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Département du Haut Rhin avant 1870

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Carte du Haut Rhin avant 1870 par Vuillemin - reproduction © Norbert Pousseur
L'Atlas de Vuillemin


POPULATION......530,285 hab. SUPERFICIE......382,257 hect.

Chef-lieu : COLMAR, à 481 k. E. de Paris.

 

DIVISION ADMINISTRATIVE

Avant 1790, ce dép. faisait partie de l'Alsace (Haute-Alsace, Sund-Gau, républ. de Mulhausen). — Cour d'appel de Colmar. — Académie de Strasbourg. 6e Div. militaire (Strasbourg); 2 pl. fortes. — 6e Arr. forestier. — Diocèse de l'Évêché de Strasbourg; 4 Églises luthériennes; 3 calvinistes; Synagogue à Colmar; Anabaptistes.

.

3 ARRONDISS.
 
30 CANTONS
490 COMM.
POPUL.
de l'arrondt.

COLMAR
23,669 h.
 
13

Andolsheim, Colmar, Ensisheim, Guebviller, Kaysersberg, Munster, Neuf-Brisach, la Poutroye, Ribeauvillé, Rouffach,
Sainte-Marie-aux-Mines, Soultz, Wintzenheim.

140
217,693
MULHOUSE
58,773 h.
8

Mulhouse(2), Ferrette, Habsheim, Hirsingen Huningue, Landser, Altkirch.

159
179,347
BELFORT
8,400 h.
9

Belfort, Cernay, Dannemarie, Delle, Fontaine, Giromagny, Massevaux, Saint-Amarin, Thann.

191
133,245


ABRÉGÉ  HISTORIQUE

II. — La fusion complète de l'Alsace avec la France ne date guère que de 1789. La suppression du régime féodal, contre lequel elle s'était tant débattue, n'a pas peu contribué à cet heureux changement. Elle accueillit donc avec enthousiasme une révolution qui ouvrait un vaste champ aux libertés nouvelles; ainsi Strasbourg s'inscrivit pour près d'un million de dons patriotiques. Toutefois il y eut des troubles graves qui répandirent le deuil sur un grand nombre de villes. Le décret de la Constituante (1790) avait renversé la vieille organisation autrichienne, laissée intacte par la monarchie, et créé deux départements; le Haut et le Bas-Rhin. Un parti fédéraliste, plus allemand que français, essaya de constituer l'Alsace en république indépendante. L'agitation continuait, lorsque la perte des lignes de Wissem-bourg et l'irruption de l'étranger vinrent opérer une salutaire diversion (1792). Hoche arriva avec mission de sauver la patrie; on courut à la frontière, et les Autrichiens, qui déjà bombardaient Landau, alors en notre possession, furent complètement dispersés. — En 1793, la Convention envoya près de l'armée du Rhin Saint-Just et Lebas. Leur première mesure fut de lever sur les plus riches habitants de Strasbourg une contribution de 9 millions payables dans les vingt-quatre heures.
Les conquêtes de l'Empire éloignèrent pour quelque temps la guerre des frontières du Rhin. Loin de contrarier l'essor du commerce de l'Alsace, le blocus continental lui imprima au contraire un mouvement marqué d'accroissement et de prospérité. Les filatures furent introduites en 1806 dans le Haut-Rhin; quelques années après, on fit des tissus de coton supérieurs propres à la vente en blanc; il y eut des métiers dans tous les villages, et cette industrie, naissante en 1814, fit tant de progrès qu'elle a doté la Haute-Alsace de plus de 50 filatures et de 30 manufactures de toiles peintes, qui donnent de l'ouvrage à plus de soixante mille ouvriers. — Quand les alliés envahirent nos frontières, ils eurent à lutter contre l'Alsace, toute française et en armes pour défendre le sol sacré. En 1814, Strasbourg soutint un blocus de quatre mois; à Colmar, un régiment de dragons, venu d'Espagne, arrêta pendant plusieurs jours l'avant-garde ennemie. L'année suivante (1815), le général Rapp, qui n'avait qu'une division de 15,000 hommes pour garder les deux départements, se replia encore sur Strasbourg et ne capitula qu'en septembre. — Les désastres causés à l'Alsace dans cette dernière guerre furent immenses. Huningue, si vaillamment défendue par Barbanègre et une poignée de vétérans contre les 30,000 soldats de l'archiduc Jean, Huningue fut rasée; Landau et son territoire furent donnés à la Bavière; plusieurs villages et bourgs, entre autres Porentruy, réunis à la Suisse; enfin toutes les places alsaciennes occupées pendant trois ans par les troupes étrangères. Telles furent les dures conditions imposées par les traités de Vienne. Depuis ces désastres militaires, la tranquillité ne fut troublée en Alsace que par deux événements qui se rattachent à l'histoire contemporaine: l'un est le soulèvement de Belfort (décembre 1821 ); l'autre est la tentative de restauration impériale de Louis-Napoléon Bonaparte à Strasbourg (octobre 1836). — Voir le Bas-Rhin pour la première partie.


