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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

Description de Rosporden, et des costumes de Quimper et Quimperlé, vers 1840

 

Eglise de Rosporden - reproduction © Norbert Pousseur
L"église de Rosporden dans le Finistère, gravure vers 1840 de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

En allant de Quimper à Quimperlé, l'on rencontre dans un site très pittoresque une petite ville située au bord d’un magnifique étang d’environ 40 hectares de surface. Cette ville, c’est Rosporden, dont le nom, composé de deux racines bretonnes, signifie bords de la hauteur. Sa position et son aspect lui mériteraient déjà de fixer l’attention des voyageurs, si son élégant clocher n’attirait forcément les regards. L’église est malheureusement d’une assez mauvaise architecture, et ne répond pas à la flèche du clocher, qui se trouve reproduite dans notre dessin, avec une grande vérité de couleur.

Tout près de Rosporden se trouve le vieux manoir de Coat-Canton ; il appartenait au XVIIe siècle, d’après le nobiliaire de Bretagne, au sieur Louis Lesné de Penfautan, gentilhomme de noble race, qui possédait encore les seigneuries de Kerjacob, de Coethuon, de Beauregard, de Keryon, de l'Isle et de Lesguernes. Mais le château de Coat-Canton n’est plus qu’une ruine, et la famille de Lesné de Penfautan s’est éteinte dernièrement dans la petite ville de Tréguier.

Rosporden doit être considéré, par ceux qui voyagent en Bretagne, comme un point où ils peuvent s’arrêter pour faire quelques excursions dans le pays. Le port de Concarneau n’en est pas éloigné ; c’est là que se réfugia le vaisseau le Vétéran, qui ramenait en France l’un des frères de Napoléon. Ses fortifications entourent encore la ville, telles qu’elles existaient, lorsque Duguesclin l’assiégea ; elles datent du XIVe siècle. On remarque à Concarneau les ruines d’une église gothique fort belle, dont la rose était admirable. Les îles des Glénan, qui sont à quelques kilomètres au large, sont remarquables par leurs sites.

La petite rivière, qui sort de l’étang de Rosporden, traverse une longue allée semée de moulins à eau, et se jette dans la mer, après avoir baigné les murs du bourg de Pont-Aven, gîte délicieux où l’on se croirait bien loin des agitations qui, de temps à autre, bouleversent notre société.
La route de Rosporden à Scaër conduit au centre de la Bretagne; après Scaër, on trouve le Faouet, Carhaix, Guarec, etc.

Nous engageons le voyageur à s’arrêter à Scaër, pour y examiner la fontaine dont Cambry parle en ces termes :

» La merveille de ce bourg est la fontaine de Sainte-Candide. Elle coule sur un fond de schistes, se divise en deux branches ; une d’elles arrose des prairies, et l’autre, passant auprès du cimetière, remplit une cuve de granit de peu de profondeur, et coule ensuite derrière le grand chemin, avant de se perdre, comme l'autre branche, dans l’isole.
» Cette fontaine a 20 mètres de longueur, 5 mètres 33 centimètres de large, et 2 mètres 33 centimètres de profondeur : en hiver, en été, elle conserve la même quantité d’eau ; on l’écoule facilement ; alors une cinquantaine de sources sortent en bouillonnant du fond schisteux de la fontaine, jaillissent à 9 ou 12 centimètres, et remplissent en 24 heures le bassin et les canaux. Rien de limpide comme cette eau délicieuse ; mais les terres qui s’éboulent, les feuillages qui s’y corrompent, en souillent la pureté ; les animaux s’y désaltèrent, les femmes y lavent. Les Romains y eussent fait faire un aqueduc de 60 milles pour se procurer ces eaux si négligées. Sainte-Candide en fit jaillir les sources. Elle guérit la fièvre, le mal aux yeux, dénoue les enfants ; une maladie de langueur, nommée barat, résultat d’une espèce de sort jeté, qui conduit infailliblement à la mort, ne peut être détruite que par elle ; il n’est pas d’enfant qu’on ne trempe dans la fontaine de Sainte-Candide, quelques jours après sa naissance ; il vivra, s’il étend les pieds ; il meurt, s’il les retire. »
L’église de Sainte-Barbe, à un demi-kilomètre du Faouet, mérite, par sa construction hardie, une visite spéciale : elle est située sur le sommet d’un rocher taillé à pic. Rien n’est plus curieux que les larges escaliers creusés dans le roc qui conduisent à l’église. Au pied du rocher coule l’Ellé ; cette rivière, qui sépare deux montagnes, ajoute encore à la beauté des lieux.
Carhaix, patrie de Corret de Latour d’Auvergne, premier grenadier de France, est à peu de distance du Faouet. Dans son voisinage se trouve le manoir de La Haie , où Mme de Pontavice, née Kersausie, a conservé de nombreux souvenirs de celui qui voulut partir, comme simple soldat, pour remplacer le fils de son ami Le Brigand. — Les étangs de Glomel, dans lesquels la rivière du Doré prend sa source, alimentent le point de partage le plus élevé des canaux de Bretagne, et rappellent les beaux sites d’Ecosse que décrit Walter-Scott dans ses romans.

