| Accueil | Présentation | Lieux | 900 photos | Cartes - Gravures | Thèmes | Personnages |

Laval, tout au long de la Mayenne vers 1830, gravure de Danvin
publiée dans La France pittoresque - Abel Hugo - 1835
(collection personnelle).
Voici aussi Le département
de la Mayenne en 1883
|
Article sur Laval du Dictionnaire de toutes les communes de France - 1851 LAVAL, Lavallum, Vallis Guidonis, ville ancienne, chef-lieu de préfecture du département de la Mayenne et de 2 cantons. Tribunal de 1ère instance et de commerce. Chambre de commerce. Société d’agriculture. Collège communal. 2 Cures. Relais de poste. Bureau de poste. Population 17,348 habitants. — Terrain de transition moyen. À 74 km Nord d’Angers, 136 km Nord-Est de Nantes, 73 km Est de Rennes, 283 km S.-O. de Paris. Longitude O. 3° 6' 38", latitude 48° 4' 14". Laval paraît devoir son origine à un antique château bâti dans le VIIIe siècle pour arrêter les courses des Bretons. Cette forteresse fut détruite par les Danois ou par les Normands, et rebâtie en 840 par Guyon, troisième fils de Guy-Valla, comte du Maine. Plusieurs habitations s’étant groupées autour du château formèrent en peu de temps une petite ville que Guyon fit entourer de murailles et de tours. Au XIIe siècle, Laval devint le chef-lieu d’une baronnie, à laquelle fut attaché le surnom de Guy par le pape Pascal II, vers l’an 1101, en faveur de Guy IV, baron de Laval, et de ses descendants, pour les services qu’il avait rendus à la chrétienté dans la terre sainte, sous Godefroy de Bouillon ; privilège qui fut confirmé par lettres patentes du roi de France Philippe Ier. Sous Charles VII, cette baronnie devint un comté, qui fut érigé en duché par Louis XI en 1481. Dans le XVe siècle, Laval était une ville importante ; l’Anglais Talbot la prit en 1466, mais elle fut reprise par les Français l’année suivante.
C’est dans les environs de Laval qu’a pris naissance la chouannerie : quatre villageois, les frères Chouan, en furent les créateurs et les premiers chefs. Les armes de Laval sont : de gueules au léopard, grimpant d’or. Laval est une ville bâtie dans une situation pittoresque, sur la pente d’un coteau au pied duquel coule la Mayenne.
La ville est ceinte d’un cordon de murailles fortifiées dont quelques parties sont assez bien conservées.
Au milieu du triste groupe de bâtiments qui composent la ville s’élève sur le bord de la Mayenne un énorme et antique château, surmonté d’une haute tour ronde qui en forme le donjon. Cette ancienne demeure, d’abord des ducs de Laval, ensuite des ducs de la Trimouille, et aujourd’hui celle des détenus, mérite d’être visitée intérieurement : on y voit une grande cour servant de préau, de vastes pièces converties en cachots, une chapelle souterraine, une tour remarquable par sa magnifique charpente, et une immense salle qui était destinée aux délibérations des vassaux, quand il plaisait au seigneur suzerain de les convoquer.
L’église de la Trinité, que l’on croit avoir été construite sur l’emplacement d’un temple de Jupiter, offre plusieurs détails d’architecture gothique qui méritent d’être remarqués. Celle des Cordeliers est plus intéressante, par sa voûte en bois entièrement peinte, ainsi que par ses trente-six colonnes en marbre rouge et en marbre noir, dont douze, plus grandes que les autres, décorent le maître autel. L’église de St-Vénérand se distingue par un portail qui offre l’association bizarre d’un haut et assez majestueux portique moderne, reposant sur des impostes et des jambages gothiques. L’église d’Avenières n’appartient pas à la ville ; les maisons qui l’entourent forment une commune séparée, quoique leur proximité semble en faire un faubourg ; elle a été bâtie en 1040. On remarque encore à Laval deux hospices fort bien tenus, dont la fondation primitive parait remonter à l’an 900 ou 924 ; la bibliothèque publique, renfermant 10,000 volumes. une belle et vaste halle aux toiles, le collège, etc., etc. Industrie. Fabriques considérables de toiles dites de Laval, de fils et chaînes de lin, de calicots, linge de table, basins, siamoises, mouchoirs, étamines, serges, flanelles, savon vert. Nombreuses blanchisseries de toiles. Tanneries et teintureries. Commerce de graine de trèfle, vins, eaux-de-vie, fils et chaînes de lin, bois, fer, marbre. Biographie.
