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Voici 4 articles sur Genève, provenant de dictionnaires ayant chacun leur spécificité.
Article sur Genève du Dictionnaire généréral de géographique universelle - Ennery et Hrth - 1840 GENEVE (la ville de), Augusta Allobrogum, Geneva, capitale du canton de ce nom et la ville la plus considérable de la Suisse ; se trouve sous 46° 12' 5” latitude septentrionale, et 3° 49' 54" longitude orientale ; elle occupe une position charmante, à l’extrémité du lac de Genève. Histoire brève : Genève, ancienne ville des Allobroges, et dont Jules César fit une de ses places d’armes, reçut, dit-on, le christianisme déjà au troisième siècle ; elle fut, pendant quelque temps, la capitale du premier royaume de Bourgogne, au centre duquel elle était située. Puis, ville impériale depuis le onzième siècle y elle augmente peu à peu ses franchises pendant les sanglantes querelles de ses évêques et de ses comtes, et bientôt le pouvoir des premiers fut considérablement restreint par les syndics élus du sein de la bourgeoisie. Mais elle eut à soutenir une lutte longue et difficile avec le duc de Savoie, dans les états duquel elle se trouvait enclavée, et qui depuis longtemps cherchait, par tous les moyens, à s’arroger la domination sur Genève. Aux prétentions du duc venaient se joindre celles de la noblesse. Enfin, au commencement du quinzième siècle, les bourgeois de Genève adoptèrent la réforme, classèrent leur évêque et les partisans du duc de Savoie, se constituèrent en république et, avec le secours des Bernois, leurs alliés, maintinrent leur indépendance contre les ducs de Savoie. Cette ville devint le foyer du calvinisme.
Situation : De la place Maurice et de la promenade de la Treille on jouit des points de vue les plus beaux et les plus variés. Le Rhône, à sa sortie du lac, partage la ville en deux parties, dont l’une, la plus grande, située sur la rive gauche, est appelée la Cité, tandis que l’autre, jadis un simple faubourg, porte le nom de St-Gervais. Genève est entourée de fortifications anciennes et étendues, mais insignifiantes. Genève renferme une population de 28,000 habitants. Son industrie : Genève est une ville très importante par son industrie, dont la principale branche est l’horlogerie ; elle y fut introduite en 1587, par un Français nommé Charles Cusin, et elle est depuis longtemps fort estimée et envoie au loin ses nombreux produits. La bijouterie, la fabrication de boîtes à musique occupent également un grand nombre de personnes. Enfin il y a aussi des fabriques d’impression pour les toiles, des tanneries, des corderies, des fabriques de chapeaux, etc. Située sur les limites de la Suisse, de la France et de l’Italie, Genève fait, outre un grand commerce d’exportation, un commerce de transit très- considérable. Cette ville a été la patrie de plusieurs hommes célèbres : de J.-J. Rousseau, du médecin et naturaliste Bonnet, du financier Necker et de sa fille, Mme de Staël, de Saussure, des Pictet, etc.
Article sur Genève du Dictionnaire géographique et statistique de la Suisse - Marc Lutz - 1859 GENÈVE, capitale du canton ; 46°, 42’ 47” de latitude et 8°, 49’ 36” de longitude. Le Rhône, qui y quitte le lac Léman, forme une île de 780 pieds de long sur 130 pieds de large et coupe la ville en deux parties, dont la plus petite, le faubourg St. Gervais, est habitée principalement par la classe ouvrière ; 4 grands ponts les mettent en communication. Depuis 1848 et 1849 les fortifications qui entouraient la ville ont commencé peu à peu à être rasées sur un décret du grand conseil ; le terrain ainsi gagné est nivelé et vendu par parcelle pour des constructions. Les plus beaux quartiers sont :
Les bâtiments publics les plus remarquables sont :
Parmi les institutions scientifiques,
Parmi les nombreuses institutions charitables,
Parmi les objets qui excitent la curiosité des étrangers, il y a entre autres les maisons de Calvin (rue des Chanoines, 116), l’emplacement qu’occupait celle de Rousseau dans le faubourg St. Gervais, les maisons de Bonnet, de de Saussure, l’élégant palais du philhellène Eynard ; le relief de la chaîne du Mont Blanc par Séné, sur la nouvelle promenade du grand Quai ; les aigles près des boucheries, qui doivent être les armoiries vivantes de la ville ; le monument de Rousseau sur l'île, enfin le Square de Grenus, non encore terminé, qui doit être un monument à l’honneur de feu le baron Grenus, le bienfaiteur de la ville et de la Confédération.
