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Les villes à travers les documents anciens

 

Dijon au 19ème siècle

 

Arrivée à Dijon vers 1830 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
En s'approchant de Dijon par la route principale, vers 1830
(gravure de Bullura, extraite de la France pittoresque d'Abel Hugo - 1835)


Lire et voir aussi


DESCRIPTIONS HISTORIQUES DIVERSES

Dijon, (in dictionnaire d'Ivigne 1663)
Ville Capitale de la Bourgogne, appelée des Latins, Divio ou Divionum. L'Empereur Aurélian en fut le fondateur, ou selon d'autres restaurateur seulement. Elle est située en plaine campagne, arrosée des deux fleuves, Suson et l'Ouche, fortifiée de bons remparts. Le Parlement de toute la Province y fut institué par Philippes Duc de Bourgogne, et depuis rétabli par Louys XI. Les habitants de cette ville sont fort jaloux de leur honneur, et fort arrêtés dans leurs opinions : au reste, exacts observateurs de leurs liberté et privilèges, lesquels le Maire de la Ville promet garder contre qui que ce soit, et le Roy même, si la nécessité le requiert. Mercator en son Atlas. Saint Bénigne fut le premier apôtre. En cette ville se tint un Concile des Evêques de France, l'an 1198. y présidant le Légat du Pape Innocent III. auquel fut décrété un interdit contre la France, à cause du Roy Philippes Auguste II, du nom, qui avait répudié sa femme Helbergue, et introduisit en sa place Agnès fille du Duc de Moravie. Gaguin livre 6. P. Emile livre 6.

Dijon vers 1835 - gravure de Rauch, reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Vue générale de Dijon vers 1835
Gravure de Rauch, extraite du 'Guide pittoresque du voyageur en France' - 1838

 

Dijon et sa gare vers 1870 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Dijon depuis sa gare et l'avenue principale, vers 1870 - Gravure publiée dans la France illustrée de Malte-Brun

Dijon et sa gare en 2004  © Norbert PousseurDijon en 2004 avec sa gare - Pas de grand changement dans la topograhie générale !
Mais la voie dont on apperçoit l'entrée souterraine, sur la droite, n'est plus parcourue par les piétons !

 

DIJON, (in "Dictionnaire Universel" de Bouillet 1842) Divio ou Dibio, ch.-l, du dép. de la Côte-d'Or, sur l'Ouche, à 271 kil. S.E. de Paris (304 par Troyes); 24,817 hab. Évêché, cour royale, cour d'assises, tribunaux de 1re instance et de commerce; académie universitaire, collège royal, école de droit, de médecine, des beaux-arts; académie des sciences; bibliothèque, jardin botanique, etc. Rues larges et bien pavées. Château-fort, bâti, par Louis XI. Quelques beaux édifices, monuments antiques; place Royale, etc. Fabriques de draps, de laine et de coton. Commerce actif: vins, grains, moutarde renommée, etc. — Dijon doit son origine à un camp retranché établi par César pour contenir les Autunois et les Langrois. Son nom lui vint d'un temple que l'empereur Aurélien y avait élevé à ses dieux (Divis, et par corruption Divio). Elle ne prit quelque importance qu'au IVe siècle. Aux environs de cette ville, Clovis vainquit le roi burgunde Gondebaud par la trahison de Godégisile en 500. Dijon fut entièrement détruite en 1137 par un incendie. Rebâtie 20 ans après, elle devint bientôt la capitale du duché de Bourgogne. En 1477, après la réunion du duché de Bourgogne à la couronne, elle fut la capit. de la province et le siège des états-généraux. Dijon est la patrie d'un grand nombre de personnages célèbres, parmi lesquels nous citerons : les ducs Philippe-le-Bon et Jean-sans-Peur, le maréchal Boucieaut, Bossuet, Piron, Fréret, Crébillon, Longepierre, Saumaise, Bouhier, Rameau, Daubenton, Guyton-Morveau. — L'arr. de Dijon a 14 cantons (Auxonm, Fontaine-Française, Genlis, Gevrey, Grancey-le-Château, Is-sur-Tille, Mirebeau, Pontaillier-sur-Saône, Saint-Seine-l'Abbaye, Selongey, Sombernon, plus Dijon, qui forme 3 cant.), 265 communes et  38,094 hab.

