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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

L'intérieur de l''église de Dol

 

L'église de Dol, intérieur - reproduction © Norbert Pousseur
Intérieur de l'église-cathédrale de Dol vers 1840, gravure de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

Le XIIIe siècle enfanta des chefs-d’œuvre d'architecture, et l’église-cathédrale de Dol n’est pas un des monuments les moins remarquables de cette époque célèbre. La façade, la partie supérieure de la tour méridionale et les portiques latéraux dénotent seuls une date postérieure : aussi la faiblesse de leur exécution est d’autant plus sensible, que tout le reste semble avoir été modelé d’un seul jet sur le style à lancettes. Les hautes murailles de la nef, se développant avec régularité sur leur plan, dessinent une croix latine terminée non point par une abside circulaire, mais par une chapelle carrée, dans le genre anglais, ce qu’il est facile d’expliquer par les fréquentes relations qui existaient alors entre la Bretagne Armoricaine et la Bretagne d’Outre-Mer. Mais ce qui fait la beauté de l’église de Dol, c'est son intérieur, vraiment digne des artistes au génie desquels nous devons les Cathédrales de Chartres et de Notre-Dame de Paris.
Noble et majestueuse, la voûte appuie ses coupoles élancées sur deux rangs de piliers parallèles, formés, chacun, d'un groupe de quatre colonnes, qui, tout en se réunissant, ne perdent rien de leur forme svelte et légère. En mettant le pied sur le seuil de ce vaste édifice, le voyageur est subitement frappé d’une admiration involontaire, à la vue de cette gigantesque forêt de colonnes aux chapiteaux de feuillage, qui va diminuant progressivement et se rapprochant vers l’autel ; fortement éclairée par les accidents de lumière qui jaillissent des longues fenêtres gothiques, cette double galerie découpe la nudité des murs, et la frêle colonnette qui, du pied de chaque pilier, s’élève jusqu’au faîte sans le toucher, se détache avec grâce pour recevoir la retombée de l'arceau, qui suit les contours de la voûte.
Puis l’œil contemple le chœur, construit sur le même type, et qui reproduit avec plus de finesse et de perfection les grands effets de la nef. Il est divisé, comme elle, par une double file de piliers. Mais ici leur ornementation est à la fois plus compliquée et plus élégante. Ils s’élancent formés de dix petites colonnes réunies dont les chapiteaux sont d’un travail achevé. La galerie qui déroule ses arceaux autour du chœur, se compose d’une riche série d’ogives trigéminées encadrées dans une ogive plus grande au tympan orné d’un quatre feuille. Au fond de l’abside, est une magnifique fenêtre que nous ne pouvons mieux faire connaître qu’en citant la description qu’en a donnée M. Mérimée : « Aussi large que trois fenêtres ensemble, elle se décompose d’abord en deux ogives, et le haut de son tympan porte une rose; chacune des ogives inscrites a de même un quatrefeuille à son sommet, et se subdivise elle-même en deux trilobés : la finesse des meneaux et leur belle conservation est véritablement surprenante.»

Tous les détails de la Cathédrale de Dol sont traités avec un art étonnant; on se plaît à errer de l’un à l’autre, à se reposer tour à tour sur chacun d’eux. Ici, délicatement groupés au sommet d’une colonne, des feuillages se recourbant en crochets la couronnent d’un chapiteau qui rappelle l’art de la Grèce dans ses sculptures corinthiennes ; là, dans les compartiments des fenêtres, les ogives et les quatrefeuilles décrivent leurs courbes moelleuses, rehaussés par l’éclat d’un vitrail haut en couleur.

Dans le transept méridional, est un tombeau du XVIe siècle, qui, malgré toutes les mutilations qui l’ont dégradé, conserve encore des beautés de premier ordre. Ce tombeau est l’œuvre d’un Florentin, qui appartenait sans doute à l'une de ces nombreuses compagnies de maîtres italiens qui parcouraient alors la France, et dont les travaux amenèrent la fin de l’architecture ogivale, pour la remplacer par le style de la Renaissance. Deux médaillons assez intacts représentent le donateur et celui qui fut l’objet de son deuil. Plusieurs légendes écrites sur le marbre du mausolée nous ont révélé ces détails, la patrie du sculpteur et la date précise de son érection, qui confirme celle qui lui est assignée par l’archéologie.

Telle est la Cathédrale de Dol. À l’aspect de tant de grandeur et de majesté, une mystérieuse piété s’empare de l’âme, le front s’incline, et les lèvres murmurent une prière. Alors on se rappelle la religieuse pensée du grand poète breton, et l’on répète avec l'auteur du Génie du Christianisme :
« On ne saurait entrer dans une église gothique sans ressentir un vague frissonnement de la divinité.»

G. 0.


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