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Brest depuis la mer, vers 1835, gravure de De la Pylaie
extraite du Guide pratique du voyageur en France - 1838
(collection personnelle).
Voici aussi Brest au 18ème siècle ou avec toutes ses gravures
et
Le département
du Finistère en 1883
Texte extrait du Dictionnaire de toutes les communes de France - éd. 1851 - Augustin Girault de Saint Fargeau Établissement de la marée du port, 3 heures 30 minutes. La mer y marne de 6 m 40 cm — Phare à feu tournant et à éclipses de demi-minute en demi-minute, établi sur la pointe St Mahieu, à l’entrée du Goulet de Brest, élevé de 54 m au-dessus de l’Océan, de 23 km de portée. Autrefois diocèse et recette de St-Pol-de-Léon, parlement et intendance de Rennes, sénéchaussée, amirauté, intendance et arsenal de la marine, prieuré, collège, séminaire, couvent de carmes.
Histoire de Brest Quelques écrivains ont cru que Brest était le Brivates Portus des anciens, ou le Gesocribates des Romains ; mais aucun vestige du séjour ou du passage des Romains à Brest, aucun titre, aucune autorité ne peut justifier celle prétention. Quelques auteurs prétendent sans pouvoir alléguer aucune preuve, que ce fut Conan Mériadec qui bâti le château de Brest. L'historien le Baud dit, avec aussi peu de fondement, que Brest était l'ancienne cité d’Occismor ; ce qui est démenti par toutes les légendes, par tous les documents historiques authentiques. La vérité est que l’histoire ne fait aucune mention bien constatée de Brest avant l’an 1240 ; des légendes fort anciennes ne permettent cependant pas de douter qu’il n’y eût un château fort en ce lieu, à une époque bien antérieure.
L’excellence de la rade et l’utilité du port de Brest excitèrent l’envie des Normands, des Anglais et des Espagnols, qui s’efforcèrent, à diverses reprises, de se rendre maîtres du château. En 1240, Hervé, vicomte de Léon, céda la forteresse de Brest à Jean Ier, duc de Bretagne. En 1341, le comte de Montfort mit le siège devant cette place, qui avait pour gouverneur Garnier de Clisson ; après un premier assaut infructueux, Clisson fait une sortie, à la tête de quarante hommes, et tue plusieurs ennemis. Montfort accourt, et repousse Clisson jusqu’à la porte du château, dont, par mégarde, les assiégés avaient baissé la herse. Leur brave commandant soutint seul le combat, adossé à la porte, et fit des prodiges de valeur. Ses gens s’aperçurent bientôt du danger où il se trouvait. Ils relevèrent la herse pour le faire rentrer dans la place ; mais Clisson avait été tellement criblé de blessures qu’il en mourut le surlendemain. Ce funeste événement jeta la consternation dans le château qui se rendit à Montfort. En 1372, Jean IV, duc de Bretagne, abandonna aux Anglais la ville et le château de Brest, à la charge par eux de les défendre et conserver pendant la guerre, et de les lui rendre à la paix. L’année suivante, du Guesclin et Olivier de Clisson tentèrent inutilement de reprendre cette place, qui toutefois fut remise en la possession du duc de Bretagne, en 1376, après la mort d’Edouard III, roi d’Angleterre.
Pendant la Ligue, cette ville prit parti pour Henri IV, et lui demeura fidèle ; ce fut alors contre les Espagnols qu’elle eut à se défendre. En 1591, don Juan d’Aquila effectua un débarquement près de la ville, et construisit un fort sur la presqu’île de Quélern, où les Espagnols furent bientôt assiégés eux-mêmes ; ils y résistèrent à plusieurs attaques, mais un dernier assaut emporta leurs retranchements, et ils furent presque tous massacrés. En 1597, l’Espagne, résolue à venger cet échec, arma une flottille considérable qui arriva devant Brest, où elle fut atteinte par une tempête affreuse ; une partie des vaisseaux coula à fond ; les autres furent brisés sur les écueils qui hérissent les côtes voisines. Un siècle s’écoula sans nouvelles agressions. En 1694, une flotte anglaise de trente-cinq vaisseaux, portant 10,000 soldats, arriva devant Brest, et débarqua des troupes dans l’anse de Poldu ; mais la garnison, les paysans des environs et leurs femmes même, attaquèrent les ennemis et les mirent en déroute. Pendant le combat, la marée ayant laissé les chaloupes à sec, les Anglais ne purent se rembarquer ; ils furent tous tués ou faits prisonniers. Les armes de Brest sont : parti, le premier d'azur, semé de trois fleurs de lis d’or ; le deuxième d’argent semé de mouchetures d'hermines de sable. Dans un manuscrit de 1669, elles sont figurées : d’azur à un navire (for, au chef d’argent charge d’hermines.