Pour le commerce et l’industrie de Genève, la ville compte un grand nombre d’imprimeries et de librairies ; elle en avait déjà de célèbres dans le 15e et le 16e siècle. Il y a des sociétés de lectures et un casino où les étrangers ont l’accès le plus facile et trouvent tous les journaux du pays et de l’étranger et de riches bibliothèques. Les moyens de se divertir n’y manquent pas non plus, et les amateurs de la belle nature trouvent partout dans les environs les plus beaux buts de promenade. Dans l’intérieur même de la ville il y a celles de la Treille, de St. Antoine, du jardin botanique, le jardin anglais ; dans les environs les plus rapprochés, le tour des jardins, le chemin de Chambésy, le Petit Saconnex, sur la route de Fernex (Voltaire), celle du grand Salève. Il n’est pas nécessaire de rappeler, en fait d’exercices plus lointains, Hôtels : Métropole, Bergues, Couronne, Lac, Grand Aigle, Lion d'or, Angleterre, Ecu de Genève. Cafés : Nord, Couronne, Poste, Levant, Paris, etc. 34,238 habitants, dont 9,322 catholiques.
Article sur Genève de la Géographie de Busching - tome 6 – Bérenger - 1779 - Collection personnelle Geneve en allemand Gent, autrefois Gebenna, Janoba et Janua, est située sur une colline qui s’élève à l’extrémité du lac de son nom, dans le lieu où le Rhône en sort : ce fleuve la partage en trois parties inégales, jointes par quatre beaux ponts La plus grande partie est située vers la Savoie ; une des autres s’appelle S. Gervais, et est du côté de la France. Entre les deux est la troisième, environnée par le Rhône, longue de 700 pieds, large de 200. On y compte cinq églises, donc une seule est moderne ; la principale d’entre elles est dédiée à St. Pierre, et fut bâtie sous les empereurs, ou même, sous les derniers rois de Bourgogne ; on l’a décorée d’une nouvelle façade, imitée du Panthéon de Rome., L’hôpital général est un édifice vaste et magnifique, ses revenus ne lui ont pas suffi, et ils montent à plus de 100000 livres. La maison de ville est dans la partie de la ville la plus élevée ; elle est vaste, bâtie avec plus de grandeur que de goût ; on y remarque un escalier sans degré où l’on peut monter en voiture ; on en trouve de semblables en divers autres lieux. Elle a un arsenal un parc d’artillerie, divers magasins à poudre, munis de conducteurs électriques pour en éloigner la foudre. Son académie est composée de 13 professeurs, et son collège de neuf classes ; elle a une école de dessin. Sa bibliothèque est nombreuse et renferme diverses curiosités naturelles. Ses promenades sont charmantes : on y jouit d’un air pur, d’une situation magnifique, le commerce et les arts y prospèrent ses environs sont peuplés et riants, semés de jolies maisons, de palais et de jardins. La nature en a fait un des plus beaux lieux de la terre, et l’art n’y dépare point ce que fit la nature.