Nous donnons, en parlant de la ville de Vannes, la description succincte des costumes d’Elven et d’Aradon :
nous croyons devoir placer ici celle des costumes de Quimper et Quimperlé.

A Quimperlé, les femmes portent des jupes en drap bleu ou noir, bordées de couleurs foncées, sur une largeur de deux à trois doigts. Le corset, souvent bien, mais fréquemment de la même couleur que la jupe, est orné, sur le dos, de rubans en croix qui forment épaulettes ; quelquefois on les remplace par du velours. Sous le corset, qui prend parfaitement la taille, il y a un gilet blanc qui était autrefois d’étoffe de laine, avec deux rangées de boutons blancs en métal ; il est remplacé fréquemment, depuis une vingtaine d'années, par un gilet de coton blanc légèrement plissé. Une croix, suspendue par un velours noir, pend sur la poitrine ; le velours serre légèrement le cou : il est agrafé au moyen d’un cœur d’or ou d’argent. Sous la coiffe, qui n’a ni pattes ni ornements et qui serre exactement les cheveux et le derrière de la tête, est un bonnet de toile ou de batiste légèrement serré sur le front par une coulisse et recouvert d’un ruban satiné, de la largeur de deux doigts. Les bas sont souvent rouges, avec des fourchettes. Les souliers sont découverts et & bouclés. Les hommes portent le chapeau rond, à larges bords, avec un velours et deux cordons. Leur chemise a trois doigts de hauteur de collet et serre le cou avec trois ou quatre boutons. Une épinglette de verroterie agrafe la chemise sur le haut de la poitrine. Le gilet est généralement de laine blanche, avec boutons en métal et bordure en satin on en velours ; il s’ouvre sur la poitrine. L’habit est presque toujours en drap bleu piqué court, ressemblant à celui de Quimper. La culotte est flottante, c’est le véritable bragou-bras. La guêtre est en cuir lisse. Les souliers sont aussi très découverts et à boucles.
Dans les environs de Quimper, le costume a quelque ressemblance avec celui de Quimperlé ; cependant, il en diffère sensiblement, quand on l'examine de près.
A Quimper, les femmes portent des jupes de couleurs foncées, quelquefois rouges, comme à Briec et à Pont-l’Abbé. La bordure est la même qu’à Quimperlé ; mais, dans quelques localités, elles suspendent au bas du corsage une touffe de rubans, longue d’environ deux décimètres. Le corset est presque toujours d'étoffe bleue, serré au corps et piqué : à Pont-l’Abbé, il est un peu plus large. Le gilet placé sous le corset est d’étoffe de couleur, ouvert sur la poitrine, et garni d’un ruban large de deux doigts. A Fouesnant, le corset est même très ouvert et délicieusement coquet. Aux environs de Quimper, on ne trouve plus sur les corsets les rubans en croix des environs de Quimperlé. Les bas sont blancs, bleus ou rouges, avec des fourchettes. Les souliers, découverts et à boucles. Les coiffes sont de toile blanche, serrant la tête, et dessinent, surtout du côté de Pont-l'Abbé, un fer à repasser. Les cheveux sont lisses, repliés et retombent sur le cou, au-dessous de la coiffe, de la longueur de trois doigts, c’est ce que, dans le pays, on appelle bigouden.
Le costume des hommes a cela de remarquable, qu'il est toujours d’étoffe bleue piquée, avec deux surtouts de drap brun disposés en étage, de telle sorte que le dernier, qui retombe sur les reins, présente souvent aux yeux du voyageur le mot Montauban en lettres dorées. Le gilet est de drap bien bordé et ouvert. La chemise, de toile blanche, serre le cou par quatre boutons. L’agrafe de la chemise est la même qu’à Quimperlé La ceinture, comme à Quimperlé, est en cuir, avec une coulisse en cuivre et une garniture de même métal. La culotte est bleue, flottante, et serre les genoux avec deux glands perdants en dehors. Les guêtres et les souliers sont les mêmes qu’a Quimperlé.

Dans le Finistère, quoique le costume varie eu quelque sorte de commune à commune, on distingue cependant des types qui sont ceux de Quimperlé, de Quimper, de Châteaulin, de Carhaix, de Saint-Thégonec, de Saint-Pol et de Brest.

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