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Les villes à travers les documents anciens

Nort sur Erdre au 19ème siècle

Nort au bord de l'Erdre, vers 1840, gravure de Lalaisse, reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Nort vue du pont sur l'Erdre, vers 1840, gravure de Lalaisse
publiée dans La Loire inférieure - 1850 - Lalaisse
(collection personnelle).


Voir aussi la département de la Loire atlantique (ex inférieure) en 1883 par Vuillemin

Article extrait du Dictionnaire universel de la France - Robert de Hesseln - 1771 - collection personnelle.

NORT, bourg du pays Nantois, dans la haute Bretagne, sur la rive droite de l’Erdre, à environ six lieues au levant d’été de Nantes ; diocèse et recette de cette ville, parlement et intendance de Rennes. On y compte 400 à 500 habitants. Ce lieu est l'entrepôt des bois, fer, charbon de bois et de terre, ainsi que des autres, provisions de toutes espèces que l'on y voiture pour les faire, descendre à Nantes par le canal de l’Erdre.
A Languin, près de là, est une mine de charbon de terre très abondante

 

Article extrait du Dictionnaire de toutes les communes de France - éd. 1851 - Augustin Girault de Saint Fargeau
(collection personnelle).

NORT, petite ville, Loire-Inférieure (Bretagne), arrondissement et à 37 km de Châteaubriant, chef-Lieu de canton. Cure. Gîte d’étape. Relais de poste. Bureau de poste. A 380 km de Paris pour la taxe des lettres. Population 5,561 habitants. — Terrain de transition inférieur.

La ville de Nort paraît devoir son nom à la place qu’elle occupe relativement à Nantes. Cependant d’anciennes chroniques l’écrivent Henor. Le prieuré de Henor ou Henord fut fondé en 1075, par les seigneurs du lieu.
Quiriac, évêque de Nantes, approuva cette fondation et lui donna le nom de Saint-Georges.

La seigneurie de Nort était autrefois le château de Lucinière, joli édifice bâti au sommet d’une colline, sur la rive gauche de l’Erdre, à environ 6 km de la ville. Ce château se fait remarquer de loin par les nombreuses avenues qui y aboutissent. Il appartient, depuis 1460, à la famille de Cornulier. En 1589, du temps de la Ligue en Bretagne, on convint d’abattre les fortifications du château de Lucinière aux dépens de la propriétaire la Dame de la Touche-Cornulier, et sans avoir égard à l’opposition qu’elle formait. Elle eut recours à Mlle de Mercœur. Le château ne fut point abattu, et quelques soldats y furent placés en garnison pour le défendre.

Le 27 juin 1793, une colonne de l’armée vendéenne, qui se dirigeait sur Nantes, fut arrêtée depuis huit heures du soir jusqu a cinq heures du malin, au pont de Nort, par le 3ème bataillon de la Loire Inférieure, commandé par un Nantais nommé Meurice. Après dix heures de la plus courageuse résistance, les républicains, accablés par le nombre, furent forcés d’évacuer ce poste, qui fut enlevé par M. d’Autichamp. Mais la lutte avait été longue ; et le corps de l’armée vendéenne, commandé par Cathelineau, d’Elbée et d’Autichamp, ne se trouva pas au commencement de l’attaque de Nantes, retard qui contribua à faire manquer cette entreprise.

Cette ville est dans une situation agréable, sur la rive droite de l’Erdre, qui commence en cet endroit à être navigable. Elle est partagée en trois quartiers, le Port-Mulon, Nort et St-Georges. Ce dernier est l’entrepôt d’une grande partie du bois et du charbon qui se consument à Nantes. Les fers de Moisdon et de Riaillé et le charbon de terre des mines de Languin se transportent aussi à ce port pour, de là, se rendre à Nantes. Le quartier Saint- Georges communique à la ville par un pont jeté sur l’Erdre. Ce pont, construit en pierres, a six arches ; il fut commencé en 1753, et achevé en 1775 ; les parapets n’y ont été ajoutés qu’en 1819.

À 2 km N.-O. de Nort sont les mines de houille de Languen ou Languin, ouvertes en 1746.

Fabriques de cuirs. — Entrepôt considérable de bois, fer, houille, charbon de bois, etc.
Foires pour les bestiaux le 1er vendredi de janvier, de févier, de mars, de septembre, d’octobre, de décembre, 23 juin et 11 novembre. — Marchés considérables tous les vendredis. Plus de deux cents marchands de beurre, de volaille et autres denrées provenant des cantons environnants, s’embarquent à Nort pour se trouver au marché de Nantes, qui se tient le samedi.

 

Mariage breton et habit de jeune communiante - gravure de 1850 par Lalaisse, reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
A Nort, mariage breton et habit de jeune communiante,
gravure de Lalaisse publiée dans La Loire inférieure - 1850 - Lalaisse
(collection personnelle).

Commentaires su la ville de Nort sur Erdre de l'ouvrage La Loire inférieure - 1850 - Lalaisse
collection personnelle.