Organisation : Le peuple y est divisé en trois classes ; les citoyens, les bourgeois, les natifs et habitants ; les premiers sont, ceux qui sont nés dans l’enceinte des murs de pères reconnus bourgeois ; ils parviennent à toutes les charges : les bourgeois sont, ceux qui en ont acheté le titre et les droits ; ils ne peuvent parvenir que dans le grand-conseil : ceux-là seulement sont membres du conseil général dès qu’ils ont atteint l’âge de 25 ans : ils sont le souverain. Les natifs sont nés dans la ville de pères habitants ; ils jouirent de quelques privilèges dans les arts et métiers ; mais, n’ont point de droits politiques. Par la loi, le peuple élit divers magistrats ; tels. sont les quatre syndics, qui sont les chefs de l’État et président à tous ses tribunaux ; ils sont élus dans le sénat ; mais quand le peuple a rejeté tous les, sénateurs éligibles, on les lui présente tous à la fois joints à quatre membres du grand conseil, et il choisit sur tous : tel est le trésorier pris aussi dans le sénat, qui est en charge trois ans, et peut étant confirmé, l’exercer durant six : le lieutenant, chef du premier tribunal civil et criminel, et choisi ordinairement parmi les anciens syndics : les auditeurs qui sont les assesseurs du lieutenant, et sont choisis dans le grand conseil ; ils sont en charge trois ans : le procureur général qui veille sur les lois, qui parle pour le public dans les procès, dans les objets qui intéressent la constitution, est, le protecteur des pupilles, et le contrôleur des tutelles ; son office dure trois ans, mais par une réélection, il peut l’exercer pendant six. Les hommes en état de porter les armes dans la ville y sont partagés, en quatre régiments, un corps d’artillerie, un de navigation, et une compagnie de dragons à cheval : elle soudoie une garnison .de 720 hommes divisés en 12 compagnies. Ses premiers chefs militaires sont membres du sénat. Les pasteurs présidés par un syndic assistés de quelques membres du grand conseil, forment le consistoire. Les divers conseils se divisent en diverses chambres qui veillent sur différents objets de policé : celle des blés est la plus remarquable : elle doit toujours avoir plusieurs milliers de coupes de blés dans les greniers publics, elle fournit du pain à tous les particuliers qui n’en font pas, et à un prix plus haut qu’il ne doit être dans les temps d’abondance ; mais aussi plus bas que dans ceux de disette : si elle gagne, c’est pour l’État, mais ses pertes sont aussi à la charge de l’État. Genève est fortifiée régulièrement : tous ceux qui l’habitent doivent être soldats : on compte environ 28 mille âmes dans, l’enceinte de ses murs : il y en a 5 à 6000 dans son territoire divisé en neuf paroisses. Elle a des foires, mais elles ne sont plus comme autrefois le rendez-vous des commerçants Suisses, Français, Italiens. Son commerce a pour base les divers objets qu’on y fabrique, et il s’en fait encore un de commission qui est considérable. On y comptait 840 maîtres horlogers Il y a un grand nombre de citoyens qui vivent des rentes qu’ils le sont procurées en Angleterre et plus encore en France., et leurs richesses qui sont un bien pour eux, sont un mal pour l’État. Genève s’allia en 1519 avec Fribourg, en 1526 avec Fribourg et Berne, en 157O elle eut été membre de la Confédération sans les intrigues de la Savoie et de l’Espagne ; en 1584 elle fit une alliance perpétuelle avec Zurich et Berne. Ce petit État est heureux, ou peut l’être ; il est libre, il est riche, le peuple y est plus instruit qu’on ne l’est ailleurs, et il a peut-être plus de mœurs qu’il n’y en a ordinairement dans les villes opulentes.
Article extrait du Dictionnaire universel géographique et historique - Thomas Corneille - 1708 GENÈVE. Ville des anciens Allobroges, en Latin Geneva, Genneba, Aurelia Allobrogum, Genevensium, anciennement Ceneva, Ganuba et Genabum.
Cette ville est très considérable pour son antiquité, pour sa situation avantageuse, pour le grand nombre de ses habitants, et pour son commerce. César voulant empêcher les courses des Helvètes, y fit faire un retranchement de dix-neuf mille pas de long, et de seize pieds de haut, depuis le Lac Léman jusqu'au mont Jura. On en voit encore quelques restes, proche de Gingin, à une lieue de Nyon. Au bout de la ville, le Rhône reçoit la rivière d’Arve qui est un second rempart qu’elle a au Midi. La grande église de saint Pierre, qui fut autrefois la Cathédrale, sert aujourd’hui de prêche aux Calvinistes qui sont maîtres de Genève. On y voit encore dans un des côtés du Chœur les restes des portraits des douze Apôtres peints sur du bois, et de l’autre côté les Images de la Sainte Vierge et de saint Pierre, qui sont dans une des fenêtres. On voit dans la même église le tombeau du Duc de Bouillon, général des troupes allemandes, appelées vulgairement Reîtres en France, qui furent défaites à Aulmau par le Duc de Guise. L’Arsenal est petit, mais en très bon ordre, et bien garni d’armes. On y montre par rareté les échelles que les Savoyards y apportèrent quand ils voulurent surprendre la ville. Ayant été découverts, on les prit eux-mêmes, et ils furent décapités sur le champ. La Maison de ville où les Magistrats tiennent leur Conseil, a un escalier fort remarquable pour sa singularité.