Bibliographie.
Article sur Laval, publié dans le Dictionnaire universel de la France - Robert de Hesseln - 1771 LAVAL, ville fort peuplée et la plus considérable du bas Maine, située dans une vallée assez agréable, sur l’une et l’autre rive de la Mayenne, à six lieues au-dessous et vers le midi de la ville de même nom, à quatorze lieues du Mans, d’Angers, de Rennes, de à soixante au couchant de Paris, au 16 degré 53 minutes de longitude, et au 48 degré 4 minutes de latitude. Laval est une des villes de France du second ordre, et on y compte 40 à 43.000 habitants. C’est un gouvernement de place, dépendant du gouvernement général de la province du Maine, le chef-lieu d’une subdélégation de l’intendance de Tours, au diocèse du Mans, et dans le ressort du parlement de Paris. En 1429 cette ville fut décorée par le roi Charles VII, du titre de comté-pairie, dont dépendent 150 fiefs, 21 prieurés et 65 cures, et dont les appels vont nuement au parlement de Paris. Il y a de plus une juridiction royale pour les cas royaux de matières bénéficiales, qui ne sont pas de la compétence des juges seigneuriaux. Cette juridiction ressortit au présidial de Château-Gontier, dans le cas de l'édit des présidiaux. C’est encore le siège de la seconde élection de la province, dont l’étendue est moins grande que celle du comté, d’une juridiction des traites-foraines et domaniales, d’un grenier à sel de grand impôt et concerne le comté de Laval. Il y a un Hôtel-de-ville, et il réside une brigade de la maréchaussée.
La ville de Laval est formée de murailles fortifiées à l'antique, et défendue par un ancien château, outre lequel il y en a un nouveau. Suivant la tradition la plus accréditée, tout le terrain qu’occupe aujourd’hui cette ville, était dans le neuvième siècle une immense forêt qu’on nommait la forêt de Concise, dénomination qui lui reste encore aujourd’hui. Cette ville a des faubourgs qui sont considérables. Dans le quartier des halles, voisin du château-neuf de Laval, on voit des maisons anciennes de six à sept cents ans, ou l’on admire des poutres d’une longueur et d’une grosseur prodigieuse. La tradition du pays dit qu’en bâtissant là des maisons, on a placé cés poutres au même lieu ou ci-devant étaient les chênes, sans aucun frais de transport ; ce qui prouve que la fondation de Laval est assez moderne, du moins en comparaison de Montsûrs et d’Entrâmes, bourgs dépendants de son comté. La ville de Laval n'a que deux paroisses, la Trinité et S. Vénérand. La Trinité est une grande église imparfaite ; la nef est assez large et belle à cause de sa voûte sans piliers. L’aile septentrionale de cette église, qui est la seule, est d'une très belle élévation, et son architecture élégante et hardie est admirée des connaisseurs. Il manque à cette église une autre aile du côté du midi. Le chœur est trop chargé de piliers, ce qui le rend obscur et fort étroit. Et ailleurs les éléments de mauvais goût y sont prodigués ; on aurait pu travailler plus en grand dans un pays qui produit beaucoup de beau marbre, et qui ne manque pas de bons artistes. L'église paroissiale de S. Vénérand est assez grande, mais obscure ; son chœur est fort orné, ainsi que la chapelle de la communion, placée derrière le maître-autel. Il y a dans les deux paroisses, un grand nombre de