BIOGRAPHIE

Le pape Léon IX; J. Balde, jésuite et poëte latin; Lambert, un des astronomes les plus érudits du temps de Louis XIII; Pfeffel, poëte populaire en Allemagne; — le maréchal Lefebvre, duc de Dantzick, né à Rouffach en 1755, et dont le nom se rattache glorieusement à la plupart des batailles de la République et de l'Empire; son tombeau porte ces trois mots qui résument sa vie: Soldat, maréchal pair de France. — Les généraux Rapp, aide-de-camp favori de Napoléon, Scherer, G. Beuret; — Rewbell, membre du Directoire; les savants Schumacher, Boner; le chimiste Haussmann; Engelmann, qui a introduit et perfectionné l'art lithographique; l'amiral Bruat, né en 1796, à Colmar, où on lui a élevé une statue.


STATISTIQUES

TOPOGRAPHIE. — Le dép. du Haut-Rhin est frontière; il est situé à l'E. entre 47° 25' et 48° 15' de lat. N. Bornes: Bas-Rhin, Vosges, Haute-Saône, Doubs; gr. -duché de Bade et canton suisse de Bâle. Il tire son nom de sa position sur le cours supérieur du Rhin. — Pays montagneux, couvert à l'O. et au S. par les contre-forts du Jura (point culmin.: la Chasserale, 1618 m. ), et la chaîne des Vosges qui s'étend jusqu'à la vaste et fertile plaine trav. par l'Ill. — Bassin du Rhin. Princip. riv. : le Rhin; l'Ill (navig. ), Blind, Liepvrette, Weiss, Béthine, Fecht, Lauch, Thur, Largue, Doller, Lucelle, etc. Étangs assez nombreux. — Climat tempéré, air pur et salubre, hivers prolongés. — Canaux: du Rhône au Rhin; le Steinbacher, de la Thur, de la Fecht, de Vauban. —7 Routes nat., 15 départ.; 1, 200 ch. vicinaux. Chem. de fer. (Voir la carte. )

PRODUCTIONS. — Sols dominants : diff. sortes, gravier, bon terreau, pierreux, limoneux, calcaire. Culture par des chevaux. — Pays agricole et industriel. Céréales et vins au delà des besoins; pommes de terre excell., chanvre, garance; gentiane; cult. en grand du merisier. Élève considér. de chevaux et de gros bétail; porcs, chèvres, volailles; bon poisson d'eau douce. Belles pépinières. — Belles forêts, 113,215 h.; vignes, 11,141 h. —Exploit. minérale; argent, cuivre, plomb, fer en abondance, antimoine, houille, asphalte, pierres de taille, marbre, porphyre, granit, cristal de roche, etc.

