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Les villes à travers les documents anciens

Alès, Alais, du 17ème au 19ème siècle

Alès cers 1880 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Alès le long du Gardon, vers 1880
Gravure, détail de la carte du Gard de Vuillemin
(collection personnelle).


Voir aussi la département du Gard en 1883

Alez manque de sources iconographiques anciennes. Aussi, pour compenser un peu, vous trouverez ci-dessous quatre descriptions de la fin du 17ème jusqu'au milieu du 19ème, textes que se recoupent en partie, mais avec chaque fois des précisions particulières.

Texte extrait du Dictionnaire de toutes les communes de France - éd. 1851 - Augustin Girault de Saint Fargeau
(collection personnelle).


ALAIS
, Alesia Nova Mandubiorum, Alesium, ancienne ville, Gard (Languedoc), chef-lieu de sous-préfecture. Tribunal de 1ère instance et de commerce. Conseil de prud’homme. Société d’agriculture. Collège communal. Cure. Gîte d’étape. Relais de poste. Bureau de poste. Population 15,884 habitants.
Terrain jurassique, calcaire à gryphées, et tertiaire moyen.

À 45 km N.-O. de Nîmes, à 674 km de Paris pour la taxe des lettres.

L’arrondissement d’Alais renferme 9 cantons : Alais, St-Ambroix, Anduze, Barjac, Génolhac, St-Jean-du-Gard, Lédignan, St-Martin-de-Valgagne et Vézénobres.

Autrefois évêché, capitale des Cévennes, comté et baronnie, gouvernement militaire, recette particulière, brigade de maréchaussée. Alais appartenait au moyen âge à l’évêque de Maguelone ; il fut érigé en évêché en 1692, pour activer la conversion des protestants des Cévennes. Ce diocèse, qui appartenait autrefois à celui de Nîmes, renfermait 97 paroisses. Revenu, 18,000 livres ; taxe, 300 florins. Abbaye, 1 : revenu, 3,000 livres ; taxe, 300 florins.

Cette ville est située au pied des Cévennes, dans une belle prairie, sur la rive gauche du Gardon d’Alais, et sur le chemin de fer de Beaucaire à Nîmes et à la Grand’Combe. Elle est assez bien bâtie, et remarquable par une belle église de construction gothique. En 1689, après la révocation de l’édit de Nantes, et après avoir employé les échafauds, l’exil et les dragonnades pour convertir ses habitants qui étaient presque tous protestants, Louis XIV y fit bâtir une citadelle, au bas de laquelle est une promenade assez vaste d’où l’on jouit d’une vue fort agréable sur les riantes prairies qui bordent le cour du Gardon.

Les armes d’Alais sont : d’azur à un demi- vol ou aile d’argent.

La ville d’Alais a acquis depuis quelques années une grande prospérité. La population, qui n’était en 1819 que de 8,000 habitants, s’élève aujourd’hui à plus de 15,000, et tend journellement à s’accroître. Elle doit cet avantage principalement à son riche bassin houiller, dont l’extraction est depuis peu organisée sur une très grande échelle par plusieurs compagnies riches et puissantes. Ce bassin comprend vingt concessions occupant ensemble une surface de 26,888 hectares, et entre pour 23/ 1000ème dans le chiffre de la production française. Il n’est exploité que depuis 1809, et c’est un de ceux sur lesquels le pays doit le plus compter. Le développement de notre industrie dans le sud-est du royaume, l’essor de la navigation à la vapeur, et celui de notre commerce dans le Levant, sont intimement liés à l’avenir de ce bassin ; mais les avantages qu’il promet ne seront obtenus que lorsqu’il sera mis, par un chemin de fer, en communication avec la grande ligne de navigation du Rhône. Certains gîtes produisent de la houille collante, propre, soit à l’état de menu, soit à l’état de mottes, à donner du coke de bonne qualité ; d’autres fournissent une houille sèche, qui brûle sans flamme et sans fumée, et qui par cela même est fort recherchée par les éleveurs de vers à soie. La partie du bassin d’Alais contiguë à la ville renferme dix-huit à vingt couches de houille ; le peu de profondeur des travaux, presque tous par galeries ouvertes sur le flanc des collines, fait présumer qu’on n’a pas encore exploré toute la richesse de cet important dépôt de combustible. En 1835, ce bassin a fourni seulement 463,000 quintaux.

