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Les villes à travers les documents anciens

 

La Syrie et son histoire ancienne

 

Carte de Syrie - reproduction © Norbert Pousseur
Voir ci-dssous la même carte de Syrie vers 1850

 

Extrait de l'ouvrage 'Introduction à l'histoire moderne, générale et politique de l'Univers' écrit par le baron de Pufendorf puis par M Bruzen de la Martinière et M De Grace, édité en 1759.
Collection personnelle, transcription en français moderne et ajout d'inter-titres par l'éditeur du site.

 

Royaume de Syrie autour de 300 ans avant JC

La Syrie, proprement dite, est située entre la Méditerranée à l’Occident, et l’Éuphrate à l'Orient ; et entre le mont Taurus au Septentrion, et l’Arabie Déserte, la Palestine et la Phénicie au Midi. Sa longueur du Septentrion au Midi est de trois cent Soixante et quinze milles, et d’Orient en Occident, sa largeur est de trois cents milles.

Les anciennes divisions de la Syrie
Ce pays fut successivement divisé de différentes manières. Dans les commencements il fut composé d'un grand nombre de petits Royaumes, qui furent par la suite réduits à quatre, savoir celui de Zobah, celui de Damas, celui de Hamath et celui de Geshur ; car les noms de Béthrehob, d'Ishtob et de Màacha, dont il est fait mention dans l’Écriture Sainte, ne paraissent marquer que des subdivisions. Un nouveau partage sépara toute la Syrie en deux parties seulement, qui étaient la Célé-Syrie et la Phénicie ; et les Phéniciens, les Iduméens, les Juifs, les Gézites et les Azotites étaient compris dans ces deux parties. Après la mort d’Alexandre on divisa encore la Syrie, suivant Strabon, en Commagene ou Comagene, en Séleucide de Syrie, en Célé-Syrie, en Phénicie maritime et en Judée. Ptolémée fait une autre subdivision, et compte dans la seule Syrie, proprement dite, la Comagene, la Pierie, la Cyrristique ou Cyrrhestique, la Séleucide, la Cassiotide ou Casiotide, la Laodicene, la Phénicie Méditerranée, la Célé-Syrie et la Palmyrene.

Selon la division de Ptolémée, Comagene avait au Couchant le mont Amanus, au septentrion une partie du mont Taurus. A l’Orient ce pays était borné par l'Euphrate ; mais on ignore s’il l’était au Midi par la Séleucide, ou la Cyrrhestique, ou par l’une et l'autre de ces contrées. Au reste, la Comagene formait le bout septentrional de la Syrie, et avait pour principales villes Samosate sur l'Euphrate, Antioche au pied du mont Taurus, et Germanicie. Toutes ces villes qui étaient autrefois magnifiques et florissantes sont aujourd’hui ruinées ou en mauvais état.

La Séleucide maritime contenait la Pierie et la Casiotide, dont l’une était située au septentrion, et l’autre au Midi. Entre ces limites étaient les villes d’Alexandrie, de Séleucie, de Pierie et de Laodicée sur la Méditerranée.
Dans la partie intérieure de la Séleucide Méditerranée était la célèbre Antioche, sur le fleuve Oronte. Les deux Séleucides sont appelées Antioche par Mêla et par Pline.
L’Apamene était à l’Orient de la Casiotide, et avait pour Capitale Apamée, dont plus de la moitié était environnée par l’Oronte.
La Cyrrhestique était une Province située sur l’Euphrate, et Cyrrhus ou Cyrus était la capitale de cette partie de la Syrie. On y voyait aussi la fameuse ville nommée Hiérapolis, et Bambyce, que les Syriens nommaient Magog, et où la Déesse de Syrie était adorée.
La Chalcidine était une Province intérieure du pays, qui n’était bornée ni par la mer Méditerranée, ni par l’Euphrate, et dont Chalcis était la capitale. Elle était environnée par Antiochene, ou la Séleucide, à l'Occident ; par la Cyrrhestique, au septentrion, par la Chalybonitide, à l’Orient, et par l’Apamene et la Célé-Syrie, au Midi.
A l’Orient de Chalcidine était la Chalybonitide sur l’Euphrate, qui avait Chalybon pour capitale.
La Palmyrene était une Province grande et fertile au milieu d’un affreux désert, au Midi de la Chalybonitide, lavée à l’Orient par l'Euphrate. Il ne reste plus de toutes les villes de cette Province que la seule Palmyre, qui, quoique déserte et presque entièrement détruite, ne laisse pas d’être regardée comme une des merveilles de l'Univers.
On ne peut guère marquer précisément les limites de la Célé-Syrie. Strabon dit seulement que cette Province était la vallée entre le Liban et l’Anti-Liban. Les principales villes de cette contrée étaient Héliopolis, aujourd'hui Balbeck, et Damas, maintenant Shâm.
La Laodicene, dont la capitale était Laodicée était située au pied du mont Liban.

