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Lorient vers 1830, gravure par Nyon J. d'un dessin de Rauch
publiée dans Le Guide pittoresque du voyageur en France - 1838
(collection personnelle).
Voici aussi Le département
du Morbihan en 1883
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Ci-dessous deux descriptions de la ville de Lorient - celle de 1771 (ci-dessous) et plus bas celle de 1851.
Article sur Lorient, publié dans le Dictionnaire universel de la France - Robert de Hesseln - 1771 Remarque : Si le titre de l'article est bien orthographié LORIENT, dans le texte, la ville devient l'Orient... On peut donc penser que l'origine du nom vient tout simplement du commerce de ce port avec l'Orient ! LORIENT, petite ville et gouvernement de place, avec un port dans la basse Bretagne, au fond de la baie de Port-Louis, à l’embouchure de la rivière de Scorf ou Corff, autrement appelée Elle, qui se jette dans cette baie avec la rivière de Blaves, à 106 lieues de Paris. La route de Paris à cette ville est la même que pour Rennes, et depuis cette ville jusqu’à l’Orient, elle va par Ponteanes, Guers, Malestroit, Vannes, Hennebont, et de là à l’Orient. Elle est du diocèse et recette de Vannes, parlement et intendance de Rennes. On y compte environ 1000 habitants. L’Orient est une ville nouvelle, qui ne s’est formée que vers l’année 1720. Depuis le commencement de la présente année 1767, on y travaille à la contrition d’un quai qui fera un des principaux ornements de cette ville. Il se prolongera en ligne droite depuis une des extrémités de la ville jusqu’à l’autre, et aura 60 pieds de largeur. On bâtira le long de ce quai des maisons toutes uniformes. Elle est le dépôt des marchandises de la compagnie des Indes, et c’est là que cette compagnie tient ses magasins en Europe. Dans le temps où M. Dupleix était gouverneur de Pondichéry, l’Orient était devenu célèbre par son commerce, et cette ville était devenue le rendez-vous des négociants de tout le royaume, et même des pays étrangers. Mais après le rappel le ce grand homme en France, ce commerce est insensiblement diminué, et avait été entièrement interrompu par la guerre et la destruction de Pondichéry. Le commerce de cette ville commence à renaître aujourd’hui, et peut-être que la paix actuelle lui rendra sa première vigueur, surtout si le gouvernement fait reparaître dans les Indes un autre Pondichéry. C’est à l’Orient que la compagnie des Indes fait ses embarquements pour Pondichéry et autres lieux de la côte de Coromandel : la vente des marchandises de cette compagnie s’y fait ordinairement pendant les mois de septembre, octobre ou novembre : elle consiste en café de Moka et de Bourbon, en thé, en laque, gomme du Sénégal, soies de Nankin, porcelaines de la Chine, mousselines, coton filé, mouchoirs des Indes, etc. Les Anglais ont tenté en vain de s’emparer de la ville et du port en 1746.
Article sur Le Mans du Dictionnaire de toutes les communes de France - 1851 LORIENT, Morbihan (Bretagne), grande et belle ville maritime, chef-lieu de sous-préfecture (3e arrondissement) et de deux cantons, place de guerre de 3ème classe. Préfecture maritime. Tribunal de 1ère instance et de commerce. Chambre et bourse de commerce. École d’hydrographie de 2ème classe. Collège communal. 2 cures. Gîte d’étape. Comité d’agriculture. Direction des douanes. Bureau de poste. Relais de poste. Popumlation 23,621 habitants. Autrefois diocèse et recette de Vannes, parlement et intendance de Rennes. Mairie royale. Gouvernement particulier. À 56 km O.-N.-O. de Vannes, 149 km S.-E. de Brest, 498 km O.-S.-O. de Paris. Histoire brève de Lorient
Les ouvriers qu’ils recrutèrent dans les campagnes, certains d’être employés pendant plusieurs années à un prix bien plus élevé qu’ils ne trouvaient ailleurs, vinrent s’établir sur le terrain contigu au mur de clôture, y construisirent des chaumières, et devinrent ainsi, sans s’en douter, les fondateurs d’une des plus jolies, villes du royaume. En 1763, la ville continua à s’embellir et à s’organiser ; des écriteaux indiquèrent le nom des rues.
En 1770, le gouvernement, ayant retiré à la compagnie des Indes son privilège, se chargea de la liquidation de ses affaires, et prit possession du port, des vaisseaux, des magasins et de toutes ses propriétés. Le port de Lorient devint alors un des quatre départements de la marine royale. Mais ce ne fut qu’après la catastrophe financière du prince de Rohan-Guéméné que la ville fut affranchie de la suzeraineté de ce seigneur, moyennant une somme de onze millions, pour laquelle il céda au roi ses droits de Mouvance. Trompée par les avantages que semblait lui promettre la franchise de son port, elle crut compenser la perte du monopole dont elle avait joui durant un demi-siècle, en obtenant cette nouvelle faveur. À peine lui fut-elle accordée, que ses magasins ne purent suffire pour recevoir tous les produits de l’industrie anglaise, dont elle ne put tirer aucun parti, puisque l’exportation dans l’intérieur lui en était interdite, à moins de supporter des droits dont ils étaient passibles en sortant de ses murs. Elle reconnut alors combien elle s’était abusée, et s’estima trop heureuse de ce que le gouvernement voulut bien consentir à la débarrasser du fardeau qu’elle s’était elle-même imposé par l’impéritie de ses administrateurs.