prêtres habitués pour les services. Les offices solennels s’y sont avec une décence remarquable. Outre ces deux paroisses il y a à Laval deux églises collégiales, l’une sous l’invocation de S. Tugdual ou Tugal, évêque de Tréguier en basse Bretagne ; l’autre est dédiée à S. Michel. Le chapitre de la collégiale de S. Tugal fut d’abord fondé dans l’ancien château, l’an 1170, par Guy V, seigneur de Laval, et par Edmée d’Anjou, sa femme ; mais il fut transféré dans la suite dans l’église de Notre-Dame du bourg Chevreau, qu'on nomme aujourd’hui S. Thugal. Dans l’origine cette collégiale était la chapelle des comtes de Laval ; aujourd’hui elle a droit de cure sur les deux châteaux et les prisons. Son chapitre est composé d'un doyen, qui a environ 1800 livres de revenu, d’un chantre qui en a 800, et de 14 prébendés qui ont, chacun 400 livres. Il y a encore quatre chapelains, membres du chapitre. Tous les bénéfices sont de plein droit à la nomination et à la collation du comte de Laval, comme patron et fondateur. Il n’y a rien de remarquable dans cette collégiale, sinon le chœur, fort décoré depuis quelques années. La collégiale de S. Michel est située à l’extrémité du faubourg oriental de la ville. Son chapitre fut fondé en 1240 par Jeanne Outrin, dame de Poligny : il est composé de huit chanoines. C’est M. le marquis.de Croissy qui présente aux canonicats en sa qualité de seigneur de la terre de Poligny, vieux château à demi ruiné, à une lieue de Laval, sur la route de Sablé. Il y a d’ailleurs dans la ville de Laval plusieurs communautés d’hommes et de filles, deux hôpitaux et un collège. Les communautés d’hommes sont celles, des Jacobins, des Cordeliers, des Capucins, et le prieuré des chanoines réguliers de la congrégation de France, situé à l'extrémité septentrionale d'un des faubourgs de la ville ; on l'appelle sainte Catherine : il fut sondé en 1224 par Avise de Craon, veuve de Guy VI : le revenu du prieuré est de 2000 livres ou environ, et celui de la mense monacale de 1200 livres. M. l’abbé Expilly cite un deuxième prieuré, sous l’invocation de S. Martin, et fondé dans le dixième, siècle par Guy-Geoffroj III du nom, mais il n’en est pas fait mention dans le mémoire qui vient de nous être envoyé, et que l’on nous assure être très fidèle. Le couvent des Jacobins, par la vaste étendue de ses bâtiments antiques, a quelque chose de respectable, et rappelle ce qu’il a été autrefois ; il n’y a plus que quatre à cinq religieux assez mal rentés. Le couvent des Cordeliers est grand et fort solidement bâti. L’église est extrêmement ornée. On admire la distribution élégante de toutes ses chapelles, fermées par de beaux balustres de marbre. Le cloître, par la vaste étendue d’un de ses côtés, son beau parterre, son jet d'eau, ses colonnes de marbre jaspé, attire très souvent la visite des voyageurs curieux. Les jardins de cette maison sont en terrasse. Les eaux des fontaines voisines, qui sont conduites par divers canaux souterrains, y forment de belles pièces d’eau, qui donnent à ce jardin un air de fraîcheur agréable, et y entretiennent la pureté et la salubrité de l’air, qui est peut-être le meilleur de la ville. Cette maison, depuis très longtemps, fournit à la province du Maine et aux environs, des ouvriers évangéliques et de bons prédicateurs.