NORT SUR ERDRE

De toutes nos rivières de France, nulle peut-être n’offre, dans un cours de quelques lieues, des aspects plus variés que l’Erdre. Depuis Nantes jusqu'à Sucé, on dirait le lac de Côme, moins ses montagnes, mais avec ses perspectives changeantes et ses deux rangs de villas ombragées. Après Sucé les bois et les coteaux se prolongent quelque temps encore ; puis les terres s'abaissent, la végétation s'éloigne, et l'eau s'étend sur de vastes solitudes ; c'est ce qu'on appelle la Plaine de Mazerolles.

Cette transition subite des plus frais paysages au plus triste désert imprime à la pensée je ne sais quel sinistre ennui ; elle se reporte involontairement vers ces Mers-Mortes des géographes, lieux maudits sur lesquels s'épanchèrent jadis les grandes eaux de la colère divine. Deux Ilots de quelques mètres, échappés, ce semble, d'antiques submersions, rendent même, à cet égard, l'illusion facile.

Il existe mime, à cet égard, une légende ; suivant elle, une jeune fille, poursuivie et craignant pour sa pudeur, aurait eu recours à la Vierge, et aussitôt les eaux de l’Erdre se seraient répandues sur la plaine, ne laissant que deux points intacts, la petite île actuelle, où se trouvait alors la jeune fille, et la grande, où se virent enfermés ceux qui la poursuivaient.

Dans l'un de ces Ilots, sur le tronc d'un vieil arbre, apparaît une image de la Vierge ; elle est là comme l'espérance au milieu du désert : Ave, mundi spes.

Cependant, après avoir traversé cette plaine stagnante, le bateau reprend le cours de l’Erdre. Ici toutefois, ce n'est plus l’Erdre des environs de Nantes, l’Erdre de Barbin, de la Houssinière, de la Gascherie, tantôt s'épandant en lac, tantôt se rétrécissant comme un fleuve au gré des capricieuses ondulations de ses rives. Désormais, vous n'apercevez plus qu’un étroit canal que l'on dirait creusé de main d'hommes à travers d'immenses prairies. Au lieu d'un poétique tableau du Poussin, vous avez un vivant paysage de Berghem ou de Paul Potier : des meules de foin, des troupeaux, des pâturages, parmi lesquels le bateau semble errer, tant ses aubes effleurent de près la rive.

Nul accident de terrain d'ailleurs, nulle variété de culture n'appellent en ces lieux et ne reposent la vue. Seul, le Pont-Hus se dresse majestueusement dans ces solitudes. Le Pont-Hus fut autrefois un chàteau-fort avec douves, tours et créneaux. Il appartint successivement à des seigneurs du nom de Hus, puis aux La Musse, puis aux descendants du célèbre chancelier Chauvin. L'un de ceux-ci ayant pris part aux séditieux conciliabules de La Rochelle, son château et ses tours furent rasés par arrêt du parlement de Bretagne, ses douves furent comblées, et les bois qui les entouraient coupés à hauteur d'appui.

Les débris du Pont-Hus passèrent dans la suite aux Goyon.

Un chevalier illec estait
Qui le nom de Gouyon portait,
Bel et gent en toute manière,
Et qui estait chief de bannière.
Cil Gouyon..... de çà et là,
Occisoit tant, sans dire holà!
Cette gent normande et danoise
Qui tant leur avoit fait de noise.

Ceci se passait du temps d'Alain Barbe-Torte ; mais au XVIIIe siècle, sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, les Danois étaient loin, et la nécessité d'un chàteau-fort sur l’Erdre était assurément très contestable. La famille des Goyon se contenta donc, en reconstruisant le Pont-Hus, du style pacifique devenu en usage depuis la Renaissance ; ainsi, plus de tours, plus de créneaux, mais un vaste corps-de-logis dominant l'Erdre. Malheureusement, aux alentours du château, l’arrêt du parlement semble toujours peser sur les grands bois.

La monotone nudité de la prairie continue donc et vous accompagne jusqu’au pont de Nort.

Nort forme l’un des gros bourgs et l’une des communes les plus étendues de la Loire-Inférieure. Son ancienneté n’est pas douteuse, et les nombreuses tombes en pierre d’ardoise qui y ont été découvertes indiquent même un pagus d’une certaine importance. Ces tombes sont grossièrement taillées et sans inscriptions ; mais il est remarquable que les pierres dont elles se composent ont dû être apportées d’au moins douze kilomètres. Les ossements qu elles renfermaient n’offraient plus que des débris mêlés de poussière.