A dater de cette époque, la prospérité renaissante de cette cité déclina de jour en jour, et bientôt ses malheureux citoyens n’eurent plus qu’à gémir sur le triste sort qui leur était réservé. Le commerce maritime une fois anéanti, un grand nombre de négociants et de capitalistes allèrent se fixer dans d’autres contrées, et une foule d’habitants cosmopolites ne tarda pas à imiter cet exemple. En moins de deux années l’émigration devint si considérable, que les revenus communaux ne purent plus suffire pour faire face aux dépenses les plus urgentes. Ce fut alors que le corps municipal crut devoir, pour combler tout ce déficit, recourir à une partie de la population rurale et étrangère, dont le territoire s’étendait jusqu’au pied des glacis de la place. Il sollicita en conséquence du gouvernement républicain une indemnité de quelques milliers de villageois pour compenser la perte de ses ex-administrés. Cette pétition singulière fut non-seulement accueillie avec faveur, mais aussitôt suivie du décret qui métamorphosait cinq mille campagnards en citadins externes, c’est-à-dire en citoyens d’une ville close, avec laquelle ils ne pourraient cependant communiquer que lorsque les portes leur en seraient ouvertes à des heures réglées. Ainsi fut formé le premier extra muros des villes du Morbihan. En l’an IV(1796) il fut formé à Lorient un bagne, qui depuis a été affecté aux militaires condamnés pour insubordination. Ce bagne offre un tout autre intérêt que ceux destinés aux forçats ; car les hommes qu’il renferme ne sont pas des criminels. Il faut assurément punir l’insubordination ; mais il y a loin de cette faute aux crimes qui envoient les forçats aux galères. On peut être honnête homme et n’être pas né pour l’état militaire, dont la discipline a besoin d’être rigoureuse. Cependant, je le dis à regret, le régime alimentaire, le coucher, l’ordre des travaux, les chaînes, l’habillement et le trousseau sont absolument comme à Toulon, Rochefort et Brest. L’intérieur des salles présente absolument le même coup d’œil que celui des bagnes. L’âge moyen des soldats détenus à Lorient est de trente-quatre ans. Les récompenses journalières sont, après la première année, d’être mis en chaîne brisée ; la seconde année de porter la manille ; et enfin la troisième année de porter seulement une manille beaucoup plus légère, et ils restent ainsi jusqu’à leur libération, s’ils se conduisent bien. Les armes de Lorient sont : de gueules au vaisseau d’argent voguant sur une mer de sinople, à un soleil d’or levant derrière des montagnes d’argent : au franc quartier d’Hermine ; au chef d’azur chargé de trois besants d’or.
On remarque dans le port l’hôtel de la préfecture maritime, la salle des ventes, le parc d’artillerie, la machine à mâter, la poulierie mue par une machine à vapeur, qui fait aussi mouvoir de grandes forges et alimente une fonderie ; la cale couverte ; le bassin de construction, où se trouvent plusieurs cales découvertes pour les vaisseaux, les frégates et les corvettes ; la tour des signaux, haute de 37 m et demi, située sur une petite montagne au sud du port. Cette tour sert à la fois de phare, de girouette pour reconnaître les aires du vent, et d’observatoire : de son sommet, et d’un seul coup d’œil, on découvre entièrement le plan du port, ses arsenaux, ses vaisseaux, ses chantiers et ses beaux jardins. Les magasins de la marine sont grands et vastes. Les divers bâtiments qu’avait fait construire l’ancienne compagnie des Indes ont été convertis en une caserne pour les marins. Les casernes de l’artillerie sont remarquables, et peuvent contenir 1,800 hommes.
La place Royale, plantée de plusieurs rangs de tilleuls, offre de jolies constructions. La place du marché est décorée d’une colonne en granit, élevée en 1833 à la mémoire de l’intrépide Bisson ; elle a 8 m de hauteur, et est surmontée de la statue en bronze du jeune héros. Le quartier le plus beau est celui du quai, dont les maisons sont construites sur un plan uniforme ; quatre rangées d’ormes y donnent un ombrage agréable, à l’abri duquel on peut jouir de la vue de la rade et du port. C’est sur le quai, près de cette promenade, que les navires caboteurs viennent décharger leurs marchandises. On y remarque une belle fontaine, dont la cuvette ou citerne contient 1,200 barriques d’eau. L’église paroissiale offre dans son architecture une bizarrerie qui étonne ; cet édifice devait le disputer en grandiose à nos plus belles basiliques. On lui avait donné d’immenses proportions ; mais, après trente ans de travail, désespérant de le terminer, on prit la singulière résolution d’en démolir une partie pour finir le reste. L’hôtel de ville est mal situé, mais bien distribué. Oh y remarque surtout la salle où se font les mariages ; elle a la forme d’un prétoire antique et est d’une décoration simple et élégante. Les boucheries de Lorient méritent d’être citées à cause de leur extrême propreté. Les faubourgs de la ville sont également assez bien bâtis ; le plus considérable est celui de Kerentreich. À 2 km de Lorient se trouve un vaste polygone pour les exercices de l’artillerie et le tir des bouches à feu. Au milieu de la rade est l’île St-Michel, sur laquelle on a construit il y a peu d’années un vaste lazaret, d’où l’on découvre un panorama magnifique. Industrie. Premier port de constructions navales de France, cale couverte, bassin pour la réparation des vaisseaux, atelier pour la fabrication des machines à vapeur, fonderies, forges, presses hydrauliques pour l’essai des fers. Biographie.
Bibliographie. Appert (B.). Voyage aux bagnes de Brest, Lorient et Rochefort, in-8, 1828.
Histoire de Lorient
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