Le couvent des Capucins est dans la plus belle situation de la ville, sur un côteau qui commande tout le faubourg S. Martin ; on admire de là le cours de la rivière qui serpente au travers de grandes prairies, toutes couvertes de pièces de toiles qu’on y fait herber avant que de les envoyer au blanc de Senlis ou de Beauvais. Le jardin de ce couvent sert de promenade à la plupart des bourgeois de Laval. Les communautés de filles de la ville de Laval, sont un couvent de Bénédictines, de filles du second ordre de saint François, et de religieuses Ursulines, qui s’occupent ainsi qu’ailleurs, à l’éducation des jeunes filles du lieu, et prennent des pensionnaires qu’elles forment à la pratique des vertus de leur sexe et de leur condition. Vers le milieu du treizième siècle, en 1242, il s’est tenu un concile à Laval, Vallis Guidonis, du nom d’un Guido ou Guy, qui pour lors en était seigneur. Pour ce qui est de l’abbaye de Notre-Dame de Clairmont, qui n’est pas loin de Laval.
Les deux hôpitaux de la ville de Laval sont l’hôpital S. Julien ou l’Hôtel-Dieu, et l’hôpital général. L’hôpital S. Julien est gouverné par des administrateurs laïques, ordinairement officiers municipaux et ce sont des religieuses sous la règle de S. Augustin, qui y servent les malades. Cette maison est toujours entretenue très proprement ; il serait à souhaiter qu’elle fût mieux rentée, le nombre des familles pauvres de Laval en ressentirait encore plus les avantages. Le revenu de cet hôpital ne se monte qu'à environ 9000 livres. L’hôpital général a été fondé vers la fin du dernier siècle en 1678 par les ducs de la Trémoille, et augmenté par les libéralités de placeurs négociants natifs de Laval. Ces riches citoyens qui sont morts dans les pays étrangers, ont eu des entrailles pour leurs pauvres compatriotes, et les ont faits leurs héritiers. Ce qui est constaté par plusieurs inscriptions qu’on voit dans l’église de S. Louis ; c’est le nom de cet hôpital. Son revenu fixe ne se monte plus guères qu’à 1500 livres, mais on y supplée par le produit du travail des pauvres qui y sont entretenus. Le collège de Laval est gouverné par des prêtres séculiers, et fournis à l’inspection du chapitre de S. Tugal, et du corps-de-ville en concurrence. Il n’est pas de plein exercice. On y fait de bonnes études quant aux humanités, et on y prend grand soin de l’éducation des pensionnaires. Laval doit à la magnificence des ducs de la Trémoille, ses seigneurs depuis un siècle et demi, la construction d’un édifice nouveau. C’est la Halle, destinée tant à la vente qu’à l’achat des pièces de toiles en gros. Avant que d’être exposées en vente, elles sont soumises à la visite rigoureuse d’un inspecteur ; avec le ciseau, il fait main basse sur toutes celles qui n’ont pas la qualité requise, soit pour le fil, soit pour la laine. Par une police si bien entendue, les négociants ne sont pas sujets à être trompés. Le principal commerce de Laval consiste dans le débit de ses toiles très fines dites de Laval, de ses étamines, serges premières, et droguets, fil et laine. Ses blanchisseries pour les toiles et la cire sont très renommées. On compte huit sortes de toiles qui se fabriquent à Laval et aux environs. Les quatre premières sortes sont les laises ordinaires, divisées en quatre classes, savoir, les non-battus, les pontivis, les royales et les demi-hollande. Les quatre autres sortes sont les grands laisots, les petites laises, les toiles grises et les toiles fortes. Les non-battus, les pontivis et les royales, se fabriquent à Mayenne et Château-Gontier : on y fabrique aussi des demi-hollande. Si la ville de Laval tient un rang assez considérable parmi les villes du royaume, elle en est redevable à son commerce, et principalement à la manufacture de ses toiles. Depuis qu’un de ses anciens seigneurs, Gui IX, à l’occasion de son mariage avec une Béatrix de Flandre, eut attiré des ouvriers