Le château de Dijon vers 1820 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert PousseurLe château de Dijon vers 1820 - Gravure de Chapuy
extraite du 'Nouveau voyage pittoresque de la France' - Ostervald 1827


Dijon (bataille de).(in "Encyclopédie populaire" de Conil 1880) Le 21 janvier 1871, une des colonnes de l'armée prussienne établie à Isa-sur-Tille se porta en avant, au-dessus de Darois. Les mobilisés français leur faisaient face : le but de Garibaldi, qui commandait, était d'amener les Prussiens sous le feu des batteries de Talant et de Fontaine. Toute la journée ce ne furent que combats d'escarmouche. Le 22, l'action recommença à sept heures du matin , par de violents feux de mousqueterie; elle était complètement engagée à midi. Les Prussiens, qui voulaient s'emparer de Talant, furent repoussés par notre artillerie et les mobilisés de l'Isère, de l'Aveyron, de l'Ain et de Saône-et-Loire. A trois heures, ils abandonnaient le champ de bataille. Dans la nuit du 22 au 23, les patrouilles prussiennes firent une forte reconnaissance entre Talant et Fontaine, mais ils se retirèrent définitivement au point du jour.

Salle des Gardes du palais des ducs de Bourgogne, et leurs tombeaux, in Le Magasin pittoresque - 1871 Cheminée de la salle des Gardes de Dijon (gravure de Bullura, extraite de la France pittoresque d'Abel Hogo - 1835) Sur la gravure précédente, vers 1870, la cheminée est fermée et ne semble plus servir. (sans doute depuis l'installation des tombeaux dans cette salle)



DIJON (in "Nouveau dictionnaire de la France et de ses colonies", par Briand de Verze -  1839 - collection personnelle)

Côte-d'Or Bourgogne. Grande, riche, célèbre et très belle ville, au pied d'une chaîne de montagnes dominées par le Mont-Afrique, près du canal de Bourgogne, dans un bassin agraire et fertile, qui s'étend jusqu'aux montagnes de la Franche-Comté et de la Savoie. Préfecture, cours royale et d'assises, tribunal civil, tribunal et Bourse de commerce, Direction des contribution directe, Recette génénérale des finances, payeur du déptartement, Direction de l'enregistrement et des dommaines de 1re classe, conservation des hypothèques, bureau d'enregistrement des actes civils, des actes judiciaires, de ceux des dommaines, de ceux du timbre extraordinaire. Direction des contributions indirectes, recette et entrepôt des tabacs et poudres, bureau de garantie des matières d'or et d'argent. Légion de gendarmerie, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, ingénieur en chef de la canalisation ; 14 notaires, 14 avoués près la cour royale, 12 près le tribunal civil, 21 huissiers — Evéché, 3 cures, grand et petit séminaires, école normale. Académie universitaire, faculté de droit, des sciences et des lettres, école secondaire de médecine ; école spéciale des beaux-arts; collège royal ; société d'agriculture et d'industrie, bibliothèque publlique, musée, observatoire, jardin botanique ; salle de spectacle, lieutenant et 2 brigades de gendarmerie, étape, bureau de poste 24,817 hab.

Plan de Dijon vers 1880 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Plan de Dijon et de ses environs, vers 1880, Extraite de l'Atlas géographique de Malte-Brun

Cette ville est en général très bien bâtie, la plupart des rues sont larges, bien percées, propres et bordées de belles maisons et de beaux hôtels construits en pierres de taille. Elle est de forme ovale et baignée par la rivière d'Ouche, qui passe au midi, et le torrent de Suzon, qui la traverse du nord au sud par un courant pratiqué sous les rues. Elle est ceinte de beaux murs et de remparts bien plantés et bien entretenus : on y entre par cinq portes. Rien n'égale la beauté des promenades publiques, et il est peu de villes en France dont les dehors soient plus riants, les alentours plus agréables et plus variés. Outre les remparts dont nous venons de parler, et d'où l'on jouit d'une vue délicieuse sur la campagne environnante, on remarque principalement les Chemins-Couverts, jolie promenade à l'extrémité de la ville ; les allées de la Retraite, belle plantation de tilleuls sur quatre rangs, situées à l'est près le jardin des plantes; le Creux-d'Enfer, fontaine environnée des belles plantations ; la fontaine des Suisses, ombragée aussi de beaux arbres plantés en 1811 ; le Cours-Fleury, à l'entrée du Suzon dans la ville ; la promenade des Marronniers, près de la porte Guillaume; celle de l'Arquebuse, disposée dans le genre paysager; mais la plus vaste et la  plus belle de toutes ces promenades, c'est sans contredit le cours du Parc ; il a plus de 1/4 lieue de longueur, et est partagé, à son milieu, par un cercle spacieux ; ce cours aboutit à un parc dessiné et planté par Le Nôtre, à l'extrémité duquel passe la rivière d'Ouche.