Une complète obscurité règne d’ailleurs sur l’état ancien de Nort. C’est à peine même si le nom de ses seigneurs figure dans l’histoire. Nous ne l’avons trouvé qu’au bas d’un acte de donation fait aux moines de Marmoutiers par Guihenoc d’Ancenis :

« Que tous sachent, présents et futurs, porte cet acte, que moi, Guihenoc d’Ancenis, étant tombé depuis longtemps en infirmité, et ayant demandé aide à Dieu et aux frères du Grand Moutier (Marmoutiers), il plût au vénérable Barthélemy, pour lors abbé dudit lieu, m’envoyer un de ses frères, nommé Telberl, expert en l’art de médecine, afin qu’il me prêtât son assistance. Or, telle fut cette assistance, tel fut le soulagement qu’il apporta à mon malaise, que je parvins par son industrie à convalescence et à guérison. Adonc, j’ai donné aux frères susdits, tant pour le salut de mon âme que pour celui des âmes de mes parents...... le droit (theloneum) que lesdits moines avaient coutume de payer en mon château pour toutes choses dépendant du domaine de Saint-Martin, naviguant sur la Loire par bateau ou autre espèce de nef..... Et afin que la présente charte soit ferme et valide à toujours, je l’ai moi-même confirmée, de ma main propre, du signe de la croix, aussi bien que des mains de mes fidèles dont les noms suivent, Gausselin de Mars, Cavallon de Sion, Jacut de Nort, etc. »

Quel était ce Jacut ? Nous l’avons vainement cherché. Il n’existe, d’ailleurs, vestige d’aucun château seigneurial qui ait dû porter le nom de Nort. La seigneurie de cette paroisse fut même l’objet de contestations entre les barons de la Roche et les seigneurs du Pont-Hus, pour certains domaines que ceux-ci possédaient à Nort. En 1770, le droit de haute justice était exercé par les seigneurs du Pont-Hus.

Un second acte de l’année 1075 nous montre le monastère de Marmoutiers fondant un prieuré au lieu d’Hénor, sur le fleuve nommé Herde ; la très célèbre église de ce prieuré était dédiée à Saint-Georges. Elle donna même son nom à une partie du bourg qui se divise en trois parties distinctes : Nort, Saint-Georges et le Port-Mulon. Le pont qui relie Nort et Saint-Georges date du milieu du dernier siècle. Sa construction dura vingt-deux ans et coûta plus de cent cinquante mille livres à la province.

Pendant la Révolution, le bourg de Nort fut occupé par l’armée vendéenne, après un combat qui dura toute la nuit du 27 au 28 juin 1793. Le corps qui le défendait se composait de la garde nationale et d’un bataillon aux ordres du lieutenant-colonel Meuris. Meuris ne parvint à sauver que le drapeau.

Nort était autrefois l’entrepôt du commerce de tout l’arrondissement de Châteaubrianl ; et c’était dans les chantiers du Port-Mulon que venaient s’entasser d’habitude les houilles de Languin, les fers de Moisdon et de Riaillé, et les bois des vallées du Don et de l’Isac. Aujourd’hui ce commerce se trouve réparti sur divers points du canal de Bretagne. Ce canal n’étant pas d’ailleurs navigable pour les bateaux à vapeur, c’est toujours à Nort que viennent s’embarquer les nombreux produits destinés à alimenter les marchés, de Nantes.

Au point de vue artistique, Nort, situé sur un sol plat, sans variété et sans, ombrage, n’offre de pittoresque que les arches de son pont et le clocher de son église. Ses arches sont d’un dessin large et sévère ; la forme seule en a vieilli. Le clocher, assez élevé, se compose d’une tour carrée aux fenêtres géminées et surmontée d’une balustrade entourant la lanterne : dessin gracieux, mais sans caractère. Enfin, deux fois par jour, l’arrivée et le départ du bateau à vapeur viennent donner un peu d’animation au paysage. Le samedi malin surtout, jour du marché de Nantes, Nort se remplit de villageoises qui descendent par groupes au bateau et s’y pressent avec leurs longs paniers recouverts de toile blanche. Le pont du navire en est encombré, et, longtemps après le départ, on distingue encore, au niveau des prairies, la colonie voyageuse, à l’agitation des grandes coiffes de flanelle blanche bordées de rubans noirs.

 

Guyon

Boman de» Bannerets de Bretagne. — La famille de Goyon a produit un amiral et un maréchal de Bretagne, deux maréchaux de France, plusieurs évêques, un grand nombre d’officiers généraux et de gouverneurs de province, et six chevaliers du Saint-Esprit ; les branches en sont fort nombreuses. Nous nous contenterons de citer ici la célèbre branche de Matignon et les rameaux qui en proviennent. Ces rameaux sont, d’après le P. Anselme, ceux des comtes de Thorigny et de Gacé, des marquis de la Moussaye, des barons de Marcé et des seigneurs de Touraude. La branche de Beaucorps forme, de son côté, treize ou quatorze rameaux. Les armes des Goyon sont : d’argent au lion de gueules,couronné d’or.

Eug. de la G.


 


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Zoom sur Nort au bord de l'Erdre, vers 1840, gravure de Lalaisse, reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur   Zoom sur St Caprais à Agen vers 1840 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur   

 

 

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