À côté de cette entreprise importante s’élèvent chaque jour des exploitations nouvelles de plomb, de zinc, de manganèse, de couperose, etc. Partout dans le bassin d’Alais on rencontre le fer et la houille en couches nombreuses, étendues, d’une qualité presque toujours supérieure ; partout le minerai et le combustible y sont mêlés, superposés de la manière la plus favorable à l’exploitation ; partout enfin, l’extraction de l’un et de l’autre est si facile, qu’ils se livrent sur place à des prix égaux et souvent inférieurs à ceux des localités les plus favorisées.

Les fonderies d’Alais, en activité seulement depuis quelques années, sont aujourd’hui animées par la construction des chemins de fer ; elles produisent par mois 250,000 kg de moulages, qui ne le cèdent ni en qualité, ni en bon marché aux moulages anglais,

Fabriques de bas, de gants de soie et filoselle, de serges, ratines, soie à coudre, rubans, régule d’antimoine, litharge. Filatures de soie. Exploitation de houille. Tanneries. Verreries considérables. Manufactures de faïence et poterie. Verrerie à bouteilles.

Usine pour la fabrication de la couperose. Hauts fourneaux, forges et fonderies.
Commerce de grains, vins, olives, bestiaux, sulfate de fer, charbon de terre, etc.
Commerce considérable de soies grèges et ouvrées et de rubans de soie.
Foires les 27 janvier (3 jours), 27 avril et 24 août (8 jours).

 

Biographie. Alais est la patrie de

  • C.-Ph. Guiraudet, mort en 1804, traducteur de Machiavel, 9 vol. in-8, 1799, et auteur de plusieurs ouvrages sur l’économie politique.
  • De F. Boissier de Sauvages de la Croix, botaniste célèbre, mort en 1767, auteur d’un grand nombre de dissertations sur différents points de médecine et d*histoire naturelle.
  • De l’abbé P.-Aug. Boissier de Sauvages de la Croix, frère du précédent, mort en 1795, auteur d’un Dictionnaire languedocien-français, troisième édition, 2 vol. in-8,1821 ; de l'Art d’élever les vers à soie, troisième édition, in-8, 1798 ; de plusieurs mémoires sur la physique et l’histoire naturelle.
  • Du littérateur Denis Vairasse.
  • Du colonel Boyer Pbyreleau, commandant en second de la Guadeloupe ; il y arbora le drapeau tricolore, et fut, après les cent jours, condamné pour ce fait à la peine de mort, sentence qui fut commuée en 20 années de détention. On a de lui les Antilles françaises, 3 vol. in-8.
  • Du savant chimiste J.-B. Dumas, professeur à la faculté des sciences, membre de l’académie des sciences, né en 1800, auteur d’un Traité de chimie appliquée aux arts.

 

EAUX MINÉRALES D’ALAIS.

On trouve aux environs d’Alais des sources d’eaux minérales froides, ferrugineuses et vitrioliques. Le sol des alentours renferme des minières considérables qui fournissent du sulfate de fer, du cuivre, du plomb, de l'antimoine, du mercure, du naphte et du soufre.

Les sources minérales, nommées fontaines de Daniel, sont situées à un kilomètre de la ville : on en distingue deux, qui coulent chacune des deux côtés d’un vallon. La plus haute porte le nom de la Comtesse ; la plus basse est appelée la Marquise. La source de la Comtesse n’est que ferrugineuse, mais celle de la Marquise est vitriolique.

Saison des eaux. La saison des eaux d’Alais commence avec le mois de juillet, et se prolonge jusqu’à la fin de septembre. On les prend ordinairement pendant une quinzaine de jours.

Propriétés physiques. Les eaux de la fontaine de Daniel sont froides, ont un goût de fer très prononcé, et déposent un sédiment ocracé. Leur pesanteur spécifique est égale, à très peu de chose près, à celle de l’eau commune.

