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Département du Bas Rhin avant 1870

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Carte du Bas Rhin avant 1870 par Vuillemin - reproduction © Norbert Pousseur
L'Atlas de Vuillemin


POPULATION......583,970 hab. SUPERFICIE...... 464,780 hect.

Chef-lieu : STRASBOURG, à 464 k. E. de Paris.

 

DIVISION ADMINISTRATIVE

Avant 1790, ce dép. faisait partie de l'Alsace (Basse-Alsace). — Cour d'appel de Colm. — Acad. de Strasbourg. — 6e Div. militaire (Strasbourg); 9 Pl. fortes, — 5e Arrondiss. forestier. — Diocèse de l'Evêché de Strasbourg; 21 Eglises luthériennes; 2 calvinistes; Synagogue à Strasbourg; Anabaptistes.

.

4 ARRONDISS.
 
33 CANTONS
542 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.

STRASBOURG
84,167 h.
 
13

Andolsheim, Colmar, Ensisheim, Guebviller, Kaysersberg, Munster, Neuf-Brisach, la Poutroye, Ribeauvillé, Rouffach,
Sainte-Marie-aux-Mines, Soultz, Wintzenheim.

161
258,763
SAVERNE
5,489 h.
8

Mulhouse(2), Ferrette, Habsheim, Hirsingen Huningue, Landser, Altkirch.

164
105,270
SÉLESTADT
10,040 h.
9

Belfort, Cernay, Dannemarie, Delle, Fontaine, Giromagny, Massevaux, Saint-Amarin, Thann.

114
140,086
WISSEMBOURG
5,570 h.
9

Belfort, Cernay, Dannemarie, Delle, Fontaine, Giromagny, Massevaux, Saint-Amarin, Thann.