Sous l’Empire Romain, la Syrie souffrit une nouvelle division, et on la sépara en Comagene ou Euphratesienne, en Syrie, en Palmyrene, et en Phénicie du Liban. Les Arabes placent la Palestine en Syrie d’un côté, et la Cilicie de l’autre, et l’appelle Shâm.
Abulfeda partage tout le pays en cinq Provinces, savoir, Kinnesrine, Hemsene, Damascene, Jordanitique et Palestine. En général le climat de la Syrie est très-beau, et sa fertilité est aussi grande que celle d’aucune autre contrée.

Religion des syriens
Les anciens Syriens adoraient plusieurs Idoles, parmi lesquelles était Rimmon, qui avait son Temple à Damas. Cette Idole, d’abord la plus célèbre chez les Syriens, fut remplacée dans la suite par d’autres, auxquelles on rendit un culte religieux, jusqu’à ce que Theglat-Phalassar en subjuguant les Syriens fit, pour ainsi dire, éprouver le même sort à leurs Divinités. Depuis cet événement la Religion Syrienne fut abolie, et celle d’Assyrie devint la Religion dominante de toute la contrée. Plusieurs Auteurs, et entr'autres Lucien, rapportent que dans la ville d'Hiérapolis, appellée Magog par les Syriens, il y avait un Temple de la grande Déesse Syrienne. Ce Temple situé sur une éminence au milieu de la ville, était environné d’une double muraille, dont l’une était vieille et l’autre neuve. Au côté Septentrional de ce Temple était une cour de cinq ou six cents pieds en circonférence, dans laquelle on voyait des Priapes qui étaient d’une prodigieuse hauteur. La façade du Temple tournée vers l'Orient semblait cachée par une terrasse haute d’environ huit pieds qui se trouvait devant. Tout l’édifice était construit à la manière des Temples Ioniens, les portes en étaient dorées, et l’or éclatait aussi dans plusieurs autres endroits, et principalement au dôme de ce bâtiment. L’air qu’on y respirait était agréable, et tellement parfumé, que les habits de ceux qui y entraient, en contractaient l’odeur, et la conservaient assez longtemps.
Ce Temple avait son sanctuaire, dans lequel il n’était pas permis aux Prêtres mêmes d’entrer, à moins qu'ils ne fussent entièrement dévoués aux Dieux qu’on y adorait, ou qu’ils n’eussent quelque relation particulière avec eux. Dans l’intérieur du sanctuaire qui était toujours ouvert, on voyait un grand nombre de statues. A main gauche en entrant dans le Temple était le trône du Soleil, mais sans aucune statue, et immédiatement après ce trône était une Idole, à laquelle on a trouvé quelque rapport avec l'Apollon des Grecs. Quoi qu’il en soit, cette statue était la seule qui eût des habillements, car toutes les autres étaient nues. On gardait dans l’enclos du Temple des bœufs, des chevaux, des lions, des ours et des aigles qui étaient apprivoisés et sacrés. Près du Temple était un lac où on nourrissait des poissons, qu’on regardait aussi comme sacrés. Au milieu du lac on avait construit un autel de pierre, et sur cet autel brûlait continuellement de l’encens.
Les Oracles qui se rendaient dans le Temple avaient quelque chose d’extraordinaire. On y entendait du bruit, quoique les portes fussent fermées, on y voyait des images qui marchaient, qui fuyaient, et enfin qui dictaient en apparence des Oracles. Celui de l’Idole, que Lucien nomme Apollon était le principal de tous. Ce Dieu, suivant le même Auteur, rendait ses réponses lui-même, au lieu que les autres répondaient par la bouche de leurs Prêtres. Cette statue était habillée, comme on l’a déjà dit, par conséquent, quelqu’un pouvait facilement se cacher sous ces habits, et répondre pour le Dieu aux questions proposées. Lorsque cet Apollon consentait à satisfaire aux demandes qu’on lui faisait, il commençait faire quelque mouvement. Aussitôt les Prêtres accouraient pour le lever en haut, et le Dieu les poussait violemment jusqu'à ce que le Grand Prêtre se fut approché ; et lui eût proposé sa question. Si elle déplaisait à l’Idole, elle se retirait, sinon, elle poussait ses porteurs en avant ; enfin cette Divinité avait la direction de toutes les matières sacrées et civiles, et on la consultait dans tous les cas embarrassants.
