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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

Dol en Ille et Vilaine et son église

 

L'église de Dol, extérieur - reproduction © Norbert Pousseur
Extérieur de l'église-cathédrale de Dol vers 1840, gravure de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

Dol n’a de remarquable que sa grande rue et son admirable église, dont nous donnons deux dessins dans notre collection.
Celle ville, prise et reprise plusieurs fois par les Normands, fut réduite en cendres par eux en 994. Au XVIe siècle, les Français s’en emparèrent, et, pendant les guerres de la Ligue, elle fut assiégée plusieurs fois ; mais son évêque Charles de l’Epinay, qui tenait pour le parti royal, la défendit vaillamment.
En 1793, les Vendéens, qui s’y étaient réfugiés après leur malheureuse expédition sur Granville, obligèrent les Républicains à en lever le siège.
Il ne reste plus de ses anciennes fortifications que quelques murs et de grands fossés. Les glacis de ses remparts ont été transformés en jolies promenades, qui varient un peu la tristesse de la ville.

« La grande rue de Dol, dit M. Mérimée, est bordée d’arcades en ogive ou en plein cintre, soutenues par des colonnes ou des piliers de toutes les formes, à chapiteaux généralement assez bien travaillés, quoique exécutés en granit. On en trouve de toutes les époques, depuis le roman fleuri jusqu’aux derniers caprices du gothique. Il semble qu’ils proviennent, pour la plupart, d’édifices considérables, détruits depuis un siècle au plus : car les maisons, dont les façades s’appuient à ces piliers, ont une apparence toute moderne. Il y en a une pourtant dont les fenêtres en plein cintre, entourées d’archivoltes sculptées, les corniches ornées de damiers et d'étoiles, indiquent une construction antérieure au XIIIe siècle.
» La façade de l’église de Dol, qui devait être flanquée de deux tours, n’est point terminée. On voit que la construction a été reprise et interrompue plusieurs fois. Le premier étage de la tour du sud paraît appartenir au XIIIe siècle; au XVe, probablement, on l’a continuée; enfin, au XVIe, on l’a surmontée d’une lanterne dans le goût de la Renaissance. Le reste du portail semble avoir été ébauché au XVe, ou, du moins, c’est à cette époque que l’on peut rapporter les ornements sculptés sur le massif (que représente notre planche) qui devait porter la tour du nord. Abandonnée bientôt, cette tour ne s’élève guère plus haut que le toit de la nef. La grande fenêtre occidentale est remplie par une arcature en plein cintre, probablement du XVIe siècle. Au reste, toute cette façade est fort maltraitée : les fenêtres et les portes sont murées, et les ornements qu’on y remarque sont à moitié couverts de plâtre.
» La légèreté des contreforts et des arcs-boutants de la nef et du chœur contraste avec la saillie excessive et la lourdeur des contreforts de la tour du sud. S’ils ne sont pas une addition de mauvais goût du XVe siècle, il se peut qu’ils aient été motivés par l’intention d’élever prodigieusement cette tour. A l’intersection des transepts est une troisième tour de forme carrée, médiocrement haute ; son ornementation se rapporte entièrement à celle de l’intérieur de l’église. Une balustrade de granit, en arcades tribolées, couronne sa plate-forme. Une autre, absolument semblable, entoure extérieurement la nef et le chœur.
» On entre aujourd’hui dans l’église par deux portes latérales, l’une au midi, vers l’entrée de la nef; l’autre du même côté, à l’extrémité du transept : c’est la plus grande ; un porche la précède, surmonté d’une terrasse et de deux clochetons. L’ornementation de cette porte est d’ailleurs d’une grande simplicité. Sur ses moulures et ses voussures en retraites assez élégantes, on ne voit ni statues, ni figurines, à peine quelques feuillages. L’autre porte, qui a son petit porche aussi, paraît plus moderne ; la décoration en est plus riche et d’un goût moins pur. On reconnaît le gothique fleuri ; mais ses détails manquent de grâce. Des cœurs qui couvrent un pilier octogone a I'entrée du porche, font soupçonner que celte porte, avec les constructions qui en dépendent, avaient été ajoutés par l’évêque Cœuret, mort vers 1420. »


Dans la notice suivante
, qui accompagne la vue intérieure de l’église de Dol, nous résumons l'excellent travail de M. Mérimée, sur ce monument, dans ses Notes d'un Voyage dans l'Ouest de la France.

Pour voir les détails de la façade latérale de l'église de Dol,
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