Propriétés chimiques. Le sulfate de fer est le principal minéralisateur des eaux d’Alais, au rapport des chimistes qui les ont examinées.

Propriétés médicales. Les eaux de Daniel passent pour excellentes dans les dyssenteries épidémiques, les flueurs branches, les maladies bilieuses, et en général dans toutes les maladies de l’estomac. M. Pâtissier les regarde comme nuisibles dans les maladies soporeuses, la phthisie.

Mode d’administration. Ces eaux se prennent en boisson, en lavements et en injections. On les boit à la dose de quatre à cinq verres : elles sont légèrement vomitives et purgatives. M. Sauvages les conseille en lavements dans les diarrhées chroniques, et en lotions pour déterger les ulcères externes.

Bibliographie.

  • Mandajors(de). Recherches sur la position de Prusianum, maison de campagne de Ferréol, préfet du prétoire des Gaules (Histoire de l’acad. des belles-lettres, t. 3, p. 259, 262).
  • Sauvages de laCroix (F. Boissierde). Mémoire sur les eaux minérales d’Alais, in-4,1736. *Recueil de pièces sur les eaux dAlais, in-12.
  • Sauvages de la. Croix (l’abbé). Mémoire sur les fossiles des environs d’Alais (Recueil de l’acad. des sciences, 1747).
  • Blavier. Rapport sur les mines de fer dAlais (Journal des mines, t. 3, 1796).

Article extrait du Dictionnaire universel géographique et historique - Thomas Corneille - 1708
collection personnelle.
Cet article a été publié en 1708, un an avant la mort de son auteur, Thomas (1625-1709), frère de Pierre Corneille. Ce qui veut dire que ses sources viennent de la fin du 17ème siècle.

ALEZ, ou Alais. Ville de France dans le Languedoc, en Latin, Alesia, avec Évêché érigé en 1692 par le Pape Innocent XII. Elle est située au Diocèse de Nîmes, et a été érigée en Comté de notre temps, et ceux de la Maison de Pelet en étaient maîtres anciennement. On croit quelle dépendait du Comté de Melgueil dont ils ont été Comtes. On lit dans les Épîtres de Clément IV une Épître du troisième Livre écrite à Saint Louis, qui contient une réponse à la demande que ce Roi lui avait faite, pour savoir par quelle raison l’Évêque de Maguelonne possédait le Comté de Melgueil contre le droit du Roi et de Pierre Pelet Seigneur d’Alez. Elle commence par ces mots :

Sane nuper tua nubis Serenitas requisivit quid de comitatu Melgariensi, quem Venerabilit Frater Magalonensis Epistopus possider, sentiremus cum tua magnitudini fit suggestum quod tibi vel dilecto filio nostro Domino Alesii Vassallo tuo fiat injuria
En effet, il n'y a pas longtemps, Votre Altesse Sérénissime a demandé notre avis sur le comté de Melgar, détenu par le vénérable frère Magalonensis Epistopus, lorsqu'il a été suggéré à Votre Magnificence qu'un préjudice était causé à vous-même ou à notre fils bien-aimé, le seigneur Alesius Vassallo.

La Maison de Pelet qui était une des plus illustres du Languedoc, était une Branche des Vicomtes de Narbonne. On apprend d'une division faite entre Bernard Vicomte de Narbonne et Bernard Berenguier, que Raimond Berenguier eut un fils nommé Bernard Pelet, duquel sont sortis les Comtes de Melgueil, près de Montpellier, et plusieurs autres Seigneurs du Languedoc, portant le surnom de Pelet anciennement, comme sont encore ceux de la Verune et de Combas.
Raimond Comte de Toulouse, fils de Constance, épousa Ermesinde, fille de Bernard Pelet et de Beatrix Comtesse de Melgueil. Cette Comtesse donna au Comte de Toulouse en faveur de ce mariage le Comté de Melgueil, comme il est porté par les pactes de mariage faits en 1172. Raimond Pelet alla à la conquête de la Terre-Sainte, et on trouve qu’il fit hommage à Simon Comte de Montfort en 1217 pour la Seigneurie d’Alez. Trois ans après le même Raimond Pelet fit hommage à Almaric Comte de Montfort, de la Tour et moitié de la ville d’Alez, promettant de vivre en bonne paix avec Bernard d’Anduze, qui en était Conseigneur. L'an 1226 une maladie de Bernard Pelet l’obligea de constituer pour Procureur son Fils aîné pour faire hommage au Roi Louis des fiefs d'Alez.