Plan du centre de Dijon - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Plan du centre de Dijon, vers 1875, Extraite de l'Atlas géographique de La Brugère - 1877

L'église cathédrale, dédiée à St-Bernard, occupe l'emplacement d'un ancien temple de Saturne ; elle fut consacrée en 535. L'évéque Isaac rétablit en 870 cette église, qui tombait en ruines. En 1106 elle fut entièrement reconstruite par l'abbé Guillaume. Un ancien historien rapporte qu'on y comptait 372 colonnes, 120 fenêtres, 8 tours, 3 grandes portes et 24 entrées. Ce vaste édifice fut écrasé en 1271 par la chute d'une haute tour qui s'élevait au milieu. L'église d'aujourd'hui fut construite par l'abbé Hugues, et achevée en 1291. Celle de St-Benigne est remarquable par son étendue, sa légèreté et son exhaussement; elle a 213 pieds de long, 87 pieds de large dans les deux nefs, et 84 pieds d'élévation, la flèche qui s'élance du comble de l'édifice est un des ouvrages les plus hardis ; sur un diamètre très resserré elle porte le coq qui la termine à 300 pieds de hauteur. Le portail, ouvrage du 10e siècle, représentait autrefois, sur les côtés  huit figures en bas-reliefs, aujourd'hui remplacées par des colonnes en pierres ; il est surmonté d'un bas-relief exécuté par Bouchardon, représentant le martyre de St-Etienne, qui décorait autrefois le fronton de l'église St-Etienne. L'intérieur renferme de beaux mausolées en marbre, dont les principaux sont ceux des présidents de la Berchère, de Berbisey et de Frémyot, et ceux de Philippe-le-Hardi et de Jean-sans-Peur.

L'église Notre Dame de Dijon vers 1850 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Notre Dame par Rouargue - publié dans l'Histoire des villes de France d'Aristide Guilbert - 1859

L'église Notre Dame de Dijon vers 1825 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
L'église Notre Dame de Dijon, dessin de Bence, du Nouveau voyage pittoresque de la France - Ostervald -1827
Queqlues différences subtiles entre ces deux représentations.
Par exemple, ci-dessus, la fenêtre latérale entourée de parements, a l'air d'être obstruée,
ce qui n'est pas le cas dans la vue de Rouargue...

L'église Notre-Dame est un édifice d'un beau gothique, construit de 1352 à 1335 ; elle a 1423 pieds de long, 52 de large et 36 de haut. Dans le portail, qui est d'une légèreté extraordinaire, l'architecte a su allier la beauté du style grec à la délicatesse de l'architecture gothique ; sur toute l'étendue du porche, ouvert en triple cintre, il opéra le développement des voûtes, sans l'emploi des contreforts destinés à empêcher l'écartement. Les massifs de toute la façade n'ont pas plus de cinq pieds d'épaisseur, et ils servent de fond à deux péristyles placés l'un au-dessus de l'autre, offrant chacun 17 colonnes d'un seul jet. Sur le côté qui regarde le midi s'élève le campanule de l'horloge. L'entrée de l'église est précédée d'un vaste porche jadis orné d'une multitude de statues. Dans l'intérieur l'œil se reporte avec plaisir sur \es galeries qui régnent autour de la nef, du chœur et des croisées : rien de si délicat, de si léger, de si svelte que l'apside ou rond-point, décoré d'un superbe groupe de l'Assomption, chef-d'œuvre du sculpteur Dubois. La grande tour qui s'élève sur le milieu de la croisée, partage la délicatesse du vaisseau.