Les revenus et le trésor de ce Temple étaient considérables ; l’Arabie, la Phénicie, la Cappadoce, la Cilicie et la Syrie contribuaient à l’enrichir par leurs présents qu’on gardait avec beaucoup de soin. Il y avait différentes sortes de Prêtres qui avaient diverses fonctions. Les uns tuaient les victimes, les autres portaient les libations, d’autres avaient soin du feu, d’autres desservaient l'autel, et plus de trois cents de ces derniers en habits et en bonnets blancs vaquaient aux sacrifices. Outre cela il y avait encore d’autres Ministres attachés au service du Temple, comme des Musiciens experts à jouer de plusieurs instruments, des Prêtres nommés Galli, semblables à ceux de Cybèle et des femmes frénétiques. L'emploi de Grand Prêtre était annuel, et tout le temps qu’il était en exercice, il portait une robe de pourpre et une mitre d’or. Des hommes de différentes nations qui voulaient se consacrer à la Déesse de Syrie, étaient chargés d'instruire dans les lois et les coutumes de la ville, ceux de leurs compatriotes qui allaient en pèlerinage au Temple, et ils étaient appellés pour cette raison Maîtres ou Instructeurs.
Les Syriens offraient deux fois par jour des sacrifices a deux de leurs principales Idoles, à l’une en silence, et à l'autre en chantant, et en jouant de plusieurs d'instruments. Chaque printemps ils célébraient une fête dont les cérémonies consistaient à abattre quelques grands arbres dans le parvis du Temple, et à les garnir de chèvres, de brebis, d'oiseaux, de riches vêtements, et de plusieurs pièces d’or et d'argent bien travaillées. Ensuite on promenait les images sacrées autour de ces arbres, après quoi on y mettait le feu qui les consumait avec tout ce qui y était attaché. Ceux qui allaient à la ville d’Hiérapolis étaient obligés de faire chacun un sacrifice particulier. Le Pèlerin qui faisait ce sacrifice prenait une brebis, la coupait en pièces, en faisait bonne chère, et étendant la toison par terre, il s'agenouillait dessus. Dans cette posture il mettait les pieds et la tête de la victime sur sa propre tète, priait la Déesse d’accepter son sacrifice, et lui en promettait un meilleur. On pouvait encore deux fois par an se rendre la Déesse favorable de cette manière ; un homme montait au haut d’un des Priapes dont on a parlé, et y restait pendant sept jours. Dans cet intervalle il descendait une chaîne où on attachait ses présents, et on disait son nom à un homme qui était en bas. Celui-ci le criait de toute sa force à l’autre, qui commençait aussitôt à prier, et frappait en même temps sur une espèce de cloche. Une autre espèce de sacrifice en usage chez les Syriens avait quelque chose de cruel. Ils commençaient par couronner de fleurs les victimes, et ensuite ils les chassaient hors du Temple vers un endroit où il y avait une descente escarpée, du haut de laquelle ces animaux ne se précipitaient jamais sans perdre la vie. Il se trouvait quelquefois des pères assez barbares pour lier leurs enfants dans des sacs, et les glisser du haut en bas de la même descente en les accusant de n’être pas des enfants, mais des bêtes.
Celui qui entreprenait le pèlerinage de Hiérapolis commençait par se raser la tête et les sourcils, après quoi il offrait une brebis, comme on l’a vu plus haut. Alors il ne lui était plus permis de se baigner que dans de l’eau froide, ni de boire aucune autre liqueur, ni de se coucher que sur la dure ayant la fin de son pèlerinage. lorsqu'il était arrivé dans la ville, il était entretenu aux dépens du Public, et logé avec ses compatriotes désignés par le nom d’Instructeurs ou de Maîtres, et il apprenait d’eux les rites et les cérémonies qu’il devoir observer. Tous les pèlerins étaient marqués au cou et aux poignets.
Il était défendu à celui qui avait vu un mort d’entrer de tout le jour dans le Temple ; mais le lendemain il cessait d’être souillé pourvu qu’il eût pris soin de le purifier. A l’égard de tous ceux qui étaient de la famille du mort, ils devaient s'absenter du Temple pendant trente jours, et se raser la tête.