103
84,851


ABRÉGÉ  HISTORIQUE

I. — César trouva l'Alsace, hab. au S. par les Rauraci et les Sequani; au N. par les Mediomatrici et les Triboci, dont Argentoratum (Strasbourg) était le principal campement. Dès lors elle devint le rempart de la Gaule; les Romains y firent élever des forts pour arrêter les invasions germaniques. L'Argentora devint le siège de la 8e légion. Les Almanni avaient même réussi à se fixer sur ses bords (407); mais ils succombèrent, à Tolbiac, sous les efforts des Franks, qui ne souffraient pas le voisinage d'une race rivale sur le sol qu'ils convoitaient (496). D'abord comprise dans l'Austrasie, l'Alsace devint un fief de la Lorraine, et eut des ducs particuliers, parmi lesquels Etiho III (666), tige des maisons royales de Hohenstauffen et de Habsbourg. En 869, l'Alsace fut réunie à l'Allemagne; Othon le Grand en confia l'administration au duc de Souabe, qui ajouta à ce titre celui de duc d'Alsace. En 1138, la maison de Souabe ayant été appelée à l'Empire dans la personne de Conrad III, l'Alsace fut laissée à un bailli général (Landvogt), charge qui ne tarda pas à devenir héréditaire.
Pendant cette horrible confusion du XIIe s., les seign. s'étaient rendus indépendants, et à l'interminable guerre des souverains ils ajoutaient les haines de famille à famille; les villes, crénelées de tours, se déclaraient impériales pour jouir de plus grandes franchises, et se liguaient avec Rodolphe de Habsbourg contre la tyrannie des Evêques de Strasbourg, sans cesse empiétant sur les terres ou les droits de leurs voisins. Ce désordre encourageait les brigands titrés à piller, brûler, rançonner les campagnes ou les villes ouvertes. Tous les châteaux des Vosges et du Rhin étaient autant de repaires. Rodolphe, élu Empereur, les rasa (1281); ce qui donna un peu de répit à la province, haletante sous le joug de ces tyranneaux. Mais à sa mort, l'Evêque alluma de nouveau la guerre civile; Rodolphe de Nassau envahit l'Alsace (1293), et eut le tort de pardonner à ses turbulents vassaux, qui ne tardèrent pas à le détrôner pour mettre à sa place leur candidat, Albert Ier. Ce prélat, qui faisait et défaisait ainsi les princes, était le fameux Conrad de Lichtemberg, qui mourut d'un coup de lance en combattant les Fribourgeois. Le XIVe s. s'ouvrit par d'odieuses persécutions contre les Juifs; à Colmar, à Mulhouse, à Strasbourg, partout, on donna la chasse aux maudits; on les brûlait, après les avoir dépouillés. — Le gain de la bataille de Poitiers fit refluer les Anglais jusqu'en Alsace; ils l'abandonnèrent, après de cruelles dévastations, à la famine et à la peste, puis aux Bourguignons et aux Armagnacs, fléaux plus terribles peut-être.
A peine délivrée, l'Alsace reprit ses vieilles haines: les bourgeois s'unirent contre les nobles, les nobles contre les bourgeois. Les campagnes furent ravagées, 150 villages brûlés (1385). C'étaient les premières armes de la démocratie. L'Empereur Sigismond réussit à calmer cette rage de guerre. Il conseilla aux cités impériales, sortes de républiq. placées sous sa protection immédiate, de conclure une ligue défensive, laquelle donna naissance à la Fédération des dix villes, dite de Haguenau (1429). Quant à Mulhouse, isolée à l'extrémité de la Haute-Alsace, elle avait recherché l'alliance des Suisses. Sigismond vendit son territoire à Charles le Téméraire (1470), qui s'empressa d'y envoyer un bailli bien connu pour sa haine contre les bourgeois, Pierre de Hagenbach. Tout le pays se souleva; on paya à l'Empereur le prix de vente de Mulhouse; le bailli fut jugé et pendu, et les Bourguignons décampèrent honteusement. — N'oublions pas de signaler, au milieu de ce chaos, un fait d'une immense portée pour la civilisation : Gutenberg venait d'inventer l'imprimerie à Strasbourg, où il s'était réfugié (1434). — Luther et Calvin devaient faire en Alsace de nombreux prosélytes, surtout parmi les Rustauds (paysans) qui, au siècle précédent, avaient organisé contre les seigneurs la Ligue du Soulier avec ce mot d'ordre : Rien que la justice de Dieu. La liberté religieuse jeta bientôt d'aussi profondes et vivaces racines que la liberté civile dans un pays jaloux de sa dignité. — La guerre de Trente ans (1609) amena sur le Rhin les princes allemands, les Espagnols et les Suédois. Les protestants, persécutés, se déclarèrent pour Gustave-Adolphe, et après la victoire de Leipzig, la France tira l'épée à son tour contre l'orgueilleuse Autriche. Il lui suffit d'une campagne pour battre les Impériaux et soumettre l'Alsace (1637). Le traité de Westphalie, dû au génie de Mazarin, sanctionna la légitimité de cette conquête. Strasbourg seule resta indépendante jusqu'en 1681, où elle fit sa soumission à Louvois, devant la menace d'une prise d'assaut. — Voir le Haut-Rhin pour la deuxième partie.


BIOGRAPHIE

Séb. Brand, aut. de la Nef des Fous; l'helléniste Brunck; les naturalistes Ramond et Dietricht; l'anatom. Lauth; les sav. Capiton, Wimpfeling, Oberlin, Schweighauser; Reinhold Spielmann, chimiste, auteur de la Pharmacopœa generalis; Bucer, le réformateur de la religion en Angleterre; Kléber, né à Strasbourg en 1754, vainqueur à Monthabor et à Héliopolis, assassiné en Egypte qu'il commandait depuis le départ de Bonap.; le maréchal Kellermann, duc de Valmy; les généraux Becker, Schramm, Schneider; Humann, ministre des finances; Andrieux, littérateur charmant, auteur des Étourdis.


STATISTIQUES

TOPOGRAPHIE. — Le dép. du Bas-Rhin est frontière; il est situé entre 48° 15' et 49° 6' de lat. N. Bornes: Moselle, Vosges, Meurthe, Haut-Rhin; Bavière rhénane et grand-duché de Bade. Il tire son nom de sa situation sur le cours infér. du Rhin. — Tout l'O. est couvert par la chaîne des Vosges, qui ne dépassent guère 1,365 mètres. — Bassin du Rhin. Princip. rivières: Rhin, Ill, Moder (navig. ); Lauter, Setzbach, Sauerbach, Eberbach, Zinzel, Sarr, Mossig, Molbach, Zorn, etc. — Climat tempéré, — Canaux: du Rhône au Rhin, de la Marne au Rhin, Français, de la Mossig, de Seltz, du Giesen, de la Bruche. — 7 routes nat.; 32 départ.; 9100 chem. vicinaux. Chem. de fer. (Voir la carte. )