La ville d’Alez, érigée en Évêché en 1692 comme il a été marqué, a eu pour premier Évêque Messire François Chevalier du Faux. Le revenu de cet Évêché est de dix-huit mille livres. Ce Diocèse renferme seulement quatre-vingt-onze Paroisses, et a été détaché de celui de Nîmes, à cause du grand nombre de Nouveaux Convertis qui habitent dans les montagnes.
La Cathédrale a été dotée de l'Abbaye d’Aigues-Mortes, et formée du College de ce même nom, et de celui d'Alez qui ont été unis. Les montagnes de ce Diocèse sont un peu plus fertiles que celles du Gévaudan. On y voit plusieurs vallons bien cultivés qui portent toutes sortes de grains. Il y a des oliviers et des muriers, et on y recueille assez de vin pour le Pays. Les Manufactures de serges, de cadis et de ratines qu'on a établie dans Alez où le Roi fit bâtir un Fort en 1689, rendent le Pays un des plus riches de la province.

Les habitants de ce Canton ont de l'esprit, et sont fort vifs et laborieux.

 

Article extrait du Dictionnaire universel de la France - Claude-Marin Saugrain - 1726 - collection personnelle.

ALAIS, Alesium, Aleusia, Alesiae, Ville Capitale des Cévennes, dans le bas Languedoc, au pied des montagnes des Cévennes, au bord du Gardon. C’est un Évêché suffragant de Narbonne ; elle est du Parlement de Toulouse, de l’Intendance de Languedoc, et chef-lieu d’une Recette. Il y a 7892 habitants. Cette Ville a titre de Comté et de Baronnie ; la Comté appartient au Prince de Conty d’aujourd’hui, la Baronnie est partagée entre deux Seigneurs.

Quoiqu’on ait prétendu en faire l’ancienne Alexia de Jules Cesar, elle ne nous est connue cependant que depuis le onzième siècle ; elle s’appelait d’abord Alestum. Les premiers Seigneurs de la partie érigée en Comté étaient de la Maison de Pelet, branche de la Maison des Vicomtes de Narbonne : Le Comte de Beaufort frère de Clément VI l’a possédée, et ça été en sa considération que l’on a cédé la prééminence aux Comtes d’Alais, dans les États de Languedoc.
La Maison de Montmorency l’acquit de ses héritiers, et d’elle, elle est venue à la Maison de Condé, dont est le Prince de Conty. Néanmoins Alais avait auparavant' été donnée en mariage à Charlotte de Montmorency, femme de Charles de Valois, Comte, puis Duc d’Angoulême, dont le fils resté unique, qui portait le nom de Comte d’Alais, n’eut qu’une fille mariée dans la Maison de Lorraine, dont la postérité s’est éteinte.

Il y arriva un soulèvement sous le règne de Louis XIII, mais elle se soumit en 1629 après la prise de Privas. Louis XIV y a fait construire une Citadelle en 1689 pour barrer les Calvinistes. Elle est à cent cinquante lieues de Paris, C’est un Gouvernement particulier du Gouvernement Militaire de Languedoc. La grande quantité de Calvinistes qui demeuraient dans cette Ville et aux environs, a engagé Louis le Grand après la révocation de l’Edit de Nantes, de faire ériger cette Ville en Évêché, pour y établir une personne qui fut plus à portée de veiller sur l’instruction des peuples. Cette érection a été faite en 1692 sous le Pontificat d’Innocent XII. L’on a uni en même temps les deux Collégiales d’Alais et de Psalmodi ou Aigues-Mortes, pour former cette nouvelle Cathédrale, et la Manse Abbatiale de cette dernière a été unie à la Manse Épiscopale, qui vaut à présent dix-huit mille livres de rente.