Les rois de Syrie de -324 av JC à -250
L’ancienne Syrie tombée sous la puissance des Assyriens cesse d’être un Royaume, et lorsque les Assyriens furent subjugués à leur tour par Cyrus, leur Empire devint une Province de la Perse, ainsi que les pays des Syriens. Les choses subsistèrent en cet état jusqu’à la défaite de Darius Codoman près d’Issus, qui rendit Alexandre le Grand maître de la Perse. Ce Conquérant mourut l’an 324. avant J. C. sans avoir réglé sa succession. Il laissait sa femme Roxane enceinte, et un fils naturel nommé Hercule, qu’il avait eu de Barsine, veuve de Memnon, et qui était encore enfant. Au moment de la mort d'Alexandre se trouvait auprès de lui son frère naturel Philippe Aridée, homme sans mérite et sans aucune capacité. La nécessité où les Généraux d'Alexandre se trouvèrent d'avoir un Chef, au nom duquel on donnât les ordres, les obligea, après quelques jours d'altercation, de placer cet Aridée sur le trône, en lui associant l’enfant dont Roxanne était enceinte, au cas que ce fût un mâle. On forma ensuite un conseil, auquel présidait Perdiccas qui avait presque toute l'autorité.
Roxanne étant accouchée d’un fils, qu'on appela Alexandre du nom de son père, on le déclara Roi avec Philippe, et les ordres s'expédiaient au nom des deux Rois. On fit bientôt après le partage des gouvernements entre les Capitaines d'Alexandre ; Séleucus fut le seul qui n'en obtint pas alors, mais on lui donna le commandement d’un Corps de Cavalerie, emploi honorable, et dans lequel il se distingua. A la mort de Perdiccas qui fut tué dans un tumulte en Égypte, Antipater fut nommé pour gouverner sous le nom des deux Rois, et on fit un nouveau partage. Antigone eut le gouvernement d’une partie de la basse Asie, avec le commandement en chef de l’armée d’Asie, et Séleucus eut alors le gouvernement de la Babylonie. Il le conserva jusqu’à l’année 315. dans laquelle Antigone irrité du refus que faisait Séleucus de lui rendre compte des revenus publics, lui ôta le gouvernement. Séleucus fut contraint d’aller chercher une retraite en Égypte auprès de Ptolémée, où il resta trois ans. Au bout de ce temps il obtint du Roi d’Égypte un petit Corps de troupes, et rentra dans la Babylonie où il était aimé. Les peuples et la plus grande partie des troupes se déclarèrent pour lui ; de sorte qu’il se vit bientôt à la tête d’une armée assez forte pour attaquer Nicanor, qui commandait pour Antigone. Ce Général fut battu, et perdit la vie, ce qui rendit Séleucus seul maître du pays
Encouragé par ce premier succès, il forma le projet de réunir à son gouvernement les Provinces Orientales de la haute Asie, dont les Commandants divisés entre eux ne reconnaissaient presque plus l’autorité des Rois et du Conseil.
Pendant que Séleucus était occupé dans la Perse, Antigone qui avait battu Ptolémée, envoya son fils Démétrius avec une armée contre Babylone. La ville et un des deux châteaux se soumirent ; mais l’autre soutint un siège en forme, et Démétrius rappelé dans la basse Asie, se contenta de laisser quelques troupes pour bloquer ce château. Il y eut l’année suivante, qui était la 310ème avant J. C. un traité conclu par Ptolémée, Lysimaque et Cassandre avec Antigone, et on convint de couronner le jeune Alexandre âgé de treize ou quatorze ans, et de lui donner pour Gouverneur Cassandre, fils d’Antipater. Cet accord et la tranquillité qui en fut la suite ne durèrent pas longtemps, et Séleucus profita des troubles pour chasser de la Babylonie les troupes que Démétrius y avait mises. Il