Flamands à Laval, ses vassaux apprirent de ces étrangers l’art de la tisseranderie, et d’eux-mêmes, dit-on, trouvèrent le secret de blanchir la toile. Cette manufacture n’a fait que se perfectionner de plus en plus jusqu’à nos jours. De ces toiles blanches la plupart sont portées dans les foires de Bordeaux et de là à Baronne. Une grande partie, appelées non-battus se débitent en Espagne : le reste se consomme dans le royaume et dans nos colonies. Les demi-hollande se vendent à Paris sous le nom de toile de Hollande. Les pontivis se consomment dans le royaume, et la majeure partie par les troupes. Les négociants de Troyes, Senlis et Beauvais, tirent de Laval en écru une partie des royales, des demi-hollande, des grands laisots et des petites laises ; le reste passe en portugaise à Paris. Les toiles grises inférieures partent avec une grande partie des toiles hanches à Cadix et à Lisbonne ; de là elles sont transportées dans toutes les possessions des Espagnols et des Portugais au nouveau monde. Ainsi les négociants de Laval ont-ils une part considérable dans les riches, retours des galions. Ce sont eux qui procurent à tout le comté de Laval la plus grande partie de l’argent qui y circule, et y entretiennent, une circulation dont la guerre suspend quelque fois l’activité. Le reste des grises se consomme dans le royaume. Les toiles fortes servent à emballer celles qui patient à l’étranger. Pendant le quartier de Janvier 1764, il est passé par les bureaux de Laval, Mayenne et Château-Gontier, plus de 9800 pièces des différentes sortes de toiles dont nous venons de parler. En un mot, pour donner une idée du commerce de Laval dans cette partie seulement, il suffit de dire, qu’en temps de paix où le négoce va bien, il se vend chaque samedi de l’année dans la halle de cette ville pour un demi-million de toiles. Cette halle ou marché aux toiles, dont on doit la construction, comme nous l’avons dit plus haut, aux ducs de la Trémoille, a été établie sur un tertre appelle vulgairement le Gas. On a planté à l’entour des ormeaux pour l’embellissement de la place, qui d’ailleurs est ornée de quelques belles maisons. Un maire citoyen (M. Hardy de l’Avaré,) vient encore de décorer ce même quartier de promenades, dont Laval était autrefois privé. L’établissement du tarif sur les consommations dans la ville et banlieue de Laval, substitué à la répartition arbitraire de la taille, est dû au zèle éclairé du même patriote, qui a eu le courage de déplaire à la plupart de ses concitoyens pour les servir. C’est encore par ses soins que depuis peu Laval a acquis une très belle maison à la porte de la Chiffolière, dans un point de vue très riant, et en bon air, où se tient le bureau pour les affaires de la communauté. Laval a trois marchés chaque semaine, et il se tient vingt six foires par an, tant à Laval que dans l’étendue de son élection. Il part toutes les semaines deux voitures de Paris pour cette ville, le carrosse et la messagerie. Le carrosse part les lundis à cinq heures du matin pour Laval, et la messagerie part les mercredis à midi. La route de Paris à Laval comme nous l’avons dit, de 58 ou 60 lieues : elle passe par Versailles, Houdan, Dreux, Alençon, et Mayenne. Depuis une trentaine d’années on a construit dans l’étendue du comté, des grands chemins très solides et bien entretenus pour la facilité du commerce de Paris avec la Bretagne, et du passage des troupes qui est très considérable. On a commencé aussi depuis peu un grand chemin sur la route de Laval à Craon ; ou toutes les semaines il se tient un marché très considérable de fils écrus, de tout prix, et de toutes sortes de qualité. On vient récemment d’en commencer un autre au midi de Laval, sur la route de Tours. C’est une très belle entreprise de M. Lescalopier, intendant actuel de cette généralité. Elle ouvre à la ville de Laval une communication facile avec celles de Sablé, de la