INDUSTRIE ET COMMERCE. — L'Industrie est très-développée : draps fins, toiles, bonneterie, calicots, toiles peintes, châles imprimés, papiers peints, chapeaux de paille, cuirs, horlogerie. Nombreuses filatures de coton et de laine. Raffineries de sucre, distillerie importante, verreries, brasseries. — Le Commerce consiste en grains, vins, eaux-de-vie, acier, fer, fonte, toiles peintes, bestiaux et produits fabriqués. — 175 Foires.

INSTRUCTION PUBLIQUE — 1 Lycée. 7 Collèges. 872 Écoles élémentaires communales. 133 Écoles libres. 1 Séminaire. 3 Bibliothèques publiques. 4 Sociétés savantes. — 92 hab. sur 100 savent lire et écrire.


VILLES  PRINCIPALES

COLMAR, ch. -l., agréablement situé au confluent de la Lauch et de la Fecht, dont les eaux font mouvoir de nombreux établissements d'industrie. Jolies promenades: les boulevards, le Champ de Mars, la porte de Bâle. Les édif. remarq. sont la Cathédrale, qui date de 1363, la Bibliothèque, etc.
MULHOUSE, anciennement Mulhausen, dans une île formée par l'Ill, centre de la fabrication du département. Ville irrégulière, mais avec des rues larges, propres, garnies de jolies maisons. On remarque le Square de la ville nouvelle, l'Hôtel de ville dont la façade est ornée de peintures, l'Église réformée. Cette ville est sans contredit une des plus manufacturières de France, sa population a doublé en moins de trente ans.
Voir aussi sur ce site la série sur les décors de Mulhouse

BELFORT, place de guerre fortifiée par Vauban, à la jonction de 6 grandes routes qui y favorisent les transactions commerciales.
Citons encore : Altkirch, ancienne sous-préfecture remplacée par Mulhouse; Guebwiller (12,218 h. ville manufacturière; Ste-Marie-aux-Mines (12,425 h. ), au fond du val de Liepvre, entourée de gisements métalliques. — Ribeauvillé (7,338 h. ), avec des ruines du château de Ribaupierre. — Kayserberg (3,465 h. ), ancienne cité impériale. — Guebwiller, Munster, Soultz, Rouffach, centres d'une industrie active. — Neufbrisach (3,893 h. ), bâti par Louis XIV. — Ensisheim, jolie ville avec une maison de détention. — Thann (5,864 h. ), Massevaux, Huningue, etc.


VARIÉTÉS

« En Alsace, plus que partout ailleurs, les mœurs diffèrent suivant la condition des personnes. La classe des artisans et des cultivateurs, grossière dans son langage, l'est aussi souvent dans ses habitudes; dans les montagnes, on observe encore de nombreuses pratiques superstitieuses. L'enfant quitte rarement les champs; cette vie le rend frugal et infatigable au travail. Autrefois le costume alsacien se composait d'un énorme chapeau à larges bords, d'une immense redingote verte ou bleue qui retombait jusque sur les talons, un gilet rouge ou jaune, une culotte noire; mais de nos jours, ce bizarre accoutrement a complètement disparu. Presque tous les habitants entendent le français; cependant ils tiennent à parler allemand, ou plutôt un jargon mêlé de roman, d'allemand et de français, qui varie souvent d'un village à l'autre. L'ouvrier alsacien a pris une part plus grande à la civilisation : il est franc, sincère, généreux, dévoué; ses goûts modestes le portent à l'économie; il n'a rien conservé de l'ancien costume, il parle notre langage; enfin il est Français par les mœurs, comme il l'est de cœur. »

 

Gravure de la ville de Belfort, en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Belfort en 1883

 

 

Gravure de la ville de Colmar, en 1883 - reproduction © Norbert Pousseur
Colmar en 1883

 

Cette version de carte du département du Haut Rhin avant 1870 est agrandissable par zoom, mais non enregistrable.

 

 

 

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