réduisit ensuite la Médie sous son obéissance, et fit la conquête de la Bactriane, de l’Hyrcanie, et de plusieurs autres Provinces qu’il annexa à son Empire. Séleucus prit alors le titre de Roi de Babylone et de Médie, et résolu de s’emparer de ces pays connus sous le nom général des Indes, il passa le fleuve de l’Inde. Sandrocotte ou Androcotte en possession de cette contrée, leva une forte armée à dessein de repousser Séleucus ; mais ce Prince informé qu’il s’était fait une ligue contre Antigone, se hâta de s’accommoder avec Sandrocotte, afin de de joindre à cette confédération. Il amena au secours des Princes ligués une armée redoutable par le grand nombre d’éléphants de guerre qu’il avait tirés de l’Inde, et contribua par ce moyen à la défaite d’Antigone, qui perdit la vie dans la bataille d’Ipsus en Phrygie. Cet événement arrivé dans l’été de l’an 301 rendit Séleucus entièrement maître de toute la Syrie, à l’exception de quelques villes qui ne se fournirent à lui que quelques années après, c'est-à-dire, dans la vingt-sixième année de l’Ère des Séleucides.
Séleucus ne se vit pas plutôt en possession de la Syrie qu’il prit le titre de Roi, que les Capitaines d’Alexandre avaient déjà pris avant lui. Ce nouveau Monarque embellit ses États d’un grand nombre de villes magnifiques. Il donna le nom de Séleucie à celle qu’il fit bâtir sur le bord Occidental du Tigre, à quarante milles de Babylone, environ à dix lieues de l’endroit où est présentement la ville de Bagdad. Cette nouvelle ville dont Séleucus fit le lieu de sa résidence et la capitale de toutes les Provinces de son Empire au-delà de l’Euphrate, devint en peu de temps extrêmement peuplée et florissante. Pendant que le Roi de Syrie était occupé à fonder différentes villes, Démétrius, fils d’Antigone, fit quelques tentatives pour recouvrer les États de son père en Asie ; mais il ne put réussir dans cette entreprise, et tomba au pouvoir de Séleucus, qui le retint prisonnier le reste de ses jours. Le Roi de Syrie, après la mort de Démétrius, s'empara de tout ce qu’il avait possédé en Syrie et en Asie, et fit un seul Empire de ces deux Royaumes. Ptolémée Soter, Roi d’Égypte, ne survécut que de quelques mois à ce Prince : de sorte qu’il ne restait plus de tous les Capitaines d’Alexandre que Lysimaque et Séleucus. Ces deux derniers, quoique fort âgés, se firent une cruelle guerre, qui fut terminée par la défaite et la mort de Lysimaque. Alors Séleucus fut surnommé Nicator ou Vainqueur, et la nouvelle victoire qu'il venait de remporter le mit en possession des Etats de Lysimaque. La joie qu’il en ressentit ne fut pas de longue durée, car au bout de sept mois, il fut assassiné par Ptolémée Céraunus, comme il allait se faire reconnaître dans la Macédoine sa patrie, où il comptait finir sa vie. Ce Prince mourut dans la quarante-troisième année depuis la mort d’Alexandre, dans la trente-deuxième de l’Ère des Séleucides, et dans la soixante et treizième, ou, suivant Justin, dans la soixante et dix-huitième de son âge.
Philetere, Prince de Pergame, acheta du perfide Céraunus le corps du Roi de Syrie, et l’envoya à Antiochus fils de ce Monarque. Antiochus fit de magnifiques obsèques à son père dans la ville de Séleucie, et donna ordre que ses cendres fussent déposées dans une superbe chapelle bâtie exprès pour cela, et nommée Nicatorium. Presque tous ses Historiens font de grands éloges de Séleucus, qui s’était attiré le respect et l’amour de tous ses sujets.