Flèche, du Lude, et autres lieux notables de l’Anjou et de la Touraine. La rivière de Mayenne est navigable pour d’assez gros bateaux depuis Laval jusqu’à Angers, par le moyen des écluses qu’en ce pays on nomme des portes et dont les réparations sont très dispendieuses. Le cardinal Mazarin, nouvel acquéreur en 1661 de la terre de Mayenne, l’aurait rendue navigable jusqu’à la capitale de son duché, si la mort ne l’en eut empêché. Une opération qui, si jamais elle avait lieu, procurerait à la fois l’avantage de Laval et celui de toute la haute Bretagne ; ce serait un canal de communication de la Mayenne avec la Vilaine. Cette dernière, après avoir arrosé Vitré, Rennes, Redon, la Roche-Bernard, a son embouchure dans l’Océan, à peu de distance du Croisic. Mais il est bien à craindre que ce ne soit jamais qu’un projet, vu la difficulté de l’entreprise, et les frais prodigieux de la construction, frais beaucoup au-dessus des forces d’un pays d’élection. Pour ce qui est de la qualité du sol du comté de Laval, son terrain est assez maigre, si l’on en excepte quelques paroisses, telles que Grenou, Bazougers, Parrenay, Argentré, Bonchamps, où le sol est d’une meilleure qualité. L’opiniâtre culture des habitants répare ce défaut naturel : dans les fonds les moins favorables, il y vient assez de grains gros ou menus, pour leur subsistance. On y nourrit du gros bétail en assez grande quantité ; le superflu va s’engraisser en Normandie pour l’approvisionnement de Paris. Les landes de ce canton seraient très propres à nourrir des bêtes à laine, si le voisinage des forêts et des bois taillis ne faisait craindre au cultivateur le ravage des loups. Leur destruction serait d’un prix inestimable pour les colons, qui communément sont laborieux et bons ménagers, du moins dans les endroits où, le perfide appas du faux saulnage n’a point séduit les esprits. Il ne croît que très peu de vignes dans tout ce canton ; le cidre est la boisson ordinaire des habitants. Les bois viennent généralement bien en ce pays. Le chauffage y serait à vil prix, sans la prodigieuse consommation qu’on en fait à Laval pour la blanchisserie des toiles, et encore plus dans les forges. Il y en a plusieurs dans une étendue de huit à dix lieues de terrain. La forge du Port-Briet, appartenant au duc de la Trémoille, est considérable ; celle de Chaillan, au duché de Mayenne ; celle de Moncord, dépendante de la terre de Bouille. Le fer qu’on fabrique et qu’on affine dans cette dernière forge, est non seulement estimé dans le pays et dans les provinces voisines, mais on en fait un débit considérable chez les étrangers. Outre les minières et la castine, qui sert à la fusion du fer, Laval a des carrières de marbre fort estimées. Les principales sont à S. Berthevin, à une lieue de Laval et à Argentré, à deux lieues de la même ville. Le marbre est jaspé, ou d'un noir veiné de blanc. Le marbre jaspé rouge et blanc se tire de la carrière de S. Berthevin. Le marbre noir et blanc se tire des carrières de la paroisse d’Argentré ; souvent on en trouve de tout noir, et d’autrefois de bleu et blanc. La carrière de marbre, appelée la carrière du haut de Beauvais, dans un des faubourgs de Laval, est remplie de poulettes, de vis striées et affilées, de nérites et de petits limaçons. On tire de cette carrière du marbre tout noir, d’autre qui est jaspé, noir et blanc, et un troisième est noir, blane et bleu. On trouve aussi près de cette ville du marbre à fond rouge, bariolé de plusieurs couleurs. On y ramasse des cailloux coalisés dans leur centre ; d’autres sont bleus et marquetés ; d'autres enfin un peu transparents. On trouve aussi dans les environs de Laval du charbon de terre qui donne de l’alun en assez grande quantité. La ville de Laval a produit un nombre assez considérable Guillaume Bigot y naquit au commencement du seizième siècle, et devint très fameux par sa doctine, sous les règnes de