PRODUCTIONS. — Sols dominants : riche terreau, différentes sortes, pierreux. — Céréales et vins au delà des besoins. Culture importante du tabac et de la garance; chanvre, choux estimés, graines oléagineuses, houblon, gentiane, merisier. — Élève assez belle des chevaux et des bêtes à cornes; porcs, chèvres, abeilles. Excellent poisson du Rhin. — Bois, 122,157 h.; Vignes, 13,123 h. — Exploitation minérale : fer abondant, paillettes d'or; belles carrières de grès à bâtir; plâtre, argile à potier, ardoise, sable, marne, charbon de terre, tourbe. Nombreuses sources minérales.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'Industrie, qui est fort active, fabrique: draps fins, toiles, calicots, percales, chapeaux de paille, papiers peints, acides, minéraux, noir de fumée, toiles métalliques, ouvrages en fonte, chaudronnerie, quincaillerie, armes, instruments de physique, pipes, peaux, brasseries renommées. — Le Commerce consiste en grains, eaux-de-vie, vins, bières, kirsch-wasser, huile, choucroute, tabac, garance, graines potagères, chanvre, pâtés de foie gras et jambons dits « de Strasbourg », et produits fabriqués. Grand commerce de transit. — 130 Foires.

INSTRUCTION PUBLIQUE — 7 Collèges. 900 Ecoles élément. 3 Séminaires. 3 Bibliothèques publiques. 3 Sociétés savantes. 5 Facultés des lettres, de droit, de médecine et de pharmacie, des sciences, de théologie protestante, à Strasbourg. — 98 hab. sur 100 savent lire et écrire.


VILLES  PRINCIPALES

STRASBOURG, ch. -l., ville ancienne et très-forte, s. l'Ill et la Bruche, qui se jettent dans le Rhin à 1 k. plus loin. Généralem. bien bâtie; belles places de la Cathédrale, du Château, d'Armes; trois faubourgs. Environs charm.; promenades fréquentées du Contades et de Robertsau, plantées par Lenôtre. — De nombr. ponts, dont quelques-uns sont de pierre et voûtés, traversent la riv., et un tronçon du canal du Rhône au Rhin. — La Cathédrale (1015-1439), célèbre par sa hauteur gigantesque et la magnificence de sa tour (142 m. d'élévation); on y remarque les trois portails, la rosace, le pilier des Anges, la chaire, l'horloge, etc. — St-Étienne, qui date du VIIIe siècle; le Temple-Neuf (1254), où l'on voit peinte sur les murs la fameuse Danse des Morts; St-Thomas, qui renferme l'admirable mausolée du maréchal de Saxe, par Pigalle; le Château, le palais épiscopal, d'une noble simplicité; la Bibliothèque; le Musée, la Salle de spectacle, l'Hospice, etc. — Les statues de Kléber, de Gutenberg, du préfet Lezay-Marnésia; le monument de Desaix dans l'île du Rhin; les établissements militaires.
Voir aussi, en ces pages, la description de Strasbourg vers 1840, par Malte-Brun

SAVERNE, s. la Zorn. L'ancien palais épiscopal, affecté à l'asile impérial pour les veuves d'anciens officiers. — Jadis résidence du prince évêque de Strasbourg.
SÉLESTADT, s. l'Ill, irrégulièr. bâtie. On remarque St-Georges, l'une des belles construct. de l'Alsace; les Récollets, vieille nef goth.; Ste-Foy, sur le plan du Saint-Sépulcre, le Palais de Justice.
WISSEMBOURG, pl. forte, au pied des montagnes, s. la Lauter. L'anc. église collégiale (1288), la tour Mitteltburn, St-Jean, la promenade de la porte de Haguenau.

 

Gravure de la ville de Strasbourg, en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Strasbourg en 1883

 

 

 

 

Cette version de carte du département du Bas Rhin avant 1870
est agrandissable par zoom, mais non enregistrable.

 

 

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