Situation de Brest Jusqu’en 1630, la ville de Brest reçut peu d’accroissement, elle était petite, ne possédait aucun établissement maritime, et n’avait d’autre édifice religieux que la vieille église du château. Elle commença à s’agrandir, et le faubourg de Recouvrance fut fondé vers 1670. En 1680, le maréchal de Vauban fit construire une enceinte de fortifications ; Recouvrance fut alors joint à la ville qui continua de s’accroître. En 1773, la première enceinte ne suffisant plus, une seconde fut construite, et la ville atteignit bientôt la population dont elle jouit aujourd’hui.
La ville de Brest est située sur le bord septentrional d’une superbe rade, formée par l’Océan, à peu de distance de l’embouchure de la rivière de l’Elorn et sur les deux rives de celle de Penfeld, qui divise la ville en deux parties, l’une à droite, connue sous le nom de Recouvrance, et l’autre sur la rive gauche, plus spécialement désignée sous le nom de Brest. Cette ville s’élève au pied et sur le penchant d’un coteau très escarpé ; elle a environ 5 km de circonférence, et se divise naturellement en haute et basse ville. La ville haute se régularise et s’embellit autant que le permettent ses rues montueuses ; elle est régulièrement percée et offre plusieurs beaux édifices ; mais les quartiers supérieurs sont si escarpés que quelques-uns ne communiquent que par des escaliers avec la ville basse, dont plusieurs maisons ont le cinquième étage au niveau des jardins. La ville basse est belle et propre dans la partie qui avoisine le port, mais plusieurs quartiers sont mal bâtis, tristes et malpropres. Le quartier de Recouvrance est composé de quelques belles rues et d’un plus grand nombre de fort laides, formées de maisons dont le style et l’aspect contrastent avec le quartier de Brest. La ville est ceinte de remparts garnis d’arbres qui forment des promenades agréables ; la vue, bornée du côté des terres, est superbe du côté de la rade.
Rade. La rade de Brest est regardée comme une des plus belles du monde. Constantinople et Rio-de-Janeiro en offrent, il est vrai, de plus spacieuses ; mais il n’en est aucune de plus sûre, tant sous le rapport de la bonté des mouillages que sous celui de l’excellence des abris. Exactement close dans toutes ses parties, une seule issue, dite le Goulet, sert de passage, et le peu de largeur de cette passe, divisée par les rochers, les formidables fortifications dont la côte est hérissée, interdisent l’entrée aux forces ennemies, et rendent Brest presque inexpugnable du côté de la mer. Depuis, cette entrée jusqu’à l’embouchure de la rivière de l’Elorn, le diamètre est d’environ 10 km ; la largeur variera raison des divers golfes qu’elle contient et de l’inégalité de sa forme. De Brest à la côte de Lanvéoc, on compte 12 km Cette rade, qui peut être considérée comme un ensemble de plusieurs rades, présente, y compris ses anses et ses baies, une surface de près de 60 km carrés de superficie, dont plus du tiers offre des abris et des mouillages excellents, tels que la baie de Roscanvel, celle du Fret, et celle superbe embouchure de la rivière du Faou, qui s’ouvre entre l’ile Ronde et le fort de Lanvéoc, et s’étend jusqu’à 6 km dans la rivière, au promontoire du Bendi, surface équivalente à 4,000 m en carré, dans laquelle on trouve huit à quinze brasses d’eau, fond de vase bien net ou de madrépores.
