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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

Quimperlé dans le Finistère, et l'église Notre-Dame, vers 1840

 

L'église Notre-dame à Quimperlé - reproduction © Norbert Pousseur
Église Notre Dame de Quimperlé, gravure vers 1840 de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

Quimperlé, chef-lieu d’arrondissement clans le département du Finistère, est situé au confluent de deux petites rivières, l’Isole et l’Ellé.
S’il est permis, dit un poète breton, de comparer les petites choses aux grandes, l’on peut comparer la situation de Quimperlé à celle de Lyon ; ici, en effet, nous trouvons deux rivières, l’une court avec lenteur au milieu des prairies sur un lit de sable d’argent ; l’autre se précipite nu milieu des rochers : c’est l’Arar tranquille et le Rhône fougueux.
Le même auteur, décrivant les environs de Quimperlé, parle de ses rivages, tour à tour riants, déserts, sauvages, offrant, à ceux qui les parcourent les aspects les plus variés : le bois de l’Abbaye, les hautes terrasses de Quimperlé, d’épais bosquets de noisetiers, la foret et le vieux château de Carnoët, des landes dans lesquelles pointent des roches noires et moussues ; enfin, l’immense Océan.

Notre dessin représente l’église de Notre-Dame, ancienne collégiale fondée par les souverains du pays ; les connaisseurs en admirent la chapelle, bâtie sur les ruines d’une église plus ancienne. Depuis 1765, on en a fait l’église paroissiale de Saint-Michel ; à côté, sont situés les couvents des Capucins et des Ursulines.
Jean, comte de Montfort, compétiteur de Charles de Blois à la couronne ducale de Bretagne, mourut à Quimperlé, en 1345, et fut enterré sous le grand autel des Jacobins. On lisait il y a peu de temps son épitaphe, au-dessus de la Chapelle de Saint-Hyacinthe ; nous croyons devoir la transcrire ici :

« Longa sub Armoricis, blœso civilia signis,
Longa comes Janus ferro Monfortius infert
Ut Brilones quœrat, tanlis ast invida cœptis
Jussit abire prius mors ; nil minus inclytabello
Uxor cum nato rem perfide, ossa que chari hic
Conjugis, ad medium majoris collocat arœ. »

« Longtemps la guerre civile désola l'Armorique; longtemps, le fer à la main, le comte Jean de Montfort fit de vaines tentatives pour soumettre les Bretons. La mort, redoutant le succès de ses armes, l'enleva au milieu de son entreprise ; son épouse, non moins guerrière que lui, acheva avec son fils la conquête de la Bretagne, et déposa sous cet autel les restes d'un époux qui lui était si cher.»

L’idiome bas-breton usité à Quimperlé et dans les environs, diffère peu de celui du reste de la Cornouaille ; il embrasse un rayon de 30 à 40 kilomètres, sans qu’on puisse y saisir la moindre différence. Ainsi Quimperlé, Scaër, Rosporden, Pont-Aven, ont le même idiome, du moins à une nuance imperceptible près.
A Quimper, à Châteaulin, à Carhaix, au Huelgoët, on trouve un peu de différence. Le paysan de ces contrées pèse plus sur les mots et s’exprime plus lentement que celui des pays que nous venons de signaler plus haut.
A Morlaix, à Lannion et dans toute la partie de Tréguier, l’idiome diffère de celui de la Cornouaille, en ce qu’il a plus de douceur et d’harmonie, et qu’il se rapproche plus de celui de Léon, qui est l’idiome celtique par excellence. Dans tout le Léonais, par exemple, à Saint-Thégonec, Landerneau, Brest, le Conquet, Lannilis, Lesneven et Saint-Pol-de-Léon, on parle le breton avec beaucoup de pureté. Le Léonais met une certaine prétention à parler sa langue ; il articule parfaitement les mots et fait sentir les finales ; il aime à abréger, et recourt souvent aux syncopes.
L’idiome de Léon a une grande ressemblance avec le grec. Du reste, Varron et plusieurs autres savants pensent que la langue celtique est une langue-mère, qu’elle a précédé la langue grecque et quelle lui a servi de base ; aussi, nombre de linguistes bretons se sont-ils évertués à prouver que leur langue natale était la plus ancienne. Aujourd’hui, que l’on reconnaît la presque identité qui existe entre le grec et la langue sacrée des Indes, l’on est plus à même qu’autrefois de bien juger la valeur de cette prétention.


En complément, lire les deux autre articles sur Quimperlé - partie 2 et partie 3

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