L'église cathédrale de Dijon vers 1825 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
L'église cathédrale, Saint Bégnine
Dessin de Chapuy, in le Nouveau voyage pittoresque de la France - Ostervald -1827

L'église St-Michel est une construction du commencement du 16e siècle, à l'exception de deux tours et de leur dôme, achevés en 1667. Cette église se fait remarquer par son portail, où l'imagination de Hugues Sambin déploya tout le luxe de l'architecture. Sur un socle percé d'un triple cintre orné de caissons, d'arabesques, de statues et de bas-reliefs, s'élèvent deux tours jumelles, décorées des cinq ordres d'architecture, et surmontées de coupoles octogones terminées chacune par une boule de bronze doré. Au-dessus de la grande porte est un bas-relief compose de 40 figures représentant le jugement dernier. Le vaisseau de cette église a 188 pieds de long, 60 de large et 64 de hauteur. Dans une chapelle on remarque le mausolée en marbre noir et blanc, érigé à la mémoire de Fyot de la Marche. L'église Sainte Anne, de construction moderne, est surmontée d'un très beau dôme.

 

Palais de Justice de Dijon en 1833 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Façade du Palais de Justice de Dijon, in Le Magasin pittoresque - 1833
par J. Lecurieux

Le palais des Etats est un bel édifice surmonté d'une tour majestueuse, commencée en 1З67 par Philippe-le-Hardi, et achevée par Charles-le-Téméraire. Cette tour, la salle des gardes, une portion des bâtiments du côté du nord, et les cuisines, sont tout ce qui reste du palais des ducs de Bourgogne. Ce palais se compose aujourd'hui d'un corps-de-logis de trois étages, et de deux ailes terminées à leur extrémité par quatre colonnes formant deux beaux péristyles d'ordre toscan ; il contient plusieurs vastes salles, dont quelques-unes sont occupées par les archivives et par un des plus riches musées que possèdent les départements. La cour qui précède ce palais donne sur la principale et la plus belle place de Dijon, dont elle est séparée par une grille en fer formée de piques droites entremêlées de faisceaux.
Le palais de justice est un vaste et ancien édifice où l'on remarque la vaste salle des pas-perdus et la belle salle des audiences publiques, dont le plafond est divisé en plusieurs caissons dorés et décorés de divers ornements.
La salle de spectacle est, après celle de Bordeaux, la plus belle qu'on connaisse en province. Sa façade principale, décorée d'un péristyle de 8 colonnes d'ordre corinthien, donne sur la place Saint-Etienne. Son intérieur offre trois rangs de loges ; un grand foyer s'étend sur toute la largeur de l'édifice au-dessus du péristvle.
L'école des beaux-arts renferme plusieurs tableaux d'un mérite capital.
On remarque encore à Dijon l'hôtel de la préfecture, l'hôtel-de-ville, le collège, le jardin des plantes, l'hôpital général, l'hospice Se-Anne, et plusieurs beaux hôtels construits à grands frais par les seigneurs qui formaient autrefois la cour des ducs de Bourgogne.

Salle des Gardes de Dijon - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Salle des Gardes du palais des ducs de Bourgogne, et leurs tombeaux, in Le Magasin pittoresque - 1871

Cheminée de la salle des Gardes de Dijon - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Cheminée de la salle des Gardes de Dijon
(gravure de Bullura, extraite de la France pittoresque d'Abel Hogo - 1835)
Sur la gravure précédente, vers 1870, la cheminée est fermée et ne semble plus servir.
(sans doute depuis l'installation des tombeaux dans cette salle)

Maison Milsand de Dijon - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Maison Milsand, dessin de H. Clerget
in Le Magasin pittoresque - 1863

L'origine de cette ville est très ancienne, et remonte aux temps qui ont précédé la domination romaine; mais elle était alors peu considérable. Sous Marc-Aurèle elle fut entourée de murailles et de 33 tours qui lui donnèrentl'apparence d'une petite cité. Aurélien l'embellit et en augmenta l'étendue vers l'an 274 ; il y éleva un temple aux divinités payennes ; d'où l'on prétend qu'elle prit le nom de Divio, Les Sarrasins s'en emparèrent et la livrèrent aux flammes en 731 ; les Normands la saccagèrent en 888. Robert de Vermandois la surprit et l'enleva à Othon en 959. Mais elle fut reprise par Lothaire l'année suivante. En 1127 un incendie des plus violents la consuma entièrement. En 1357, Philippe de Rouvres, dernier duc de Bourgogne de la 1re race, fit commencer la nouvelle enceinte fortifiée de Dijon, telle qu'on la voit aujourd'hui. Les ducs de la seconde race entretinrent ces fortifications, et les augmentèrent de seize tours et de plusieurs bastions. Vers le milieu du 15e siècle Louis XI y fit construire un château entoure de fossés et flanqué de quatre tours, qui existe encore en partie, et sert aujourd'hui de caserne de gendarmerie. En 1513 les Suisses vinrent mettre le siège devant Dijon ; cette ville, dépourvu de bonnes fortifications, n'ayant qu'une garnison de 6,000 hommes et hors d'état de tenir contre les assiégeants, dont l'armée était de 40,000 hommes, demanda à capituler ; cette proposition ayant été rejetée, les Suisses commencèrent le feu, auquel il fut riposté vigoureusement. Les murs croulaient de toutes parts, et l'ennemi se disposait à un assaut général, lorsque la Trémouille, qui commandait la place, hasarda un pourparlers dont le résultat fut un traité par lequel, au moyen de la concession en Italie, du duché de Milan, du comté d'Acs et de 400,000 écus d'argent pour lesquels il fut donné quatre otages, les Suisses lèveraient le siège.