Port. Le port de Brest est assez grand pour contenir plus de cinquante vaisseaux, frégates et autres bâtiments de guerre, tous à flot et garantis des vents par les hauteurs environnantes. Des batteries formidables en défendent toutes les parties. A gauche de l’entrée, on trouve d’abord une batterie à fleur d’eau, nommée Fer à cheval, qui sert d’avant-garde, et est parfaitement armée : on y remarque des fours à rougir les boulets et un parc considérable de boulets ramés. Ce poste, bien fortifié, est couronné d’un beau rempart, auquel on gravit par une rampe, et qui est armé de vingt-quatre pièces de 48 en bronze. Derrière cette belle fortification, et tout à fait sur la sommité du roc, se trouvent les batteries du polygone et de très beaux magasins d’artillerie, ainsi qu’un magasin à poudre qui fournit aux approvisionnements des escadres, et qui sert de dépôt pour les poudres des bâtiments armés qui entrent dans le port. Au-dessus de celte montagne règne un superbe quai, en amphithéâtre, bordé de magnifiques édifices.
À droite de l’entrée, et vis-à-vis le Fer à cheval et le parc aux vivres, domine majestueusement le château de Brest, avec ses tours et ses remparts élevés, aussi remarquable par sa force et sa situation que par les souvenirs historiques qui s'y rattachent. Cette forteresse, célèbre dans les fastes de la Bretagne, et dont les Français, les Américains, les Anglais se sont disputé la possession pendant tant d’années, est bâtie sur un rocher fort escarpé. Sa forme actuelle est celle d’un trapèze. Cinq tours énormes, liées par des courtines et par un chemin de ronde, sont couronnées de plateformes d’une très grande solidité, sur lesquelles des embrasures et des parapets sont destinés à recevoir des pièces de canon de gros calibre. Cependant l’extrême hauteur de ces tours fait présumer facilement que ces batteries aériennes ne pourraient être pointées à un angle assez aigu pour servir à la défense du port. Les batteries du pied de la citadelle, celle particulièrement dite batterie couverte, sont autrement efficaces. Les trois tours qui regardent la rade ont chacune un nom particulier.
Bassin de construction. C’est un magnifique établissement construit en même granit dont sont bâtis tous les quais et édifices de la marine. Il est garni, à son pourtour extérieur, d’un canal couvert, avec des jours de distance en distance. Ce canal s’emplit à volonté, et l’eau qui s’amasse dans des auges de pierre ou de fonte sert aux pompes de précaution ou d’incendie dont on entoure les bâtiments lors de leur chauffage.
Magasin général. C’est un vaste édifice d’une distribution simple, mais bien entendue, dont les salles contiennent tous les objets d’approvisionnement qui ne se délivrent pas dans les ateliers mêmes ou dans les différentes directions. Vis-à-vis se développe un quai très spacieux, qui forme même une sorte de place d’armes, sur laquelle M. Cafarelli, préfet maritime, fit élever en l’an XII une élégante fontaine, surmontée d’une magnifique statue en marbre, représentant Amphitrite. Corderie. Après ce front, d’une très grande étendue, et pour l’emplacement duquel on a escarpé le roc jusque dans la mer, se trouvent les corderies, placées l’une au-dessus de l’autre dans la pente et aux dépens mêmes du rocher. Ces ateliers sont d’une longueur immense, et présentent, avec le bagne et le quartier de la marine, qui les dominent en amphithéâtre, le plus beau coup d’œil qu’il soit possible d’envisager. Les corderies contiennent chacune un corps de bâtiment, des ailes et des pavillons aux extrémités ; elles ont trois étages et des mansardes, ce qui fait huit salles de plus de mille pas de longueur sur une belle largeur. Arsenal. Une grille assez belle et un poste militaire annoncent, du côté de Recouvrance, l’entrée de l’arsenal. Elle en porte le nom spécial, parce qu’effectivement là se trouve l’arsenal de l’artillerie, avec un parc qui règne tout le long du quai, et qui contient des canons et des caronades de toutes les espèces, ainsi que des mortiers et des obusiers. Vis-à-vis le parc sont les ateliers de la direction d’artillerie, superbes édifices avec de très belles voûtes et de très beaux étages. Dans le bas sont les chantiers dû charronnage, ceux des affûts, l’armurerie, la fonderie, où tous les travaux s’exécutent d’après les procédés les plus modernes et les plus ingénieux. Ancien magasin général. En sortant du parc, on rencontre un vieil édifice dont l’architecture porte le type du siècle où il fut construit ; c’est l’ancien magasin général que fit bâtir le cardinal de Richelieu, le seul des établissements de cette époque qui subsiste encore dans le port.