Le Diocèse occupe la principale partie des Cévennes ; et quoiqu’une partie soit couverte de montagnes, le pays ne laisse pas d’être riche ; car les montagnes de ce canton sont de meilleur rapport que celles du Gévaudan. On y voit des vallons parfaitement cultivés, qui rapportent des grains, des olives et même des muriers. Les vins y sont fort bons, quoiqu’ils ne souffrent point le transport ; mais ce qui est au-dessus de ces bonnes récoltes, ce sont les Manufactures de cadis, serges et ratines très estimées, qui s’y fabriquent, et qui font circuler l’argent dans le pays. Il s'en fait une consommation étonnante aux marchés d'Anduze. On prétend que ce canton est le plus riche pays du Languedoc, malgré les sommes immenses qui en sont sorties dans les mouvements de la Religion. On y voit les habitants bien vêtus, ils sont vifs et laborieux. On ne voit parmi eux aucun mendiant ; au reste on peut voir ce qu’en dit dans ses Mémoires le Duc de Rohan qui les avait assez fréquentés pour les connaitre.
Les Jésuites ont un College à Alais, et il y a près de cette Ville de l’autre côté du Gardon, de fort belles prairies.

 

Article extrait du Grand dictionnaire historique ou mélange curieux - Louis Moreri - 1725
collection personnelle.

ALAIS ou ALETS, sur le Gardon, Alesia, ville de France dans le bas Languedoc avec titre de comté. Cete ville qui est à deux lieues a Anduze et à cinq lieues d’Usez, appartenait autrefois à la maison de Pelet, sortie des vicomtes de Narbonne, qui ont été comtes de Mauguio, à présent Melgueil, petite ville proche de Montpellier. Ce comté a été depuis possédé par Charles de Valois duc d’Angoulême, fils naturel de Charles IX. Son fils Emmanuel de Valois, colonel de la cavalerie légère de France, et gouverneur de Provence, s’appelait le comte d’Alais. La fille de ce dernier, Marie-Françoise de Valois, ayant été mariée à Louis de Lorraine duc de Joyeuse, porta le comté d’Alais dans la maison de Lorraine établie en France. Alais est le siège d’un évêché suffragant de l’archevêché de Narbonne, et est située au pied des montagnes des Cévennes. C’est une des villes qui se révoltèrent du temps de Louis XIII pendant les troubles de la religion ; mais elle se soumit en 1629, après la prise de Privas. Depuis la révocation de l'Edit de Nantes, comme il y avait un grand nombre de nouveaux catholiques dans les Cévennes, éloignés de toutes villes épiscopales, le pape Innocent XII, à la prière de Louis XIV, érigea cette ville en évêché le 26 mars 1694. Elle faisait auparavant partie du diocèse de Nîmes ; on y a uni l'abbaye de Spalmodi. François de Saulx en fut sacré premier évêque le 29 août 1694.

 

Article extrait du Dictionnaire universel de la France - Robert de Hesseln - 1771 - collection personnelle.

ALAIS, ou Ale’s, ville assez grande, riche et bien peuplée, avec titre de comté et de baronnie ; capitale des Cévennes, dans le bas Languedoc ; le siège d’un évêché suffragant de Narbonne, chef-lieu d’une recette particulière de la généralité de Montpellier, l’une des 27 résidences de la maréchaussée de la généralité de Languedoc ; sur le Gardon, au pied des montagnes ; à 2 lieues au levant d’été d’Anduze, à 5 au couchant d’été d’Uzès, et à 140 au midi de Paris ; au 21e degré 42 minutes de longitude et au 44e degré 6 minute de latitude. Route de Paris à Alais : sortant par Villejuif, et passant par Juvisy, Essonne, Chailly, Fontainebleau, Nemours, la Croisière, Montargis, Nogent-le-Rotrou, Briare, Cosne, Pouilly, la Charité, Nevers, Magny, Chantenay, Moulins, Varennes, la Pacaudière, Rouane sur la Loire, Tarare, Lyon, Vienne, S. Vallier, Tournon, Valence, Montélimar, Viviers, Pont-Saint-Esprit ; ensuite dans cette ville.

