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Les villes à travers les documents anciens

Page de garde de La Bretagne de JJ Potel - reproduction © Norbert Pousseur

Vitré en Ille et Vilaine et son château vers 1840

 

Le château de Vitré - reproduction © Norbert Pousseur
Le château de Vitré vers 1840, gravure de Jérôme Jean Potel

 

Texte et gravure
extraits de l'ouvrage "La Bretagne de Jérôme Jean Potel - édition 1844

Les fortifications de Vitré sont imposantes et contribuent pour beaucoup à donner à cette ville son aspect sombre et féodal. Notre dessin les représente très fidèlement, et l’on peut voir qu’elles n’offraient pas ces riches ornements qui faisaient des châteaux de Nantes, de Josselin et de quelques autres, des demeures plus curieuses pour le plaisir des yeux que les plus riches maisons de nos grands banquiers actuels, les véritables princes de notre époque. Mais ces murs racontent des faits intéressants et des souvenirs que l'histoire locale se plaît à conserver.
En 1448, la baronne de Vitré, qui avait épousé Jean Montfort de Kergorlai, à la condition qu’il changerait de nom et prendrait celui de Gui XII de laval, obtint du duc Jean V l’autorisation d’imposer un octroi à ses sujets de Vitré, pour la réparation des anciennes fortifications qui jusqu’alors n’avaient été témoins d’aucun fait important. C’est à cette date qu’il faut reporter la construction de la majeure partie des fortifications actuelles.
Lors des guerres de la Ligue, cette place prit tout-à-coup un renom et un ascendant qui ne s’accordaient pas avec son passé : c’était, à bien dire, la plus importante des villes de guerre de Bretagne qui appartenaient au parti protestant; aussi le duc de Mercœur voulut-il s’en emparer par un coup de main. Il échoua, et, plus tard, il l’assiégea dans toutes les règles, autant du moins que le lui permettait la faiblesse de son artillerie. la ville était bien approvisionnée, mais la garnison, numériquement faible, ne pouvait opposer une grande résistance à l’extérieur; aussi, les faubourgs furent-ils occupés avec la plus grande facilité. Bientôt les assiégeants mirent leurs canons en batterie sur la hauteur du Champ de Sainte-Croix qui est au midi de la ville. Les assiégés, de leur côté, parvinrent à faire une première sortie qui fut heureuse. Leurs adversaires cherchèrent alors à battre en brèche la tour des Prisonniers ; un de leurs coups de canon tua dans l’escalier le seigneur Du Lac, commandant de la place, auquel il emporta les jambes. Au bout de cinquante jours de siège, ils n’avaient pas fait de grands progrès, mais aussi les assiégés commençaient à se décourager, lorsque deux des leurs, à la faveur de la nuit, traversèrent les lignes des ligueurs pour se rendre à Rennes. Bientôt un secours arriva de cette ville aux royalistes ; il ne put faire lever le siège, mais il réussit à entrer dans Vitré. Lorsque les auxiliaires voulurent repartir, un pont qu’ils avaient jeté sur la Vilaine se rompit, et une partie seulement de ce renfort parvint à se sauver, le reste rentra. Le siège traînait en longueur, le canon ne produisait pas ce que l’on désirait ; De Talhouet, commandant des assiégeants, n’avait pas d’autre artillerie, et se décida à miner une tour. Celte mine échoua, et les ligueurs découragés se retirèrent sans oser tenter aucun assaut, après avoir cassé à coups de canon la cloche de l’horloge.
L’année suivante, le beau-frère de Rosmadec, gouverneur du château, s’étant laissé séduire, en l’absence de son parent, par le duc de Mercœur, celui-ci faillit s’emparer de la ville par trahison. Mais, au moment où l’un de ses lieutenants dirigeait 60 hommes vers le souterrain du château, un capitaine huguenot, d’une rare intrépidité, nommé Rallon, descendit sous le feu des ennemis dans le fossé, et fit sauter le plus heureusement du monde, avec un pétard, la porte du souterrain et la planchette qui y conduisait ; puis, après cet exploit, il rentra en ville, suivi de trois hommes, et y maintint l’autorité royale.

Nous devons signaler aux artistes, en terminant cette notice, la tourelle ou tribune ronde qui se trouve entre la prison et des ruines féodales, et le tombeau du chanoine Robert de Grandmesnil, situé dans l’église de l'hôpital. Ce tombeau, construit en 1500, présente un dais très remarquable, placé au-dessus d’une statue coloriée, qui rappelle celles que l’on voit à Poitiers. La tourelle est un monument d’une élégance exquise et tout à fait remarquable, par la richesse et la bonne exécution des ornements qui la décorent. On y lit cette inscription : Post tenebras spero lucem, qui indique assez nettement les espérances du protestantisme, à l’époque des guerres de la ligue.

Autre article sur l'église Notre-Dame de Vitré, du même ouvrage

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