Les fortifications de cette ville sont très régulières, et il y a de jolies rues, mais surtout le long du Lac. Celle qui est appelée rue de la Riviere, y en fait trois différentes. Dans le milieu elle a un passage pour les chevaux et pour les carrosses, et entre deux on voit des boutiques, qui forment une nouvelle rue de chaque côté, jusques aux maisons, avec de grands toits qui sont soutenus sur des piliers, de sorte que les injures du temps n’y font rien souffrir. Diverses inscriptions font connaitre que Genève a été considérable du temps des Romains. Le feu l’ayant consumé presqu’entière sous Héliogabale, Aurélien la fit rebâtir. Les Bourguignons en chassèrent les Romains, et après le renversement du Royaume de Bourgogne, elle devint ville Impériale. L’Empereur Charles IV y fonda une Université vers l’an 1368. Elle a eu des Comtes Particuliers, et l’on tient que le premier nommé Ratbert vivait en 880.
Comme les Ducs de Savoie établissaient des Juges et des Notaires à Genève, qu’ils faisaient garder les portes et battre monnaie, ils prétendirent que cette ville fût soumise à leur domination, mais la seule faiblesse des évêques qui n’avaient pu l’empêcher, était cause qu’ils s’étaient approprié ces droits. L’Empereur Charles IV révoqua par un décret tout ce qu’il avait fait au préjudice de l’évêque en faveur de la Maison de Savoie, et l’Empereur Venceslas réserva l’église de Genève, des Vicariats de l’Empire qu’il donna à Amédée, Duc de Savoie. Quand l’Empereur Sigisinond l’en eut privé, il confirma la Souveraineté Temporelle de cette église, ce que Charles-Quint renouvela l’an 1531. Il est certain que les évêques en étaient les légitimes Seigneurs, et qu’on faisait les cris publics en leur nom, ou en celui de leur Vidame. Tous les Officiers subalternes dépendaient d’eux. Ils les déposaient selon qu’ils le jugeaient à propos, et les Magistrats recevaient d’eux le pouvoir de juger les causes criminelles quand les coupables n’étaient pas ecclésiastiques. Farel et Calvin s’étant introduits dans cette ville avec leur Clergé Anarchique, en chassèrent l’évêque Pierre de la Baume l’an 1536 et y établirent une espèce de Démocratie, ou plutôt d’Aristocratie, composée de Laïques et de Ministres. L’évêque ne laisse pas d’en conserver encore aujourd’hui le titre, et fait sa résidence à Annecy, petite ville de Savoie, aussi-bien que le Chapitre qui jouit de ses revenus et de ses terres, qui se sont trouvées heureusement hors des limites de la Juridiction de Genève, qui a fort peu d’étendue. Saint François de Sales, homme d’une douceur et d’une piété extraordinaire, mêlée de beaucoup de zéle et de prudence, en fut autrefois évêque. On dit de lui qu’il fit quatre mille Prédications pendant sa vie. Les Genevois ayant donné dans l’hérésie de Calvin, firent alliance avec les Cantons de Zurich. et de Berne. La forme de leur Gouvernement est presque semblable à celle des Cantons Suisses. La Souveraineté réside dans le Grand Conseil, appelé aussi le Conseil des deux cent. On en tire vingt-cinq personnes qui forment le petit Conseil. La Magistrature appartient à l’un de ces Conseils, et le Gouvernement à l’autre. Le petit a inspection sur le grand, dont il nomme les Conseillers, et le grand examine tout ce que sait le petit. Il y en a un troisième, composé de soixante personnes tirées de celui des deux cent. C’est lui qui donne ses avis au petit Conseil sur les affaires importantes. Tous ceux qui entrent dans ces Conseils y sont à vie, et pour y être reçu, il faut être marié et jouir du droit de Bourgeois. Les Syndics, dont les Charges sont les premières de la République sont aussi à vie. L’élection s’en fait par les Bourgeois assemblés dans l’Hôtel de ville.
Entre Genève et la ville de Lausanne est le Lac fameux appelé Lac de Genève à l’un de ses bouts, et Lac de Lausanne à autre. Son rivage est bordé de divers petits pelotons de terre si bien ordonnés qu'il semble que l’art s’en soit mêlé ; et quant au pays qui touche ses bords, le penchant de ses coteaux droits et unis, et le ras de ses campagnes sont une perspective très agréable. Ce Lac qui est d’une fort grande étendue doit avoir plus de cinq cens brasses de profondeur en quelques endroits, puisqu’on n’en saurait trouver le fond.
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