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Oudon vers 1845, gravure de Félix Benoist
publiée dans Nantes et la Loire-Inférieure. Monuments anciens & modernes
François Hippolyte Lalaisse - 1850. (Collection personnelle)
Texte extrait du Dictionnaire de toutes les communes de France - éd. 1851 - Augustin Girault de Saint Fargeau OUDON, Oldo, Uldo, petite ville, Loire-Inférieure. (Bretagne), arrondissement, canton et à 9 km d’Ancenis. Bureau de poste. Relais de poste. À 362 km de Paris pour la taxe des lettres. Population 1,680 habitants. Cette ville est très agréablement située, sur la rive droite de la Loire. On y remarque une tour octogone fort élevée et très pittoresque, dont les historiens de Bretagne font remonter la fondation à l’année 840. De la plate-forme de cet édifice on jouit d’une vue magnifique sur les riches vignobles qui bordent le cours de la Loire, et sur les îles nombreuses qui en couvrent toute la surface. Vis-à-vis s’élève le bourg de Champtoceaux, dominé par les ruines imposantes de son antique château, et au bord du rivage s’avancent dans le fleuve les restes d’un ancien pont. Ce site est l’un des plus remarquables du cours de la Loire Sur les bords de la petite rivière du Havre, qui passe à Oudon, non loin de ce bourg, sont les restes du château de Vieille-Cour, que Jean de Malétroit, seigneur d’Oudon, donna à ses frères Thibaud et Alain. En 1526 la forteresse d’Oudon appartenait à Jean et Julien de Malétroit, qui y fabriquaient de la fausse monnaie. François Ier les fît assiéger et prendre de vive force. Conduits au Bouffai, à Nantes, ils furent condamnés à mort. La seigneurie, ayant été ' confisquée, fut vendue à Raoul de Juch ; elle passa ensuite dans la maison de Condé, à laquelle elle appartenait en 1789.
Article de Ch. de Sourdeval extrait de Nantes et la Loire-Inférieure. Monuments anciens & modernes
En 1310, une héritière d’Oudon apporta cette terre en mariage à Alain de Châteaugiron. En 1392, cette seigneurie appartenait à Alain de Malestroit, lorsque le duc Jean IV, voulant reconnaître les services du sire d’Oudon, lui accorda l’autorisation de se fortifier sur sa terre. Il y a toute apparence que c’est à cette faveur que nous devons l’élégante tour d’Oudon, dont les murs sont encore entiers ; sa construction et celle des tours qui défendent la porte d’entrée, semblent, en effet, dater du commencement du XV* siècle, ce siècle où le château féodal acquit son plus beau développement, et allia l’élégance des formes à tout l’appareil de la défense. La tour est octogone, ou plutôt carrée avec des pans coupés qui sont moins larges que les côtés principaux. Trois des petits côtés sont percés de fenêtres largement ouvertes avec des meneaux en croix latine. Au-dessus de chaque baie, on a pratiqué dans la maçonnerie un cintre de sûreté pour éviter que le poids du mur ne pèse sur le linteau horizontal. La construction est en moellon de gneiss pris sur les lieux, mais les arêtes, les encadrements sont en parpaings venus du Saumurois. Une assise de ces parpaings sépare en outre chaque étage. Les mâchicoulis sont à trèfles. La tour, qui parait très haute, ne contient pourtant que quatre étages, y compris le rez-de-chaussée ; mais chacun de ces étages est fort élevé. À l’intérieur, elle se divise en trois compartiments qui forment comme autant de longs tubes, car tous les planchers ont été détruits. L’un de ces tubes, parfaitement cylindriques, contenait l’escalier ; il n’est éclairé que par d’étroites meurtrières, et communique avec des couloirs qui circulent dans l’épaisseur des murs. Les deux autres compartiments forment des carrés peu réguliers, ornés, à chaque étage, d’une ou deux fenêtres et d’une cheminée. Il est remarquable qu’en chacun de ces compartiments la cheminée du quatrième étage est la plus ornée ; elle se compose, comme les autres, d’un vaste foyer avec un manteau en hotte ; mais au quatrième étage la hotte est supportée par d'élégants tourillons en culs-de-lampe. L’appartement d’en haut était sans doute l’appartement d’honneur ; la vue y devait être admirable. En 1420, le duc Jean V donna à Jean de Malestroit, seigneur d’Oudon, le fief de la tour qui s'étendait dans cette paroisse et celle de Couffé. — En 1526, la forteresse d'Oudon était encore possédée par la famille de Malestroit ; mais, hélas ! deux membres félons de cette noble famille forçaient leurs vassaux à prendre la fausse monnaie qu’ils fabriquaient. Le roi François Ier, voulant les punir, les fit assiéger dans leur château par Guy XVI de Laval, amiral et gouverneur de Bretagne. Ils furent pris et conduits au Bouffay, à Nantes, où leur procès fut instruit. Ils furent convaincus et condamnés à mort, puis exécutés sur la prairie de Mauves. Il est à présumer que c’est depuis lors que la tour et le château d’Oudon sont en ruines. Les terre, seigneurie et châtellenie d’Oudon furent confisquées au profit du roi et vendues à Raoul de Juch pour vingt-quatre mille livres. Depuis, elles ont passé à la maison de Condé qui les possédait au moment de la Révolution. La puissance féodale du haut donjon s’évanouit alors, et le donjon lui-même, vendu à vil prix, a été heureusement préservé de la destruction par les soins de M. le préfet de Brosses, qui le racheta, en 1820, pour le département de la Loire-Inférieure.
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