Alais a 7 portes, et la seule choie qu’on y remarque comme peu commune en France, c’est qu’à côté de la plupart des rues de cette ville se trouvent construites des contrerues voûtées pour pouvoir y marcher à l'abri des injures du temps.

Alais fut érigé en évêché en 1692 par rapport au grand nombre de nouveaux convertis qu'il y avait dans les Cévennes. Ce diocèse a été distrait de celui de Nimes : la cathédrale dédiée à S. Jean a été formée des deux collégiales d’Alais et d'Aigues-Mortes, et la manse abbatiale de cette dernière a été unie au nouvel évêché.

Le diocèse d'Alais, quant au spirituel, est borné au septentrion par celui de Mende, au midi par ceux de Nîmes, de Montpellier et de Lodève ; au levant par le diocèse d’Usez et au couchant par celui de Vabres. Il renferme 9 paroisses, et vaut 24000 livres de rente. L'église cathédrale, dédiée à S. Jean, n'est pas des plus belles : on y voit un portique d'un goût gothique, surmonté d'un clocher et au-dessous est la principale porte de l'église. Son chapitre est composé de cinq dignitaires, dont le premier est le prévôt, et de treize chanoines. Le collège que les jésuites occupaient dans cette ville est aujourd'hui dirigé par des séculiers.

Les premiers seigneurs d'Alais étaient de la maison des Pelets, qui ont conservé cette seigneurie jusqu’à ce que le Pape Clément VI l'acheta pour son frère le comte de Beaufort, dont les héritiers la vendirent à Henri de Montmorency, duc d'Anville, maréchal de France, gouverneur de Languedoc, et depuis duc de Montmorency et connétable. Ce Seigneur mariant sa sille Charlote en 1591 à Charles de Valois, fils naturel de Charles IX, colonel-général de la cavalerie et depuis duc d'Angoulême, lui donna en dot le comté d'Alais, et son fils le comte d'Alais étant mort sans enfants ; l'héritage de la duchesse d'Angoulême ayant passé à ses neveux, fils de sa sœur la princesse de Condé, Alais a été donné en partage au prince de Conti.

Les habitants de cette ville, ayant embrassé le parti des protestants, se maintinrent longtemps dans l’indépendance ; mais ils furent réduits par Louis XIII en 1629.

Louis XIV, pour contenir les habitants, y fît construire un fort en 1689, au bas duquel est une terrasse assez vaste, soutenue d’une muraille ou parapet : c’est une promenade fort agréable, dont les vues sont charmantes, donnant sur des prairies, qui occupent une lieue de terrain au-delà du Gardon.

Cette ville est très commerçante. On y fabrique des cadis, beaucoup plus forts et plus chers que ceux de Gévaudan, ainsi que différentes sortes de ratines et de serges : ce qui fait la richesse du diocèse, où on ne voit presque point de pauvres. Il a, quant au temporel, 12 lieues de longueur sur 6 de largeur : ce qui peut être évalué à 50 lieues carrées. L’Hérault, le Gardon et la Vidoure, sont les principales rivières qui arrosent cette contrée. Ce diocèse est extrêmement montagneux ; mais les montagnes ainsi que les vallées sont bien cultivées et très fertiles ; on y recueille du blé, du vin et de l’huile. On y voit aussi des mûriers, qui nourrissent beaucoup de vers à soie. Les manufactures de laine répandues dans tout ce district mettent tous les habitants à leur aise ; ces étoffes sont si fort estimées, et il s’en débite une si grande quantité, surtout au marché d’Anduze, que les habitants les préfèrent volontiers et avec raison à des produits plus riches en eux-mêmes, mais qui rapporteraient moins.

 

Les fortifications d'Alez vers 1630 - gravure conservée et numérisée par © BNF - restaurée numériquement par © Norbert Pousseur
Les fortifications d'Alez carte dressée par Matthäus ou Kaspar Merian, vers 1630
Gravure numérisée et conservée par La © BNF-Gallica



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Zoom sur Alès cers 1880 - gravure reproduite et restaurée numériquement par © Norbert Pousseur   Zoom sur Les fortifications d'Alez vers 1630 - gravure conservée et numérisée par © BNF - restaurée numériquement par © Norbert Pousseur    

 

 

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