  • D’Henriette de Castelnau, comtesse de Murat, romancière et poète.
  • D’Edouard Corbière, littérateur et romancier.
  • Du graveur le Gouaz.
  • Du dessinateur N.-P. Ozanne.

Incendie du théâtre de Brest en mars 1866 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Incendie du théâtre de Brest en mars 1866, dessin de Clerget et de Moraine,
d'après une photographie de MM. Mage frères, gravure extraite de L'univers illustré - 1866
Collection personnelle

Bibliographie.

  • La Prise et Possession de l'importante place et château de Brest, etc, in-8,1626.
  • Dauvin. Essais topographiques, statistiques et historiques sur la ville et le château, le port et la rade de Brest, in-8, 1816.
  • Feraud. Notice historique sur la ville de Brest, in-32,1838.
  • Choquet de Lindu. Description des trois formes du port de Brest, iin-f°, 1757.
    Description du bagne pour loger les forçats de l’arsenal de Brest, in-f°, 1759.
  • Appert. Voyage aux bagnes de Brest, Lorient, Boche fort, in-8, 1828.
  • Miorcec de Kerdanet. Voyage au château de Joyeusegarde, près de Brest, in-f°, 1523.
  • Bulletin de la société d'émulation de Brest, in-8,1823-41.
  • Gilbert-Villeneuve. Itinéraire descriptif du département du Finistère, in-8, 1828 (on y trouve une description du bagne et des principaux établissements de Brest).

Industries et Commerce : Fabriques de cordages, chapeaux vernis. Tanneries. Construction de navires. Armement pour la pêche de la sardine, du maquereau et de la morue. — Commerce de grains, vins, bière, eau-de-vie, poisson frais et salé. Entrepôt fictif. Entrepôt de sel.
Le commerce de Brest est loin d’être aussi important qu’il pourrait le devenir. On a cependant formé le projet d’y établir un port de commerce qui se joindrait au port de guerre par un canal qui isolerait la citadelle et en formerait une île. Il est à désirer que ce projet se réalise, et nous donne sur l’Océan un grand port dont le besoin se fait sentir entre Nantes et le Havre.

Brest étant une place militaire, l’industrie y est peu active et peu importante. Le commerce s’y trouve à peu près réduit aux approvisionnements de la marine.
Foires les 1er lundis de chaque mois.

À 92 km de Quimper, 597 km de Paris.

L'arrondissement de Brest est composé de 12 cantons : Brest 1er canton, Brest 2e canton, Brest 3° canton, Daoulas, Ouessant, Landerneau, Lannilis, Lesneven, Plabennec, Ploudalmézeau, Ploudiry et St-Renan.

Habitants des environs de Brest vers 1840 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Habitants des environs de Brest vers 1840
Gravure extraite de La Bretagne - Jules Janin - 1844
Collection personnelle

 

La fontaine Caffarelli de Brest, vers 1830 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
La fontaine Caffarelli de Brest, vers 1830, gravure par P. Brunellière
Extraite de La France maritime - Amédée Gréan - 1837
Collection personnelle
On peut lire :
Erigé sous les auspices et par les soins du Préfet maritime Joseph. Cafarelli (sic)
le L Germinal, An II 1803
Wikipedia indique
qu'elle fut inaugurée en 1802 sur le quai de l'Arsenal de Brest,
surmontée d'une sculpture d'Amphytrite d'Antoine Coysevox.

 


 


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Zoom sur Brest depuis la mer, vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur   Zoom sur L'entrée du port de Brest vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Vue sur le port militaire de Brest, vers 1830 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Château de Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur

  Zoom sur Rues de Brest, son château et sa rade vers 1825 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Embouchure de la Penfeld à Brest, vers 1870 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Port de Brest depuis sa rade, vers 1875 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Port militaire de Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur

  Zoom sur Grande grue du port de Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Pont tournant de Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Port militaire de Brest, vers 1880 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Remparts du château de Brest vers 1830 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur

  Zoom sur Rade et château de Brest vers 1855- gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Bateau école devant le fort de Brest, vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Quartier de l'Artillerie de la Marine à Brest vers 1830 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Matûre au port de Brest vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur

  Zoom sur Atelier des Capucins à Brest vers 1900 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Navire en cale de construction du port de Brest vers 1825 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Cale de construction de navires du port de Brest,  vers 1825 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Matûre au port de Brest vers 1835 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur

  Zoom sur Habitants des environs de Brest vers 1840 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur  Zoom sur Navire en cale de construction du port de Brest vers 1825 - gravure reproduite et retouchée numériquement par © Norbert Pousseur

 

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