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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

L'église Notre-Dame de Vitré en Ille et Vilaine vers 1840

 

Chaire de l'église Notre-Dame de Vitré - reproduction © Norbert Pousseur
L'église de Notre-Dame à Vitré vers 1840, gravure de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

L'aspect de Vitré a quelque chose de grave et de sombre qui saisit l’imagination : il semble, en entrant dans cette ville, que l'on a reculé d’un siècle, et que les révolutions ont passé sur cette terre sans y laisser leur empreinte. Les rues, les monuments, les habitants eux-mêmes, tout s’harmonise si heureusement que l’on se croirait encore dans une de nos villes féodales. Ici, les vieillards ont longue mémoire ; la plupart connaissent l’histoire de leur ville, et le premier bourgeois venu, s’il a des cheveux blancs, peut vous servir de cicérone.
Un château et de vieux murs attestent des souvenirs militaires, dont nous parlerons dans une autre circonstance. Les églises de la Collégiale, de Sainte-Croix, de Saint-Martin et de Notre-Dame ; les couvents des Bénédictins, des Augustins, des Jacobins., des Récollets, des Bénédictines, des Hospitalières, des Ursulines, l’hôpital et la maison des Retraites, prouvaient autrefois les fondations pieuses des seigneurs de Vitré, et le développement qu’avait acquis la vie religieuse dans le siège de leur baronnie. Il s’y exerçait encore, avant la Révolution, de nombreuses juridictions : aussi, cette ville possédait-elle 8000 habitants, la plupart fort à l’aise, par suite de leur commerce de chanvres, de grosses toiles, de bas et de gants de fil. Il n’était louange que l’on n’accordât à sa position, à la pureté de son atmosphère, aux sites du voisinage, et surtout au parc magnifique qui servait de promenade.

On voit encore dans celle ville la maison de Mme de Sévigné, et à peu de distance se trouve l’habitation si célèbre des Rochers, d’où sont datées les lettres délicieuses qu’elle écrivait à sa fille.
Il est impossible d’étudier la Bretagne sans remarquer avec quelle persistance celte province a toujours conservé ses coutumes et ses traditions.
Tandis que partout ailleurs les prédications en plein air étaient supprimées depuis longtemps, Vitré voyait se relever, avec son église de Notre-Dame, une chaire à prêcher dont nous avons cru devoir donner le dessin : ses ornements et son style appartiennent à l’époque du gothique fleuri ; elle est donc de la fin du XVe siècle ou du commencement du XVIe. Il ne peut y avoir, à cet égard, l’ombre d’un doute.
L’église de Notre-Dame n’est pas belle, quoique d’un bon effet du point de vue auquel l’a dessinée M. Potel ; mais, en revanche, les cérémonies du culte se font à Vitré avec un luxe et une pompe que l’on ne trouve pas même dans les plus grandes villes.

Trois hommes très justement célèbres y ont reçu le jour : Landais, D’Argentré, Garengeot ; ce dernier chirurgien du premier ordre, mort en 1759; D’Argentré, jurisconsulte savant et auteur d’une Histoire de Bretagne fort estimée ; le troisième, Landais, plus remarquable encore, fils d’un tailleur et tailleur lui-même, devint, à force de génie, premier ministre et trésorier du dernier des ducs de Bretagne. Longtemps il lutta contre la France et cette tendance à l’unité, qui rattachait invinciblement par mille liens notre province à la grande patrie. Le destin l’emporta, et les rois de France conquirent définitivement, par un mariage politique, une contrée qui pouvait les prendre à revers en cas de guerre avec l’Allemagne ; mais cette conquête avait été préparée par les alliances entre les gentilshommes français et bretons ; par les relations commerciales qui rattachaient le Comté Nantais à toute la vallée de la Loire ; par la suzeraineté spirituelle, longtemps contestée, de l’archevêque de Tours sur les évêques de Bretagne, et par le compagnonnage, dont Nantes était l'une des quatre villes de réception. Tous les ouvriers habiles de la Bretagne appartenaient à cette association puissante ; et, par suite de leurs statuts, tous avaient dû faire le tour de France, appeler frères et pays, pendant plusieurs années, les ouvriers français, jurer avec eux de propager dans le monde les croyances de leur association, conformément aux règles sévères du devoir, que des évêques français avaient réformées, s’ils ne les avaient pas dictées.
Vitré a possédé, sous le gouvernement de nos ducs, une usine de soieries. Les ouvriers de cet établissement étaient venus d’Italie ; et les États, en 1477, leur avaient accordé un moulin et les avantages de la naturalisation.

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