François Ier et de Henri II. Il était grand médecin pour le siècle où il vivait. Jules Scaliger de Gabriel Naudé l’appelle le premier philosophe de leur temps. Il mourut peu avancé en âge vers 1550. On a de lui un recueil de poésies latines. Ambroise Paré aussi né à Laval, fut le premier chirurgien de son siècle, et celui qui, à proprement parler, commença à jeter les fondements de son art dans la France. Ses ouvrages ont été traduits en latin par Jacques Guilleman, chirurgien célèbre, et publiés à Paris en de 1561 et 1582, et à Francfort en 1591 et en 1612. Son Anatomie universelle a été donnée à Paris en 1561 in-8. Les Anglais les Allemands et les Hollandais ont aussi traduit ses Œuvres. Il était premier chirurgien de Charles IX en 1572 ; il fut aussi premier chirurgien des rois Henri III et Henri IV, et mourut sur la fin du seizième siècle. Dominique Sergeant de Laval, Jacobin, vivait sous Charles IX : ce savant était profond dans la théologie scholastique et positive. Jean le Frère, principal du collège de Baveux à Paris était né à Laval. Il savait les langues, et avait traduit de grec en français la Chronique d’Eusèbe et l’histoire de Joseph. Il publia, aussi une histoire des troubles de son temps et mourut en 1583 Jérôme d’Avost, né à Laval en 1558, aimait a s’exercer dans la poésie française. À peine âgé de 20 ans il entreprit de mettre en vers la Jérusalem délivrée, du Tasse. David Rivault, sieur de Fleurance, précepteur du roi Louis XIII, gentilhomme de sa chambre, conseiller d’état, mathématicien, naquit à Laval ou aux environs, en 1571, et mourut à Tours au mois de Janvier 1616, âgé de 45 ans. François Pyrard s’est rendu fameux par le voyage qu’il fit aux Indes orientales et au Brésil, depuis 1601 jusqu’en 1611. Il en a donné une relation qui a été réimprimée plusieurs fois, et où il a joint un Dictionnaire des mots principaux de la langue des illes Maldives, où il avait séjourné longtemps. On y trouve aussi une description des animaux, arbres et fruits, qu’il avait observés dans les Indes. Daniel Hay, abbé de Chambon, de l’académie française naquit à Laval le 23 Octobre 1596, et mourut dans la même ville le 29 avril 1671, Cet ecclésiastique fut dit-on, aussi bon controversiste que grand mathématicien ; Il travailla beaucoup, mais ses ouvrages n’ont point paru. Daniel Tauvri, né à Laval en 1669, de l’académie des sciences de Paris, était célèbre médecin. Il publia à l’âge de 18 ans une nouvelle Anatomie raisonnée. On a aussi de lui une nouvelle pratique des maladies aiguës, un Traité de la génération, et un autre sur le médicament. En 1712, on a publié principalement sur ses mémoires, une Pratique des maladies chroniques. Il est mort à l’âge de 32 ans à Paris, le 18 mars 1701 ; Guillaume Ruffin, jeune étudiant, mort dans le dernier siècle en odeur de sainteté chez les Jésuites de la Flèche, était fils d’un bon négociant de Laval. La mémoire de ce jeune homme est encore en vénération en la ville de la Flèche. Nicolas Baudoin, chanoine de l’église collégiale de S. Michel de Laval, a laissé plusieurs dissertations estimées sur quelques points assez délicats de la liturgie. Il a fait aussi un autre ouvrage qui a pour titre : de l'éducation d’un jeune seigneur. Ce livre parut en l’année 1729. A la fin de l’ouvrage l’auteur traite la question : Si l’éducation des familles doit être préférée à celle des collèges.
Histoire de Laval
|
Pour voir les détails de ces gravures sur Landerneau
utilisez la fonction zoom, après avoir cliqué sur chacune d'elles.
Les textes ont été transcrits et les gravures corrigées des défauts d'impression et de vieillissement.
Tout le contenu de la page est donc sous Copyright
![]()
Dépôt de Copyright contre toute utilisation commerciale
des photographies, textes et/ou reproductions publiées sur ce site
Voir explications sur la page "Accueil"
| Plan de site | Recherches | Qualité | Liens | Contact |