La Porte St Guillaume de Dijon en 1825 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert PousseurPorte St Guillaume de Dijon, vers 1825, dessin de Chapuy
in Le voyage pittoresque de la France - Ostervald -1827

Avant 1789 Dijon était capitale du duché de Bourgogne. Outre son parlement institué par Louis XI en 1480, elle avait table de marbre, chambre des comptes, cour des aides, grand bailliage, présidial, bureau des finances, maîtrise particulière des eaux-et-forêts, grenier à sel, hôtel des monnaies marquée de la lettre P, justice consulaire, intendance et mairie. Elle possédait une abbaye de Bénédictins, deux de filles, trois chapitres; celui de la cathédrale, Celui de la chapelle au Riche, et celui de la Ste-Chapelle, qui conservait dans un coffre d'or garni de pierres précieuses, l'hostie miraculeuse envoyée en 1430, par le pape Eugène IV au duc de Bourgogne. Il y avait sept paroisses, une commanderie de Malte, et une autre du St-Esprit de Montpellier, une maison des frères de la Salle ou des écoles chrétiennes, pour l'enseignement gratuit des pauvres ; sept monastères de filles, non compris les sœurs de la Charité pour le soulagement des pauvres malades, et une chartreuse, l'une des plus riches et des plus belles de France.

Tombeau de Philippe Pot à Dijon - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur
Tombeau de Philippe Pot, grand Sénéchal de Bourgogne à Dijon, dessin de Bence
in Le voyage pittoresque de la France - Ostervald -1827




Les États de province s'y tenaient à Dijon tous les trois ans vers le mois de mai,
et la session était ordinairement de 15 jours.
Patrie de Jean-sans-Peur, Bossuet, Crébillon, Piron, Longuepierre, Daubanton, Bazire, Guyton-Morveau,
duc de Bassano.

Industrie, Fabrique de draps, bonneterie, couvertures de laine, toiie, colle-forte, pointes de Paris ; ruches à miel, produits chimiques, vinaigre, moutarde renommée, bougie, chandelles ; filature de laine, distillation d'eau-de-vie ; faïencerie, fonderie en fer, fonte douce et en caractères d'imprimerie, ornements en fonte et cuivre, raffinerie de sucre, imprimeries, lithographie, stéréotypie, tanneries.

Commerce, grains, farines, vins, chanvre, laines, cuirs.

Foires 15 janv., 1er et 10 mars, 25 avril, 10 et 24 juin, 25 août, 10 nov.
Voit. publiques tous les jours pour Paris ; par Tonnerre, par Troyes, Joigny et Sens, pour Auxonne, Dôle, Langres, Nancy, Metz, Nuits, Beaune, Chalon-sur-Saône, Besançon, Lyon, Genève.
Auberges. La Cloche, la Galère, la Ville-de-Lyon. Le Parc, le Chapeau-Bouge, la Croix-Blanche.
À 9 1. N.N.E. de Beaune, 20 S.S.E. de Châtillon-sur-Seine, 17 E.S.E. de Semur, 20 O. de Besançon, 22 N.N.O. de Lons-le-Saunier, 25 O.S.O. d4e Vesoul, 30 N. par E. de Maçon, 40 E.N.E. de Nevers, 34 E.S.E. d'Auxerre, 34 S.E. de Troyes, 22 S. de Chaumont-en-Bassigny , 75 1/2 S.E. de Paris. Long. E. 2° 41.50. Lat. S. 49°19.25.