Bassins de construction. En face d’une anse large et profonde, entourée de beaux magasins et de superbes ateliers, existent quatre superbes formes ou bassins de construction, tels qu’il ne s’en trouve nulle part dans le monde ; ils sont placés deux au bout l’un de l’autre, et communiquent entre eux par des portes ; les deux rangées sont parallèles et séparées par un très beau môle, qui règne dans toute la longueur. Ces bassins s’ouvrent et se ferment au moyen de bateaux-portes à leur communication avec la mer, et les eaux entrent de l’un dans l’autre par des portes battantes et busquées. Ils ont été creusés dans le roc. Au fond de l’anse est la prison de Pontanion.
Établissements divers. En rentrant dans l’alignement du chenal principal, on voit le superbe atelier de la menuiserie. Vis-à-vis, deux cales de construction, opposées l’une à l’autre, reçoivent des vaisseaux du premier rang. L’une d’elles est couverte d’une superbe charpente et d’une toiture à la Philibert-Delorme, supportée par des piliers en granit et des cintres en bois. Cette couverture est d’une légèreté extrême. Une belle et vaste place d’armes, de grands jardins, un bois fort agréable, embellissent cet établissement, que vient d’envahir encore le dépôt des équipages de ligne depuis la funeste suppression des compagnies d’apprentis canonniers. De cet endroit, on jouit de la plus belle vue du port. À gauche, on aperçoit une grande partie de la rade, le château, l’entrée du port, toute la ligne des quais que nous avons décrits, le chenal et ses nombreux vaisseaux ; en face surtout, les corderies et le bagne, surmontés par l’hôpital nouveau, le quartier de la marine ainsi que 1s ville, qui s’élèvent en amphithéâtre, présentent un des plus beaux aspects qu’il soit possible d’imaginer.
Le bagne. Le bagne est un vaste édifice consacré au logement des forçats. C’est un bâtiment de 260 m de longueur, où l’on remarque trois pavillons, un au centre et deux aux extrémités : celui du centre, destiné au logement des officiers, partage le bagne en quatre salles, dans chacune desquelles on peut loger cinq cents hommes ; les deux pavillons des extrémités sont destinés au logemeut des bas officiers commis à la garde de cette prison. Chaque salle a ses commodités particulières, consistant en latrines, fontaines, cuisines et tavernes ; et chacune d’elles est coupée en deux par un mur de 1 m 30 cm d’épaisseur qui passe par le milieu de la largeur. On remarque encore à Brest : le cours d’Ajot, d’où l’on jouit de la vue de toute la rade ; la bibliothèque de la marine, renfermant 20,000 volumes, le cabinet d’histoire naturelle, le jardin des plantes, l’observatoire de la marine, les hôpitaux, la salle de spectacle, dont la façade est d’un bel effet, l’hôtel de ville, l’église de Saint-Louis, etc., etc. Biographie.
Bibliographie.
Industries et Commerce : Fabriques de cordages, chapeaux vernis. Tanneries. Construction de navires. Armement pour la pêche de la sardine, du maquereau et de la morue. — Commerce de grains, vins, bière, eau-de-vie, poisson frais et salé. Entrepôt fictif. Entrepôt de sel. Brest étant une place militaire, l’industrie y est peu active et peu importante. Le commerce s’y trouve à peu près réduit aux approvisionnements de la marine. À 92 km de Quimper, 597 km de Paris. L'arrondissement de Brest est composé de 12 cantons : Brest 1er canton, Brest 2e canton, Brest 3° canton, Daoulas, Ouessant, Landerneau, Lannilis, Lesneven, Plabennec, Ploudalmézeau, Ploudiry et St-Renan.
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