A la nouvelle de la mort de son père, Antiochus, qui était en Orient, songea d’abord à affermir sa puissance dans ce pays : et afin d'empêcher les mouvements que son absence pourrait occasionner dans l'Asie Mineure, il y envoya une armée sous le commandement de Patrocle. Ce Général ayant fait un traité avec les Héracléens, contre lesquels il avait d'abord marché, entra dans le pays des Bithyniens qu’il mit à feu et à sang ; mais il tomba dans une embuscade où il fut tué, et ses troupes entièrement défaites. Antiochus informé de la perte de son armée, fit de grands préparatifs pour en tirer vengeance. Cependant Nicomède, alors sur le trône de Bithynie, appela les Gaulois à son secours, et en récompense des services qu’il en reçut, il leur donna cette partie de l'Asie Mineure qui, d’après eux, fut nommée Gallo-Grèce par quelques-uns, et Galatie par d’autres. Dans ce même temps Antiochus eut de grands démêlés avec Antigone Gonatas, fils de Démétrius, au sujet de la couronne de Macédoine, et ces deux Princes levèrent chacun une nombreuse armée. Antigone sut mettre dans ses intérêts le Roi de Bithynie, et par ce moyen Antiochus hors d'état de résister aux forces réunies de ces deux Rois, entra en accommodement avec eux. Il renonça totalement à ses droits sur le trône de Macédoine, et consentit à donner en mariage à Antigone sa fille Phila, qu’il avait eue de Stratonice.
Antiochus marcha ensuite contre les Gaulois et les chassa de l'Asie, d'où ils faisaient souvent des incursions sur les terres de tous les Princes voisins. Cette heureuse expédition valut à Antiochus le surnom de Soter ou Sauveur. Ce Prince voulut peu de temps après envahir les Etats de Pergame, mais il fut battu par Eumene, et obligé de retourner à Antioche, où il mourut au bout de dix-neuf ans de règne, laissant la couronne à son fils Antiochus.
Ce Prince avait délivré les Milésiens d'un Gouverneur qui les traitait avec une espèce de tyrannie, et en reconnaissance ces peuples donnèrent à Antiochus le surnom de Théos, c’est-à-dire, Dieu. Dès la troisième année de son règne, il eut une sanglante guerre à soutenir contre Ptolémée Philadelphe, Roi d’Égypte, et il fut obligé de marcher avec une grande partie des forces de Babylone et de l’Orient. Pendant qu’il était occupé de la guerre en Égypte, il s’éleva dans ses Provinces des troubles auxquels son éloignement l’empêcha de remédier sur le champ. L’impunité augmenta la hardiesse des premiers rebelles, et fut cause que leur exemple fut bientôt suivi par d’autres ; de sorte que le Roi de Syrie perdit toutes les Provinces de son Empire situées au-delà de l’Euphrate. Ce fut alors que les Parthes secouèrent le joug des Macédoniens, et qu’Arsace fonda leur monarchie, dont la puissance devint formidable aux Princes de l’Orient et même aux Romains. La nouvelle des troubles qui agitaient le Royaume d’Antiochus, détermina ce Prince à faire la paix avec Ptolémée, et il fut réglé qu'il répudierait Laodice, épouserait Bérénice, fille de Ptolémée, et assurerait la couronne aux enfants qu'il aurait de cette princesse. Le mariage fut célébré avec beaucoup de magnificence, et le Roi de Syrie eut de grands égards pour sa nouvelle épouse tout le temps que vécut Ptolémée. A la mort de ce Monarque, arrivée deux ans après les noces de sa fille, Antiochus abandonna Bérénice, reprit sa première femme, et rappela les fils qu'il avait eut d’elle, savoir, Séleucus et Antiochus Hierax.

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Carte de Syrie, zoomable

 

 

 

 

 

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