Relais.
+++ R. de Paris à Dijon par Auxerre ; ven. de Pont-de-Pany 2 p.1/2
+++ R. de Paris à Besançon par Troyes ou par Tonnerre ; ven. du Val-Suzon 2 p. all. à Genlis 2 p. 3/4
+++ R. de Dijon à Autun ; all. au Pont-de-Pany 2 p.1/2
+++ R. de Dijon à Bourg-en-Bresse ; all. à la Baraque 1 p.1/2
+++ R. de Dijon à Sedan; all. à Norges-le-Pont 1 P.1*2
+++ R. de Dijon à Vesoul ; all. a Mirebeau-sur-Bèze 3 p.

 

DIJON. (in " Dictionnaire universel de commerce, d'histoire naturelle, par Jacques Savary Des Bruslons, 1747 - collection personnelle)
Il se fait dans cette Capitale de la Bourgogne, un très grand commerce des Draperies de la Province qui s'y vendent presque toutes ; il y en vient aussi quantité des autres Provinces, et il s'y en marque huit à neuf mille pièces de celles-ci, et cinq à six mille des autres.
La seule Fabrique d'étoffes de laine, qui soit établie à Dijon, est celle des serges qui ont deux tiers de large ; il s'en fait, année commune, deux cent pièces ; elle occupe onze à douze Facturiers et deux moulins à foulons. Les serges s'y font de laines du pays, qui y sont bonnes pour la teinture et pour la foulure. Auprès de la Ville il y a de la terre à dégraisser, qui est excellente.
On recueille aux environs quelques ingrédients propres à la teinture. Le pastel surtout y réussirait à merveille, mais on en a négligé la culture. Il y a sept Maîtres Teinturiers, plus employés encore aux étoffes du dehors qu'à celles du dedans : les unes et les autres se débitent pour la Province, la Franche-Comté, et la Loraine、
Il se tient chaque année à Dijon deux foires très considérables, où se vendent la plupart de ces étoffes.
Il y a deux Manufactures établies dans l'Hôpital ; l'une de bas, qui en fournit trois mille cinq cents paires ; et l'autre de dentelles façon du Havre, dont il se débite beaucoup en Franche-Comté.

DIJON, (in "Encyclopédie populaire" de Conil 1880 - collection personnelle)
(Divio) ville de France, chef-lieu du département de la Côte-d'Or (37.100 hab.) ; évêché. Ancien palais des ducs de Bourgogne, lieu de leur sépulture. Commerce de vins, eaux-de-vie, vinaigre, moutarde très vantée, grains, cuirs, laines, bougies ; chanvre; légumes, etc. etc. L'arrondisseemnt comprend 14 canton, 267 communes et 155.000 habitants.

DIJON, (in " Le grand dictionaire historique de Louis Moreri, 1725 - collection personnelle)
sur l'Ouche et le Suzon, ville de France ; capitale du duché de Bourgogne, dans le diocèse de Langres, avec parlement. C'est le Divio ou Divionum des latins. Les auteurs disent que l'empereur Aurélien ayant fait abattre un bourg, nommé bourg d'Ogne, en latin, Burgus Deorum, craignait d'avoir offensé les Dieux, auxquels ce bourg était consacré, Pour réparer cette faute, ce prince, dit-on, prit la résolution, par le conseil de sa mère, que Vopiscus dit avoir été prêtresse du soleil et avoir sû l'art de prédire, de bâtir sur la rivière d'Ouche un temple et un château nommé Divo, et depuis Dijon.
Grégoire de Tours et Aimoin fournissent assez de témoignages, pour faire voir qu'Aurélien fut le fondateur de cette ville, contre ceux qui assurent qu'il n'en fut que le restaurateur. La Légende de la vie de saint Bénigne confirme cette première opinion. Quoi qu'il en soit, il est sûr que cette ville doit son premier agrandissement aux enfants de Hugues Capet qui succédèrent à l'ancienne race des ducs de Bourgogne, et qui choisirent presque tous la ville de Dijon, pour leur séjour ordinaire. Du Tillet dit que le duc Hugues III au retour de son voyage de Jérusalem, y fonda l'an 1165 la Sainte Chapelle, Bellleforêt veut que ce soit Philippe le Bon, qui y mit la sainte Hostie, que le pape Eugene IV lui envoya l'an 1430.
Grégoire évêque de Langres ayant trouvé le corps de saint Bénigne, fonda la superbe abbaye de ce nom, que les ducs ont augmentée et enrichie par leurs libéralités. Plusieurs d'entre eux y ont choisi leur sépulture. On y voit aussi celle d'un roi de Pologne. Cette ville a encore plusieurs autres abbayes et grand nombre d'édifices saints et profanes, qui sont un témoignage de la piété et de la magnificence de ses habitants.
Le parlement de Bourgogne fut institué, selon du Haillan, par Louis X qui avait depuis peu établi celui de Grenoble pour le Dauphiné. Pasquier dit que ce fut par Louis XII. Il est pourtant sûr, que le premier établit ce parlement en 1476. Le roi Charles VIII le fixa en un lieu, en 1494. Le roi Louis XII fit bâtir le palais, qu’on rendit plus magnifique, par ordre du roi Charles IX; en 1571. C'est ce qu'on peut voir plus en détail dans l'histoire du parlement de Bourgogne de Pierre Paillot.

Outre la cour de parlement il y a à Dijon une chambre des comptes, une cour des monnaies, dont les espèces ont pour marque la lettre P. un siège présidial, etc. Le maire ou majeur qui porte le titre de vicomte, a le gouvernement non seulement de la ville, mais encore de tout le tiers État de Bourgogne, et est accompagné de vingt-un échevins, qui autrefois portaient le titre des sénateurs. Au reste Dijon a eu des comtes particuliers, du temps même des ducs de Bourgogne. Louis XI y fit bâtir le château, qu’on y voit, pour s'assurer de la ville et de la province, laquelle, après la mort du dernier duc, s'était donné à lui par les soins du seigneur de Craon, et de Jean de Châlon prince d'Orange.
Pendant les premiers troubles de la religion, le parlement en vertu des lettres obtenues le 1er mars 1562, interdit aux protestants l'exercice de leur religion. Tavannes lieutenant pour le roi Charles IX en l'absence du duc d'Aumale, les désarma, et le maire avec les échevins les mirent tous dehors, avec leur femmes et leurs enfants.
Près de Dijon on voit deux petites montagnes assez célèbres, l'une par la forteresse de Talan ; et l'autre par le château et bourg de Fontaines, lieu de la naissance de saint Bernard.

CONCILES DE DIJON. (in " Le grand dictionaire historique de Louis Moreri, 1725 - collection personnelle)
Hugues de Die, légat du Saint Siège, assembla l'an 1075 un concile à Dijon contre les simoniaques ; comme nous l'apprenons de Hugues de Flavigny, en la chronique que le père Labbe a donnée au public. Le second concile fut assemblé au sujet d’Issemburge de Danemark, épouse du roi Philippe-Auguste. Ce prince l'avait répudiée, et avait épousé Marie-Agnès, fille de Bertold duc de Meranie. Le pape Célestin III sur les plaintes du roi Canut, frère de la première, commit l'an 1196 deux légats, pour connaître de cette affaire. Ils tinrent un concile à Paris, mais sans effet. Innocent III, successeur de Célestin, plus fortement pressé de rendre justice, envoya le cardinal Pierre de Capoue légat, et assembla l'an 1199 les prélats français à Dijon, et sans avoir égard à l'appel interjeté par Philippe au pape, il prononça sentence d'interdit sur tout le royaume en présence et du consentement des évêques. Ce concile fut tenu le 6 décembre fête de saint Nicolas, et le légat, pour avoir le temps de se retirer en lieu de sureté, voulut que la sentence ne fut publiée que vingt jours après Noël. Cet interdit dura sept mois, et pendant ce temps le roi sollicita si fort auprès d'lnnnocent, qu’il donna ordre à Octavien un de ses légats de le lever à condition que Philippe se remettrait avec Isemburge, et que dans six mois, six semaines, six jours et six heures, il ferait vider la cause du divorce. L'assemblée se tint à Soissons, mais avant quelle fut conclue, le roi reprit cette princesse et la reconnut pour sa femme.

 

 

 

Pour d'autres aspects, 2 sites - celui de la Mairie de Dijon
                          ainsi que l'article de Wikipedia sur Dijon


Arrivée à Dijon vers 1830 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur   Dijon vers 1835 - gravure de Rauch, reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur   Dijon et sa gare vers 1870 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur

Le château de Dijon vers 1820 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur   L'église Notre Dame de Dijon vers 1850 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur   L'église Notre Dame de Dijon vers 1825 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur

La Porte St Guillaume de Dijon en 1825 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur   Plan du centre de Dijon - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur   L'église cathédrale de Dijon vers 1825 - gravure reproduite et retouchée par © Norbert Pousseur

 

 

 

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